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CAÏD

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Je m' avance. Je donne ce jour Trump perdant. Voilà qui détendrait l' atmosphère. D' abord avec la Chine, sans supprimer pour autant la compétition. Ensuite avec l' Europe qui est la bête noire des ultraconservateurs américains. Voilà qui éclaircirait par la même occasion les relations pour le moins troubles de la Maison Blanche avec Poutine.

Le successeur potentiel, Jo Biden, 78ans, n' est peut-être pas l' homme providentiel, apte à harmoniser un monde devenu multipolaire et bouleversé par l' épidémie du Covid. Au moins parait-il accessible aux difficultés des autres.

Emmanuel Macron, quant à lui, s' efforce de tirer profit de l' incertitude générale pour se présenter comme l' homme d' Etat occidental européen susceptible d' arbitrer les conflits les plus menaçants pour la paix. C'est d' autant plus hardi que, depuis la crise des Gilets jaunes, il y a plus de deux ans, la situation intérieure de la France n' est pas idéale.

C' est même toute l' Europe qui semble secouée par des questions remettant en cause les unités nationales : l' Espagne avec les Catalans, la Grande Bretagne avec les Ecossais, l' Italie avec la Ligue du nord ou la Belgique avec les Flamands. Le concept d' Etat-nation se trouve directement interpellé par la montée de violences individuelles et collectives. La peur, le repli se développent, faisant de la sécurité une priorité.
Les agresseurs du quotidien sont des solitaires, des marginaux, des déclassés. Les victimes, les délégués de tout pouvoir ou savoir (élus, policiers et gendarmes, pompiers, agents d' administration et employés des transports, enseignants, personnels médicaux). Tout uniforme est désormais une cible.
Y a-t-il une stratégie de renversement social derrière ce phénomène grandissant? Celle, par exemple, comme l' a noté le président lui-même, d' une volonté séparatiste? Ou bien une exacerbération de l' individualisme accentué par les nouvelles technologies? Ce n' est pas une question forcément étrangère ou détachée des premières lignes de cet article.

C' est pourquoi, quand on voit le chef de l' Etat plonger la tête la première dans le bourbier moyen oriental, on s' interroge. On n' ose retenir le propos du Turc Erdogan qui accuse Macron "de jouer au caïd en Méditerranée". Mais on se demande quels intérets majeurs et lointains peut avoir la France pour y dépenser de l' argent qu' elle n' a pas et  y faire éventuellement tuer des soldats d' élite. Les proclamations élyséennes en la matière ne sont pas "reçues" par une opinion publique déboussolée. Elles peuvent à la rigueur flatter au passage la fibre tricolore. Elles ont peu d' impact sur les réalités glissantes du terrain. 

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