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Existe-t-il un patriotisme européen?

Publié le par memoire-et-societe

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De récentes et multiples confrontations ramènent en surface une question majeure : l' Europe, pourquoi ? Depuis 1945, le débat entre deux conceptions attend vainement sa conclusion : ou une construction politique fondée sur la régulation de l' économie et la redistribution de la richesse, ou une simple zone de libre- échange répondant aux seuls mécanismes du libéralisme ? confédération de peuples ou club d' actionnaires?

Quand on compare l' euroscepticisme actuel avec l' élan qui, au XIXème siècle, a porté Allemands et Italiens vers l' unité nationale, on se dit que l' idée de patrie européenne est pure utopie. Pour parler uniquement du continent ( l' Angleterre, si elle est géographiquement européenne, ne l' est pas mentalement ), l' élargissement continu, employé par les Anglo-Saxons comme contre-feu à toute initiative politique, et l' extension d' une crise née en 2007 aux Etats-Unis, attisant les égoïsmes nationaux, n' ont eu d' autre résultat que d' éloigner la perspective d' une communauté pacifiée, forte de ses potentialités commerciales, technologiques, culturelles.

Chacun tire donc à hue et à dia. Le président de la Commission, Barroso, ex- mao converti au néo-libéralisme, déroule le tapis rouge sous les pieds américains ( il sera bientôt récompensé de ses bons et loyaux services par le poste de secrétaire général de l' OTAN), les Français, qui ruent à juste titre, parfois maladroitement, dans les brancards, deviennent les boucs-émissaires de l' Europe des riches, l' Allemagne n' en finit pas de s' enivrer de sa propre puissance, les Grecs s' expatrient en la maudissant, et les travailleurs espagnols vont chercher du boulot au Maroc.

Vous avez dit " patriotisme" ? il est si facile de trouver des complices pour découper en petits morceaux la multinationale et apatride entité appelée "vieille Europe ", et de l' éliminer ainsi de la négociation cruciale avec l' Asie...

Publié dans actualité

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Le surréalisme slave

Publié le par memoire-et-societe

   L' impact du surréalisme a été international. L' ensemble de l' Europe continentale, l' Amérique latine et, à un moindre degré, les Etats-Unis, s' y sont impliqués.

   En Europe centrale, où l' on était attentif à la vie artistique française, peintres et écrivains faisaient le voyage de Paris, y séjournaient, et souvent s' y installaient. Ils contribuaient ainsi à élargir l' audience d' un évènement culturel majeur de l' entre-deux-guerres.
   L' existence d' un surréalisme slave, qui peut a priori paraitre un sujet limité, est à relier aux bouleversements qu' ont constitué pour cette partie de l' Europe la chute des empires russe et autrichien, la révolution bolchévique, le traité de Versailles et l' avènement du nazisme. Les vainqueurs du conflit, en l' occurrence la France et l' Angleterre, en redistribuant les cartes en 1919, ont accéléré sans le savoir, la relecture de l' homme et du monde qu' offraient, à l' orée du siècle, la psychanalyse, le cubisme, le dadaïsme, l' expressionnisme .Lecture qu' aucun créateur ne povait éluder.

   Par surréalisme slave, faut-il alors entendre autrechose qu' une localisation géographique ? quelque contexte historique lié à la région balkanique ou un vague relent de pan-slavisme ? Même si la tentative de refondation culturelle de l' Europe conduit à distinguer entre combat contre un rationalisme institutionnel et lutte contre le mysticisme d' un autre âge, au bout du compte les thèmes et les valeurs se rejoignent : la place de l' inconscient, l' importance du hasard et de la liberté, la priorité de la poèsie et de l' amour sont les principes de base de tout surréaliste.

   Une fois encore, André Breton a joué ici  un rôle de catalyseur. On lui reproche d' exclure mais, contradictoirement, il aimante.C' est lui,  par exemple, qui a attiré et accueilli les membres de " Devetsil ", groupe d' artistes praguois comprenant Toyen ( pseudo forgé avec les dernières syllabes de citoyen ), son compagnon Jindrich Styrsky, le poète Nezval, l' architecte Teige, le peintre Sima, devenus les représentants du mouvement dans la Tchécoslovaquie des années 30. Comme Sima d' ailleurs, Toyen a fini par résider à Paris et à participer à toutes les manifestations collectives du groupe français.

   Situation comparable avec les peintres et écrivains yougoslaves Ivsic, mari de l' écrivaine Annie Le Brun, Ristitch et  Matitch, chefs de file d' une avant-garde bientôt traquée par le fascisme. Mais le surréalisme avait eu le temps d' essaimer avant que, tenus pour des dégénérés de l' art, ses adeptes ne s' éparpillent dans l' exil, les camps hitlériens, voire, pour certains, les bagnes staliniens.

Publié dans culture

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La mort de Joseph Zobel

Publié le par memoire-et-societe

   Joseph Zobel possèdait la plus belle voix que j' ai entendue. Son timbre était le même que celui de Paul Robeson dans   " Ol' man river ", de John William dans " Sixteen tons ", de Louis Armstrong dans " La Vie en rose ", de Stéphane Pizella dans " Les nuits du bout du monde ' . Grave et enveloppante, ample et souple.

   J' ai rencontré Zobel à Radio Dakar, alors qu' il y produisait des émissions artistiques très prisées en Afrique de l' ouest. Un jour, il m' a dit  tout à trac : " Je prends ma retraite pour aller faire du cheval dans les Cévennes " . Il omettait d' ajouter :

et  trouver la paix en réécrivant et retitrant mes romans de jeunesse, " Les Jours immobiles " et " La Fête à Paris ".

   Zobel était beaucoup plus que ce moment précis de sa vie : l' un des pionniers de la littérature antillaise  d' essence francophone ,que, malgré le succès de "Rue Cases- Nègres", publié en 1950 et filmé en 1982 par Euzhan Palcy, les éditeurs métropolitains n' ont pas sollicité à l' instar d' autres auteurs de la " Créolité ", tels Glissant, Chamoiseau ou Confiant . Zobel  pourtant les avait précédés dans l' " oraliture ". Peut-être le prestige de Césaire, de deux ans son aîné, lui a-t- elle fait ombre ?

   L' homme était éminemment modeste, débordant toujours de grands rires, authentique fils du peuple de Rivière-Pelée et du Diamant, au sud de la Martinique. Il est mort sans bruit, une fin juin, à l' hôpital d' Alès. Là-bas, de l' autre côté de  l' océan,  un lycée porte maintenant son nom.

Publié dans littérature

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Le totalitarisme en question

Publié le par memoire-et-societe

   La philosophe allemande Hannah Arendt,exégète de Kant et de Kierkeggard, élève de Husserl,fondateur de la phénomènologie, disciple de Heidegger, et amie de Jaspers, prix Nobel, a consacré une bonne partie de sa vie à  l' analyse du système totalitaire ( " Les Origines du totalitarisme ", 3 volumes, 1951 ).

   Lors du procès d' Adolf Eichmann à Jérusalem en 1961, qu' elle a suivi pour le journal " The New Yorker ", elle s' est mise l' opinion juive à dos en refusant de considérer le bourreau nazi autrement que comme un médiocre instrument de la "banalité du mal ". On éludait donc,selon elle,  l' essentiel en se polarisant sur cet exécutant et en ne s' attaquant pas au fond: la monstruosité du Système. La problèmatique a  fait l' objet d' un récent film franco-allemand de  Margarethe von Trotta.

   Pour Arendt, qui a pris conjointement ses distances avec les pratiques sionistes, c' est à  la nature du totalitarisme qu' il convient d' attribuer la vraie responsabilité du gènocide, inscrit en quelque sorte dans ses veines. Cette analyse demeure toutefois  contestée, notamment  l' assertion selon laquelle la dictature, " société de masse", abolit  la " société de classe".

Il est vrai que dans l' Allemagne nazie dominait la hiérarchie des dignitaires du Parti, et  en Union soviétique une Nomenklatura omnipotente. Si elles ne constituaient pas des classes au sens marxiste, elles induisaient  néammoins des niveaux de pouvoir différents  et des clivages sociaux qui , dans la forme, s' en approchaient..

   Des penseurs et des historiens onr critiqué également la typologie des dictatures établie par Arendt. Sa complète assimilation du nazisme et du stalinisme, par exemple, n' a pas emporté la conviction, ne serait-ce que par la contradiction de leurs  finalités  théoriques  (nationalisme et racisme chez l' un,  léninisme et  internationalisme chez  l' autre ) , de  l' ambition proclamée de leurs " socialismes " respectifs ( et  comment classer alors les tendaces totalitaires de  régimes religieux ?).

   A partir de là, certains font observer que sans l' Armée rouge et  les sacrifices du peuple russe, l' hitlérisme n' aurait  sans doute pas été aussi vite vaincu, qu' un compromis aurait  peut-être fini  par s' imposer, laissant les mains libres aux Anglo-Saxons à l' ouest, et  la faculté au Reich de conquérir son " espace vital " à l' est ( l' idée a été plusieurs fois avancée entre 1940 et 1945 ). Il a fallu par conséquent  la contribution déterminante d' un totalitarisme, qui s' est d' ailleurs plus tard dissous de lui-même, pour venir à bout de l' agressif  expansionnisme germanique.

   Démonstration historique d' où ressort qu' une dictature peut s' allier avec des démocraties parlementaires, mais que deux  totalitarismes sont en fait incapables de co-exister longtemps.

 

Publié dans société

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Eloge du jazz

Publié le par memoire-et-societe

   Senghor était encyclopédique. Il fallait l' entendre parler du jazz dont, étudiant nourri des idées de la Négro- Renaissance, il avait senti d' emblée la dimension civilisationnelle.

   Le jazz était, à ses yeux, une aventure considérable, qui venait conforter ses thèses sur le Dialogue des Cultures. La genèse de l' évènement est en effet édifiante : elle implique le combat anti-racial aux Etats-Unis dans la première moitié du XXème siècle, le douloureux effort des descendants d' esclaves pour vaincre les préjugés et revendiquer, par la musique, le chant et la danse, la reconnaissance d' un art fier de ses racines.

   Scott Joplin, né en 1868 dans un comté perdu du Texas, issu des fanfares et chorales noires, a été le principal créateur et utilisateur du ragtime (le moment du désordre) qui consiste pour un pianiste à faire courir , le temps de la mesure, sa main droite librement sur le clavier. Le morceau intitulé "Maple Leaf  Rag" (1899) a été le véritable coup d' envoi de cette innovation musicale combinant la rigueur du classique et le rytme syncopé africain. Paul Newman rend hommage à Joplin dans son célèbre  fillm " L' Arnaque", en reprenant l' un des standards du Texan, " The Entertainer".

   Le jazz, à l' ombre de la première guerre mondiale, ne s' est pas contenté d' emprunter au ragtime, il s' est aussi greffé sur les chants montant des plantations ( work songs), filtrant des églises ( négro-spiritals,gospels), et sur l' infinie tristesse de la servitude américano-caribéenne (blues). La Nouvelle Orléans est son camp de base et sa devanture avec ses bars, ses clubs, ses bordels et ses bateaux à roue où officient le King( King Oliver), Jelly Roll Morton (Ferdinand Lamothe, d' ascendance créole et française), ou Louis Armstrong, initiateur des improvisations en solo.

   Bientôt le jazz part à la conquête du pays (Chicago, New York, Kansas City) et de l' Europe où il influence des compositeurs comme Ravel et Debussy, Satie et Strawinsky, Darius Milhaud et Horowitz. Aucune tendance musicale désormais ne peut, peu ou prou, l'ignorer.

   Succèdent à cet envol, les années 30 et l' irruption du swing, de ses " Big Band" (Glenn Miller, Duke Ellington, Count Basie ), de ses virtuoses ( " Fats" Waller, Erroll Garner, Lionel Hampton et tant d' autres ) que clôt en 1940 la naissance du be- bop. L' époque légendaire du jazz s' achève. Mais partout la musique noire a conquis droit de cité.  C 'est  cette victoire que Senghor et son ami Césaire aimaient d' abord célébrer  devant ceux qui leur parlaient de la  Nègritude.

 

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Qu' en est-il de la devise républicaine?

Publié le par memoire-et-societe

   On est heureux de relever d' une République proclamant son attachement aux principes de liberté, d' égalité et de fraternité. Ces choix sont capitaux quel que soit l' ordre dans lequel on les énonce : ils participent de l' idéal du " vivre ensemble". Ce n' est certes là qu' une devise. Elle montre la voie.

   L' égalité est à entendre non comme un nivellement contre nature, mais comme une exigence de justice. Les "congés payés", datant de 1936 sont, de ce point de vue, un exemple. Cette année-là des patrons ont renoncé à leurs vacances pour ne pas rencontrer les familles des " salopards en casquette" sur les plages. Où  je suis né, de vieux ouvriers ont pleuré. Eux qui n' avaient jamais dépassé les murs de leur usine, ne sont pas partis. C' était trop tard. Ils pleuraient de joie pour les plus jeunes. Actuellement, ceux qui trouvent à travailler le dimanche passent pour privilégiés...

   La liberté, j' en ai mesuré la valeur dans les rues de Paris en août 1944. J' étais, avec d' autres gamins, sur la barricade de la rue du Temple. Mon père au camp de Mauthausen. Chaque pavé entassé sur ces obstacles dérisoires que les "panzer" refluant par la rue de Rivoli ne daignaient même pas écraser, avait pour moi une signification vitale: le retour d' un père réduit à l' esclavage. C' était ma première appréhension concrète de la liberté. Cette dernière se trouve  confrontée maintenant à un type inédit de menace : le système de fichage et de surveillance planétaire qu' induit le programme PRISM sous couvert de lutte antiterroriste. Big Brother s' installe. Le combat n' est jamais achevé...

   La fraternité ? La fraternité, en 2013. N' est- elle pas une réponse à la dislocation qui guette toute société, à la désespérance d' hommes et de femmes jetés à la rue comme des kleenex usagés, à toutes les humiliations sociales, raciales, ou les deux, accumulées sous l' oeil d' une oligarchie disqualifiée par les scandales. La fraternité peut-elle exister dans une nation meurtrie, abimée par la violence des mutations ( exode rural, urbanisation sauvage, immigration de masse, désindustrialisation, sentiment de perte d' identité et de souveraineté, effets incontrôlables de la mondialisation ) ? cet ancien pays de laboureurs et d' artisans ne s' y retrouve plus. On le fait musée. On veut traiter sa langue, riche d' une des plus grandes littératures, comme un nouveau latin, on y réveille des clivages qui viennent planter leurs griffes dans sa chair lassée...
    J' aime la France. N' avez-vous pas, comme moi, quelque peine à y reconnaitre sa belle devise?

Publié dans société

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Amazones de la mer

Publié le par memoire-et-societe

   Toutes deux étaient belles et toutes deux artistes: Valentine Penrose,née Boué, fille d' un colonel des Landes, et Alice Rahon, épouse Paalen, native du Doubs. Tout les conduisait à s' aimer. C' est le Paris surréaliste des années 20 qui a été leur dénominateur commun. Valentine y a rencontré un peintre-photographe anglais,ami d' Eluard, Roland Penrose, qui l' entraine en Egypte et qu' elle quitte pour un ashram en Inde où la rejoint  Alice. Puis elle part  faire la guerre en Angleterre et en Afrique du nord, avant de partager le restant de sa vie entre le Sussex et la France. Ses premiers poèmes datent de 1926, la publication posthume de son Oeuvre de 1998.

   De son côté, Alice a épousé le peintre autrichien Wolfgang Paalen, a une liaison avec Picasso, enfin court  retrouver Valentine en Inde avant de s' établir définitivement au Mexique où elle anime la vie artistique avec Frida Kahlo et Diego Rivera.

   Valentine a privilègié l' écriture, mais produit également des "collages" où elle libérait un imaginaire débridé ( La Fête de la Tête). Alice a cessé d' écrire dès 1941 pour ne se consacrer qu' à une peinture noyée d' inventions subtilement colorées (Homme traversé par une rivière, en hommage à Breton). Mais des années durant, leurs paroles continuent de se faire écho :

   " Ma blonde mon amour

      Ma tiède mon amour

     Je m' en irai mourante

     Jusqu' au petit point où elle est allée

     Sans rien exiger

     Je la trouverai

     Et le feu prendra de mutuel destin "

( Valentine Penrose. " Poems and Narrations ")

   " Les amazones de la mer

     En robe noire dansent

     Comme des araignées dans leur toile

     Et crient et jouent à bouche close (...)

     Chacune son fil blanc assis sur le noir "

(Alice Rahon. "A même la terre" )

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Une contestable diplomatie

Publié le par memoire-et-societe

   Grâce au tandem Sarkozy- B-H Lévy d' abord, puis maintenant au duo Hollande-Fabius, la France est devenue la cible prioritaire du terrorisme musulman. C' est là un exploit où  Paris l' emporte même sur Washington : Obama et son Secrétaire d' Etat, Kerry, font en effet preuve, s' agissant du Moyen Orient, de plus de mesure et de prudence que leurs homologues français.
   Ne parlons pas de l' Irak et de la Libye où les Occidentaux ont obtenu un résultat spectaculaire : la disparition de l' Etat  et le retour à une situation quasiment tribale. Aujourd'hui, l' obsession du Quai d' Orsay est devenue  la Syrie. Accablée par la récession et le chômage, l' opinion publique n' a pas trop l' esprit  à veiller  à notre "politique arabe". Dommage, car elle constaterait à quel  point celle- ci s' est déportée sur les positions israëliennes.

   Nétanyaou veut la peau d' Assad, protégé de l' Iran, la bête noire de Tel Aviv. Une fois encore, voici les Français embringués dans un conflit qui ne les concerne pas directement. Le Mali, la Côte d' Ivoire  ne suffisent plus. On voit Fabius, indigné pour le coup, débouler à la télévision pour dénoncer l' utilisation de gaz sarin par l' armée syrienne : deux journalistes et " d' autres sources", que Fabius ne daigne pas préciser, en témoignent. Conclusion : pas une minute à perdre pour venir, manu militari, au secours des rebelles. Y a-t-il des islamistes radicaux parmi eux ? on s' en débrouillera, assure le ministre français, après la chute d' Assad.

   Pour autant, Fabius a fait chou blanc : Obama n' a pas empoigné la perche. Il a dit, flegmatique, qu' il allait se renseigner, " vérifier l' information", bref  s' épargner de tomber dans le mensonge du  type "armes de destruction massive" cher à Bush.Jr et  à  Blair.  D' autant que des "sources" apparemment différentes de celles de Fabius, laissent entendre que  les deux camps auraient eu recours à l' arme chimique.

   A la fin, pour qui roule Fabius? Premier ministre à l' origine de la co- habitation en 1986, fort discuté ministre des Finances de Jospin  (2000-2002), cet éléphant socialiste ayant contrevenu à la décision de son propre parti lors du referendum européen  de 2005, semble borner sa vision internationale à la  vieille alliance de la social-démocratie et  du sionisme qui nous a déjà valu des déboires en Egypte au temps de Guy Mollet. De l' eau a coulé sous les ponts:

Nétanyaou est un néo -conservateur qui a enterré depuis longtemps Ben Gourion et Willy  Brandt.

   Qu' on défende la sûreté et  la souveraineté de l' Etat d' Israël si elles sont réellement menacées, oui. Qu' on partage, soutienne et encourage ses calculs, et, dans la foulée, avalise ses prétentions  annexionnistes et ses visées dominatrices, non. Ce n' est ni  la  fonction ni l' intérêt, sauf celui de quelques groupes d' "ultras", de notre pays. Il faut qu' à un certain moment  on ait le courage de le dire.

Publié dans politique

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Une contestable démocratie

Publié le par jean-pierre biondi

   Grâce au tandem Sarkozy- BH. Lévy d' abord,puis maintenant au duo Hollande-Fabius, la France est devenue la cible numéro 1 du terrorisme musulman. C'est là un exploit où Paris l' emporte même sur Washington. Obama et son Secrétaire d' Etat, John Kerry, font en effet preuve,sur le problème du Moyen Orient, de plus de mesure et de prudence que leurs homologues français.

   Ne parlons pas de l' Irak et de la Libye où les Occidentaux ont atteint un résultat historique : la disparition de l' Etat et  le retour à une situation quasiment  tribale. Aujourd' hui  l' obsession du Quai d' Orsay est la  Syrie. Accablée par la récession et le chômage, l' opinion publique n' a pas trop le temps de prêter attention à la politique étrangère. Dommage car elle remarquerait à quel point celle-ci est en train de s' aligner sans bruit sur la politique israëlienne. Nétanyaou veut la peau d' Assad protégé de l' Iran, la bête noire de Tel Aviv.

   Une fois de plus, voici donc la France embringuée dans un conflit qui ne la concerne pas directement. Fabius,indigné, déboule, images de moribonds à l' appui, au journal télévisé de 20 heures pour dénoncer l' usage du gaz sarin par l' armée syrienne : deux journalistes du "Monde", et d' "autres sources", que Fabius ne daigne pas préciser, en ont témoigné. Conclusion : plus une minute à perdre pour venir, manu militari, en aide aux rebelles. Qu' il y ait parmi eux des islamistes radicaux, peu importe, on s' en arrangera après la chute d' Assad.

   Pour autant, Fabius a fait chou blanc. Obama n' a guère bondi sur l' occasion, ce qui isole encore la diplomatie française. Washington a  flegmatiquement répondu qu' on allait "se renseigner" et  "vérifier l'information", bref  prendre la précaution de ne pas retomber  dans un mensonge du type de celui des " armes de destruction massive ". D' autant que des sources apparemment différentes de celles de Fabius laissent entendre que les deux camps auraient eu recours à l' arme chimique.

    A la fin, pour qui roule le responsable de notre diplomatie? Assez  piètre Premier ministre, à l' origine de la co-habitation en 1986, discuté ministre des Finances de Jospin, cet éléphant socialiste, ayant contrevenu à la décision de son propre Parti lors du referendum européen de 2005, semble limiter sa vision internationale  à la vieille alliance de la social-démocratie et du sionisme qui nous a déjà valu des déboires en  Egypte en1956, et ne saurait sans doute être comparée, sous  le Likoud et  la Droite allemande,  avec ce qu' elle a pu être du temps de Ben Gourion et de  Willy Brandt. Qu' on défende la sécurité et  la souveraineté de l' Etat d' Israël  si elles sont réellement menacées, oui. Qu' on épouse tous ses calculs et  avalise dans la foulée ses visées annexionnistes et ses prétentions dominatrices, non. Ce n'est pas le rôle, ni  l' intérêt, sinon celui de quelques réseaux  d' "ultras", de notre pays. Il faut qu' à un certain moment on ait le courage de le dire.

Publié dans politique

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Réhabiliter Maurice Fourré

Publié le par memoire-et-societe

   Un jour de 1950, l' incontournable André Breton qui, à ce moment-là, venait de prendre en charge chez Gallimard une nouvelle collection, "Révélation", qui lui allait comme un gant, reçut un manuscrit que lui recommandait chaudement Julien Gracq. Titre: " La Nuit du Rose-Hôtel". Cadre: un hôtel de passe du quartier Montparnasse. Auteur: un quasi anonyme de 74 ans, issu de la bonne bourgeoisie angevine,  Maurice Fourré.

   Breton lit, est emballé. " La Nuit du Rose-Hôtel" qu' il préface, sera le premier et unique ouvrage de la Collection, lui- même s' étant rapidement brouillé avec l' éditeur. Les amateurs de littérature porno s' estimant quelque part grugés, le livre n' est pas un succès, en dépit des louanges de Paulhan, Bachelard et Cocteau. Mais, pour Breton, il encourage sa propre inclination vers un spiritualisme de nature féérique, une approche revivifiée du Merveilleux.

   L' engouement pour la personne de Fourré ne dure pas: l' Angevin est ami avec Carrouges, un dominicain qui tente de rallier le surréalisme à sa cause religieuse.  C' est plus qu' il n' en faut. Carrouges exclu du Groupe sans un pli, Fourré perd des alliés de poids dans le milieu. Son roman suivant, "Tête-de-Nègre", est refusé par Gallimard, qui publie pourtant "La Marraine du sel", texte fondé sur l' "Affaire Marie Besnard", dite " La bonne dame de Loudun", accusée de12 meurtres par empoisonnement puis acquittée, laquelle bénéficie de l' intérêt des surréalistes. Nouvel échec commercial.

   Là s' arrête la carrière parisienne de Fourré, qu'on peut ranger littérairement du côté de ses contemporains Alfred Jarry, Raymond Roussel et Pierre-Albert Birot. L' écrivain se replie alors vers l" ouest français",et plus précisément  Nantes, dont il abreuve la presse de chroniques et  de nouvelles. Il aura cependant la satisfaction de signer un ultime contrat pour la nouvelle version de "Tête-de-Nègre" qui paraitra en 1960, un an après sa mort.

   La réhabilitation (discrète) de Fourré attendra des décennies. En 1999, Claude Merlin adaptera ses romans pour le théâtre, puis Bruno Duval lui consacrera deux films video. Des études ( Philippe Audoin,Jacqueline Chémieux-Gendron), des revues ( La Mandragore), des colloques ( " Ecrivains de la Loire ") s' efforceront également de ressusciter ce "rêveur définitif", méconnu plus encore qu' oublié, dont l' imaginaire a conquis ses rares lecteurs.

Publié dans littérature

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