LUMPEN DEMOCRATIE OU LA DEFAITE EN CHANTANT

Publié le par Jean-Pierre Biondi

J' ignore si Zemmour a une chance de l'emporter à la Présidentielle de 2O22. Mais  ce que je crois, c' est que nous filons depuis des années un bien mauvas coton. En réalité, notre pays, la France, semble résignée à accepter un zemmourisme sans Zemmour, autrement dit on ne sait quel néo-pétainisme auquel invite la droitisation de l' opinion.

L' actuelle lumpen démocratie (lumpen: terme péjoratif que Marx appliquait au prolétariat sans conscience de classe) laisse en effet la voie libre aux champions du discours décliniste et raciste, spéculant sur l' appauvrissement effectif et parfois dramatique de certaines couches moyennes et populaires qui vont d' ailleurs s' élargissant. Courez expliquer pourquoi " le populisme c'est pas bien " à des retraités de moins de 1000 euros par mois, à des chômeurs sans chauffage, ou à des étudiants qui sautent un repas sur deux, mais entendent tous tourbillonner chaque jour les milliards culpabilisants du "quoi qu'il en côute". Comment dissuader ceux-la, et d' autres, d' enfiler un gilet jaune et de se regrouper sur les ronds-points?

Mitterrand a tué le P.C,, Hollande vidé le P.S, Macron étouffé les Syndicats. Bilan: un monde du travail muet, qui se replie sur lui-même '(abstentionnisme électoral, partis politiques sans militant et sans argent, syndicats en perte d' audience). L' Aventure n'a pas vu pareille aubaine depuis longtemps.

Que raconter désormais aux citoyens bernés depuis 50 ans par les princes des "Années fric ?" La défaite en chantant de Zemmour ne nous ouvre rien qu' une perspective de guerre civile. L' Etat vit sur un volcan immaitrisé, dérivant des ultimes  sursauts de la décolonisation et d' une Constitution devenue obsolète. Les mutations mondiales multiples et successives n'y ont rien changé. Nous avons demandé partout pardon, jusqu'à totalement discréditer les Français aux yeux de la France...

Plus encore que d'un problème d' individu, nous souffrons d' une question d' éthique politique et institutionnelle. Plus d' Empire mais un Empire de dettes, fruits de l' incompétence , du gâchis, de la confusion administrative, quand ce n' est pas simplement de la  corruption. Fragments de territoires dits multiculturels que les "élites" ont abandonnés  à l' électoralisme le plus démagogique, ou ,pire, aux trafics communautaires. Le procès n' est plus à faire mais la note reste à payer. 

C' est cela que j' appelle filer du mauvais coton en doutant que la lumpendémocratie puisse répondre en chantant à la situation. 

 

Publié dans actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article