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Etre Corse

Publié le par Jean-Pierre Biondi

L' autre jour, à Sainte Lucie de Tallano, en Corse du sud, où je visitais un moulin à l' ancienne, le gardien m' a demandé d' où j' étais.
- J' habite Paris, ai-je dit. Mais mon père était corse et ma mère continentale.

- Alors, vous êtes corse.

J' ai accueilli sereinement la primauté du père, conforme à la tradition patriarcale de l' île. Je n' en ai pas moins, durant un séjour d' une semaine et demi, constaté le recul de la corsitude.

Au plan de la démographie d' abord. Les Portugais représentent 20% de la population et développent un embryon de classe moyenne ( responsables de PME pour la plupart ) qui transfère en majorité ses gains au Portugal. Corses et Portugais ne se marient pas entre eux. Le communautarisme domine.

C' est encore plus vrai des Maghrébins qui compteraient 30% des habitants, cantonnés dans les basses besognes et soumis à la méfiance indigène. Parmi les 50% qui restent, les Continentaux figurent pour près d' un tiers, ce qui, sur un total d' environ 300.000 individus, réduit le nombre de Corses d' origine à 100.000. Moins qu' à Marseille. Si l' on ajoute à cela que les meilleurs éléments issus de l' Université de Corte se dispersent, faute d' Empire, en France et en Europe, on se dirige vers une baléarisation ( 2 millions 500.000 touristes en 2013) dénoncée avec fracas par les nationalistes.

Ceux-ci, qui ont "déposé les armes", semblent baisser le ton. Les autonomistes ont, certes, enregistré des progrès électoraux sensibles, et leur représentation à l' Assemblée de Corse est significative. Le président de celle-ci, le communiste Bucchini, ne dédaigne pas composer avec eux. Mais les extrémistes marquent le pas. On ne voit plus guère de slogans anti-gaulois qui, tel IFF (les Français dehors), couvraient auparavant les murs, les panneaux et les pancartes. L' ethnicisme n' est décidément pas la voie du développement.

L' instauration d' un bi-linguisme partiel, la création de postes de professeurs de corse, ont contribué à décrisper la crise identitaire. D' autant que la frontière, pas forcément claire, entre certains nationalistes et les milieux et pratiques mafieux ont pu brouiller les cartes. La statistique des assassinats demeure constante, mais, depuis le meurtre du préfet Erignac, moins politisée. Nul doute qu' un referendum sur l' indépendance se traduirait actuellement par un "non" massif.

En fait, les Corses, quoiqu'ils disent, sont très "français" : plutôt pessimistes et toujours en attente de motifs de fierté et d' occasions de se valoriser. Agaçants et attachants, outranciers et susceptibles, égocentristes mais solidaires.

Je suis revenu avec du vrai "figatellu" pour amis parisiens. Nous l' avons mangé cru, soutenu par du Beaujolais blanc et frais, contrairement à toute orthodoxie. Quelqu' un a mis un DVD d' I Muvrini. Chacun a pu rêver de la dorure du soleil en fin d' après-midi sur le sommet de l' Incudine, ou des forêts de châtaigniers et de chênes-lièges dévalant vers le golfe de Porto. J' ai ressenti alors la fugitive impression, moi natif de Creil (Oise), ancien du lycée Decour et de la Sorbonne, marié 40 ans à une Alsacienne, père de 2 enfants élevés à Dakar dont l' un désormais installé aux USA, de répandre je ne sais quel parfum de pascal paolisme.

La Corse a gardé, hormis sa beauté, peu de ressemblance avec celle de Mérimée et même celle de mon enfance, mais c' est ainsi.

Publié dans culture

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Trancher les têtes frapper les esprits et dire les choses

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La décapitation est considérée de nos jours comme un acte caractéristique dé barbarie. Malheureusement, le sort tragique d' Hervé Gourdel est loin d' être inédit. La décapitation est une pratique de tous les temps et de tous les pays.

Dans l' Antiquité, Saint-Jean Baptiste et Saint-Paul ont connu cette épreuve. Au Moyen Age, la peine dite capitale (du latin "caput", tête) était réservée aux Nobles, le bûcher et la pendaison relevant de la roture. La Révolution (Code pénal du 6 octobre 1791) a démocratisé tout cela : 17.000 individus ont été guillotinés pendant la Terreur. Châtiment égalitaire, net et sans bavure, même si, depuis, des électro-encéphalographies appliquées aux rats ont montré que, décollées, les têtes pouvaient demeurer conscientes un moment encore.

Les femmes n' ont pas échappé au supplice: des résistantes au nazisme comme Emilienne Mopty et Olga Bancic, par exemple, ont été tuées à la hache dans leurs prisons. Trois pays ont toujours recours à la décapitation : l' Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar, membres de la coalition dirigée par les U.S.A contre Daesh, l' Etat islamique.

La question, que d' ailleurs personne ne pose, est alors la suivante : pourquoi les bourreaux d' Hervé Gourdel et de trois autres otages anglo-saxons (la liste d' attente est encore longue) ont-ils privilégié cette manière d' exécution, la filmant de surcroît avec soin ? parce qu' elle est la marque d'une sanction suprême et méprisante.

Il n' est pas question de justifier ici quoi que ce soit, mais de s' interroger sur les motivations proches ou lointaines, les messages plus ou moins clairs des meurtriers. Partons ainsi du constat que le Temps n' a pas valeur identique dans les sociétés occidentales, ou occidentalisées, et dans celles qui se revendiquent d' un modèle différent. Lié prioritairement à l' économie ("time is money") chez l' Occidental, le Temps, don de Dieu, est une mystique pour les fondamentalistes. La décapitation n' est donc pas à leurs yeux un acte purement ponctuel, soldant la situation une fois pour toutes. Elle revêt le sens d' une punition que, dans l' échelle des condamnations, seule l' Eternité divine est en mesure d' effacer. Deux logiques, deux cultures, deux Histoires, qui co-existent difficilement. La première, fébrile, basée sur l' immédiateté, la seconde, patiente, sur la durée.

Au-delà de la réplique conjoncturelle aux frappes aériennes en Irak, l' assassinat de Gourdel par des intégristes, geste destiné à frapper, lui, les esprits, et à défier le gouvernement français (faut-il s' en étonner quand la France désargentée se hisse au premier rang de chaque conflit armé?) renvoie donc au très ancien et absolu rejet (décapitation ou égorgement) de l' Infidèle. En réalité, depuis les Croisades et a fortiori la période des conquêtes impériales et les guerres de décolonisation, les prêcheurs les plus radicaux du djihad visent une revanche sur le judéo-christianisme, voire la substitution de l' Islam à celui-ci. Objectif qui appelle, dans une affaire supposant pour le moins de multiples étapes, un fort long terme. C' est pourquoi la lutte contre les extrémistes islamistes risque de durer, alternant poussées de violences et moments de répit.

Pour s' en tenir à l' actualité, il convient d' admettre que l' Occident porte une bonne part des responsabilités. George W.Bush, Nétanyaou, et des seconds couteaux comme Blair en Irak et Sarkozy en Libye, à ne citer qu' eux, mériteraient, s'il existait une justice internationale indépendante, de comparaître devant elle comme fauteurs de guerre. Ce que les Américains ont fait de l' Irak, ce que les Israëliens commettent à Gaza et en Cisjordanie sont des crimes contre l' humanité, imbibés de pétrole et empreints de racisme. Les djihadistes qui affluent vers Daesh, incarnant l' Etat vengeur, sont les produits inéluctables de plusieurs décennies de guerre, d' occupation et d' oppression.

L' Ouest n' aime pas entendre cela : mais quand s' est-il- arrêté sur la douleur des mères de millions (au total et en quelques 25 ans) d' enfants écrasés sous leurs maisons, s'enfuyant mitraillés jusque sur les plages et dans les champs, amputés, transbahutés, traumatisés à vie par les bombes "libératrices" de Washington, ou "pacifistes" de Tel Aviv et de leurs affidés ? Doit-on tellement s'indigner du "terrorisme" qu' ils ont eux-mêmes engendré ? Hervé Gourdel est une victime de cette spirale. Et probablement, hélas, pas la dernière.

Publié dans actualité

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Le trouble parcours de Wilhelm Reich

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Sa réputation chez les psychanalystes des années 30 était celle d' un fou. C' est pourquoi il est demeuré peu connu du grand public. Mais Hölderlin, Van Gogh, Nietzche ou Artaud n' étaient-ils pas "fous" aussi ?

Né en 1897 dans une famille de fermiers de l' Ukraine actuelle, Reich a combattu les Russes dans l' armée autrichienne, entrepris, la paix revenue, des études de médecine psychiatrique, puis rejoint à Vienne Freud dont il est devenu, à ses débuts, l' un des disciples favoris.

Son premier ouvrage, "La Fonction de l' orgasme", publié en 1927, le range bientôt parmi les hérétiques de la psychanalyse orthodoxe. Il part à Berlin, y adhère au Parti communiste, et fonde, avec des psychanalystes allemands (Fromm, Fenickel), la théorie freudo-marxiste.

L' avènement du nazisme le contraint à regagner Vienne où s' accentue son divorce thèorique avec Freud, s' agissant entre autres de l' importance de "l' instinct de mort". La fille du Maître, Anna Freud, elle-même psychanalyste, s' emploie à faire exclure "ce communiste" de la conservatrice Internationale psychanalyste (I.P.A) et s' applique à le discréditer en lui construisant une solide réputation de "dément".

De son côté, la Gestapo décrète un autodafé de toute l' oeuvre du "juif pornographe". Réfugié au Danemark puis en Suède, Reich y poursuit ses recherches sur la "thérapie psychocorporelle". Celles-ci captent l' attention de l' ethnologue Malinovsky qui, en 1939, l' invite à venir enseigner "l' analyse caractérielle" à New York. Commencent alors pour Reich d' interminables démêlés avec le F.B.I qu'obsède l' étiquette marxiste de l' Autrichien. On finit par le reléguer dans l' Etat du Maine, à Rangeley, où il crée une clinique de dépistage des biopathies. Ses expériences ne manquent pas de soulever bientôt l' indignation locale qui relaie les rumeurs antérieures de schizophrénie, couronnées d' une accusation non prouvée de pédophilie.

Condamné pour avoir outrepassé l' interdiction de location des "accumulateurs d' orgone" de son invention et avoir contesté la qualification du tribunal pour juger d' innovations scientifiques, il meurt,à 60 ans, en prison d' une crise cardiaque . Ses partisans ont estimé le décès douteux, compte tenu du climat de "mac carthysme" régnant à l' époque aux Etats-Unis. Ses oeuvres n' avaient-elles pas fait l' objet d' un second autodafé, à Manhattan cette fois?

Reich a en vérité tout enduré : calomnies et jalousies, expulsions, exils, vengeances, tracasseries policières, poursuites judiciaires, et peut-être mort violente. Aujourd'hui le musée de Rangeley, qui porte son nom, célèbre ses découvertes. Ses théories ont suscité des vocations et créations un peu partout : ainsi, à Paris, le "Cercle d' études reichiennes" animé par le psychologue libertaire Jacques Lesage de La Haye.

Illuminé? agent communiste? charlatan? visionnaire? la personnalité complexe de Reich reste une énigme que son étrange destin continue d' entretenir.

A lire : "La Fonction de l' orgasme" (L' Arche,1986)

"Reich parle de Freud" (Payot,1998)

Jean-Michel Palmier : " W. Reich. Essai sur le freudo-marxisme" (U.G.E, 1969)

Publié dans culture

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Fait-il exprès?

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Fait-il exprès, à la fin?

Exprès de tomber, à mi-mandat, de 51,64% des suffrages à 13% d' opinions favorables (record battu) ? de transformer sa majorité en peau de chagrin, à force de détricoter un projet approuvé par son Parti? d' exploser la Gauche plurielle jusqu' à ébranler les "radicaux de gauche", ce qui n' est quand même pas donné à tout le monde ?

Exprès d' aller chercher le concours de fort douteux courtisans : un député écolo qui guette un maroquin mais ne paie jamais ses amendes, un secrétaire d' Etat qui, après avoir traqué les fraudeurs fiscaux au Parlement, "oublie" plusieurs années de payer ses impôts et son loyer parisien,un conseiller spécial qui se fait cirer les pompes aux frais du contribuable, sans citer Cahuzac ou remonter à Guérini?

Exprès de dévaluer la fonction présidentielle en s' accommodant d' une concubine aussi affligeante? de se faire soupçonner de railler ceux qui n' ont pas les moyens de se soigner les dents? d' être surpris par les photographes se rendant chez une maîtresse, à quelques pas de l' Elysée, mal dissimulé sous un casque de motard?

Exprès de menacer des millions de chômeurs? de vouloir augmenter la TVA au moment où les citoyens reçoivent d' ahurissantes feuilles d' impôts? de se faire balader par le MEDEF qui ne crée pas d' emploi, tarit ses investissements et poursuit la désindustrialisation, afin de purger une bonne fois les Français de leurs lubies socialistes?

Exprès de ridiculiser un Pays dont l' autorité ne cesse de faiblir? d' obéir sur le champ à la Maison Blanche en suspendant, avec les conséquences socio-économiques qu' on sait, l' exécution d' un contrat signé il y a plusieurs années, et en partie déjà honoré, par la Russie? de s' engager sans consultation publique dans toutes les onéreuses aventures militaires et politiques, comme la provocante extension de l' OTAN à l' Ukraine par les Américains, bien nantis en gaz de schiste et en pétrole domestique Dieu merci, à la barbe de Poutine?

Exprès de renier, point par point, le "discours du Bourget", de trahir son programme et ses 18 millions d' électeurs? de ne cesser de mentir : sur la courbe du chômage, sur son ennemie "la finance", sur l' endettement, le taux de croissance et le reste? d' avoir fait du social-libéralisme qu' il avait tant vilipendé, le nouveau et toussotant moteur du "changement" annoncé? Exprès de remettre en question un modèle social élaboré par les Résistants?

Fait-il exprès de se rendre en réalité inaudible?

Si c' est le cas, l' exigence de moralité publique et de dignité nationale risque de le prendre très vite à contre-pied en faisant,évidemment, la courte échelle au populisme le plus extrème.

Publié dans politique

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Le jeu des nationalités (fin)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

MISE AU POINT : suite à une erreur de manipulation, l' article de ce blog daté du 17 octobre 2011 et intitulé "Le jeu des nationalités", s' est trouvé effacé (voir information du 18 août dernier). Une lectrice a permis de le récupérer en signalant qu'il a été aussi publié dans l' ouvrage tiré de "Mémoire et Société", "Chroniques franco-citoyennes" (éditions Dictus Publishing, Sarrebrück,2013).

Le sujet a acquis depuis une acuité particulière avec la présence confirmée de 800 bi-nationaux, en majorité franco- maghrébins, sur les divers théâtres d' opération du Moyen Orient. D' autant que certains, comme Mehdi Nemmouche, sont susceptibles de constituer un danger terroriste à leur retour en France.

Ci- dessous le texte retrouvé :

" L' actualité a mis l' accent sur le sort du soldat franco-israëlien Shalit , objet de négociations entre le Hamas et le gouvernement de Tel Aviv. Voici un caporal des blindés capturé dans son char au sud de la bande de Gaza par les "Comités de résistance populaire". Né en Basse Galilée, Shalit a obtenu la nationalité française par filiation d' une grand'mère auprès du Consulat général en Israël. Ni lui ni son père, Noam Shalit, interviewé en hébreu sur France 24, ne parlent français. Nicolas Sarkozy a mené une active campagne pour la libération de notre "compatriote", présenté comme "otage", et le maire de Paris, Delanoé, l' a fait "citoyen d' honneur" de la Capitale. Pas un mot, en revanche, sur l' étudiant franco-palestinien Hamouri détenu depuis 2005 pour "délit d' intention", notion inconnue en droit français.

" Que Shalit et 477 Palestiniens soient rendus aux leurs est une bonne chose. Reste la question posée par le cas des concitoyens impliqués dans des conflits armés auxquels la France ne participe pas (Palestine) ou dans lesquels elle se range officiellement dans un camp opposé (Afghanistan). Là réside toute l' ambiguïté de la double nationalité.

" Un avocat comme Arno Klarsfeld a pu être tour à tour officier dans l' armée israélienne (on note un nombre grandissant de juifs français installés à mi-temps en Israël et opérant d' incessants allers et retours) et conseiller à l' Elysée. Robert Bourgi, avocat lui aussi, d' affaires pour le moins peu claires et très légalement "franco-ivoirien", est issu d' une influente famille libanaise naturalisée sénégalaise. Des membres de l' équipe de France de football et leurs familles détiennent plusieurs passeports différents. On pourrait continuer longtemps.

" N' est-ce pas là porte ouverte à des opérations, ingérences ou intimidations que nous voyons se multiplier, par exemple avec l' audio-visuel public : attaques contre l' estimé correspondant de France 2 au Moyen Orient, Charles Enderlin, démarche conjointe du président du "Conseil Représentatif des Institutions juives de France" (CRIF) et de l' ambassadeur d' Israël, auprès du PDG de France Télévisions à propos de l' émission "Un oeil sur la planète", diffusée le 3 octobre dernier (octobre 2011). Que dirait-on si l' ambassadeur à Tel Aviv ou en Alger se permettait pareil lobbying? Veut-on donc alimenter le terreau du Front National? Le nationalisme ne peut pas être pure vertu hors frontière et poison mortel dès qu' il gagne l' hexagone. Pas plus qu' il n' est admirables de venir bénéficier de tous les avantages sociaux d' un pays qu' on affirme mépriser.

" Le jeu des nationalités multiples, avec ses passe-droits, ses arrangements, ses abus,ses trafics, ses délits, a profité jusqu' ici d' un total non-dit et d' un large laisser-faire. N' est- ce pas un peu trop pour que la "politique" l' ignore indéfiniment ?

Publié dans politique

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Complainte du Français en forme de bateau ivre

Publié le par memoire-et-societe

(pour mémoire: Arthur Rimbaud. Le Bateau ivre.1871)

Quand ils redescendent des estrades risibles

Ils ne se sentent plus bridés par leur discours

D' autres eldorados les ont choisis pour cibles

Les libérant enfin des promesses du jour.

Amiraux étourdis par le choeur des hommages

Annonceurs de trésors, bateleurs du progrès

Otages des flatteurs ils oublient le naufrage

Et se laissent aller au courant des congrès.

Dans les flots déchaînés d' historiques débats

Ils ont forgé le fer de leur projet grisant

Mijotant des budgets pour requinquer l' Etat

Sous les vivats sans fin de roses partisans.

La Contribution a rythmé le réveil

Flux des prélèvements, marées de redevances

Nous raquâmes et nous casquâmes à merveille

Au point désespéré de la Désespérance.

Dans les pénalités de retard nous versâmes

Lors qu' une retenue très exceptionnelle

De solidarité vint pour chavirer l' âme

Du contribuable naïf le plus fidèle.

Nous subîmes des mois pleins les pires vacheries

Fiscales de Bercy chassant le rentier

Sans songer que le taux de cette arnaquerie

Ne pouvait que gaver l' helvète banquier,

Nous vîmes la file des interdits bancaires

Agrippée au radeau de ses liquidités,

D' autres livrés au choc des agios pervers,

Sombrer dans des enfers d' insolvabilité.

Nous eûmes, savez-vous, l' impayable Hollande,

Ajoutant à nos pleurs ardoises de Sarko,

De Chirac, de Tonton, de leur clique gourmande

A l' horizon béant d' un parfait fiasco!

Nous qui voyons tremblants se profiler plein pot

Le danger de faillite et la dette éternelle,

Financeurs essoufflés de taxes et d' impôts,

Dévions cependant des règles de Bruxelles!

Ces navigations sont,c' est vrai, rebutantes

Nos votes sont donc vains, nous submergeant sans cesse,

Ô toi Démocratie d' épaves grelottantes,

Qui ne sauve que ceux amarrés à la Caisse!

Publié dans actualité

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