LE MOUVEMENT SOCIAL MERITERAIT MIEUX

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Constat banal et navrant : jamais depuis les débuts de l'industrialisation (1820-40), le mouvement social en Europe (on ne dit plus "ouvrier") ne s' est trouvé à un étiage aussi bas, malgré une multiplication record d' organisations et de manifestations .

Les motifs du phénomène sont divers et déterminants : mondialisation et nomadisme des marchés, donc de l' emploi, extension des formes de plus en plus nombreuses d' intelligence artificielle, crainte des classes moyennes pour leur avenir, absorption de la social-démocratie par le libéralisme, effacement du communisme, mouvements migratoires de masse et défaut de reconnaissance des minorités, avènement de l' urgence écologique, part croissante des problèmes sociétaux (rôle des femmes, liberté sexuelle, euthanasie).

De l' anarchie et du marxisme aux communautarismes ethno-religieux, le mouvement populaire est devenu objectivement complice de son déclin. Les solidarités de classe dérivent vers l' individualisme petit-bourgeois, l' internationalisme prolétarien vers l' exclusion culturelle. La perte d' influence du monde du travail face à la modernité est la rançon de tels tropismes.

La Gauche a un problème majeur de représentation. La pauvreté d' une production théorique qui peine à accompagner les mutations sociales, le manque conséquent de vraisemblance économique, l' amertume laissée par l' échec de différentes expérimentations socialistes, ont taillé des croupières au potentiel militant et , plus largement au peuple de gauche.

Démobilisation, abstention,démission, sont, du coup, des comportements accueillis avec faveur par l' autre monde, celui de l' argent, dénoncé pourtant sur les trétaux électoraux. Une fraction non négligeable des électrices et électeurs français à gauche ont déjà annoncé qu'ils resteraient à la maison en cas de nouveau duel Le Pen-Macron au second tour des élections présidentielles de 2022. Voilà qui illustre le désarroi d' une force politique qui, en 1981, totalisait, toutes sensibilités confondues, la majorité des citoyens et n'en compte plus qu' à peine 30%.

Soit une perte de prés d' un électeur sur deux. A ce stade ne surnage qu' un vote de principe, protestation abstraite, sans perspective. L'idée de justice sociale où avaient ensemencé il y a un siècle et demi Proudhon, Pelloutier, Jaurès et tant d' autres, se voit ainsi supplantée  par la tyrannie consumériste, la police bancaire, l' esclavage toxicomaniaque, la violence pour la violence.

Le redressement, idéologique mais aussi éthique,prendra du temps. Ce n' est pas l'affaire d' un Sauveur suprême mais d' un sursaut collectif qui devrait donner jour à un personnel poltique moins déconsidéré par son électoralisme , sa démagogie, ses divisions et ses reniements. Attention ! Le mouvement, sans lequel, aucune société ne fonctionne, le mérite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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