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67 articles avec politique

Mythe et Tea Party

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Même s'il a quelque peu perdu de son éclat avec ses déboires militaires en Irak et en Afghnistan, la persistance d' un racisme viscéral et le poids disproportionné des lobbies sur sa vie politique, le mythe américain fonctionne toujours. Les odes inlassablement vouées à la Liberté, un ressort économique éprouvé, et l' espoir suggéré à chacun de pouvoir un jour s' y enrichir, font encore recette. Manhattan, San Francisco, Miami, ces lieux fantasmés demeurent autant de terres promises qui ne sauraient pourtant représenter davantage le pays que les Champs-Elysées, Cannes et Deauville ne peuvent prétendre incarner la France.

Difficile toutefois de relativiser les vitrines sophistiquées de cette théocratie bancaire sans passer très vite pour un bolchévik congelé ou un adepte de la décapitation islamique. Force est néanmoins de constater que les U.S.A ne cessent de s' éloigner de "la République des bons sentiments", chère à ses Pères fondateurs. J' en retiendrai comme preuve la place, à la veille des consultations de "milieu de mandat" ("mid term", qui risque de provoquer une paralysie législative), la place donc, prise par le "Tea Party", l' un des piliers du Parti républicain décidé à s'installer à la Maison Blanche dans deux ans.

Le "Tea Party" est une formation récente ( fin 2008) issue de la classe moyenne, qui est allée chercher ses références dans un moment fort de l' Histoire américaine : la rébellion en 1773 des colons esclavagistes du Massachusetts contre le roi d' Angleterre à propos des taxes sur le thé qui leur étaient imposées par Londres. Aujourd'hui c' est contre l' Etat fédéral et son président "de couleur" que le Tea Party sonne la charge sur la base d' une idéologie fascisante.

Son programme a le mérite de la clarté :

-réduction fiscale radicale. Tea Party = Taxed Enough Already (assez imposés comme ça !)

-limitation des prérogatives d' un pouvoir central "socialiste", instrument du déclin économique

-décentralisation rendant aux Etats fédérés leur souveraineté originelle en matière de finances, d' éducation et de santé

-opposition absolue à la loi prévoyant une sécurité sociale pour les 40% d' Américains sans couverture maladie, autrement dit les plus pauvres

-opposition à une égalité "liberticide" (non exempte de connotation raciste), à l' immigration, à l' avortement, maintien général de la peine de mort, contestation de la réalité du réchauffement climatique.

Le lobby pétrolier assure les fins de mois du Tea Party. La chaîne de TV ultraconservatrice Foxnews est son support déclaré. Un Américain sur quatre considère le Tea Party de façon tout à fait négative. Les adhérents sont en large majorité des hommes blancs âgés de plus de 45 ans, souvent proches du mouvement évangéliste.

Le Tea Party constitue indiscutablement une dérive totalitaire de la doctrine des fondateurs de l' Union, Jefferson et Washington, inspirée au contraire de l' esprit des Lumières. Il ne faut peut-être pas s' en exagérer les effets possibles, mais l' irruption de responsables du Tea Party aux affaires en 2016 dans le sillage républicain serait un mauvais coup porté aux idéaux de progrès et de justice qu' on a coutume d' associer au fameux "Rêve américain".

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En attendant Juppé

Publié le par Jean-Pierre Biondi

1- Sarkozy est-il déjà "out" ? il a certes de fortes chances d' accéder le 29 novembre à la tête d' une UMP fissurée. Mais plombé,cerné, par une accumulation d' affaires judiciaires. On ne manquera pas de comparer son score avec celui de précédentes consultations internes, car les défections commencent à se multiplier, comme l' a montré l'élection de Larcher au Sénat.

2- Hollande, son gouvernement, son parti, paraissent dans l' incapacité de remonter la pente d'ici 2017. Encore heureux s' ils parviennent à cette date sans "clash" retentissant. Non contents d' avoir prolongé le système sarkozyste, ils ont réalisé un "Bad Godersberg" (tournant idéologique des socialistes allemands datant de 1959 ) laissant le MEDEF pantois. Ô mânes de Jaurès qui ont vu un Premier ministre de gauche faire le tour de l' Europe pour clamer son amour du capitalisme et se muer en bourgeois de Calais devant les banquiers goguenards de la City. Auto-flagellation légalisant le "french bashing" et destinée à attendrir Bruxelles, près d' infliger à Paris 4 milliards d' amende. Hollande, Valls : "out".

3- La situation économique, financière, sociale , internationale, fruit de plus de 30 ans de laxisme, de gaspillages affairistes et d' électoralisme à courte vue, est donc dramatique. A la gauche de cette gauche pantelante végètent quelques rêveurs ou démagogues : Mélanchon fait une déprime qui n' émeut personne, Pierre Laurent et Bezancenot prêchent dans le désert, Montebourg écoeure même les "frondeurs" par son arrivisme désinvolte. Tous sont visiblement "out".

4- Marine Le Pen a le vent en poupe, forcément. Après avoir récolté les voix des communistes protestataires, elle peut espérer celles des socialistes déçus. Cela ne fait cependant pas le compte, car son projet ne tient pas la route : le retour d'un Franc, aussitôt dévalué de 30%, n' a pas de quoi séduire le Français moyen, rivé à son Assurance-vie. Le "Front", out.

5- Alors la bonne vieille Droite, mais recentrée, modernisée et repeinte à neuf. Point "la plus bête du monde", comme disait Mollet, au contraire, en phase avec la mondialisation, européiste, libérale et décomplexée. Là campe patiemment Juppé dont ce blog annonce l' avènement inexorable depuis 2011 (voir article " A droite" du 2/10/2011).

6- L' axe Merkel-Junker-Cameron et le "Business" cher à Valls, décidés à en finir avec la fantaisie française, ont, quant à eux, déjà voté. Juppé n' est peut-être pas "le meilleur" d' entre eux. Il serait, à leurs yeux, le "moins pire" de l' Hexagone.. La France sous tutelle de l' atlantisme européen? Ô mänes de Charles de Gaulle!

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Fait-il exprès?

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Fait-il exprès, à la fin?

Exprès de tomber, à mi-mandat, de 51,64% des suffrages à 13% d' opinions favorables (record battu) ? de transformer sa majorité en peau de chagrin, à force de détricoter un projet approuvé par son Parti? d' exploser la Gauche plurielle jusqu' à ébranler les "radicaux de gauche", ce qui n' est quand même pas donné à tout le monde ?

Exprès d' aller chercher le concours de fort douteux courtisans : un député écolo qui guette un maroquin mais ne paie jamais ses amendes, un secrétaire d' Etat qui, après avoir traqué les fraudeurs fiscaux au Parlement, "oublie" plusieurs années de payer ses impôts et son loyer parisien,un conseiller spécial qui se fait cirer les pompes aux frais du contribuable, sans citer Cahuzac ou remonter à Guérini?

Exprès de dévaluer la fonction présidentielle en s' accommodant d' une concubine aussi affligeante? de se faire soupçonner de railler ceux qui n' ont pas les moyens de se soigner les dents? d' être surpris par les photographes se rendant chez une maîtresse, à quelques pas de l' Elysée, mal dissimulé sous un casque de motard?

Exprès de menacer des millions de chômeurs? de vouloir augmenter la TVA au moment où les citoyens reçoivent d' ahurissantes feuilles d' impôts? de se faire balader par le MEDEF qui ne crée pas d' emploi, tarit ses investissements et poursuit la désindustrialisation, afin de purger une bonne fois les Français de leurs lubies socialistes?

Exprès de ridiculiser un Pays dont l' autorité ne cesse de faiblir? d' obéir sur le champ à la Maison Blanche en suspendant, avec les conséquences socio-économiques qu' on sait, l' exécution d' un contrat signé il y a plusieurs années, et en partie déjà honoré, par la Russie? de s' engager sans consultation publique dans toutes les onéreuses aventures militaires et politiques, comme la provocante extension de l' OTAN à l' Ukraine par les Américains, bien nantis en gaz de schiste et en pétrole domestique Dieu merci, à la barbe de Poutine?

Exprès de renier, point par point, le "discours du Bourget", de trahir son programme et ses 18 millions d' électeurs? de ne cesser de mentir : sur la courbe du chômage, sur son ennemie "la finance", sur l' endettement, le taux de croissance et le reste? d' avoir fait du social-libéralisme qu' il avait tant vilipendé, le nouveau et toussotant moteur du "changement" annoncé? Exprès de remettre en question un modèle social élaboré par les Résistants?

Fait-il exprès de se rendre en réalité inaudible?

Si c' est le cas, l' exigence de moralité publique et de dignité nationale risque de le prendre très vite à contre-pied en faisant,évidemment, la courte échelle au populisme le plus extrème.

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Le jeu des nationalités (fin)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

MISE AU POINT : suite à une erreur de manipulation, l' article de ce blog daté du 17 octobre 2011 et intitulé "Le jeu des nationalités", s' est trouvé effacé (voir information du 18 août dernier). Une lectrice a permis de le récupérer en signalant qu'il a été aussi publié dans l' ouvrage tiré de "Mémoire et Société", "Chroniques franco-citoyennes" (éditions Dictus Publishing, Sarrebrück,2013).

Le sujet a acquis depuis une acuité particulière avec la présence confirmée de 800 bi-nationaux, en majorité franco- maghrébins, sur les divers théâtres d' opération du Moyen Orient. D' autant que certains, comme Mehdi Nemmouche, sont susceptibles de constituer un danger terroriste à leur retour en France.

Ci- dessous le texte retrouvé :

" L' actualité a mis l' accent sur le sort du soldat franco-israëlien Shalit , objet de négociations entre le Hamas et le gouvernement de Tel Aviv. Voici un caporal des blindés capturé dans son char au sud de la bande de Gaza par les "Comités de résistance populaire". Né en Basse Galilée, Shalit a obtenu la nationalité française par filiation d' une grand'mère auprès du Consulat général en Israël. Ni lui ni son père, Noam Shalit, interviewé en hébreu sur France 24, ne parlent français. Nicolas Sarkozy a mené une active campagne pour la libération de notre "compatriote", présenté comme "otage", et le maire de Paris, Delanoé, l' a fait "citoyen d' honneur" de la Capitale. Pas un mot, en revanche, sur l' étudiant franco-palestinien Hamouri détenu depuis 2005 pour "délit d' intention", notion inconnue en droit français.

" Que Shalit et 477 Palestiniens soient rendus aux leurs est une bonne chose. Reste la question posée par le cas des concitoyens impliqués dans des conflits armés auxquels la France ne participe pas (Palestine) ou dans lesquels elle se range officiellement dans un camp opposé (Afghanistan). Là réside toute l' ambiguïté de la double nationalité.

" Un avocat comme Arno Klarsfeld a pu être tour à tour officier dans l' armée israélienne (on note un nombre grandissant de juifs français installés à mi-temps en Israël et opérant d' incessants allers et retours) et conseiller à l' Elysée. Robert Bourgi, avocat lui aussi, d' affaires pour le moins peu claires et très légalement "franco-ivoirien", est issu d' une influente famille libanaise naturalisée sénégalaise. Des membres de l' équipe de France de football et leurs familles détiennent plusieurs passeports différents. On pourrait continuer longtemps.

" N' est-ce pas là porte ouverte à des opérations, ingérences ou intimidations que nous voyons se multiplier, par exemple avec l' audio-visuel public : attaques contre l' estimé correspondant de France 2 au Moyen Orient, Charles Enderlin, démarche conjointe du président du "Conseil Représentatif des Institutions juives de France" (CRIF) et de l' ambassadeur d' Israël, auprès du PDG de France Télévisions à propos de l' émission "Un oeil sur la planète", diffusée le 3 octobre dernier (octobre 2011). Que dirait-on si l' ambassadeur à Tel Aviv ou en Alger se permettait pareil lobbying? Veut-on donc alimenter le terreau du Front National? Le nationalisme ne peut pas être pure vertu hors frontière et poison mortel dès qu' il gagne l' hexagone. Pas plus qu' il n' est admirables de venir bénéficier de tous les avantages sociaux d' un pays qu' on affirme mépriser.

" Le jeu des nationalités multiples, avec ses passe-droits, ses arrangements, ses abus,ses trafics, ses délits, a profité jusqu' ici d' un total non-dit et d' un large laisser-faire. N' est- ce pas un peu trop pour que la "politique" l' ignore indéfiniment ?

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Gouverner, choisir, mécontenter

Publié le par memoire-et-societe

Gouverner, c' est choisir, avait coutume de dire Mendès-France. Il avait mis fin en un mois à la guerre française d' Indochine qui durait depuis huit ans. Il avait accordé l' autonomie interne à la Tunisie en effervescence et aboli le privilège des bouilleurs de crû, stimulant séculaire de l' alcoolisme. Il a tenu le coup sept mois. Mais on se souvient de lui.

Choisir est quasiment produire du mécontentement et se forger des tas d' ennemis. A bon escient de préférence. C' est ce que refuse de voir Hollande qui, en deux ans, a réalisé ce tour de force : se mettre 85% des Français à dos (sondage récent) sans rien choisir du tout. On peut en déduire que ce n' est pas le fiasco récurrent de ses prophéties ( sur la dette, le chômage, la sortie de crise ) qui va lui donner maintenant la hardiesse que ne lui a pas insufflée le "délai de grâce". Il conduit la France, on le sait, comme il menait son Parti, en louvoyant l' oeil rivé sur l' élection à venir. De là, l' immobilisme qui prévaut à la tête de l' Etat.

On se demande d' ailleurs pourquoi un homme, après quarante ans d' activité politique ininterrompue, commet encore des bévues qu' on ne passerait pas à des débutants: déclarations sans lendemain, sous-estimation des réalités, initiatives en porte à faux, rodomontades qui se traduisent par une perte inquiétante de crédibilité, vie privée frisant la comédie de boulevard. On a du mal à suivre.

Ce président est indéniablement intelligent. Ce pays est riches d' idées et de potentialités. Il devrait jouer un autre rôle dans l' animation de l' Europe et l' orientation de la politique mondiale. L' explication est-elle alors le handicap que constitue le poids d' un parti de gouvernement partagé entre un discours pseudo révolutionnaire qui rassure sa base et son ralliement inavouable au social-libéralisme? Mollet puis Mitterrand offrent des références : l'un avec son recul sur la décolonisation, l' autre avec un "ni-ni" sanctionnant l' abandon de la "rupture avec le capitalisme". Le piétinement devant l' obstacle serait ainsi le point faible du réformisme parlementaire qu' ont successivement incarné la SFIO, puis le Parti socialiste, et Hollande l' héritier fidèle d' un parcours chahuté par la guerre froide et la "pensée unique".

Le non-choix est en soi un choix qui ne satisfait personne. Hollande, après avoir beaucoup mécontenté malgré lui, ne peut plus assumer que des lendemains qui déchantent.

Pendant ce temps, la Droite "sérieuse" abat son atout maître : Juppé. Il y a longtemps qu' est annoncée dans ce blog la "solution Juppé" (voir: "A droite", du 23/09/11, et "Juppé encore", du 2/10/13). La logique est en effet qu' "il y aille". Fusible de Chirac à la mairie de Paris et à Matignon, ministre complimenté des Affaires étrangères, spectaculaire maire de Bordeaux, il a des amitiés au centre droit et au centre gauche. Bref, il remplit les conditions exigibles de rassembleur et de décideur dans une situation économique et financière plus que difficile. Au second tour de 2017, face aux vaines promesses du P.S ou aux tirades démago du F.N, ses chances sont réelles. Le mécontentement ne vient qu' après.

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Fabius, ministre de l' Ailleurs

Publié le par memoire-et-societe

Laurent Fabius était, dit-on, le "chouchou" de Mitterrand. Fabius a une tête de ministre. On ne l' imagine pas autrement que membre d' un gouvernement. Ses audaces calculées ( "Lui c' est lui ..."), son aisance de grand bourgeois élégant et cultivé, en imposent.

Pourtant, Premier ministre de 1984 à 86, il n' a pas fait d' étincelles, ramenant finalement Chirac au pouvoir et provoquant ainsi la "co-habitation". Jospin (qui le déteste) l' a nommé aux Finances en 2000 : effet des équilibres internes des "courants" au P.S. Un passage à la tête du Parti (1992-93) ne lui a pas épargné une forte défaite aux "primaires" de 2006 destinées à choisir le candidat aux élections présidentielles de l' année suivante.

Entre temps, deux affaires avaient sérieusement entamé son auréole : le scandale du sang contaminé dont il est sorti blanchi en 1999, et son indiscipline de 2005, à l' occasion du vote sur le Traité constitutionnel européen, que beaucoup de militants n' ont pas oubliée.

Il sait en 2012 que Hollande ne lui lâchera pas Matignon. Mais il guigne depuis longtemps le Quai d' Orsay, juste compensation due, à ses yeux, à la "sensibilité fabiusienne"... Hollande a annoncé que son premier déplacement présidentiel serait à Berlin, afin de "renégocier" avec la chancelière Merkel certaines dispositions du traité de coopération franco-allemand acceptées par Sarkozy.

On s' attend pour un rendez-vous de cette importance, qui s' est en fait traduit par un couac complet, à trouver le titulaire du "Quai" au premier rang. Eh bien non ! le ministre des Affaires étrangères est en Israël. La région semble son terrain de prédilection. Dès le déclenchement des évènements de Syrie, il déborde les Américains en appelant à une intervention militaire terrestre des Occidentaux. Echaudé par l' Irak et l' Afghanistan, Washington ne marque guère d' enthousiasme pour la proposition. Israël évalue dans son coin l' impact diplomatique français.

Fabius, mouché, se passionne soudain pour la vocation touristique de l' Hexagone. Il a hérité, lors du remaniement gouvernemental d' avril 2014, d' un Secrétariat d' Etat " au Commerce extérieur, au Développement du tourisme et à la Francophonie ", rattaché aux Affaires étrangères et confié à Fleur Pellerin. Le chef de notre diplomatie se montre intarissable sur le sujet.

Cependant, dès le début de l' opération "Bordure protectrice", il saute à nouveau dans l' avion pour confirmer de vive voix à Nétanyaou son soutien sans faille, assaisonné de quelques encouragements à la recherche d' une solution pacifique. Ô ingratitude humaine! en dépit de tant de bonnes manières, le Premier israëlien éconduit le visiteur en faisant valoir que :

1- l' interlocuteur accrédité d' Israël est et demeure Washington

2- par conséquent, on n'a que faire des conseils de Paris

3- même sioniste à 99%, on est toujours antisémite.

Une fois de plus, c' est le bide. Fabius se découvre alors un intérêt dévorant pour le crash d' origine météorologique de l' avion Ouagadougou-Alger qu' on ne peut même pas imputer aux salafistes. Il anime inlassablement une "cellule de crise" qui réduit à zéro les compétences de son collègue des Transports, Frédéric Cuvillier.

Gaza croule sous les bombes. L' Irak et la Libye entrent en convulsion. L' ONU s' inquiète. Laurent Fabius, lui, n' est pas là où on l' attendrait. Il se trouve là où on ne l' attend pas. C' est le ministre de l' Ailleurs.

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Rêve fou

Publié le par memoire-et-societe

Les responsables politiques français qui, compte tenu de la décomposition partisane actuelle, ont peu d' occasions d' évoquer la politique étrangère, se bornent dans ce domaine qui implique une certaine connaissance des dossiers, à célébrer l' indépendance du pays devant une opinion se satisfaisant, faute de mieux, de pétitions de principe et de généralités.

En fait, depuis la démission du général de Gaulle en 1969, les positions de la France sur la scène internationale n' ont cessé de s' effilocher, alors que l' atlantisme à la sauce bruxelloise grignotait sa liberté de mouvement.

Ce n' était par hasard qu' au lendemain même de la Libération, de Gaulle avait sauté dans l' avion de Moscou. Il entendait ainsi affirmer sa volonté de ne pas se laisser enfermer dans une monoalliance où sa voix serait reléguée au second plan. Le souci d' une diplomatie équilibrée dans un monde multipolaire était sa règle d' or. Il savait d' expérience que les Anglo-Saxons ont besoin de la France, mais ne commencent à la respecter que lorsqu'elle ne leur est plus soumise. Il est sorti de l' OTAN, où Sarkozy nous a ramenés.

Le premier accroc a été l' oeuvre de Pompidou. Il a en 1972 introduit l' Angleterre en Europe. On préfère croire que l' intention était noble, mais il est inquiétant de songer qu' un chef d' Etat n' évalue pas mieux les risques qu' il prend. De Gaulle, quant à lui, refusait l' intrusion d' un cheval de Troie dans l' aménagement de l' Europe à l' issue de la décolonisation , et donc un obstacle au rapprochement franco- allemand qui constituait la colonne vertébrale du projet.

Un an plus tard, fin 1973, le premier "choc pétrolier" a montré les limites de la solidarité atlantique. Le secrétaire d' Etat américain Kissinger est allé négocier directement avec le roi Fayçal d' Arabie les conditions d' un accord qui pénalisait essentiellement les économies européennes en plein essor, devenues potentiellement des concurrentes dangereuses sur le marché mondial. Pour la France, fin des " trente glorieuses" et, par voie de conséquence, amenuisement de sa puissance diplomatique.

Déjà, l' intervention franco-britannique de 1956 sur le canal de Suez, stoppée par un ultimatum américano-soviétique, avait provoqué la relève par les USA de la présence française au Levant. Après le retour de de Gaulle au pouvoir en 1958, sa " politique arabe ", contestée par le soutien systématique des socialistes à l' Etat d' Israël, piétinait. Le général s' est alors efforcé de trouver une compensation dans le concert international au moyen d' un non-alignement implicite (discours de Pnom Penh de septembre 1966), voire d' une incursion émancipatrice en terre francophone (discours de Montréal de juillet 1967 ).

Cependant, l' abandon dès 1970 des lignes de force tracées par les options gaulliennes au profit d' un retour progressif dans le giron atlantico-européen, en même temps qu' une nette distanciation avec les pays de l' Est, ont sonné le glas d' une stricte vision de l' indépendance nationale. Les hôtes du Quai d' Orsay, formés à l' antienne du nécessaire "bouclier américain ", se sont mis à répéter que la mondialisation devait rapprocher plus étroitement les occidentaux et que chacune de leurs composantes dépendait des autres. Sans préciser jusqu' où certaines étaient plus dépendantes que d' autres. L' option dominion...

La France détient une voix au Conseil de Sécurité des Nations Unies. C' est un atout. Pourquoi ne le jouerait-elle pas en diversifiant ( sans les renverser) ses alliances ? En desserrant le carcan de l' atlantification ? En ouvrant une perspective européenne plus large selon un axe Paris-Berlin-Moscou ? En retrouvant une aura populaire face à la voracité du système totalitaire de la Finance ? En encourageant la Paix et en développant les chances d' une démocratie crédible? Ce rêve "fou" mérite un regard politique neuf et courageux : il viendra, c' est inéluctable.

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Vérités,salamalecs, grenouilles

Publié le par memoire-et-societe

Submergé par les fastes du D.Day, l' article de Michel Rocard dans "Le Monde" du 5 juin est passé à la trappe. Il tombait effectivement mal quand Hollande multipliait les ronds de jambe devant la reine d' Angleterre, de rose revêtue.

Pourtant, l' ancien Premier Ministre posait un problème de fond puisqu' il demandait aux "amis anglais" de "sortir " de l' Union Européenne. Sans tenter de me faire valoir, on me permettra de rappeler que ce blog a maintes fois soulevé la question : en novembre 2011 ( Exploser l' euro ), en janvier ( L' Europe en dominion ), mars (Trois Europes ) et septembre ( French bashing ) 2012, en janvier ( L' Europe, c' est le continent ), avril ( De l' Angleterre ), et juin ( Existe-t-il un patriotisme européen ?) 2013.

En substance, que dit Rocard, traduisant le sentiment d' une large majorité de l' opinion ? Que les Anglais, fidèles à une attitude séculaire, " n' aiment pas l' Europe " et que leur objectif est de torpiller l' unification du continent, grâce à une tactique éprouvée : diviser pour régner, élargir pour diluer ; qu' ils se sont introduits dans la C.E à l' occasion d' une erreur de Pompidou, cherchant à contrebalancer l ' essor de la puissance allemande ; que Londres, pensant uniquement commerce, a systématiquement combattu tout pas vers l' intégration et "voulu la paralysie" ; que par la faute de l' Angleterre " l' Europe est entravée et mal gérée, géant économique et nain politique ", ainsi écartée de toute recherche de la paix en Yougoslavie, en Afrique et en Palestine ; que le gouvernement de Sa Majesté a violé les règles communautaires par l' exigence d' accords de dérogation concernant sa contribution financière ( " my money back" ) et son droit à s' en aller quand bon lui semble ( " opting out "); qu'il a toujours mis son véto à la nomination d' un fédéraliste à la tête de la Commission ; qu' il a inlassablement fait prévaloir le point de vue national sur l' intérêt communautaire ; qu ' il bat désormais la campagne pour empêcher l' élection à Bruxelles du luxembourgeois Jean-Claude Junker, trop continental à son goût.

Le réquisitoire de Rocard est implacable. Sa conclusion aussi : " Sans démocratie interne, écrit-il, l' Europe est indigne (...) Vous nous méprisez à ce point ? De quel droit? (...) Vous en aller ? Mais vous avez encore quelque intérêt bancaire à profiter du désordre que vous avez créé...Partez donc avant d' avoir tout cassé."

Il est réconfortant de voir un homme politique d' envergure parler vrai. La soumission de la diplomatie française aux hypocrites diktats du Foreign Office mérite depuis 42 ans - date de l' adhésion britannique à la Communauté- d' être dénoncée. C' est fait, au plus fort des salamalecs destinés à Mme Elizabeth dont Mme Hidalgo, maire de Paris, a donné le nom au "Marché aux fleurs", cher à Jacques Prévert. Sans la courageuse lettre de congé de Rocard, nos " amis anglais " n' auraient qu' à continuer de se gausser de ces "stupides grenouilles".

P.S 1- Puisqu' on est dans les célébrations guerrières, comment se fait-il que personne, jamais, n' honore la victoire de Stalingrad sans laquelle le DDay n' aurait sûrement pas pris la même tournure. La présence de Poutine en Normandie n' en a que plus de sens.

P.S 2- Michel Rocard ne cesse d' aggraver son cas. Ne voilà-t-il pas qu' il a signé la pétition offrant l' asile politique en France à Edward Snowden, l' homme qui a révélé l' existence du réseau mondial de cyberespionnage anglo-saxon ?

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Quand l' Argent "prend peur"...

Publié le par memoire-et-societe

Faut-il le rappeler, l' Argent ne se paie pas de mots. L' Argent croit seulement à la "réalité économique", réduite à la loi du profit.

Quand Mitterrand parlait en 1981 de "rompre avec le capitalisme", l' Argent ne s' est pas ému plus que ça. Il savait bien que l' arsouille politique, fraichement "socialiste", ne tiendrait pas parole. En effet, deux ans plus tard, après quelques nationalisations mal faites et ruineuses, il chargeait le "fils préféré", Fabius, d' un "redressement" qui allait conduire à la première "co-habitation".

Quand Chirac a promis de "réduire la fracture sociale", cela n' a guère empêché les Fonds de pension internationaux de dormir. Ils étaient habitués à la démagogie du "Roi fainéant" et avaient confiance dans les forces sociales qui le portaient vers un pouvoir si désiré par l' intéressé.

Quand Sarkozy a clamé avec son assurance coutumière : "Les paradis fiscaux, c' est fini !", l' Argent, Afflelou et Cahuzac ont bien rigolé. Venant de Sarko, l' enfant chéri de Neuilly, le thuriféraire de Bush jr. et des néo-conservateurs américains, la blague valait son pesant de moutarde.

Quand en 2012 au Bourget, emporté par l' ivresse électorale, Hollande s' est écrié : " Mon ennemi, c' est la Finance! ", l' Argent n' a encore rien dit, mais a jugé que, cette fois, ça suffisait. Pour lui, ce socialisme d' opérette récurrent, en plein dispositif libéral, finissait par agacer les dents. Ah, Wall street est ton ennemi ? eh bien attends, on va te montrer ce qu' il en est. Précisément la femme forte de l' Europe, la chancelière Merkel, commençait également à en avoir marre de toutes ces tartarinades... Il était temps de s' entendre pour faire un peu le ménage.

Les coalisés ont alors mandaté leur commis à Bruxelles, Baroso, président de la Commission Européenne, pour enclencher un sérieux "french bashing". Le contexte, qui n' était déjà pas un fruit du hasard, s' y prêtait :

- l' Etat français n' assurait plus son équilibre budgétaire depuis 1981

- la pression fiscale s' alourdissait en conséquence, l' évasion de capitaux et les délocalisation d' entreprises se multipliaient

- les investissements nationaux filaient hors frontières

- la part des investissements étrangers dans les grandes entreprises françaises ne cessait de croitre, fragilisant celles-ci

-le tissu industriel du pays, perdant peu à peu de sa compétitivité, se désagrégeait (65000 fermetures de PME l' an dernier), accélérant la montée du chômage

- les patrons surpayés du CAC 40, clairement apatrides, jouaient l' actionnaire contre l' intérêt national

-Bruxelles,encouragé en sous-main par la BCE et les Agences de Notation, harcelait Paris pour que la France revienne illico au-dessous de la barre fatidique des 3% de déficit de son PNB

Devant une telle avalanche de contre-performances, de contraintes et de menaces, amplifiée par une contre-publicité savamment orchestrée par la presse économique anglo-saxonne, l' Argent, l' oeil sur les comptes, ne pouvait, bien sûr, que prendre peur . Ou du moins en avoir l'air. Peu importe, cela contribuait à épaissir les nuages qui s' amoncellent sur l' Hexagone. Que la Finance soit l' Ennemie de François Hollande, malgré le mal qu'il se donne désormais pour l' amadouer, est sans doute vrai. Qu' en outre, les milieux boursiers prennent nos "leaders" successifs pour des comiques, ne l' est pas moins.

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Vers le chemin des urnes ?

Publié le par memoire-et-societe

Harlem Désir a été un catastrophique dirigeant du P.S : il est bombardé Secrétaire d' Etat aux affaires européennes.

Dominique Voynet a été un épouvantable maire de Montreuil : elle est nommée Inspectrice d' Etat.

Cette manie de recaser, après échec, les membres de la caste politique, n' est certes pas nouvelle. Chaque Président, de droite comme de gauche, promeut copains et copines. Mitterrand n' avait-il pas en partant doté ses deux secrétaires personnelles d' un titre de haut fonctionnaire ? Le Sénat, comme le Conseil Economique, le "tour extérieur" du Conseil d' Etat, et une série de " Hautes Autorités" ou "Comités Supérieurs" ne sont-ils pas des refuges particulièrement appréciés des recalés du suffrage universel ? Le tout, bien sûr, aux frais du contribuable.

Il faut croire que cette fois Hollande a fait fort puisque même le président socialiste de l' Assemblée, Bartolone, a critiqué la nomination de Voynet, tandis que la Droite interpellait le gouvernement sur la désignation de H.Désir à une fonction stratégique.

Ces choix en effet ne sont pas des plus heureux. Voynet, médecin de profession, chassée par les électeurs de sa ville d' origine, Dôle, s' était trouvé comme point de chute Montreuil où elle a battu de peu le sortant communiste en 2008. Elle vient d' abandonner de son propre chef la ville, qu' au bout de 6 ans de gestion elle a rendu aux communistes en état de quasi faillite.

Quant à H.Désir, ex-président d' un "SOS Racisme" piloté en réalité par Mitterrand auquel il doit sa carrière, il n' est pas exempt de tout reproche. Il traine depuis fin 1998 une condamnation de 18 mois de prison avec sursis pour recel d' abus de biens sociaux ( emploi fictif ). Il est vrai que son successeur , Cambadélis, a fait mieux : affaire Agos (foyer de travailleurs immigrés ) : 5 mois de prison avec sursis en janvier 2000, affaire de la MNEF : 6 mois avec sursis en juin 2006, les deux fois pour emploi fictif...

Tant de "récompenses" pour mauvais services relèvent de moeurs que l' état de crise où se trouve le pays rendent plus choquantes encore. On gèle les prestations sociales et les salaires publics, fort bien : que les sacrifices soient partagés. Mais qu' on arrête en même temps de servir ses vieux potes, qui ne sont pas spécialement modèles de vertu républicaine.

Le P.S préparerait une campagne militante destinée à ramener vers le chemin des urnes les électeurs de gauche en fuite. S' y prend-il bien ?

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