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Lise Deharme

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Dans le Surréalisme, événement culturel majeur en France au début du XXème siècle, les femmes ont joué un rôle auquel on commence à peine à rendre justice. Créatrices elles-mêmes, ou compagnes influentes d' écrivains et de peintres ( voir article "Compagnes et égéries" du 14/03/2013), leurs oeuvres et leurs avis ont contribué à l' évolution d' un mouvement qui proposait une autre lecture du monde.

La poétesse Lise Deharme (1898-1980) figure assurément parmi ces muses restées relativement méconnues. Fille d' un médecin pédiatre et épouse d' un directeur de Radio, Paul Deharme, elle a fréquenté très jeune les milieux artistiques d' avant-garde, publié ses premiers poèmes dès 1922, et suscité chez André Breton, qui la cite dans "Nadja", une (vaine) passion amoureuse.

Liée à la plupart des principales figures du Surréalisme, Soupault, Eluard, Desnos, Man Ray, Ernst, elle a dirigé à partir de 1933 la revue "Le Phare de Neuilly" où se côtoyaient Picasso, Dali, Miro, Aragon, Claude Cahun, Leiris et beaucoup d' autres. Elle a rejoint durant l' occupation le Comité National des Ecrivains et participé à la publication clandestine de "L' Honneur des Poètes"

Mais c' est après guerre que s' est vraiment déployée sa production romanesque avec plus d' une vingtaine d' ouvrages comme "Insolence (1946) ou "Farouche à 4 feuilles",co-écrit avec Breton, Julien Gracq et Jean Tardieu (1954), et quelques libelles interdits à la vente, tels "Oh! Violette" et "Le poids d' un oiseau" .

Aujourd'hui, Lise Deharme, source d' un univers fragile, offert aux chats et aux plantes, est une Belle au bois dormant qui attend que le lecteur l' éveille.

Publié dans littérature

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Manessier de passage chez lui

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Ce blog aura 4 ans le 13 août prochain. Vous êtes nombreux à continuer de le consulter malgré un ralentissement de sa production depuis avril dernier pour la raison exposée dans l' article "Précision" du 5 juin Soyez-en sincèrement remerciés. Le retour au rythme habituel se produira au cours de l' automne.

On ne saurait évoquer cet anniversaire sans en profiter en même temps pour mentionner l' actuel hommage rendu par le jeune musée Mendjisky, voué aux "Ecoles de Paris", celle des Montparnos et celle,ultérieure, de l' Abstraction, au peintre Alfred Manessier (1911-1993).

Dans un immeuble rénové vers les années 30 par l' architecte Mallet-Stevens et le maître-verrier Barillet sont groupées sous le titre "Du crépuscule au matin clair" une cinquantaines d' oeuvres de l' artiste.

Avant de devenir l' un des chefs de file de l' Abstraction, Manessier était, depuis l' âge de 12 ans, le peintre fasciné de la lumière de la baie de Somme qui l' a vu grandir. C' est là, y observant les nuances du jour et de la nuit, que la non figuration lui est apparue une expression qui, dégagée de tout élément de représentation matérielle, permettait d' affirmer la prééminence du vécu intime sur la seule reproduction.
Témoin de ces mouvements intérieurs, vous le verrez, entouré de ses proches amis, Singier, Le Moal, Bertholle ou Bazaine, dans ce 15 ème arrondissement de Paris qu' il a tant aimé : c' est chez lui, ne manquez pas le rendez-vous.


Musée Ecoles de Paris, jusqu' au 15/10/2015. 15 square de Vergennes. Paris XV.

Publié dans culture

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