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JOURNALISTES ET POLITICIENS(2)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Ce n' est évidemment pas hasard si le discrédit qui frappe les journalistes recoupe celui qui accompagne généralement les politiciens. Les premiers s' efforcent d' exhiber de plus en plus, par leur ton et leur attitude, une indépendance qui n' abuse personne. Ne relèvent-ils pas, en fin de compte, soit de l' Etat, donc des partis de gouvernement, soit de grands patrons politisés (Lagardère, Dassault, Bolloré, Arnaud, Bouyghes, Pineau) qui les promeuvent ou les licencient à leur guise?

Dans la catégorie des larbins insolents, le quasi octogénaire Elkabbach fait figure de modèle. Encensé par Giscard dans les années 70, donc disgracié en 1981, il se refait vite une santé avec l' appui de Jacques Attali, dont il est le témoin de mariage, et , par suite, de Rousselet, directeur de cabinet de Mitterrand. Ouf!

Nouvelles cabrioles réussies avec Chirac puis Sarkozy, car nul n' est meilleur courtisan des pouvoirs successifs que ce protégé de Lagardère, protégé dont l' arrogance sans péril triomphe sans gloire.
C' est donc avec une joie non dissimulée qu' on a pu enfin voir récemment un responsable river son clou à ce nageur de fond. C' était lors du 3ème débat télévisé des Primaires de la Droite et du Centre où Elkabbach coupant, selon son habitude, grossièrement la parole à son invité, Bruno Lemaire, réserve ses sarcasmes aux sondages qui concernent ce dernier. "Voyez comme je suis libre!" semble clamer le gilet rayé."Je n' ai certainement pas de leçon à recevoir de vous!" lui lance sèchement le candidat.

Cela fait 56 ans que, par vents et marées, au prix de toutes les trahisons déontologiques, Ekkabbach plastronne devant micros et caméras,acteur inévitable d' une Histoire souvent manipulée dont il s' est fait le valet le plus zélé. Qu' est- ce qui justifie tant d' indulgence sinon la permanente porosité  régnant entre la politique partisane et  l' information des citoyens par l' intermédiaire de journalistes sans conscience. Cette escroquerie n' est pas saine du point de vue démocratique.

Publié dans société

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JOURNALISTES ET POLITICIENS

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Brexit, Trump,poussées nationalistes à travers l'Europe, autant de signes d' un tournant des sociétés occidentales morcelées par la mondialisation du capitalisme:élites,peuples,immigrés, constituent le trépied d' un Ordre nouveau.De là, des rapports de plus en plus complexes entre le pouvoir politique et l' opinion.

De politiciens jouant aux journalistes (chefs de Parti ou d' Entreprise),on n' a jamais manqué. L' inverse est moins fréquent. J' y songeais, entendant le député européen Cavada commenter le Brexit. Cavada a effectué un parcours professionnel heureux jusqu' à la présidence de Radio France.Parvenu à la retraite, il s' est tourné vers une activité qui lui semblait logiquement devoir couronner sa carrière:la politique.

C' était tard pour un début et le bagage était léger. On ne l' avait jamais vu se positionner, sinon sur un europeïsme de principe qui n' engageait à rien. Bayrou, qui venait de créer le Modem et cherchait de nouvelles têtes, n' a eu aucune peine à recruter le récent retraité, et à le caser au Parlement de Strasbourg avant de l' envoyer dans une circonscription du Val de Marne solidement tenue par un sarkozyste.

Le résultat fut tel que nul n' a depuis revu l' ex journaliste dans la région. D' autant que, pour éviter d' être lui- même victime du reflux du Modem, Cavada s' est vite rallié au "Nouveau Centre" inspiré par des transfuges(Morin,Leroy) soucieux de ne pas se retrouver coupés de la majorité UMP. C' est donc avec cette seconde étiquette qu' on retrouve peu après Cavada candidat aux élections municipales dans le XIIème arrondissement de Paris. Autre dégelée, cette fois au bénéfice des socialistes. Le "terrain" n' est décidément pas le point fort du Communicant.

Simple exemple d' une règle non écrite:une certaine notoriété médiatique ne suffit plus à garantir un succès électoral. Celui-ci requiert des conditions de plus en plus prégnantes que négligent les amateurs: des convictions confirmées par l' expérience des confrontations sociales, un ancrage réel et continu parmi les citoyens, un flair qui sache détourner de zigzags opportunistes peu appréciés des électeurs. Les jeux de pouvoir ont leurs exigences. Le plateau d'une télévision toujours suspecte de partialité n' est pas désormais l' antichambre des Palais d'une République en perte de vitesse, voilà qui éclaire autrement les vieux rapports entre leaders d' opinion et  journalistes-vedettes qui se rêvent ministrables.

P.S. Pour qui s' interrogerait sur mes trois derniers mois de silence, je précise que j' ai subi une longue hospitalisation consécutive à une chute(tendon rotulien arraché).Ce fut long et douloureux.

Publié dans société

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