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79 articles avec actualite

Démocratie molle et mouvement social

Publié le par Jean-Pierre Biondi

On ne parle plus de " mouvement révolutionnaire ", type marxiste ou anarchiste. Il y a belle lurette que le terme a disparu, sauf au sein de quelques touchants groupuscules. On se réfère désormais au "mouvement social" pour évoquer le comportement. du monde du travail.

C' est que sans être tout à fait grippé, celui-ci est empêtré dans les rouages d' une démocratie molle associant une dose calculée de social libéralisme au capitalisme repeint aux couleurs de la modernité. Le fruit en a été une série de défaites pour les salariés dont l' une des dernières, en 2010 concernant l' âge la retraite , a engendré une sensible démobilisation de masse.

Quand on se retourne sur les conquêtes du siècle précédent, on est amené à s' interroger sur les raisons d' un renversement de situation aussi frappant. La facilité est d' incriminer d' emblée l' échec du communisme et l' insuffisance des conclusions qu' on en a tiré. Comme si chacun demeurait paralysé par la crainte d' une révision assimilable à un recul théorique, et avait choisi de se crisper sur des schémas démentis par les faits, des modèles d' organisation obsolètes, des formes de lutte contre-productives. Ainsi le sociétal finit-il par supplanter le social frappé de mutisme, l' arbre à cacher la forêt.

Cela toutefois ne fournit pas une réponse vraiment satisfaisante.. Les événements de 68 déjà, ont marqué un reflux de la certitude idéologique prévalant depuis le Front populaire. ( on a vu alors se précipiter par la porte ouverte toutes sortes de confusionnistes du genre des "nouveaux philosophes", et autres "m' as-tu-vu" libéralo-libertaires.)

Ce n' était là, bien sûr, qu' un régime de liberté conditionnelle, vite illustré par les délocalisations, la soumission au crédit, la précarité de l' emploi sur fond de matraquage publicitaire et de désindustrialisation. La nature ploutocratique de la démocratie molle, ou dictature de l' argent, était clairement affichée.

Se sont ajoutés, au passif de la conscience de classe, l' émergence de communautarismes clivants nés d' une immigration mal intégrée, et le manque d' exigence de formation générale des travailleurs à la production numérisée . Dans ce capharnaüm, le mouvement social, avec ses partis et ses syndicats, semble bien distancié. C' est d' autant plus inquiétant que la démocratie molle peut n' être qu' un provisoire emplâtre, garant de la faculté de refuser

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La bataille perdue du "Grand Israël"

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Il semble que le gouvernement Nétanyahou soit en train de perdre définitivement la bataille du "Grand Israël". La dernière opération militaire contre les Gazaouis en juillet (2.150 victimes dont 500 enfants,12.000 blessés, 11.000 sans-abri et 5 milliards de dollars de dégâts) a été le coup de trop. La référence à l' antisémitisme dès la moindre réserve émise sur la politique de Tel Aviv (je songe alors à Stéphane Hessel, Edgar Morin ou Uri Avnery ) ne porte plus. Quel rapport entre les enfants de Gaza et l' horreur de la Shoah ?

Que ce soit clair : j' ai toujours été partisan de la création de l' Etat d' Israël dans le cadre des frontières définies par la Communauté internationale. De la même manière, je suis pour l' institution d' un Etat palestinien doté d' eau et d' électricité, et contre l' annexion de fait de la Cisjordanie ( sous occupation) par près de 500.000 colons juifs. . Qu' un homme parte le matin de chez lui et y retrouve le soir une famille de colons installée, m' est odieux.

Pour arranger la situation, la dernière trouvaille de Nétanyahou est de transférer à Gaza surpeuplée ( 1.200;000habitants), par convois successifs, les Palestiniens vivant en Cisjordanie ( 2 millions et demi). Il ne restera plus qu' à les y bombarder pour faire place à une nouvelle phalange de "transférés", et ainsi de suite jusqu' à la disparition de l' ultime Arabe de Palestine. J' avoue que je n' aurais pas songé à cette solution finale possible.

Mais le vent commence sérieusement à tourner. La Suède vient de reconnaître la Palestine, et d' autres pays européens s' apprêtent à l' imiter. L' Assemblée nationale française, où le lobby sioniste n' est pas inerte, a évoqué la question, et le grand protecteur américain lui-même s' interroge !

Washington, que l' exploitation de ses gisements de gaz de schiste, rend moins fébrile, en vient à se demander si, après tout, l' Organisation Etat Islamique (le Daesh de M. Fabius ) n' est pas quelque part un effet du refus obstiné d' Israël à négocier la paix 20 ans après les accords d' Oslo et au terme des 9 mois proposés par Obama pour amorcer une solution. Comme à l' habitude, la réponse de Tel Aviv à cette hésitation a été la provocation : des extrémistes israêliens ont envahi l' Esplanade des mosquées à Jérusalem.

Avertissement sans frais pour bien signifier qu' en cas de négociation forcée, il faudra aussi compter, dans cette région explosive du monde, avec des jusqu'- au- boutistes du genre Yigal Amir qui a abattu le Premier ministre Rabin, ou avec une version locale de l' O.A.S ,susceptible, celle-la, d' accéder à des armes - comment dit-on ?- de "destruction massive ". Nétanyahou et les siens ont donc choisi la logique belliciste où des morts supplémentaires s' ajoutent aux morts gratuites, creusant chaque jour des fossés de haine.
Son compatriote, l' historien Eli Barnavi, l' a mis en garde : " Aucun pays, lui a-t-il fait remarquer, n' a jamais gagné contre le monde." Ni l' Algérie française, vieille de 130 ans, ni l' Afrique du sud blanche, pus ancienne encore. Mais Gandhi et Mandéla, portés par l' opinion universelle, oui.

Cette fois, on sent le début de quelque chose. Les Palestiniens vont avoir un Etat. La position n' est plus tenable pour des Occidentaux qui ne cessent de faire la morale en Syrie, en Ukraine et ailleurs. Stop ! Tant pis pour le "Grand Israël ".

Les innombrables morts des camps nazis sont les morts d' une autre Histoire, où les Juifs étaient des victimes. Leurs bourreaux ont payé. Demain, c' est Nétanyahou qui devra répondre de son action, c' est à dire de la dérive du rêve des millions de proscrits venus chercher un refuge en terre promise.

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La fessée

Publié le par Jean-Pierre Biondi

J' ai publié le 28 juillet dernier dans ce blog un article ("Bombing Gaza") relevant la disproportion entre bombardements massifs israëliens et tirs de roquettes du Hamas. Le bilan humain de l' opération dite "Bordure protectrice" a été dressé par les Nations Unies et la Croix Rouge : 2147 tués palestiniens dont 720 femmes et 406 enfants, 72 tués israëliens dont 66 soldats.

L' article en question me vaut d' une lectrice signant simplement "Nadègejuliette" le commentaire suivant: " Oser comparer ceux qui font leur alliah, digne et louable idéologie de familles entières d' hommes et de femmes honnêtes qui quittent la France à cause de cet antisémitisme miteux et rassis qui persiste en France, avec des djihadistes terroristes, des racailles racistes et inutiles, des incultes véreux, dont le seul but est d' exterminer et de génocider des populations entières de chrétiens, de yézidis, de kurdes, etc, des racailles qui reviennent sur le sol français et ailleurs dans l' unique but de commettre des attentats meurtriers à leur retour, relève cher monsieur de la plus grande des malhonnêtetés intellectuelles et d' une preuve flagrante de votre antisémitisme puisque vous êtes antisioniste. Honte à vous, vous mériteriez une belle fessée."

J' évoque ces lignes comme illustrant le degré d' aveuglement passionnel qui saisit aujourd'hui sionistes et djihadistes, les seconds me semblant d' ailleurs les produits des premiers. Je n' exonère pas pour autant en l' affaire les Occidentaux qui, depuis la "Déclaration Balfour" de 1917, et forts de leurs appétits pétroliers, n' ont cessé d' intriguer au Moyen Orient.

Une belle fessée donc est promise au vilain monsieur qui n' admire pas Nétanyaou. Qui va la donner? La LDJ (Ligue de Défense Juive), milice interdite même aux U.S.A, mais qui a ses entrées (de service) au Quai d' Orsay, fait la police dans le Marais, et se pavane régulièrement sur les Champs-Elysées, étendard au vent, en se gardant toutefois de franchir le Périphérique nord ? Si c'est cette phalange de pommadins parrainés par le CRIF, il y aurait presque de quoi trembler. Mais si c' est Dame Nadègejuliette elle-même (photo souhaitée) avec accord de réciprocité, alors, mon Dieu...

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Trancher les têtes frapper les esprits et dire les choses

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La décapitation est considérée de nos jours comme un acte caractéristique dé barbarie. Malheureusement, le sort tragique d' Hervé Gourdel est loin d' être inédit. La décapitation est une pratique de tous les temps et de tous les pays.

Dans l' Antiquité, Saint-Jean Baptiste et Saint-Paul ont connu cette épreuve. Au Moyen Age, la peine dite capitale (du latin "caput", tête) était réservée aux Nobles, le bûcher et la pendaison relevant de la roture. La Révolution (Code pénal du 6 octobre 1791) a démocratisé tout cela : 17.000 individus ont été guillotinés pendant la Terreur. Châtiment égalitaire, net et sans bavure, même si, depuis, des électro-encéphalographies appliquées aux rats ont montré que, décollées, les têtes pouvaient demeurer conscientes un moment encore.

Les femmes n' ont pas échappé au supplice: des résistantes au nazisme comme Emilienne Mopty et Olga Bancic, par exemple, ont été tuées à la hache dans leurs prisons. Trois pays ont toujours recours à la décapitation : l' Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar, membres de la coalition dirigée par les U.S.A contre Daesh, l' Etat islamique.

La question, que d' ailleurs personne ne pose, est alors la suivante : pourquoi les bourreaux d' Hervé Gourdel et de trois autres otages anglo-saxons (la liste d' attente est encore longue) ont-ils privilégié cette manière d' exécution, la filmant de surcroît avec soin ? parce qu' elle est la marque d'une sanction suprême et méprisante.

Il n' est pas question de justifier ici quoi que ce soit, mais de s' interroger sur les motivations proches ou lointaines, les messages plus ou moins clairs des meurtriers. Partons ainsi du constat que le Temps n' a pas valeur identique dans les sociétés occidentales, ou occidentalisées, et dans celles qui se revendiquent d' un modèle différent. Lié prioritairement à l' économie ("time is money") chez l' Occidental, le Temps, don de Dieu, est une mystique pour les fondamentalistes. La décapitation n' est donc pas à leurs yeux un acte purement ponctuel, soldant la situation une fois pour toutes. Elle revêt le sens d' une punition que, dans l' échelle des condamnations, seule l' Eternité divine est en mesure d' effacer. Deux logiques, deux cultures, deux Histoires, qui co-existent difficilement. La première, fébrile, basée sur l' immédiateté, la seconde, patiente, sur la durée.

Au-delà de la réplique conjoncturelle aux frappes aériennes en Irak, l' assassinat de Gourdel par des intégristes, geste destiné à frapper, lui, les esprits, et à défier le gouvernement français (faut-il s' en étonner quand la France désargentée se hisse au premier rang de chaque conflit armé?) renvoie donc au très ancien et absolu rejet (décapitation ou égorgement) de l' Infidèle. En réalité, depuis les Croisades et a fortiori la période des conquêtes impériales et les guerres de décolonisation, les prêcheurs les plus radicaux du djihad visent une revanche sur le judéo-christianisme, voire la substitution de l' Islam à celui-ci. Objectif qui appelle, dans une affaire supposant pour le moins de multiples étapes, un fort long terme. C' est pourquoi la lutte contre les extrémistes islamistes risque de durer, alternant poussées de violences et moments de répit.

Pour s' en tenir à l' actualité, il convient d' admettre que l' Occident porte une bonne part des responsabilités. George W.Bush, Nétanyaou, et des seconds couteaux comme Blair en Irak et Sarkozy en Libye, à ne citer qu' eux, mériteraient, s'il existait une justice internationale indépendante, de comparaître devant elle comme fauteurs de guerre. Ce que les Américains ont fait de l' Irak, ce que les Israëliens commettent à Gaza et en Cisjordanie sont des crimes contre l' humanité, imbibés de pétrole et empreints de racisme. Les djihadistes qui affluent vers Daesh, incarnant l' Etat vengeur, sont les produits inéluctables de plusieurs décennies de guerre, d' occupation et d' oppression.

L' Ouest n' aime pas entendre cela : mais quand s' est-il- arrêté sur la douleur des mères de millions (au total et en quelques 25 ans) d' enfants écrasés sous leurs maisons, s'enfuyant mitraillés jusque sur les plages et dans les champs, amputés, transbahutés, traumatisés à vie par les bombes "libératrices" de Washington, ou "pacifistes" de Tel Aviv et de leurs affidés ? Doit-on tellement s'indigner du "terrorisme" qu' ils ont eux-mêmes engendré ? Hervé Gourdel est une victime de cette spirale. Et probablement, hélas, pas la dernière.

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Complainte du Français en forme de bateau ivre

Publié le par memoire-et-societe

(pour mémoire: Arthur Rimbaud. Le Bateau ivre.1871)

Quand ils redescendent des estrades risibles

Ils ne se sentent plus bridés par leur discours

D' autres eldorados les ont choisis pour cibles

Les libérant enfin des promesses du jour.

Amiraux étourdis par le choeur des hommages

Annonceurs de trésors, bateleurs du progrès

Otages des flatteurs ils oublient le naufrage

Et se laissent aller au courant des congrès.

Dans les flots déchaînés d' historiques débats

Ils ont forgé le fer de leur projet grisant

Mijotant des budgets pour requinquer l' Etat

Sous les vivats sans fin de roses partisans.

La Contribution a rythmé le réveil

Flux des prélèvements, marées de redevances

Nous raquâmes et nous casquâmes à merveille

Au point désespéré de la Désespérance.

Dans les pénalités de retard nous versâmes

Lors qu' une retenue très exceptionnelle

De solidarité vint pour chavirer l' âme

Du contribuable naïf le plus fidèle.

Nous subîmes des mois pleins les pires vacheries

Fiscales de Bercy chassant le rentier

Sans songer que le taux de cette arnaquerie

Ne pouvait que gaver l' helvète banquier,

Nous vîmes la file des interdits bancaires

Agrippée au radeau de ses liquidités,

D' autres livrés au choc des agios pervers,

Sombrer dans des enfers d' insolvabilité.

Nous eûmes, savez-vous, l' impayable Hollande,

Ajoutant à nos pleurs ardoises de Sarko,

De Chirac, de Tonton, de leur clique gourmande

A l' horizon béant d' un parfait fiasco!

Nous qui voyons tremblants se profiler plein pot

Le danger de faillite et la dette éternelle,

Financeurs essoufflés de taxes et d' impôts,

Dévions cependant des règles de Bruxelles!

Ces navigations sont,c' est vrai, rebutantes

Nos votes sont donc vains, nous submergeant sans cesse,

Ô toi Démocratie d' épaves grelottantes,

Qui ne sauve que ceux amarrés à la Caisse!

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Trois ans après

Publié le par memoire-et-societe

Il y a trois ans exactement (août 2011) qu' existe ce blog. Aucune publicité, aucun recours aux "relais sociaux", aucune concession à la décoration et à l' ornement pour élargir l' audience d'un contenu aisément, mais non systématiquement, à contre-courant. Le bouche à oreille, un choix de sujets et des prises de position propres à l' auteur, rien de plus.

Dans ces conditions limitées, les résultats obtenus semblent encourageants : 6.914 pages lues pour 258 chroniques publiées (7 par mois en moyenne), soit 59 "de société", 54 d' actualité, 42 politiques, 41 culturelles, 31 historiques, autant, 31, littéraires. Une centaine de commentaires écrits et ...pas une invective (non, je ne le déplore pas).

L' année à venir gardera le même objectif, essayant de suivre l' actualité en la plaçant, si possible, dans une perspective historique, et d' évoquer des créateurs et des courants artistiques oubliés ou laissés dans l' ombre.

La tâche est rude et solitaire. Le plaisir de l' expression est sa récompense.

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Bombing Gaza

Publié le par memoire-et-societe

La dialectique sioniste étant parfois difficile à maîtriser, on a préféré procéder ici par questions :

- L' opération "Bordure protectrice" n' est-elle pas "disproportionnée"? déjà plus de mille civils palestiniens tués...

- L' antisionisme et l' antisémitisme, c' est la même chose!

- Pardon, la question était antisémite,et je ne le savais pas...Mais alors, les juifs qui ne sont pas sionistes? Noam Chomsky, Stéphane Hessel, Gisèle Halimi, Edgar Morin, Vidal-Naquet, Rony Brauman?

- Des victimes d' une pathologie connue : la haine de soi.

- Pardon, ce sont des malades, et je l' ignorais...

- La haine de soi et le terrorisme, c' est la même chose!

- Vous parlez de terrorisme : ces enfants effrayés et ensanglantés qu' on voit emmenés sur des civières, ce sont donc des terroristes?

- Par assimilation puisqu' ils acceptent de servir de boucliers humains.

- Pardon, ce sont des terroristes-adjoints, et je ne le savais pas... Malgré cela, quand une population se trouve depuis des années emmurée dans un endroit où les pêcheurs ne peuvent plus pêcher, les cultivateurs cultiver, les commerçants commercer et les ouvriers travailler, ne vient-il pas un moment où elle est tentée de résister?

- Sûrement pas avec des roquettes qui risquent de toucher des enfants juifs.

- Pardon, des enfants juifs, effectivement... Mais le président Obama n' avait-il pas initié en août 2013 une négociation de paix qui devait aboutir dans les neuf mois?

- Tout à fait. Cependant, à partir du moment où le Hamas et le Fatah réunis s' obstinaient à parler d' Etat palestinien, de blocus, de colonisations et de Jérusalem, toute négociation devenait évidemment impossible.

- Pardon, j' ignorais ces sujets inabordables...

- Autre chose pour votre information?

- Faut-il critiquer les juifs français qui partent faire leur aliya en s' engageant dans Tsahal comme on condamne les musulmans français qui vont faire le jihad en Syrie?

- Bien sûr que non. Les uns sont des terroristes et les autres des contre-terroristes bi-nationaux... Entres parenthèses, vous en connaissez beaucoup, vous, des Armées qui, comme Tsahal, ont la délicatesse de téléphoner à leurs victimes avant de les massacrer?

- Non, c' est effectivement une pratique novatrice...J' ai lu dans "Europe Israël News" un article d' un certain Jacques Kupfer réclamant la transformation de Gaza en "vestige archéologique" et, je ne sais plus où, la déclaration d' une députée israëlienne, Ayelet Shaked, appelant à la solution finale par le meurtre de toutes les mères palestiniennes. Qu' en pensez-vous?

- Voilà qui traduit le degré d' exaspération d' une population spoliée depuis des siècles par un "peuple inventé", comme l' a justement dit le sénateur américain Newt Gingrich. Mais le plus grave dans tout ça, voyez-vous, c' est quand la désinformation engendre de l' antisémitisme.

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Information et "équilibre de l' information"

Publié le par memoire-et-societe

Voici un récapitulatif des opérations militaires entreprises depuis dix ans par Israël contre Gaza :

- mai 2004 : opération "Arc-en-ciel" (61 civils palestiniens tués)

- décembre 2004 : opération "Jours de pénitence" ( 133 civils palestiniens et 2 civils israëliens tués)

- juin 2006 : opération "Pluie d' été" ( 177 civils palestiniens et 2 civils israëliens tués)

- décembre 2008 : opération "Plomb durci" (895 civils palestiniens et 3 civils israëliens tués)

- novembre 2012 : opération "Pilier de défense" (71 civils palestiniens et 4 civils israëliens tués)

- juillet 2014 : opération en cours "Bordure de protection" ( 249 civils palestiniens tués avant l' intervention terrestre de l' armée israëlienne)

Se moquerait-on de nous? Chaque fois, les médias audio-visuels, fort contrôlés, arguent de l' "équilibre de l' information" pour censurer certains faits et renvoyer ainsi agresseurs et agressés dos à dos . On peut difficilement, puisqu' on parle de dos, faire plus faux cul.

En effet où est l' équilibre quand on considère les moyens de destruction respectifs? D' un côté, des drones, hélicoptères d' assaut, chasseurs-bombardiers, frégates lance-missiles et chars dernier modèle, de l' autre des roquettes à moyenne portée dont, parait-il, deux sur trois sont interceptées par un système "Dôme de fer", et des lance-pierres. Aussi, et soyons-en heureux, le nombre des victimes civiles israëliennes est-il réduit.

Mais, au-delà de la comptabilité macabre, c' est l' escroquerie intellectuelle de ce "dos à dos" qui fait problème. Pour l' instant, qui détruit, qui envahit, au nom d' une insécurité apparemment relative? Le 16 juillet, je regardais le journal télévisé de France 2. Tandis qu' un million et demi de Gazaouis vivaient, ou mouraient, sous les bombardements, le conflit faisait l' objet de deux reportages d' une petite minute chacun : le premier parmi les survivants d' une famille décimée, au milieu des décombres de son quartier, l' autre auprès d' un Israêlien parlant un français irréprochable, dont une roquette avait touché l' un des bâtiments de son entreprise. Je n' ai pas éprouvé un sentiment d' "équilibre". Seulement de sous-information, pour ne pas dire de manipulation.

Je suis citoyen français. Je ne souhaite pas la disparition de l' Etat d' Israël. Je souhaite la création d' un Etat palestinien. Alors je me pose les questions suivantes :

1- la justification des actions d' Israël est que le Hamas se sert des civils comme bouclier humain. Comment expliquer alors cette chasse aux lapins d' enfants de 7 à 10 ans sur une plage déserte (1 tué et 3 blessés), selon le témoignage d' observateurs étrangers? La "bavure" n' a pas été relevée par Tsahal.

2- MM. Hollande, Valls et Fabius ont exprimé la solidarité de la France à M. Nétanyaou. En tant que citoyen de ce pays, je réfute totalement un geste qui ne saurait engager un peuple et son parlement non consultés sur le sujet. Par qui et par quoi cette rupture de la politique traditionnelle de la France au Moyen Orient a-t-elle été inspirée, définie, décidée?

3- Sous l' effet de quelles pressions les moyens publics d' information censurent-ils une partie de l' information à laquelle ont droit les citoyens?

4- S' agissant d' Israël, celui-ci ne perçoit-il pas que le seul appui des USA devient insuffisant? L' émergence mondiale de nations neutres telles la Chine ou l' Inde, menaçant la suprématie du dollar, ne devrait-elle pas inciter Tel Aviv à envisager des négociations crédibles?

5- Israël ne songe-t-il pas qu' il fabrique des générations de martyrs appelant un cycle sans fin de violences? ou bien , hors de toute logique, se désintéresse-t-il d' une image qui dessert sa cause?

6- Israël ne réalise-t-il pas qu' il ne parviendra jamais, sauf génocide complet, à briser toute résistance palestinienne et à bâtir ainsi le "Grand Israël"? Il y a quelques jours , Tsahal a invité 100.000 Palestiniens à évacuer une zone qu' elle se préparait à pilonner. Personne n' a bougé. Qui sont, franchement, les pires "terroristes"? le Hamas, élu comme autrefois l' OLP tant diabolisée, et, avec lui, les gazaouis terrorisés, encerclés depuis des années, résignés à mourir sous les bombes?

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Les fils rebelles de Big Brother

Publié le par memoire-et-societe

L' actualité met depuis quelque temps l' accent sur deux personnages emblématiques de l' univers du web, de son impact et de ses contradictions : l' Américain Edward Snowden et l' Australien Julian Assange, se présentant tous deux comme " lanceurs d' alerte ".

Snowden a 31 ans. Assange bientôt 43. Le premier a d' abord collaboré au service informatique de la CIA, puis travaillé pour la " National Security Agency " (NSA). Cette activité l' a conduit à accéder à l' ensemble du système mondial d' espionnage américain. Choqué et écoeuré par ses découvertes, il a dérobé des dizaines de milliers de documents révélant les méthodes de la NSA et s' est enfui à Hong Kong en 2013 pour dénoncer les innombrables violations de la Constitution opérées par son gouvernement.

Traqué par les agents US, privé de passeport, il a finalement trouvé un refuge provisoire à Moscou, où le KGB, comparé au système de programmes de surveillance américain, fait figure d' association de boy-scouts. Aux USA, d' autres " lanceurs d' alerte " ( i.e " contestataires " ) tels William Binney, Michael Moore ou Daniel Ellsberg ont fait de Snowden un héros. 51% des électeurs républicains un traître.

En France circulent des pétitions de soutien et de demandes d' asile en sa faveur, malgré l' interdiction d' accès au territoire opposée à l' informaticien par Manuel Valls. Snowden envisage de s' installer prochainement au Vénézuela, d' où il poursuivrait sa campagne de divulgations par voie de presse.

Assange est le fondateur de l' organisation WikiLeaks ( leaks signifiant "fuites" en anglais ) Son site a diffusé plus de 40000 informations confidentielles sur les pratiques américaines en Irak et la corruption en Afrique et en Russie. La rédaction du " Monde " l' a élu homme de l' année en 2010. Il est considéré par l ' administration Obama comme l' ennemi public n°1.

Relevant l' écart existant entre les informations détenues par les Etats et celles parvenant aux citoyens, Assange s' est fixé pour but d' inverser la situation en divulguant les renseignements gardés secrets et en tarissant les sources dont se nourrissent les Administrations. " L' organisation des fuites, dit-il, constitue un acte intrinsèquement anti-autoritaire ".

C' en est trop. On lui colle sur le dos une accusation de viol. Il répond en dénonçant un coup monté : WikiLeaks comme par hasard vient de révéler les méthodes de l' armée américaine en . Faisant l' objet d' un mandat d' arrêt international, il trouve refuge en 2012 à l' ambassade d' Equateur à Londres. Du balcon, il clame : " Les Etats-Unis doivent renoncer à la chasse aux sorcières ". Selon Scotland Yard, la présence d d' Assange depuis deux ans dans ce lieu, surveillé de jour comme de nuit par la police anglaise, a déjà coûté plus de 7 millions d' euros au contribuable londonien.

Ces affaires sont profondément morales. Les fils rebelles de Big Brother démontrent ainsi que l' informatique, elle aussi, peut servir à combattre le mépris de l' homme.

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Brigitte n' est plus

Publié le par memoire-et-societe

Brigitte était ma compagne. Mon amie, ma jeune soeur, ma confidente, ma complice. Un coup de fil, un dimanche. Taxi. Un long couloir, rue Thuillier, ouvert d' un côté sur un parking, puis l' entrée du bâtiment, l' ascenseur. Chambre 138. Ses enfants sont déjà là.

Je ne sais jamais pleurer sur le coup : ça se passe à l' intérieur. Quand je me mets à pleurer, c' est en différé et en cachette, subitement. Pourquoi à ce moment inattendu?

Je garde les yeux désespérément secs. Je caresse son visage glacé. Que dire? En réalité, je ne réalise pas bien. Le choc est toujours trop brutal. Quelques heures avant, tard la veille, elle m' avait envoyé un SMS...

Je participe mal aux afflictions collectives. J' ai l' impression de céder au conformisme. L' estocade, c' est à l' instant où l' on se retrouve face à soi-même, dans le vide. On cherche les signes d' une présence habituelle, on attend l' appel du portable, on guette une heure convenue. C' est alors que le fameux vide creuse en vous.

Brigitte n' est plus. Je me révolte. C' est impossible, c' est trop injuste! Ne plus la voir, intolérable! Quelle force s' est donc permis de l' arracher au monde, de nous la voler?

Elle a donné son corps à la Science. L' autre matin, on est venu la chercher, au funerarium. Pas de tombe, pas d' urne. Brigitte n' est plus.

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