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LA SAISON DU LIVRE

Publié le par Jean-Pierre Biondi

L' été est le moment où les " actifs " songent à trouver le temps de lire ou de relire. Souvent, les textes ne leur laissent aucune trace, ne les enrichissent ni même ne les distraient. Oublions  les produits répondant à l' actuelle édition consumériste. Leur date de préemption est immédiate.

En effet, la pratique du monde des Lettres repose de plus en plus sur des stratégies commerciales et des enjeux confinant à la politique. De là, un système de réseaux et de relations pour initiés réduisant l' auteur au rôle de pion sur les champs de bataille de l' industrie culturelle. On a cessé de considérer l' écrivain, pour encenser le groupe éditorial qui a pris le risque de le publier.

Aussi le lecteur, sollicité par maints autres moyens de communication, s' interroge-t-il. Le livre est-il encore l' auxiliaire privilégié de l' imaginaire et de la réflexion? n' est-il pas un peu "ringardisé", accolé à l' humanisme de papa et ses nombreux avatars? relégué à l' intérêt que lui porte encore une troupe en diminution d' érudits chenus? Passe encore pour la biographie des Puissants ou l' Essai polémique et sulfureux, mais le reste...

Pourtant, quel instant glorieux que la rencontre d' une oeuvre qui vous marque au rouge! Je souhaite à chacun de bénéficier de moments tels que j' en ai connu lors de lectures de vacances. Je ne résiste donc pas à l' envie de dresser un bilan, fort incomplet, de ce "Salon de l' été," dans la mesure où j' associe certains "chocs littéraires" à la saison en question : une plage (Rimbaud), un hôtel (Céline), un train (Camus), un amour agonisant au bord d'un lac. (Hémingway), voire un lit d' hôpital suite à un accident de montagne (Saint John Perse). Mais je peux en citer bien d' autres, découverts sous des frondaisons ou allongé sur l' herbe d' un parc : le Lyonnais méconnu Jean Reverzy, Robert Margerit, que personne ne semble plus lire, " La nature du prince ", chef d' oeuvre d' humour de Roger Peyrefitte, etc.

Sans oublier le crochet par les valeurs établies, qu' on n' entreprend que dans les périodes de solide   "débranchement ": Montaigne, Diderot, Stendhal, Maupassant, un peu de Jean-Jacques (Rousseau, bien sûr ) pour la route... En tout cas, de quoi rassasier quelque temps la part légitime de notre imaginaire.

Bonne lecture !

Publié dans culture

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QUELLES CHANCES POUR L' EUROPE "MACRONIENNE" ?

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Indéniablement, le Sommet destiné à renouveler les postes-clés de l' Union Européenne est un succès pour Macron qui s' y était résolument impliqué. Le président français (sa cote vient de passer de 32 à 38%) a en effet obtenu là des résultats favorables à sa poltique intégrationniste:

- la désignation à la tête de la Commission de l' Allemande Ursula von der Leyen est à mettre totalement au crédit de Paris

- de même le choix de Christine Lagarde à la direction de la B.C.E pour défendre l' euro contre les sceptiques de tous bords

- la foi européenne du Belge Charles Michel au Conseil, de l' Espagnol Borrell à l' International, et du social-démocrate italien Sassoli à la présidence du Parlement, ne fait de doute pour personne

A ce stade, on peut donc dire que les "progressistes" l' ont emporté sur les "nationalistes" et que les courants "populistes" se trouvent écartés des responsabilités. Ces derniers doivent maintenant chercher leur revanche ailleurs qu' à Bruxelles.

Pour autant, l' équilibre géographique demeure problématique avec les pays de l' Est (Autriche, Hongrie, Pologne,etc.) qui s' estiment minorés, ce qui peut constituer une source potentielle de conflit où s' engouffreraient avec joie les Anglo-Saxons.

Salvini et Boris Johnson sont pour le moment neutralisés. Mais l' affaiblissement de la chancelière Merkel isole le Français dont la vulnérabilité peut encourager ses adversaires à se liguer contre lui. Plus encore, cette sorte de consolidation intégrationniste ne fait que redoubler l' ardeur de Trump à détruire une Union qui risque de lui faire de l' ombre dans le tête à tête avec Pékin et, plus généralement, dans la volonté de l' Américain de traiter bilatéralement toute négociation politique ou commerciale.

L' Europe renouvelée ne peut non plus trouver appui auprès de Poutine qui privilégie le rapport direct avec Washington, notamment sur la question primordiale du Moyen Orient. La marge de manoeuvre laissée aux Européens, mais elle n' est pas mince, devrait alors les conduire à se rapprocher du continent asiatique en plein essor, et désireux de diversifier ses partenaires. Si le désir d' autonomie des 27 se confirme, c' est donc de ce côté que la politique européenne macronienne ( libérale et centriste, où, entre nous, le bas peuple a peu voix au chapitre puisqu' on agit pour son bien...), a le plus de chance de se faire entendre. La marche à franchir est cependant haute, et le défi ambitieux dans un monde que dominent toujours les intérêts nationaux les plus immédiats. 
...

Publié dans actualité

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A L'OUEST DU NOUVEAU

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Il est regrettable que la classe politique française fasse preuve d' une aussi piètre, au moins en apparence, mémoire historique. Sinon, elle s' étonnerait moins des contorsions du pouvoir de Londres s' agissant du Brexit.

N' oublions jamais que depuis les échecs des tentatives de la Couronne pour faire du Royaume de France un dominion, l' un des premiers objectifs de celle-ci a été d' empêcher toute structuration politique du continent. Les guerres mondiales passent, la volonté politique demeure.

Le Premier ministre anglais, Benjamin Disraëli, crachait le morceau en déclarant en 1878 : " L' unité du continent est un révolver braqué sur l' Angleterre ". On se souvient, plus récemment, du propos de Churchill précisant qu' entre l' Europe et le "Large", son choix était fait : le Large.

L' issue de l' adhésion en 1972 de la Grande Bretagne à la Communauté européenne était donc prévisible. Faute d' avoir pu la diviser pour régner à l' intérieur, Londres va s' efforcer de la torpiller de l' extérieur. C' est en tout cas à cette tâche que commence à s' atteler le personnage contestable qui, le 23 juillet prochain, doit logiquement occuper Downing street, résidence du Premier Ministre, autrement dit Boris Johnson. 

A cette fin, celui-ci a trouvé un allié de poids en Donald Trump, autre adversaire de Bruxelles qui ne supporte pas l' ombre d'une concurrence sérieuse à l' hégémonie U.S dans sa conception du "monde libre". A peine installé, l' Anglais se propose donc de sauter dans un avion pour reconstituer avec l' Américain qui a publiquement soutenu sa candidature, une inoxydable alliance anglo-saxonne.

On parlera commerce et zone de libre échange, bien sûr, mais aussi géopolitique: comment écarter l' Europe du grand débat engagé entre l' Asie et l' Occident? L' Anglais peut essayer d' entrainer l' appui du Commonwealth, survivance d' un Empire défunt, quoique le Canada et l' Australie montrent de moins en moins d' enthousiasme pour les croisades bellicistes et pétrolières des présidents républicains façon U.S.

Dans cette perspective, il faut s' attendre, pour les Européens continentaux, à des moments difficiles car ce tohu-bohu s' accompagnera sans doute de pressions et manoeuvres diverses, y compris en direction des gouvernements dits populistes susceptibles d' approfondir les divergences entre les 27. Le combat du non alignement dans une sphère occidentale forte de contestations ( y compris en Grande Bretagne avec le problème écossais et aux Etats-Unis avec la personne de Trump) promet ainsi d' animer vigoureusement l' actualité des années qui viennent.
Oui, à l' ouest du nouveau.

Publié dans actualité

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