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67 articles avec politique

La Voie Juppé

Publié le par memoire-et-societe

Ce n' est pas depuis sa facile réélection à Bordeaux qu' on évoque ici "l' hypothèse Juppé" ( voir les articles "A droite" du 23/09/2011 et "Juppé encore" du 2/10/2013). Aujourd'hui, les principaux leaders de l' UMP se trouvent soit contestés (Sarkozy, Fillion, Copé) soit encore dépourvus de charisme ( Le Maire, Bertrand, Wauquiez). Le contexte se confirme donc a priori favorable à celui que Chirac nommait " le meilleur d' entre nous", et qui, depuis son bref exil au Québec, a réalisé un parcours avisé. En effet :

- le glissement général de l' opinion vers la droite en France, consécutif à l' échec de François Hollande, est un fait socio-politique, qui implique désormais davantage qu' une banale alternance électorale

- le redémarrage de l' Economie du pays, donc la réduction de sa dette et de son chômage, suppose des investissements conditionnés par des mesures fiscales et sociales déjà exprimées sans ambiguité par le leader UMP

- la politique étrangère, marquée par des expéditions solitaires en Afrique et un bellicisme pro-américain (Ukraine, Pays baltes) ou pro-israëlien (Syrie, Iran) outrancier, exige une révision combinant souplesse stratégique et fermeté en matière de souveraineté. Le maire de Bordeaux a précisément affirmé ces deux principes quand il a été en charge du quai d' Orsay.

Je ne suis pas son agent publicitaire, encore moins celui de son camp. Je note seulement que ses compétences seraient un atout pour une Droite qui comprendrait son intérêt. Juppé alors n' aurait plus qu' à se laisser porter vers des Primaires sans histoire. C' est confondre logique et politique, et méconnaitre surtout le climat d' intrigues et le jeu des ambitions qui prévalent au sein de son parti.

La "Voie Juppé" passe donc d' abord par l' extérieur, autrement dit par un courant d' opinion susceptible de peser sur ses propres "amis", et de donner à sa candidature aux élections présidentielles de 2017 l' élan dont lui, Juppé, va avoir besoin pour s' imposer. Cela n' attendra pas des lustres : les combats préliminaires de l' automne prochain sur la tenue ou non des fameuses Primaires s' annoncent féroces.

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Si j'étais le gouvernement...

Publié le par memoire-et-societe

Si j'étais le gouvernement (phrase souvent entendue au comptoir des bistrots, dite par ceux qui n' auront jamais les commandes...), je changerais des trucs. A commencer par la Constitution, les formes de la "Représentation" et le "Coût de la démocratie".
Si j' étais le gouvernement, je supprimerais le poste de Premier Ministre. Un Président de poids et une petite quinzaine de ministres qualifiés suffiraient pour le boulot proprement dit, hors clientélisme et dosages savants.

Si j'étais le gouvernement, je transformerais un Sénat onéreux et redondant en Chambre Economique. Pas plus de 100 membres- chercheurs, experts scientifiques, spécialistes du développement, syndicalistes, représentants des collectivités et du monde associatif, chargés de préparer, à l' abri des lobbys, des projets de loi en matière socio-économique et environnementale, avant transmission à l' Assemblée nationale.

Si j'étais le gouvernement, je descendrais le nombre de députés à 400, éligibles deux fois, dont 3 pour les "Français de l' étranger" (actuellement 11députés,12 sénateurs). Je réduirais de moitié les réserves de trésorerie du Parlement et abolirais les privilèges les plus choquants accordés à ces élus, dont certains brillent par l' inassiduité.

Si j' étais le gouvernement, je ne dérangerais pas le pays à tout bout de champ, et éviterais de dépenser des fortunes en campagnes électorales successives qui se contredisent l' une l' autre et entretiennent une instabilité législative et administrative permanente. On élirait le même jour les conseils municipaux, les assemblées régionales, les députés et le président : quatre consultations pour le prix d' une, ou presque.

J' allègerais, si j'étais le gouvernement, le ruineux patrimoine immobilier de l' Etat en vendant les innombrables bâtiments militaires et civils désaffectés et mal entretenus, ou en les transformant en logements sociaux.. Si j'étais le gouvernement, je regrouperais en une Cour Suprême les institutions juridique et financières, Conseil Constitutionnel, Conseil d' Etat, Cour des Comptes, etc. Je supprimerais les "Hautes Autorités", "Instituts Supérieurs" et autres "Commissions Nationales" inventés pour caser un ancien ministre, un vieux copain ou une maîtresse sans argent de poche.

Si j'étais le gouvernement, je taillerais dans le "millefeuilles" bureaucratique : dissolution de deux tiers des 36.000 communes, suppression des départements napoléoniens, afin de stimuler les regroupements urbains et accroitre la crédibilité des régions.

Si j' étais vraiment le gouvernement, je cesserais de gaver les Partis de gouvernement qui alimentent l' abstention et défraient la chronique judiciaire.

Rien qu' avec ça, si j'étais le gouvernement, je réaliserais des économies susceptibles de ramener la France sous la barre des 3% exigés par l' Europe. Mais nous serions alors déjà passés à la VIème République.

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Sur "l' ingérence"

Publié le par memoire-et-societe

Le "droit d' ingérence" est, sous son habillage humanitaire, l' une des plus hypocrites trouvailles politiques, sachant qu' il est : 1°) un privilège des Etats riches, par conséquent ni innocent ni égalitaire 2°) un moyen de protection et de maintien par la force d' un modèle extérieur dominant.

Le "droit d' ingérence" met en effet en scène deux catégories de dirigeants : les " Ingérants" familiers (Américains, Russes, Anglais, Français) et les "Ingérés", localisés de préférence en Afrique, Asie et Amérique latine. Le clivage entre eux passe par la puissance militaire, donc la loi du plus fort. Imagine-t-on une ingérence de la Somalie aux U.S.A, de la République Centrafricaine en France, de la Jordanie en Israël ?

On voit alors que ce "droit", même camouflé en "devoir d' assistance", relève des choix des plus armés. Quant à l' "humanitaire", en contribuant à banaliser l' ingérence, il accoutume l' opinion à l' idée que l' intervention des grandes puissances au détriment des souverainetés sans défense est fonction de la maturité et du sens des responsabilités innés des premiers.

Aussi, la liberté d' action que confère l' ingérence investit-elle les agissements des Grands, se partageant la gestion mondiale à travers le Conseil de Sécurité de l' O.N.U, d' une légalité inattaquable. Toute opposition à l' Ordre universel édicté par une minorité est ainsi condamnée à se radicaliser. La réplique va au terrorisme, aux milices, aux chefs de bande qui tracent dans le sang les contours de leur territoires et permettent à d' autres d' en profiter pour justifier une répression accrue.

Obsédés par l' édification d' un monde qui leur ressemble, les "Ingérants" optent dès lors pour sa reproduction absolue, parfaitement indifférente aux questions posées par les réalités sociologiques. Ainsi pour les Touaregs. Ainsi avec les communautés d' Afrique centrale. "Fallait-il donc laisser les salafistes prendre Bamako, ou les habitants de Bangui s' entretuer ?" demandent les esprits robustes. Non. Mais pas laisser non plus l' ex-colonisateur intervenir seul, directement, béni par Obama, abandonné par les Européens. L' oeil braqué sur l' uranium du Niger voisin, et des soldats français faisant le pire boulot dans l' ingratitude générale.

N' est-il point temps d' en finir avec ces zones réservées, ces " accords de défense" et ces "mandats d' ingérence" qui n' abusent personne, ces élections truquées, ces gouvernements fantoches, cette absence de perspective durable rappelant l' époque de la décolonisation manquée, le tout sous couleur d' instauration sine die de la "démocratie"?

Calquant, répétons-le, un modèle exogène lui-même en crise, les Etats-nations des anciens Empires européens, souvent éloignés du peuple par une oligarchie assimilée et corrompue, prétendent forger une conscience patriotique avec le cirque électoral présenté comme la panacée. Ils ne peuvent tabler que sur l' allégeance clientéliste des citoyens, qui ne saurait contrebalancer la vigueur de traditions communautaires religieuses et culturelles échappant à la logique étatique occidentale. Un Etat africain viable renvoie en priorité aux structures fondamentales des sociétés africaines, remarque qui vaut également pour les politiques d' intégration de certaines populations immigrées. Partir aujourd' hui d' autres bases ne semble qu' une mauvaise utopie.

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Gauche : encéphalogramme actuellement plat

Publié le par memoire-et-societe

Il y a longtemps que la Gauche, à peine élue, n' a pas connu pareilles basses eaux. Le P.S , qui depuis 18 mois détient à peu près tous les leviers de commande, est représenté par un président dont le poids, dans les derniers sondages, ne dépasse pas 23%. Le P.C, au terme d' un impressionnant reflux, essaie de survivre en s' accrochant à la fois à un "Front de gauche" que son allié, Tartarin Mélanchon, s' acharne à décrédibiliser, et aux socialistes dans l' espoir de sauver ses mairies. Le NPA est à l'agonie depuis sa naissance. La Fête de l' Huma 2013 a été loin de battre des records d' affluence. Les nouveaux dirigeants syndicaux, Le Paon (CGT), Berger (CFDT), voient leur capacité de mobilisation réduite depuis l' échec en 2010 de la lutte contre la réforme des retraites. Les électeurs, "partielle" après "partielle", sont aux abonnés absents. Bref, à gauche, l' encéphalogramme est actuellement plutôt plat.

On discerne donc mal comment peut renaitre la confiance au sein du peuple de ladite gauche d' ici les Municipales et les Européennes du printemps prochain. Le spontanéïsme revendicatif, forme de désespoir que s' efforcent de canaliser les syndicats, devient le réflexe de la "base" , face aux licenciements, aux délocalisations et aux baisses de salaires. La démotivation générale détourne le monde du travail de l' engagement, conduisant à la résignation ou au "chacun pour soi" sans issue.

Quand des groupes défilent pour demander à travailler la nuit et le dimanche, on perçoit l' effet du coin enfoncé, les circonstances aidant, par les idées libérales dans la solidarité salariale et ce qu' on nomme la conscience de classe. Les arguments sont exactement ceux de la Droite : la liberté du travail, et une modernité qui penche à tout coup vers la remise en cause d' acquis sociaux. La violence de la crise et les pertes de pouvoir d' achat ne sont même plus évoquées. La tactique patronale, pour obtenir la flexibilité qui "règlera tout", est de recourir à une main d' oeuvre fragile, précaire et peu formée (étudiants, notamment).

Il ne s' agit là que d' une étape, que la logique libérale se promet d'étendre et de formaliser sans brusquerie. "Comment refuser du travail en période de chômage de masse? et l' étudiant, vous croyez qu' il n' est pas heureux de trouver du boulot le soir après ses cours pour payer ses études et sa chambre?". Ce qui pourrait paraître un recul obligé est présenté comme une véritable chance. Une chance qu' il convient, bien sûr, d' assurer

progressivement, patiemment à tous, volontaires ou pas, chefs de famille ou non, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, comme on fait depuis des années aux Etats-Unis, et dans les pays "soucieux de développement" .Un simple ajout au bas du contrat, pour gagner (et faire gagner) plus, malgré les combats de retardement de syndicats arriérés, vivant encore au XIXème siècle (où précisément les gens travaillaient aussi de nuit, et les femmes et les enfants 14 heures par jour).

La Gauche est K.O. debout : le mouvement social, dont elle souhaite être l' expression politique, serait-il à un tournant historique?

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Enième illusion centriste

Publié le par memoire-et-societe

Ainsi MM. Bayrou et Borloo vont "se reparler". U.D.I + MODEM : évènement de taille, alors que dévale le char de l' Etat. Le Centre s' affirme! Droite et Gauche en ont des sueurs froides! Et si soudain le Centre penchait quelque part ? On connait sa devise : ni à gauche ni...à gauche. Le Centre existe dans les discours. Dans les urnes, il en est autrement : pas d' imprudence.

Je n' ai jamais cru à la fameuse formule de Giscard, lui-même de droite, disant que " la France veut être gouvernée au centre." D' où venait d' ailleurs son parti, l' UDF ? d' où sortent MM. Bayrou et Borloo? En réalité ce que refusaient jusqu' ici les Français, c' était les extrèmes. Leur goût allait aux modérés, tantôt paisiblement à droite, tantôt légèrement sociaux- démocrates, en guettant l' efficacité économique et de nouvelles " avancées sociales" dans le cadre d' une fiscalité en baisse. Après tout, ce n' était pas la lune.

On a vu ce qu' il était des récurrents efforts de Bayrou, trois fois blackboulé aux présidentielles et battu chez lui à Pau, pour unir gauche et droite, de ses risettes à Hollande et de celles de Borloo à Sarkozy. Tous deux ont mis du temps à comprendre que " ça ne marche pas comme ça ", que le MEDEF et la CGT n' ont pas les mêmes intérêts, l' UMP et le Front de Gauche la même vision de la société. Que la France n' est pas l' Angleterre, avec ses travaillistes et ses conservateurs, sa City et ses trade-unions. Ni l' Allemagne fédérale, avec son gouvernement de coalition et le quasi monopole syndical de la DGB.

Les Français sont gallo-romains : ils gardent, semble-t-il, un fond tribal et un individualisme qui les persuadent souvent qu' il vaut mieux être n°1 d' un groupuscule que n°2 d' une organisation de masse. Bref, ils ne donnent guère l' impression d' être formatés pour les rassemblements. Avec un tel contexte, un gouvernement du centre ,sinon au centre, n' est qu' illusion, même si tout le monde a besoin d' appoint pour constituer une majorité. Le Centre avec un grand C est voué à monnayer ses voix, comme sous la IVème. Rien de plus.

C' est pourquoi je m' autorise à ne pas donner cher de cette énième tentative de percée politique, serait-elle renforcée par des bulldozers électoraux du type Hervé Morin, déjà créateur d' un "Nouveu Centre", mais infoutu de réunir sur son nom en 2012 le nombre de signatures nécessaires à sa candidature aux présidentielles.

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Juppé encore

Publié le par memoire-et-societe

Quelque temps avant que Sarkozy ne décide de se représenter aux présidentielles de 2012, la rumeur d' une candidature Juppé avait couru avec insistance (voir article " A droite" du 23/09/2011). L' intéressé l' avait lui-même entretenue en déclarant : " S' il n'y va pas, j' irai." Depuis, " le meilleur d' entre nous ", ainsi que l' avait qualifié Chirac, s' est fait discret. Au plus fort de la bataille Fillon-Copé, on a sollicité de lui un arbitrage à l' issue duquel il s' est bien gardé de prendre parti. En réalité, on l' a compris, Juppé n' a jamais renoncé ni cessé de ménager l' avenir.

Bien lui en a pris puisqu'il est aujourd'hui en tête des sondages à droite, comme Vals à gauche, et qu' il peut plus clairement arrêter sa stratégie: se concentrer dans l' immédiat sur l' élection municipale de Bordeaux, consultation dont il veut faire un referendum en espérant balayer au passage la ministre socialiste chargée des Personnes âgées et de l' Autonomie, Michèle Delaunay. Une fois la victoire acquise haut la main dans cette importante cité, et investi d' un nouveau mandat populaire, il sera à même de mieux peser sur l' UMP qu' il a présidée de 2002 à 2004 et qui s' épuise en querelles internes . Donc en mesure d' y briguer une candidature aux plus éminentes responsabilités.

En effet, si son expérience à Matignon (1995-97) et ses ennuis judiciaires (où il a surtout servi de bouclier au maire de Paris...Chirac ) ont brisé son élan, son double passage au quai d' Orsay (1993-95 et 2011-12) lui a valu la réputation de plus brillant ministre des Affaires Etrangères qu' ait eu la France depuis 40 ans ( avec peut-être Hubert Védrine). Il est, de l' avis général, l' un des rares hommes politiques français à avoir eu une vision prospective du printemps arabe, équilibrée du problème israëlo-palestinien, et exacte des possibilités de l' Europe au Moyen-Orient.

Juppé a par conséquent une dimension internationale que, sauf Sarkozy (? !), n' ont pas ses concurrents potentiels au sein de l'UMP, et que n' avait pas davantage Hollande lorsqu'il a été élu. Or le pays, affaibli aux yeux de l' Allemagne en Europe et, depuis plus longtemps, des Etats-Unis dans le monde, a besoin non seulement d' un solide redressement de son économie ( Juppé est à l' origine inspecteur des Finances), mais aussi d' une réhabilitation de son image hors frontière.

A priori Juppé, fort de son expérience politique et "bonifié" par la distanciation qu' apportent les années (il a 68 ans) et que confirme son blog , semble répondre aux attentes de l' électorat modéré. Pour lui, 2017 est en tout cas l' ultime occasion d' accéder à l' Elysée. Il ne saisira évidemment celle-ci qu' après s' être préalablement doté du maximum d' atouts, entouré d' un tas de précautions, et avoir laissé se décanter la situation d' une Droite toujours en proie à la voracité des ambitions personnelles, aux tropismes de la division, aux manoeuvres du néo- centrisme et à l' activisme du Front NationaL, ce qui fait quand même beaucoup.

Il lui faut de toute façon encore demeurer à l' affût avant de se découvrir, courant 2015 logiquement.

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Le Front National reprend tout du début

Publié le par memoire-et-societe

Le F.N de Marine Le Pen, ne se veut plus artisanal, passant de l' ère protestataire à la phase de conquête. La stratégie est arrêtée, le schéma dessiné, l' outil professionnalisé, l' ensemble dégagé des vieilleries idéologiques et de ses parrains intégristes ou collabos.

Le F.N est désormais une machine électorale moderne, dotée de Délégués à plein temps, de moyens technologiques de propagande, de réseaux spécialisés et d' ateliers de formation des cadres. Finies les ripailles entre anciens de la Fac' et chasseurs- parachutistes. Plus d' humour "boarder line", de références douteuses, ni d'éloquence sans suite. La mode est à un organigramme rigoureux pour équipes fonctionnelles et polyvalentes.

Le F.N s' infiltre patiemment, systématiquement, dans les organisations professionnelles, les syndicats ouvriers, les médias, les lotissements, Il y recrute des déçus de la droite et de la gauche, y accueille des notables sympathisants et des chômeurs paumés, y récupère des retraités amers et des lycéens impatients, distille à tous l' idée d' un autre avenir possible hors d' une mondialisation acculturante.

Premier objectif : les Mairies. Urbaines, rurales, ouvrières ou bourgeoises, cléricales ou laïques, historiques ou brutes de décoffrage. Les Mairies, le F.N y aura des candidats partout, qui feront le porte à porte, parcourront les marchés, hanteront les gares et les parkings des grandes surfaces, visiteront les cages d' escalier, tracteront à la porte des stades et des campus. C' est du boulot qui paie. Une seule devise, mais rassembleuse : sécurité, prospérité, identité.
...Même si un maire, frontiste de surcroît, ne peut pas beaucoup (une police municipale ici , un système de videosurveillance là ) faute de subvention départementale et de soutien parlementaire. Mais l' essentiel, en mars 2014, sera le score, le nombre des électeurs qui vont dédiaboliser les exclus de l' " arc républicain ", l' ombre jetée sur l' "UMPS", sa classe politique "corrompue" et ses élites "apatrides".

Les élections européennes vont suivre, en mai. Là se situe le combat symbolique contre "Bruxelles", pour la reconquête de la souveraineté nationale que devra avoir facilité l' avancée des municipales. Resteront alors trois ans à peine pour nouer des alliances et aller au pouvoir. Fort de ses élus de terrain, de son potentiel de voix et de ralliements opportunistes qui déjà se laissent deviner, comment le "Rassemblement bleu marine" ne se sentirait(il pas en mesure de mettre le cap sur l' Elysée, et de porter une femme à la tête d' un Etat monopolisé depuis toujours par les hommes?

Aguichant programme. Toutefois, disons- le, quitte à rabaisser le débat, s' il n' a à présenter que des spécimens de l' acabit du carriériste Philippot ou du pitre Robert Ménard, tous deux anciens trotskistes, ou encore de l' inquiétant ex-socialiste Paul-Marie Coûteaux, le F.N semble mal parti pour le lefting.

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Une contestable diplomatie

Publié le par memoire-et-societe

   Grâce au tandem Sarkozy- B-H Lévy d' abord, puis maintenant au duo Hollande-Fabius, la France est devenue la cible prioritaire du terrorisme musulman. C' est là un exploit où  Paris l' emporte même sur Washington : Obama et son Secrétaire d' Etat, Kerry, font en effet preuve, s' agissant du Moyen Orient, de plus de mesure et de prudence que leurs homologues français.
   Ne parlons pas de l' Irak et de la Libye où les Occidentaux ont obtenu un résultat spectaculaire : la disparition de l' Etat  et le retour à une situation quasiment tribale. Aujourd'hui, l' obsession du Quai d' Orsay est devenue  la Syrie. Accablée par la récession et le chômage, l' opinion publique n' a pas trop l' esprit  à veiller  à notre "politique arabe". Dommage, car elle constaterait à quel  point celle- ci s' est déportée sur les positions israëliennes.

   Nétanyaou veut la peau d' Assad, protégé de l' Iran, la bête noire de Tel Aviv. Une fois encore, voici les Français embringués dans un conflit qui ne les concerne pas directement. Le Mali, la Côte d' Ivoire  ne suffisent plus. On voit Fabius, indigné pour le coup, débouler à la télévision pour dénoncer l' utilisation de gaz sarin par l' armée syrienne : deux journalistes et " d' autres sources", que Fabius ne daigne pas préciser, en témoignent. Conclusion : pas une minute à perdre pour venir, manu militari, au secours des rebelles. Y a-t-il des islamistes radicaux parmi eux ? on s' en débrouillera, assure le ministre français, après la chute d' Assad.

   Pour autant, Fabius a fait chou blanc : Obama n' a pas empoigné la perche. Il a dit, flegmatique, qu' il allait se renseigner, " vérifier l' information", bref  s' épargner de tomber dans le mensonge du  type "armes de destruction massive" cher à Bush.Jr et  à  Blair.  D' autant que des "sources" apparemment différentes de celles de Fabius, laissent entendre que  les deux camps auraient eu recours à l' arme chimique.

   A la fin, pour qui roule Fabius? Premier ministre à l' origine de la co- habitation en 1986, fort discuté ministre des Finances de Jospin  (2000-2002), cet éléphant socialiste ayant contrevenu à la décision de son propre parti lors du referendum européen  de 2005, semble borner sa vision internationale à la  vieille alliance de la social-démocratie et  du sionisme qui nous a déjà valu des déboires en Egypte au temps de Guy Mollet. De l' eau a coulé sous les ponts:

Nétanyaou est un néo -conservateur qui a enterré depuis longtemps Ben Gourion et Willy  Brandt.

   Qu' on défende la sûreté et  la souveraineté de l' Etat d' Israël si elles sont réellement menacées, oui. Qu' on partage, soutienne et encourage ses calculs, et, dans la foulée, avalise ses prétentions  annexionnistes et ses visées dominatrices, non. Ce n' est ni  la  fonction ni l' intérêt, sauf celui de quelques groupes d' "ultras", de notre pays. Il faut qu' à un certain moment  on ait le courage de le dire.

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Une contestable démocratie

Publié le par jean-pierre biondi

   Grâce au tandem Sarkozy- BH. Lévy d' abord,puis maintenant au duo Hollande-Fabius, la France est devenue la cible numéro 1 du terrorisme musulman. C'est là un exploit où Paris l' emporte même sur Washington. Obama et son Secrétaire d' Etat, John Kerry, font en effet preuve,sur le problème du Moyen Orient, de plus de mesure et de prudence que leurs homologues français.

   Ne parlons pas de l' Irak et de la Libye où les Occidentaux ont atteint un résultat historique : la disparition de l' Etat et  le retour à une situation quasiment  tribale. Aujourd' hui  l' obsession du Quai d' Orsay est la  Syrie. Accablée par la récession et le chômage, l' opinion publique n' a pas trop le temps de prêter attention à la politique étrangère. Dommage car elle remarquerait à quel point celle-ci est en train de s' aligner sans bruit sur la politique israëlienne. Nétanyaou veut la peau d' Assad protégé de l' Iran, la bête noire de Tel Aviv.

   Une fois de plus, voici donc la France embringuée dans un conflit qui ne la concerne pas directement. Fabius,indigné, déboule, images de moribonds à l' appui, au journal télévisé de 20 heures pour dénoncer l' usage du gaz sarin par l' armée syrienne : deux journalistes du "Monde", et d' "autres sources", que Fabius ne daigne pas préciser, en ont témoigné. Conclusion : plus une minute à perdre pour venir, manu militari, en aide aux rebelles. Qu' il y ait parmi eux des islamistes radicaux, peu importe, on s' en arrangera après la chute d' Assad.

   Pour autant, Fabius a fait chou blanc. Obama n' a guère bondi sur l' occasion, ce qui isole encore la diplomatie française. Washington a  flegmatiquement répondu qu' on allait "se renseigner" et  "vérifier l'information", bref  prendre la précaution de ne pas retomber  dans un mensonge du type de celui des " armes de destruction massive ". D' autant que des sources apparemment différentes de celles de Fabius laissent entendre que les deux camps auraient eu recours à l' arme chimique.

    A la fin, pour qui roule le responsable de notre diplomatie? Assez  piètre Premier ministre, à l' origine de la co-habitation en 1986, discuté ministre des Finances de Jospin, cet éléphant socialiste, ayant contrevenu à la décision de son propre Parti lors du referendum européen de 2005, semble limiter sa vision internationale  à la vieille alliance de la social-démocratie et du sionisme qui nous a déjà valu des déboires en  Egypte en1956, et ne saurait sans doute être comparée, sous  le Likoud et  la Droite allemande,  avec ce qu' elle a pu être du temps de Ben Gourion et de  Willy Brandt. Qu' on défende la sécurité et  la souveraineté de l' Etat d' Israël  si elles sont réellement menacées, oui. Qu' on épouse tous ses calculs et  avalise dans la foulée ses visées annexionnistes et ses prétentions dominatrices, non. Ce n'est pas le rôle, ni  l' intérêt, sinon celui de quelques réseaux  d' "ultras", de notre pays. Il faut qu' à un certain moment on ait le courage de le dire.

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Ménard sans interdit

Publié le par memoire-et-societe

   Le monde politique est un bon microcosme de la société. On y trouve des gens intègres, compérents, convaincus de leurs idées et soucieux de l' intérêt général. Mais aussi une pelletée d' aventuriers, de purs arrivistes, de matamores, d' illuminés, d' obsédés, sexuels ou non, et d' agents doubles. La liste n'est pas exhaustive , il en a toujours été ainsi.

   N' empêche qu'il est des moments où l' on suffoque. Difficile de gober Tapie. De croire Mélenchon. De respecter Guaino, B.H.Lévy ou Guéant. Ne voilà-t-il pas maintenant que le nommé Robert Ménard entend se mêler d' Affaires ( publiques pour le coup) en se présentant comme tête (!) de liste à la mairie de Béziers (comique d'ailleurs cette propension des types ayant montré leur bobine à la télé à s' imaginer destinés, à l' étape suivante, à un avenir politique: quelle considération pour la fonction !)

   Mais faisons d' abord les présentations. D' origine " pied-noir" ( son père, imprimeur à Oran, était un sympathisant de l' OAS), Ménard arrive enfant dans l' Aveyron. Il se prépare d' abord à la prêtrise, puis, étudiant à Montpellier, adhère à la Ligue Communiste  Révolutionnaire (trotskiste) jusqu' en 1979. Crochet par l' aile gauche du P.S (le CERES), et on le retrouve journaliste à Radio France Hérault. Se proclamant " tiers-mondiste", il fonde avec Guillebaud ( du "Nouvel Obvservateur" ) et Rony Brauman ( de "  Médecins sans frontières "), l' association  "Reporters sans  frontières" qu' il utilise surtout comme tremplin publicitaire personnel. C' est ainsi qu' il organise, en 2008, à l' occasion du passage à Paris de la flamme olympique en route vers Pékin, une manifestation illustrée par la bousculade d'un infirme chinois, ce qui vaut à la France l' indignation de l'opinion en Asie, une protestation diplomatique et l' annulation de plusieurs contrats en cours de négociation.

   Guillebaud et Brauman ne tardent pas à quitter le navire, compte tenu de l' ambiguité croissante des initiatives de Ménard, jamais dépourvues de calculs financiers. Lui- mème abandonne bientôt RSF pour aller diriger un " Centre pour la liberté de l' information "...au Quatar, plus connu pour ses pétrodollars que pour sa liberté d' expression. Là encore, des problèmes d' argent l' obligent à regagner le bercail. Il y collabore à la chaîne d' information continue "I Télé" où il effectue une interview quotidienne (" Ménard sans interdit ") , de préférence avec des interlocuteurs antimusulmans et pro-israëliens. C' est tellement nuancé qu' il est viré en juillet  2012. Il passe également par RTL d'où il est débarqué vite fait, puis crée avec Dominique Jamet un site, " Boulevard Voltaire", dont les éditorialistes, Elisabeth Lévy, Eric Brunet, Alain Soral, G-W Goldnadel, vice-président du CRIF, sont  proches de l' extrème droite.

   Le mois dernier enfin, il enlève ce qui restait du masque. Il conduira, annonce-t-il, aux municipales de 2014 à Béziers, une liste " apolitique"(il compte sur les Pieds-noirs, nombreux dans la région) et "transpartisane", grâce à 2 ou 3 UMP  peu regardants, liste officiellement soutenue par le Front National (il a publié en 2011 "Vive Le Pen !", et en 2012 "Vive l' Algérie française" !). Désormais, il critique la suppression de la peine de mort, glose sur la question de la torture, dénonce le mariage pour tous et ,surtout, pourfend les Arabes... pardon, les Islamistes. La boucle est bouclée.

   Ne frémissez-vous pas, Bitterroises, Bitterrois, à l' idée que votre ville de 75000 âmes puisse un jour tomber entre les mains d' un faiseur doté d'un pareil pedigree ?

 

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