Une contestable démocratie

Publié le par jean-pierre biondi

   Grâce au tandem Sarkozy- BH. Lévy d' abord,puis maintenant au duo Hollande-Fabius, la France est devenue la cible numéro 1 du terrorisme musulman. C'est là un exploit où Paris l' emporte même sur Washington. Obama et son Secrétaire d' Etat, John Kerry, font en effet preuve,sur le problème du Moyen Orient, de plus de mesure et de prudence que leurs homologues français.

   Ne parlons pas de l' Irak et de la Libye où les Occidentaux ont atteint un résultat historique : la disparition de l' Etat et  le retour à une situation quasiment  tribale. Aujourd' hui  l' obsession du Quai d' Orsay est la  Syrie. Accablée par la récession et le chômage, l' opinion publique n' a pas trop le temps de prêter attention à la politique étrangère. Dommage car elle remarquerait à quel point celle-ci est en train de s' aligner sans bruit sur la politique israëlienne. Nétanyaou veut la peau d' Assad protégé de l' Iran, la bête noire de Tel Aviv.

   Une fois de plus, voici donc la France embringuée dans un conflit qui ne la concerne pas directement. Fabius,indigné, déboule, images de moribonds à l' appui, au journal télévisé de 20 heures pour dénoncer l' usage du gaz sarin par l' armée syrienne : deux journalistes du "Monde", et d' "autres sources", que Fabius ne daigne pas préciser, en ont témoigné. Conclusion : plus une minute à perdre pour venir, manu militari, en aide aux rebelles. Qu' il y ait parmi eux des islamistes radicaux, peu importe, on s' en arrangera après la chute d' Assad.

   Pour autant, Fabius a fait chou blanc. Obama n' a guère bondi sur l' occasion, ce qui isole encore la diplomatie française. Washington a  flegmatiquement répondu qu' on allait "se renseigner" et  "vérifier l'information", bref  prendre la précaution de ne pas retomber  dans un mensonge du type de celui des " armes de destruction massive ". D' autant que des sources apparemment différentes de celles de Fabius laissent entendre que les deux camps auraient eu recours à l' arme chimique.

    A la fin, pour qui roule le responsable de notre diplomatie? Assez  piètre Premier ministre, à l' origine de la co-habitation en 1986, discuté ministre des Finances de Jospin, cet éléphant socialiste, ayant contrevenu à la décision de son propre Parti lors du referendum européen de 2005, semble limiter sa vision internationale  à la vieille alliance de la social-démocratie et du sionisme qui nous a déjà valu des déboires en  Egypte en1956, et ne saurait sans doute être comparée, sous  le Likoud et  la Droite allemande,  avec ce qu' elle a pu être du temps de Ben Gourion et de  Willy Brandt. Qu' on défende la sécurité et  la souveraineté de l' Etat d' Israël  si elles sont réellement menacées, oui. Qu' on épouse tous ses calculs et  avalise dans la foulée ses visées annexionnistes et ses prétentions dominatrices, non. Ce n'est pas le rôle, ni  l' intérêt, sinon celui de quelques réseaux  d' "ultras", de notre pays. Il faut qu' à un certain moment on ait le courage de le dire.

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