Remue-ménage et prudence citoyenne

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le paysage politique français est effervescent. A deux ans et quelque de la "Présidentielle", positionnements, rapprochements,accointances se dessinent en fonction d' un élément nouveau : le passage effectif au tripartisme. La présence électorale déterminante du Front National, introduisant dans le débat la notion de "valeur républicaine", en ajout à l' habituel clivage gauche-droite, en est, bien sûr, la raison.

Hollande, après son accession au pouvoir dans l' impréparation et l' incertitude, a pris du métier. Il muscle l' Exécutif libéral-socialiste avec un noyau dur : Valls-Le Drian-Cazeneuve-Macron. Le congrès du PS en juin n' y changera rien : les "frondeurs" n' ont pas d' espace à gauche, tandis que se développe l' abstention populaire.

C' est donc à droite que réside l' inconnue,. Le retour politique du conférencier Sarkozy est un flop. Il engendre une dispersion que cet ex- président de la République est bien incapable de juguler. Juppé reste le seul à pouvoir éviter une candidature centriste de poids en 2017. Mais le maire de Bordeaux risque de se voir affaibli dans son propre camp par le "jeune" Lemaire, encouragé en sous-main par le chef de l' UMP. Fillon, à l' affût, observe en peaufinant un programme cohérent et détaillé. Son vrai rival est désormais Juppé, ce qui peut le rapprocher un moment de Sarko...

Curieux rassemblement d' ailleurs que ce mouvement dont la base est toujours à la droite du sommet, donc loin d' être sourde aux sirènes d' un FN ne rêvant que de casser en mille morceaux ce parti conservateur et d' en ramasser les miettes. L' état d' alerte, - qui n' empêche pas PS et FN de se donner au besoin un coup de main tout en s' excommuniant bruyamment, façon Mitterrand-, appelle une défense de leurs intérêts commune aux deux "formations de gouvernement", la social-libérale et la libéral-étatique, du moins à leurs états-majors, guettés par une identique menace populiste. Le "ni-ni" est fait pour l' électeur et le militant, il n' est pas à la hauteur de "responsables nationaux"...

Dès lors, on est en droit de s' attendre à des rencontres et pourparlers discrets, annonçant des accords rendus "nécessaires" par les élections départementales et régionales. Les charlatans de tous poils goûtent ce genre de terrain meuble. Prophètes bidons, experts douteux, maîtres à penser suspects, éditomanes en chaleur , faisans philosopheurs, ces pollueurs rodés se nourrissent de telles périodes de flottement. Qu' ils se trompent dans leurs pronostics, que leurs analyses n' éclairent rien et embrouillent tout, qu'ils engagent les hommes de pouvoir sur des voies sans issue, n' affecte en rien leur assurance (rappelons-nous seulement le rôle catastrophique d ' un B-H. Lévy en Libye).

Pour le citoyen, le moment est venu de redoubler de prudence. A l' égard de politiques affolés pour leur avenir personnel, sans doute, mais aussi de ces conseilleurs qui ne paient jamais.

Publié dans politique

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