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LE MOUVEMENT SOCIAL MERITERAIT MIEUX

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Constat banal et navrant : jamais depuis les débuts de l'industrialisation (1820-40), le mouvement social en Europe (on ne dit plus "ouvrier") ne s' est trouvé à un étiage aussi bas, malgré une multiplication record d' organisations et de manifestations .

Les motifs du phénomène sont divers et déterminants : mondialisation et nomadisme des marchés, donc de l' emploi, extension des formes de plus en plus nombreuses d' intelligence artificielle, crainte des classes moyennes pour leur avenir, absorption de la social-démocratie par le libéralisme, effacement du communisme, mouvements migratoires de masse et défaut de reconnaissance des minorités, avènement de l' urgence écologique, part croissante des problèmes sociétaux (rôle des femmes, liberté sexuelle, euthanasie).

De l' anarchie et du marxisme aux communautarismes ethno-religieux, le mouvement populaire est devenu objectivement complice de son déclin. Les solidarités de classe dérivent vers l' individualisme petit-bourgeois, l' internationalisme prolétarien vers l' exclusion culturelle. La perte d' influence du monde du travail face à la modernité est la rançon de tels tropismes.

La Gauche a un problème majeur de représentation. La pauvreté d' une production théorique qui peine à accompagner les mutations sociales, le manque conséquent de vraisemblance économique, l' amertume laissée par l' échec de différentes expérimentations socialistes, ont taillé des croupières au potentiel militant et , plus largement au peuple de gauche.

Démobilisation, abstention,démission, sont, du coup, des comportements accueillis avec faveur par l' autre monde, celui de l' argent, dénoncé pourtant sur les trétaux électoraux. Une fraction non négligeable des électrices et électeurs français à gauche ont déjà annoncé qu'ils resteraient à la maison en cas de nouveau duel Le Pen-Macron au second tour des élections présidentielles de 2022. Voilà qui illustre le désarroi d' une force politique qui, en 1981, totalisait, toutes sensibilités confondues, la majorité des citoyens et n'en compte plus qu' à peine 30%.

Soit une perte de prés d' un électeur sur deux. A ce stade ne surnage qu' un vote de principe, protestation abstraite, sans perspective. L'idée de justice sociale où avaient ensemencé il y a un siècle et demi Proudhon, Pelloutier, Jaurès et tant d' autres, se voit ainsi supplantée  par la tyrannie consumériste, la police bancaire, l' esclavage toxicomaniaque, la violence pour la violence.

Le redressement, idéologique mais aussi éthique,prendra du temps. Ce n' est pas l'affaire d' un Sauveur suprême mais d' un sursaut collectif qui devrait donner jour à un personnel poltique moins déconsidéré par son électoralisme , sa démagogie, ses divisions et ses reniements. Attention ! Le mouvement, sans lequel, aucune société ne fonctionne, le mérite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L' AVENIR D'UNE ELECTION

Publié le par Jean-Pierre Biondi

On sent, sauf à fermer obstinément les yeux, que les  systèmes actuels de gouvernement, centralisés ou pas, ne répondent plus, dans les sociétés occidentales, aux attentes et aux besoins populaires concrets. Le modèle démocratique européen, relooké façon nord américaine, a pris un sérieux coup de vieux auquel ni  un Joe Biden ni une Cour Suprême ultraconservatrice, ne semblent en mesure d' assurer les soins chirurgicaux nécessaires.

Parallèlement s' affirme une conception différente de l' organisation mondiale: le communisme de marché, synthèse de l' idéologie et du développement sous le contrôle étroit de l' Etat. Rallié au système, seule mais indispensable condition, libre à vous d' entreprendre, produire, commercer, et tirer profit de vos capacités. L' Etat n' intervient ici que pour assurer à la société que votre réussite ne vous confère pas un pouvoir sur elle et risque ainsi de fausser la répartition globale des richesses,

Cette opposition radicale (chinoise, sûrement, mais pas que...) au capitalisme sauvage et non régulé fait du modèle américain un épouvantail qui ne séduit plus que les monarchies pétrolières. Dans ce contexte de tension croissante, l' Europe affaiblie et divisée fait figure de "ventre mou", mi libéral mi social, et de ce fait marginalisé, alors qu' elle rêve naïvement d' un statut d' arbitre qui lui est inaccessible.

Le bruyant barnum des élections américaines ne parait dès lors qu' un événement anecdotique masquant des enjeux beaucoup plus déterminants. On sait que ce n' est pas le bon vieux Joe qui va les règler.  Significatif est le score plus important que prévu qu' a encore enregistré un individu comme Trump. Il n' est pas qu'un facteur: c' est aussi un produit. Il témoigne quelque part de l' angoisse du déclassement dans les classes moyennes et du chômage dans les masses ouvrières face aux mutations techno-économiques. Finalement d' une crise, souvent évoquée ici, d' identité et de civilisation où flotte la silhouette indécise de l'homme de demain, harcelé par le danger climatique (le globe sera-t-il vivable longtemps?), les épidémies et une géopolitique qui contredit l' arrogance mondialiste. Laquelle aggrave les inégalités couvertes  par la démocratie  formelle.

 Biden, des jeunes gens qui dansent dans les rues, très bien. Mais cela s' arrête à l' émotion si personne ne propose un mode rénové d' organisation sociale qui laisse une chance à chacun d' entre eux sur cette mélancolique planète, et  épargne à celle-ci un néo trumpisme, avec ou sans Trump.

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LA "GAUCHE" ET LE PEUPLE

Publié le par Jean-Pierre Biondi

L' impuissance de la Gauche actuelle, ou de ce qu' il en reste, à réaliser une "révolution" conforme aux doctrines énoncées depuis des lustres, la conduit à chercher à atténuer et compenser, autant que faire se peut, son échec sur le plan social par des "avancées" électoralement payantes sur le sociétal : les minorités ethniques, les femmes, les homosexuels, causes assurément progressistes, mais combats sectoriels, ne remettent cependant à l' ordre du jour ni la lutte des classes ni la domination écrasante du Capital. Ce ne sont de vieilles lunes que pour ceux qui  redoutent d' en entendre parler.

La masse du peuple, elle, lasse d' espérer un succès de fond reporté d' élection en élection sous des emballages variés, se replie dans l' abstention ou le populisme protestataire, autrement dit dans la résignation  qui mène à la jacquerie facile à dénoncer ( " les classes dangereuses") et réprimer ( juin 1848, la Commune de 1871) qu' affectionne le pouvoir en France.

Dans ce contexte, les promesses mensongères, notamment celles qui ont prévalu de Mitterrand à Hollande, ne valent que mépris. Les mitterrandolâtres du type Fabius, Jospin, Lang, Bérégovoy, et autres Ségolène Royal ou Drai, ont été, je pèse les mots, des agents déterminants de la décadence et de la déconstruction historique du mouvement ouvrier et social français. Il faut les nommer.

On ne distingue, hélas, pas davantage de salut dans le souverainisme d' Onfray béni par de Villiers (plus fort que: "et en même temps"), ou dans l' oecuménisme de Joffrin visant à  rassembler dans un suprème effort le fantôme du P.S et l' écume du mélanchonisme. On n' en est plus là! 

Des "think tank" élitistes, des "groupes de réflexion" technocratiques, des clubs de "concertation démocratique", oui, sans doute, mais cela ne fait pas le compte. Aucune proposition théorique ne sert si, aprés toilettage préalable, elle reste théorique, s'il lui manque l' adhésion du nombre, du grand flot uni qui sait se mobiliser et se rassembler quand il s' est convaincu que l' enjeu le mérite. 

L' adhésion confiante du nombre, là aussi se situe le coeur de la problématique quand on voit des Partis séculaires vidés de leurs militants, sections et fédérations, des syndicats dégénérer en corporations et associations professionnelles, ou se décomposer en micro organisations et en boutiques rivales autour de petits chefs.

Encore faut-il que la conquête du grand nombre n' aboutisse pas à l' affadissement du contenu, à la décoloration du projet, aux sauts de côté et à des ersatz de solution. Un nouvel enthousiasme, c' est à partir de là que tout peut être refondé, à partir de l' irresponsabilité crédible, de l' impossible à portée de main, de l' invraisemblable dépollué.

Démagogie? Le mouvement social n' a jamais été aussi faible depuis 1830. Ce n' est pas lui qui peut ruiner l' Etat! Mais il lui faudra  une créative diète gouvernementale s'il ne veut pas ramener, une fois encore, le peuple au bord du Rubicon pour taquiner le goujon.

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U.S.A : ENTRE ELITISME ET DEMAGOGIE

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La longue marche qui, tous les quatre ans, mène à l' élection du président des Etats-Unis, est commencée. A la veille des "primaires" de l' Iowa, la lutte semble s' orienter vers une confrontation entre gérontes milliardaires. Dans une ploutocratie, après tout, rien de surprenant, sachant qu' en cette Hyper Démocratie , on ne saurait prétendre accéder au pouvoir sans posséder préalablement un impressionnant coffre fort plein à ras bord,

D' un côté le tenant du titre, Trump, 74ans, parvenu de l' immobilier et leader républicain en procès de destitution, de l' autre Bloomberg, 77ans, 5ème fortune de la contrée, ancien maire républicain de New York et démocrate de fraîche date (2018), encouragé à la candidature par les options trop " socialistes" et peut-être pas assez pro-israëliennes  pour un Américain moyen de Bernie Sanders et d' Elizabeth Warren.

L' originalité de la situation est qu' avec le même profil le second  des candidats, si son argent parvient à le faire désigner par la Convention de son  Parti, est censé représenter des élites intellectuelles aux idées rituellement progressistes, et l' autre, maître du Sénat et de la Cour Suprême, des classes populaires aux convictions foncièrement conservatrices. Un libéralisme connecté ici, un national-populisme isolationniste là. Une contradiction apparente de plus en plus clivante .

Encore que tout ne soit pas si simple. Il ne s' agit pas en la circonstance d' une Gauche, au sens européen du terme, contre une Droite séculairement bourgeoise. La mobilité est intense aux U.S. Parlons plutôt d' un Haut politique et social, image de l' Establishment  washingtonien et d' une technocratie paternaliste, accueillante pour les minorités , et d' un Bas économique et  culturel regroupant les Petits Blancs victimes de la mondialisation (Ohio, Michigan, Wisconsin), frustrés vite racistes et bellicistes, sorte, si l' on veut, de gilets jaunes  yankees ou de poujadistes parfumés au Coca, parmi lesquels Trump n' a eu en 2016 qu' à faire son marché. D' un côté les Bleus, autrement dit les habitants des Côtes est et ouest, dynamiques et innovants (Massachusets, New Jersey, Californie, etc.), de l' autre les Rouges, héritiers d'un Centre plus rural et traditionnaliste ( Iowa, Nebraska, Mississipi), ici les mégalopoles cosmopolites du business et là les mineurs et métallos à l' abandon, les comtés évangélistes, la police anti Afro et les Ligues de vertu. Bref, l' Amérique fêtarde de Fitzgerald contre celle, passéiste, de Faulkner.

Le Parti démocrate lui-même, celui de l' ouverture, sinon de l' aventure, est peu lisible entre les accents "communisants" de l' intelligentsia universitaire, et les propos de dinosaure politique d' un Jo Biden. Pas sûr cependant qu' une fois installés à la Maison Blanche, saisis par le démon de la "real politik",  tous ceux-la ne redémarrent pas sur une irréprochable musique libérale,  écho à l' "en même temps" macronien.

Pas trop d' illusion donc. Elitistes internationalistes ou démagogues xénophobes, quels que soient les vainqueurs de ce marathon ruineux, l' impérialisme américain survivra et, avec lui , la domination du dollar, la puissance des lobbys anglo-saxons, l' extraterritorialité du droit du plus fort, un contrôle social (CIA, NSA) toujours plus étroit, le commerce des armes, et la conviction d' être LE modèle universel, malgré le démenti quotidien que lui oppose le reste du monde. 

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LA REPUBLIQUE UNE ET DIVISEE (3)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Deux phénomènes marquent l' actualité récente et  la masse d' aigreurs accumulées depuis les années 80 : un retour progressif du syndicalisme et l' intervention croissante des "territoires" dans le débat national.

1- A quoi sert un syndicat ?

L' impasse contre laquelle ont buté les "gilets jaunes" est instructive pour nombre d' entre eux. Qu' est-ce à dire ? Que, quels que soient les abandons ou compromis auxquels se prêtent des directions syndicales, rien ne vaut, dans le souci de répondre aux aspirations plus ou moins confusément exprimées par la "base", le poids d' une lutte collective, réfléchie, consentie et, au moins temporairement, structurée. La grève actuelle des transports embarrasse plus le gouvernement que l' agitation sans vraie visibilité des "ronds points" fin 2018, aussi émouvante a-t-elle été. En fait, la participation syndicale organise la prise de conscience générale et s' inscrit dans la cohérence d' une revendication globale. La fermeture d' une maternité ou d'une gare prend un sens plus mobilisateur quand on la replace dans le cadre d' une politique de privatisation du service public ou de désertification de zones estimées économiquement déficitaires, qu'un syndicat possède les moyens de dénoncer avec un écho certain. Aujourd'hui, la rentabilité exigée par la mondialisation du capital ne cesse d' approfondir les oppositions de classe, donc de diviser encore.

2- Les régions se font entendre.

La contestation n' est plus uniquement parisienne, au contraire. La capitale vogue vers son destin muséologique, débarrassée de ses faubourgs populaires. L' heure est aux "réhabilitations" sous l' égide de maires socialistes, aux coûteux embellissements, à la circulation dans un air purifié garanti par des édiles écologistes, et à l' édification d' immeubles de standing dont le mètre carré vaut plusieurs mois de salaire d' un Français moyen.

La tension est ailleurs. A Bordeaux, Nantes, Toulouse, Montpellier, ces mégalopoles de l' ouest dont le développement produit logiquement des laissés pour compte qu' on peut rencontrer le samedi sur les Champs-Elysées où ils ont rendez-vous avec d' autres exclus, des chômeurs et smicards de la "grande couronne", des "black bloc" européens et , au pire, de vrais casseurs délinquants, familiers des gardes à vue et de la comparution immédiate.

Des défilés d' une ampleur inaccoutumée ont lieu dans de petites villes jusqu'alors socialement assoupies. Les Parisiens ont perdu le monopole de la rébellion. Ils se sont embourgeoisés quand ils ont pu. Voilà qui pose  question : cette nouvelle distribution des rôles, ce remuement des hiérarchies, cette routine du désordre exfiltré, et, quand même, cette addition des préjudices, ne vont-t-ils pas susciter une réaction autoritaire? Le sujet est au coeur de l' agitation qui secoue le pays cartésien de la mesure, gagné par l' incivisme, la perte de motivation, l' irrespect absolu des élites, autrement dit par la remise en cause de l' idéal républicain d' unité.  

 

 

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LA REPUBLIQUE UNE ET DIVISEE (2)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La France contemporaine produit de la pluralité : c' est ce que relève Jérôme Fourquet dans son essai " l' Archipel français". Son analyse appelle quelques remarques supplémentaires relatives aux composants qui donnent au pays un visage renouvelé . Schématiquement, on peut dénombrer quatre France :

1 - La France élitiste dont le ticket d' entrée exige soit l' obtention d' un diplôme de Grande Ecole soit l' appartenance préalable aux classes supérieures et à leur réseau relationnel ( chômage des cadres 3,5% contre 8,5% au niveau général). Cette bourgeoisie modernisée ( type "bobos"), égocentrique et sûre de son avenir, ne se différencie pas seulement par l' argent, mais aussi par la culture et la conviction de mériter sa situation dominante.

2 - La France populaire urbaine indigène, refaçonnée par la désindustrialisation (ou les nouveaux besoins de production et de service) d' un côté, la poursuite de l' exode rural de l' autre. Expulsée des centre-villes par le prix des loyers, elle se voit vouée aux trains de banlieue et condamnée à l'éloignement territorial ( type "rurbains" ).

3 - La France rurale traditionnelle, généralement âgée, atteinte par la disparition progressive des services publics, des niveaux de retraite particulièrement bas (type "gilets jaunes" de ronds-points) et l' accroissement des calamités naturelles ( incendies, inondations, sécheresse). La mondialisation ne lui laisse aucune chance.

4 - La France de l' immigration (majoritairement en provenance de l' ex Empire), jeune et banlieusarde, souvent hostile au pays d' accueil où elle prétend subir la discrimination coloniale et raciste dont ses aînés ont déjà été victimes. Elle justifie ainsi un refus d' intégration qui peut se radicaliser ( type "djihadistes) et aboutir au repli communautaire qui constitue en certains endroits ghettoïsés des foyers d' économie parallèle, sinon des centres  de recrutement terroristes.

Quatre France qui  communiquent de plus en plus à travers la violence. La France des élites continue imperturbablement de manifester un mépris de classe qui fait depuis longtemps du bourgeois français ce personnage "arrogant" dénoncé par la littérature sociale. La France communautariste et la France populaire d' origine partagent leur   mal à vivre sans recourir à une réelle solidarité de classe. L' immigré se sent peu concerné par les problèmes "gaulois". Il ne va pas voter. On évite quand on peut la promiscuité que découragent les différences de mode de vie et la pratique religieuse. Urbains et ruraux de même culture, enfin, se mêlent eux-mêmes assez peu. Quand il va s' installer pour sa retraite à la campagne, l' ex citadin reçoit plus facilement ses relations demeurées en ville qu' il  invite ses voisins champêtres...

 

(à suivre)

îsés des foyers 

 

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LA REPUBLIQUE UNE ET DIVISEE (1)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Les événements survenant en France  ces derniers temps éclairent avec crudité l' évolution en profondeur d' une société dont les dirigeants successifs n' ont ni su ni voulu prendre en considération les à-coups. Il y a une quarantaine d' années déjà que le pays constate le recul non avoué de l' autorité de l' Etat devant la mondialisation financière. L' heure arrive maintenant des comptes que réclame avec force le citoyen .

1- Des politiques sans vision historique:

Giscard s' est tranquillement aligné sur l' atlantisme au service, gadgets sociétaux  compris, d' une modernisation à l' américaine du capitalisme avec ses effets les plus négatifs (désindustrialisation, chômage de masse, élargissement irréfléchi de la Communauté Européenne des Six)  .

Mitterrand est à la source du déficit budgétaire jamais comblé depuis ses nationalisations à 100%, et ses distributions démagogiques et monarchiques d' argent public sous couvert d' un affichage "socialiste" qui lui a permis de se hisser au pouvoir.

Chirac, roi fainéant et jouisseur, s' est installé 12 ans dans un immobilisme qui lui a évité de se soucier de la "fracture sociale" qu' il avait dénoncée pour être élu.

Les 10 années d' après ont vu tour à tour passer un agité et un  supermou qui n' ont, bien sûr, pas atténué la dégringolade économique et le discrédit de la gent politique.

40 ans au total où la République proclamée "une et indivisible", gorgée de promesses diverses, a perdu ses illusions.

2- Des dégats sérieux :

Qui plus est, cette navrante série s' inscrit dans une mutation mondiale de premier plan avec l' irruption du numérique, la fin du communisme, l' apparition des immigrations et des populismes, l' émergence de blocs concurrents (Chine,Inde), le danger de réchauffement climatique, points sur lesquels la France et l' Europe ont été peu entendus.
Tous ces bouleversements se sont accompagnés de l' appauvrissement de la classe moyenne, l' approfondissement des inégalités, la fragilisation du système social, amorçant un procès de désagrégation du tissu social. Des clivages de plus en plus marqués apparaissent donc qui, trop longtemps négligés ou ignorés, interrogent l' unité du pays.

 

(à suivre)

 

 

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HELP!

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Quand, le 7 mai 2017, Emmanuel Macron a marché dans la cour du Louvre vers ses partisans massés au bas d' un podium illuminé, il ne s' est pas senti seulement porteur d' un mandat national. Il s' est "en même temps" convaincu d' une responsabilité européenne que personne, en réalité, ne lui avait explicitement confiée.

Les circonstances, il est vrai, pouvaient se prêter à un rêve d' historique grandeur. L' Angleterre avait l' année précédente, au soulagement de beaucoup, opté pour le Brexit. L' Italie était empêtrée, à nouveau, dans une confusion où l' on voyait la gauche ( Mouvement Cinq Etoiles) et la droite (Ligue du Nord) établir entre elles une alliance forcément temporaire, tout  en bénéficiant de  la neutralité apparente du Vatican et de la Mafia. L' Espagne traînait derrière elle le boulet catalan. La chancelière allemande Merkel laissait entendre qu' elle préparait sa retraite politique alors que s' affirmait chez elle une alarmante poussée populiste.

Pour le nouveau et fringant président français, les portes semblaient s' ouvrir en grand. Il pensait attacher sans coup férir son nom au progrès décisif de l' Europe fédérale devenant alors un arbitre incontournable du jeu politique mondial.

L' illusion s' est vite dissipée. Les Anglais ont entraîné le Brexit dans la confusion calculée où ils sont maîtres afin, dans la lassitude générale, d' arracher le maximum en sacrifiant le minimum. Gagner du temps et diviser pour règner sont leurs méthodes séculaires, inlassablement répétées. Quand donc admettra-t-on que l' Angleterre (qui n' est pas le Royaume Uni) ne se veut pas "européenne" ? Nostalgique de son Empire, ultra atlantiste, dominion WASP des U.S.A, soit... Européenne ? Jamais! Macron, lui, l' a compris, qui essaie de se montre le moins coulant sur les conditions du départ.

L' Italien fascisant Salvini n' a pas tardé à faire du Français sa bête noire, en tandem avec Orban le Hongrois, vigile intransigeant de l' espace domestique, tous deux se découvrant soudain des faiblesses pour l' ogre Poutine. La présence et le poids européens, autrement dit macroniens, sur le théâtre des tensions internationales équivalent donc à zéro. Chacun des 27, ou 28, on ne sait plus, traite pour son propre compte. C' est l' inverse de la nouvelle ère annoncée par le grand "show" de la Sorbonne.

Le manque d' enthousiasme de l' Union pour la nouvelle responsable de la Banque Centrale, Christine Lagarde, puis les déboires de Sylvie Goulard, recalée comme Commissaire Européenne, dessinent d' ailleurs les limites du pouvoir élyséen. Mais le plus mauvais coup porté au macronisme diplomatique - affaibli d' autre part par la désinvolture de Trump- est sans doute le lâchage allemand en matière de politique monétaire. Berlin ne cache plus son intérêt pour un "regroupement" nord européen qui rassemblerait l' Allemagne, l' Autriche et le Benelux, rendant l' euro plus sûr qu' un mariage indéterminé avec des champions de l' endettement comme la Grèce, l' Italie et désormais la France en pleine effervescence.

Pour rééquilibrer un bateau qui prend l' eau, Macron prépare la contre-attaque. A défaut de l' Europe enivrante célébrée au Quartier latin, pourquoi pas un retour au noyau dur : les 6 du Traité de Rome renforcés par l' adjonction de l' Espagne, de l' Autriche, du Portugal et du Danemark, soit 10 Etats au total, garants d' une monnaie, d' une diplomatie et d' une défense communes ?

Repli douloureux et incertain pour le disciple de Monnet, Schuman, Spaak et Delors. Européens, help !

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A PROPOS D' IMMIGRATION

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le système représentatif en république bourgeoise montre une fois de plus les limites qui conredisent son intarissable bavardage sur la démocratie. Ecartons tout aspect partisan pour aborder l' actuel débat sur l' immigration. Le Front, rebaptisé Rassemblement national, est une organisation légale. Il est arrivé en tête des récentes élections européennes avec 23,31% des suffrages, soit 5.291.734 voix.

Comme il n' a que 7 élus à l' Assemblée, il se voit, faute de pouvoir former un "Groupe", règlementairement exclu de la tribune. Il va cependant bénéficier exceptionnellement du temps de parole (5 minutes) d' un démissionnaire macronien qui lui a fait l' aumône de son droit de s' exprimer, et être ainsi en mesure d' intervenir sur un sujet qui est à la source de sa création en tant que mouvement d' opinion. 

L' embrouille est d' autant plus discutable que l' immigration est devenue en France un problème majeur. Par un de ces curieux retournements dont l' Histoire garde le secret, ce sont principalement les héritiers d' anciens colonisés qui viennent interpeller ceux de l' ancien colonisateur sur son sol même. Et certains de soutenir que le communautarisme des immigrés est plus menaçant pour l' ex métropole que ne l' était auparavant la présence des colons sur les terres de l' Empire, comme si le parallèle pouvait s' envisager.

C' est d' ailleurs au niveau culturel que la colonisation française a essuyé son plus grand échec. Tandis que les Anglais considéraient froidement leur Empire comme un comptoir commercial mondial, les Français, Front populaire en tête, affichaient une volonté assimilatrice qui se donnait pour fin d' "élever au niveau des races supérieures celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture"(Blum 1925). L' intention était noble, mais on ne saurait mieux se tromper. On imaginait flatter : on humiliait.

J' étais toujours surpris, quand je vivais au Sénégal, d' entendre le président Senghor dire à son peuple, pauvre et dépendant depuis trois siècles, que les faits culturels étaient aussi importants que les faits économiques. Répéter cela, à cet endroit et à ce moment, m' apparaissait courageux mais peu opportun. Je pense aujourd'hui que le leader africain avait raison : on emporte difficilement sa culture à la semelle de ses sandales.

Seul le Temps long parait véritablement un facteur d' intégration collective, quand s' est  essoufflée la réaction communautariste à un changement brutal d' environnement civilisationnel.  Admettre déjà cela serait sans doute l' amorce d' une doctrine cohérente touchant les phénomènes migratoires de masse.

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LE CUL DE SAC DEMOCRATIQUE

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Urgences médicales en grève, enseignement public désorienté, tribunaux engorgés, pompiers caillassés, forces de l' ordre épuisées et suicidaires, chômeurs et petits retaités campant sur des ronds points, prisons surpeuplées, féminicides en hausse, maires qui quittent le navire, zones de banlieue en sécession virtuelle, campagnes désertées par les services publics, les médecins et les petits commerces, djihadistes par ci et black blog par là, l' ensemble étant couronné de phases caniculaires,  d' afflux migratoire et d 'impavide dette de l' Etat, on ne peut pas dire que le visage de rentrée qu' offre la macronie aux Français soit euphorisant.

Il ne s' agit pas de tout imputer au prometteur et brillant jeune homme issu des urnes en 2017. Que l' addition tombe sur lui n' est pas de chance. En réalité tout débute sous Giscard, avec le choc pétrolier orchestré par le Secrétaire d' Etat Kissinger  s' inquiétant en 1973 de voir les économies européenne et japonaise concurrencer avec succès les multinationales américaines.

Adieu les 30 Glorieuses, le commerce extérieur excédentaire et les 5% à peine de sans emploi. Vive le consumérisme et les délocalisations!. De Mitterrand à Hollande, via Chirac et Sarkozy, tous plus démagogues et renégats les uns que les autres, aucun n' a vu venir et su évaluer en profondeur les effets de la crise et les développements des événements ultérieurs :  chute de l' Union soviétique, irruption du numérique, bulle financière, appauvrissement des classes moyennes, primauté nouvelle des questions écologiques. Leurs Partis dits "de gouvernement", bouffés par l' électoralisme et la corruption, se sont effondrés lamentablement. Ce qui permet aujourd' hui au "brillant jeune homme" d' exercer ce chantage lucratif : Le Pen ou Moi !

Et si Moi, justement, était en passe de devenir  le moyen le plus efficace de chauffer, samedi après samedi, la place au Rassemblement National ? Au lieu de calmer le jeu, ses projets de réformes semblent converger pour affronter son propre pouvoir. Partout des clignotants s' allument, tandis que le distingué magazine américain  "Time" (pour lequel Macron figure le politicien idéal : capitaliste cultivé et moderne, l' anti-Trump en un mot) le sacre président d' Europe. De deux choses l' une pourtant : ou le Projet politique initial n' a pas été suffisamment mûri, ou sa mise en oeuvre reste à côté de la plaque. Nul n' est aujourd' hui en mesure de dire comment cele va tourner. Rumeurs...L' Armée devra-t-elle in fine remettre le train "sur les rails" ? Certains taquinent l' hypothèse, compte tenu du Réchauffement fatal et, à côté, des misérables  tensions planétaires : conflit sino-américain encore au stade commercial, pénurie de matières premières, augmentation exponentielle de la population et baisse des productions agricoles, creusement des inégalités de classes et de nations, migrations, terrorisme, etc. En somme, autant de convulsions  dont la macronie serait l' innocente et hexagonale  victime. Voire.

Le mal-être plane en vérité sur les têtes depuis plus longtemps qu' on ne dit, sans avoir vraiment provoqué l' émotion des politiques. Restons équitable. Macron n' est ni le seul ni le pire. Il y a aussi les Bolsanaro, Salvini, Orban et consorts pour s' efforcer de reculer les limites de la Contradiction. Qu' est -ce que la Contradiction ? l' émergence de régimes autoritaires et conservateurs élus face à une demande pressante et universelle de redistribution des pouvoirs, autrement dit de renaissance démocratique. Tout le monde constate que la démocratie de papa  est grabataire, sans qu' elle ait  imposé de mode d' héritage, ce qui est un élégant aveu d' impuissance de sa part. Mais  cul de sac...

Cul de sac ou apparent malentendu, puisque le consensus se fait désormais sur le refus des effets pervers d' une société antidémocratique de consommation à laquelle le consommateur a cessé de croire ?

 

 

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