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83 articles avec actualite

L'anniversaire

Publié le par memoire-et-societe

   Il y a un an, le 13 août 2011 pour être précis,naissait ce blog, " mémoire-et-société ". La politique française était encore dans l'incertitude du lendemain: qui serait le candidat du P.S aux élections présidentielles? Nicolas Sarkozy se représenterait-il?

   Le premier des 73 articles publiés ne tenait pas compte de l'actualité qui mobilisait alors ceux qu'on nomme les " observateurs avertis ".Il était consacré à un problème de société moins conjoncturel et peu étudié : la structure de l' habitat français présent en référence à son passé colonial.

   Il n' y avait là aucune volonté d' éluder le débat en cours, mais celle d' aller d' emblée à des questions pérennes : le chômage, l' éducation, le logement , par exemple. Quitte à évoquer, dès le troisième article, la rituelle  "université d'été " des socialistes fin août à La Rochelle et à "prophètiser " sans hésitation la victoire de l' opposition aux élections de mai et juin 2012.

   Un thème a cependant dominé la réflexion de l' année écoulée parce qu'il renvoie à une réalité prègnante : la place dans la société française - la société européenne en général - du multiethnisme et du multiculturalisme, par conséquent du métissage, dont l' impact ( voir "Le fait métis " du 21 juillet dernier ), plus profond que celui de la seule immigration, met en jeu la démographie, les mutations sociales et , au-delà, l' inadaptation de certaines de nos institutions. Sujet inépuisable, et  inépuisé.

   Parallèlement, l' accent a été  mis sur les apports de l' histoire du mouvement social à l' intelligibilité des luttes d' aujourd'hui, tandis qu' une série d' articles était consacrée à des écrivains et des artistes dans leur lien avec la modernité, de Masson à Wols ou de Michaux  à Vian et à Norge.
   L' année à venir ne devrait pas modifier ces choix et ces orientations. L' analyse, éventuellement polémique, prolongera l' information. L' exigence éthique évaluera les pratiques socio-politiques. Les propositions essaieront d' alimenter le débat citoyen comme lors des blogs  " Le Parti : encore utilisable? " ( 8 et 10 décembre 2011 ). Une lecture vigilante - et, certes, subjective - des tendances intellectuelles, des enseignements historiques, des évolutions éthologiques, sera poursuivie.

Mais la dénonciation ne rejoindra jamais la mode qui transforme la liberté d' expression en égoût et Internet en vomitorium

   Bien entendu, les commentaires, favorables ou pas, seront  toujours bienvenus . Ils contribueront à élargir et à  enrichir l'audience d' une tribune visiblement  étrangére à tout réseau ou lobby, ne cherchant d' autre moyen de publicité que celui qui conduit  de la bouche à l' oreille, et que l' exercice de l' année passée encourage à persévérer.
   A tous, merci Lisez.

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Le glissement au Centre commence

Publié le par memoire-et-societe

   Bien que - ou justemenr parce que -il détient tous les leviers du pouvoir, le P.S cherche à composer. Les options ne sont pas innombrables. Le " Front  de gauche ", après l'échec relatif de Mélenchon aux présidentielles ( 11%) et sa franche défaite face à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, ne peut en l' occurrence être de quelque utilité : le groupe communiste à l' Assemblée est réduit à 10 députés et son associé, le "Parti de gauche", a fondu.

   L' issue est donc au Centre, pour deux raisons : d'abord la pente naturelle des sociaux-démocrates (d' un incorruptible gauchisme dans l' opposition, ils  se convertissent  au "réalisme responsable " dès qu' ils accèdent au pouvoir ), ensuite un moyen efficace de détacher le Centre de la  Droite, comme Mitterrand avait l' art de le faire.

   Cette tambouille éloigne les moralistes. Ils ont tort dans la mesure où ce genre de manoeuvres  politiciennes décide finalement du sort du citoyen : l' " équilibre " est le principe de gouvernance d' une société dont la classe moyenne est  le pivot et l' annonce de la justice l' apaisante nourriture quotidienne.

   Plusieurs évènements vont prochainement mettre au jour le rapprochement esquissé en coulisse de la Gauche et d' un Centre que le Pouvoir en place entend aider à se structurer. Ce sont , s' agissant du P.S, la rituelle université d' été de  La Rochelle puis le Congrès qui désignera le ou la Premier(e) Secrétaire. Ces deux réunions fourniront des informations sur l' orientation vers laquelle comptent s'engager les dirigeants et le type d' alliance qu'ils choisissent pour  conduire la politique du pays.

   Face à cela , l' UMP prépare elle aussi un Congrès chargé d' élire l' homme ou la femme qui la représentera, et  pourra être du même coup le ou la candidat(e) aux présidentielles de 2017. Auparavant, les élections locales de 2014 devront confirmer ce choix.

   Toutes ces concertations ne sont pas sans interaction. La réélection de Martine Aubry ou l' élection de l' ex strauss-khanien  Cambadélis ne revêtent pas la même signification aux yeux du MODEM. Des contacts sont déjà établis entre Bayrou qui, bien qu' écarté de l' Assemblée, a encore du poids dans l' opinion et draine un électorat potentiel, et des hiérarques socialistes modérés. Ces  rencontres ne manquent pas d' avoir à leur tour divers effets à l' UMP et sur les ténors: Fillon, Copé, Juppé et Kocziusko- Morizet  n' ont  pas  une identique réaction à l' égard du Centre.

   Ce Centre est d' ailleurs loin d' être lui-même monolithique. Si le MODEM constitue le gros de la troupe, les radicaux de

Borloo, non indifférents à ceux  de Baylet, et des villepinistes sans domicile fixe envisagent un tel  rassemblement avec faveur. Il s' agit certes de groupuscules, mais qui ajoutés à des écolos bicolores sont capables d' engendrer une dynamique électorale. De plus, la perspective d' un rapprochement avec le P.S  peut  hâter une concentration apte à établir  un meilleur rapport de forces.

   Les sujets d' entretien  ne font pas défaut . Construction européenne et salut de l' euro, Moyen Orient, dette de  l' Etat, compétitivité de l' industrie, chômage des jeunes, sur tous ces points se sont exprimées des convergences. La concurrence pour conquérir ou fidèliser  les électorats enclins à la coopération des centres et  de la gauche parlementaire est donc appelée à s' intensifier dans un oecuménisme  proclamé.

   " La France veut être gouvernée au centre ", a dit un jour un président de la République. Le P.S, prévoyant, commence à montrer qu' il a retenu  le conseil.

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Imbu roi

Publié le par memoire-et-societe

   Quelles puissances occultes, quels intérêts politiques, financiers, diplomatiques, peuvent-ils faire  qu' un personnage aussi contesté que Bernard-Henri Lévy occupe le devant de la scène, c' est le mot, avec tant d' arrogance et de prétention? Voilà maintenant que le vaniteux boute-feu rejoue auprès de François Hollande, pour la Syrie, le même jeu qu' auprès de Nicols Sarkozy pour le Libye.Qui est donc ce M.Lévy pour se permettre d' édicter ce que doivent être les choix de politique étrangère de la France? Où est sa légitimité? Quelle autorités l' ont-elles mandaté? Quels services a-t-il rendu à notre pays avant d' inciter ses représentants élus à s' engager dans de périlleux conflits?

   Arrêtons-nous sur l' individu, ses mérites culturels et son positionnement politique.  BHL, consacré par ses initiales comme DSK ou PPDA, est né il y a 64 ans en Algérie d'un père importateur de bois précieux installé au Maroc puis en France. J'ai visité en Côte d' Ivoire et  au Gabon des exploitations forestières travaillant notamment avec la BECOB, la société du  "nouveau philosophe " humaniste.J' atteste que, sur ces sites, les conditions de vie sont demeurées les mêmes qu' au "bon temps " des concessions coloniales. Seule différence, le travail se fait désormais sous les couleurs

du drapeau national, laissant aux  "opérateurs locaux " le soin de se débrouiller avec les néo-esclaves qu' ils emploient.

En 1998 le magazine "Entrevue " a effectué une enquête sur la Becob. La publication appartient à Lagardère, relation de BHL. Le reportage n' a jamais paru.

   Car  M.Lévy  a un carnet d' adresses  et s' en sert. En  janvier 2011, il a fait barrer l' entrée de Normale Sup' à un ancien Normalien, comme lui, juif, comme lui, Stéphane Hessel qui, dans le libelle "Indignez-vous! ", s' était autorisé quelques reproches à la politique de MM. Natanyaou et Libermann. Hessel souhaitait  venir parler dans l' enceinte de l' Ecole à ses jeunes condisciples. Pas question ! Un coup de fil à l' Elysée, qui alerte aussitôt Valérie Pécresse, ministre de l' Enseignement Supérieur et de la Recherche, qui donne immédiatement les instructions nécessaires à  l' interdiction de la réunion à la directrice de l' E.N.S., Monique Cantor-Sperber, autre " relation "  qui était, bien sûr, dans le coup, et  Hessel ne mettra pas les pieds rue d' Ulm. M; Lévy se proclame " de gauche ". Alors, j' ai dû, pour ma part, me tromper de côté.

   Venons-en à la notoriété philosophique que s' est  forgé avec la modestie qui fait son charme, BHL, en 1976 dans les " Nouvelles littéraire " dont il était rédacteur en chef. Quelle est la conception du monde de ce "nouveau philosophe " qu' un Ciel inconnu nous a adressé? Elle tient dans " La Barbarie à visage humain " et se résume ainsi : le rationalisme est  "un des trous d' aiguille par quoi s' est faufilé le totalitarisme." C' est la faute aux " Lumières " si nous avons eu le fascisme et  la Gestapo. La portée historique de la révélation de l' anti- Descartes n' a pas tardé à provoquer quelques remous, ce qui était bien le but recherché. Aprés avoir relevé de " vulgaires erreurs historiques ", Vidal-Naquet, puis Castoriadis,dénoncent

l' imposture de ce " scribe sans scrupule ". Deleuze, quant à lui, juge ses concepts " aussi gros que des dents creuses. " S' agissant de " L' idéologie française ", Raymond Aron critique une " lecture unilatérale de l' Histoire ", comme le font également Paul Thibaud, Emmanel Leroy- Ladurie et Pierre Nora. Le sinologue Simon Leys ridiculise " Impressios d' Asie " , et  le journaliste William Dalrymple le "romanquête " de notre Rouletabille sur l' assassinat en Inde du journaliste juif américain Daniel Pearl. Mieux : Frédéric Pagès, du "Canard Enchaîné ", a écrit un roman sur les tribulations d' un philosophe fictif, Jean- Baptiste Botoul, disciple supposé de Kant,et entrainé à sa suite dans de rocambolesques et imaginaires aventures sud-américaines. Dans un nouveau  brulôt, " De la guerre en philosophie ", BHL n' hésite pas à appuyer ses développement anti-kantiens sur les délires de Botoul dont il igore l' inexistence...

   Récemment, l' essayiste Pascal Boniface a comptabilisé dans " Les Intellectuels faussaires ", les "affabulations et ratés monumentaux " de cet  Ubu moderne. Et de rappeler le film  "Le Jour et la nuit " (1997) qui a mobilisé Alain Delon, Lauren Bacall, Arielle Dombasle, Karl Zéro, Maurice Jarre pour la musique, et que Claude Chabrol a qualifié de " film le plus con de l' année." En tout cas ce long-métrage, co-produit et co-scénarisé par Lévy et Enthoven, s' est révélé un four commercial et artistique de première grandeur sur lequel il est de bon ton de faire silence.

   Mais c' est naturellement en politique que, maintes fois " entarté ", Imbu se couronne. Ses interventions médiatiques continues, chemise ouverte par tous les temps jusqu' au nombril et brushing coup de vent pour VIP, finissent par le rendre reconnaissable dans la rue à défut de le doter d' un mandat du peuple. BHL peut parler quand il veut et comme il veut : président du Conseil d' administration d' Arte, actionnaire de "Libération ", éditorialiste du " Point ", collaborateur du  " Monde ", ayant plateau ouvert  à TF1 et Canal+, ne dédaignant pas  jouer au clown grave chez Ruquier, il est classé en décembre 2011, " 22 ème personnalité la plus influente du monde " par la revue " Foreign Policy " aux U.S.A où il est la coqueluche frenchie des  milieux pro-israêliens.
   Là réside en fait la clé d' Imbu : dans son professionnalisme à servir la cause sioniste. Il a lui même déclaré devant la Convention nationale 2011 du CRIF : " J' ai porté en étendard ma fidèlité à mon nom et ma fidèlité au sionisme et à Israêl. " Si l'on en doutait, le dernier documentaire " ad gloriam " de Bernard par Bernard, "Le serment de Tobrouk ", véritable Appel du 18 juin réservé à l' affaire libyenne, achèverait de nous en convaincre. Et qu' importent les conséquences ( déstabilisation du Mali, raidissement politique russo-chinois) comparées à la gloriole égocentrique de ce vieil enfant trop gâté?

Quoi qu' il en soit,  personne ne peut plus désormais ignorer d' où s' exprime ce fumiste manipulé. Ce n' est pas du quai d' Orsay.

 

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Décryptage

Publié le par memoire-et-societe

On s'est à nouveau étonné, dans les milieux politiques, du score du Front National au premier tour des récentes élections présidentielles : 17,9 % des suffrages exprimés qui en font aujourd'hui la troisième force du pays.

Mon article intitulé "Triangle post-colonial " (août 2011) peut être en l' occurrence relu utilement si l' on tente de le transposer au plan électoral. Je signalais alors les traits d' une redistribution sociale en relation avec l' habitat :

     une classe privilégiée minoritaire, culturellement " éclairée " (phénomène bobo ) au centre ville

     une population à forte densité immigrée dans la  " première couronne " (quartiers dits " sensibles ")

     une classe populaire à dominante européenne en grande banlieue ( les "rurbains ", actifs travaillant en ville et habitant en zone semi-rurale ).

Lors de la consultation d' avril 2012, on constate que c' est dans la troisième catégorie, celle des rurbains, directement concernés par la précarité et le coût du logement urbain, que le F.N a enregistré des résultats significatifs, tandis que les grandes villes (Paris, Marseille, Toulouse, mais aussi Lyon et Bordeaux ) votaient en majorité à gauche, et les banlieues populaires, quand elles ne s' abstenaient pas, " Front de gauche " au premier tour et Hollande au second.

Nous sommes donc en présence moins d' un rapport de classe ordinaire que de contradictions intraclassistes que l' habitat traduit électoralement. Il montre que le Front National, s' il pose un problème politique, constitue aussi un problème social que ni les invectives ni une assimilation automatique au nazisme ne suffisent à résoudre.

Car ce Mouvement a évolué sur un point crucial : au temps de Jean-Marie Le Pen, la lutte pour l' exercice effectif du pouvoir n' était pas vraiment la priorité. Avec sa fille Marine, l' enjeu s' est modifié : la conquête des responsabilités est à l' ordre du jour, la stratégie à terme prend une importance nouvelle. C' est pourquoi le rapport aux masses change. Il s' agit de s' infiltrer à tous les étages du corps social : des syndicats ouvriers aux associations patronales, dans une résistance à un système qui brime les " nationaux " et  brade l' acquis civilisationnel. Fini le F.N de papa, maigre refuge des ultimes intégristes,des orphelins du pétainisme,  des nostalgiques de l' Empire, des monarchistes folkloriques, des antisémites viscéraux et des sans emploi du bellicisme.

Jeunes, ouvriers, qui, comme en Grèce, dénoncent les " partis de gouvernement " et le "cirque parlementaire ", sont insensibles au discours qui les classe à l' extrème droite, dont ils distinguent d' ailleurs mal les frontières. Ils se sentent idéologiquement moins "libéraux " que les leaders de l' UMP et  socologiquement moins " bourgeois " que les éléphants du P.S. Ils n' éprouvent pas plus de sympathie pour la gauche caviar que pour les patrons du CAC 40. Populistes, ils acceptent le qualificatif  parce qu' ils s' estiment déconsidérés et laissés pour compte dans leur propre pays.

C'est en partant d' une telle réalité que peut s' amorcer le retour vers une conception plus humaniste de la République ( République que le F.N n' oublie jamais de célébrer ) de citoyennes et de citoyens, souvent de condition modeste, cherchant en Marine Le Pen et son organisation( au demeurant admise par les lois ) un salut et une issue. Dépassionner le débat, à l' inverse des gesticulations théâtrales d' un routier de la politique comme  Mélanchon, est un préalable nécessaire si l' on veut effectivement expliquer pour convaincre.

Que les oligarques sortent de leurs bulles! A force de gouverner en ignorant et d' ignorer en gouvernant, ils n' atteindront qu' un objectif : faire du F.N l' arbitre de la vie publique et alimenter un climat de guerre civile dans le contexte de crise du continent ou  refleurissent des nationalismes inquiétants. Une nouvelle croissance et une autre répartition de la richesse sont des impératifs.La neutralisation de la spéculation financière un devoir. L' hillérisme est né en  toute légalité du désespoir collectif.

 

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Quand trop est trop

Publié le par memoire-et-societe

 Qu' un député UMP s' efforce de ridiculiser le nom de la compagne de François Hollande, c' est carrément imbécile et ne fait que disqualifier l' auteur de ce propos bas de gamme.
  En revanche, ce qui s' est passé au meeting du candidat socialiste à Limoges est d' une autre étoffe : l' attente d'une salle de milliers de personnes y a été meublée par la diffusion répétée du "Chant des Partisans ". Je laisse de côté le fait que ces paroles m' ont toujours paru grandiloquentes et faux-culs, du genre : "Armons-nous et...allez-y les petits gars! ".

Ce qui importe en l' occurrence, c' est le symbole. Passer et repasser dans une région ou les combats de la Résistance ont été particulièrement meurtriers, l' hymne évoquant cette période et incitant à prendre un fusil, est une escroquerie morale, la scandaleuse instrumentalisation d' un affrontement électoral. Qu' on m' entende : je n' ai jamais voté Pompidou, Giscard, Chirac ni Sarkozy, mais, oui, j' ai voté Mitterrand (qui, justement...la francisque...) et me suis abstenu depuis Jospin ( dont le père...). Las en somme d' être cocufié à 100% par la droite et à 90 par la gauche. Donc, mes choix sont clairs.

   Qui sont alors ces gens qui assimilent si facilement leurs adversaires de scrutin  à la Milice de Darnand et se prennent pour des F.F.I  nouveau style? J' ai vu, quant à moi, la Gestapo débouler à six heures du matin chez nous. Je m' excuse, mais ou porte la comparaison avec aujourd' hui? Contre quelles divisions S.S  faudrait-il prendre le maquis? Rappelons-nous Chateaubriand : ce qui est excessif est insignifiant.
    Alors, assez  de recourir pour un oui et  un non au danger hitlérien et à l' ombre du Maréchal .Respectez  autrement  le souvenir de ceux qui en ont  été les victimes réelles! Les suppliciés d' Oradour! les fusillés du Mont Valérien! les torturés de la rue Lauriston! les gazés d' Auschwitz ! les morts et les rescapés de Dachau, de Buchenwald et de Mauthausen! Assez ! on n' en peut plus de ces titres de journaux  pour "jeunes " qui ne peuvent discerner le vrai du faux, ils n' étaient pas nés, de ces microphages qui cherchent à plaire aux  vainqueurs potentiels ! Assez de tartufferie, marre de ces maquillages historiques! Merde, sifflez la fin!

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Quelques clés utiles au sérieux d'une carrière électorale

Publié le par memoire-et-societe

L'heure est aux élections. Les vocations s'affichent. Beaucoup d'appelés, peu d'élus. Des habitués et des novices. Ce texte propose modestement son concours à ces derniers en leur confiant quelques procédés avérés qui, suivis avec soin, augmentent les chances d'arriver, puis de se maintenir, ce qui n'est pas toujours facile.

1-Monter un "club de réflexion".

Indispensable comme marchepied puis comme lobby, le club de réflexion est censé agiter  des tempetes sous les cranes.Il consiste en premier lieu à allècher et recruter des technocrates brillants et ambitieux pour les faire phosphorer de concert sur des sujets sans solution tels le chomage, la dette, le logement ou le conflit israelo-arabe. Bien faire miroiter au passage qu'en cas de changement de majorité des "postes de responsabilité" se libèreront. Ce genre de club étant chargé d'avancer de "nouvelles propositions" , se substitue indirectement à certains groupes-charnières attachés autrefois à faire ou à défaire les gouvernements dans les assemblées parlementaires.Il participe donc d'une stratégie de conquete du pouvoir.

2-Publier un livre que vous n'avez pas eu le temps d'écrire et que personne ou presque ne va lire.

L'ouvrage, moitié biographie moitié je-refais-le-monde, est voué à asseoir votre existence dans les cercles qui pensent. Signez le livre(entre 250 à 300 pages, y compris la préface d'une page et demi d'un parrain recommandable) dans deux librairies ciblées: l'une, de standing, à Paris ( les Editions du CNRS ou, mieux, la librairie Gallimard boulevard Raspail, ce qui ne vous dispense pas d'une visite-éclair au Salon du Livre Porte de Versailles ), l'autre chez l'increvable libraire qui règne sur la vie des Lettres dans votre province d'élection, sans négliger pour autant une séance de signature au rayon Loisirs d' Auchan ou à la Foire-Exposition de printemps, avec compte-rendu dans le quotidien régional auquel vous avez avoué, quelques jours avant, votre passion pour le foot.

Demandez à l'attachée de presse  de l'éditeur que vous avez aidé en lui achetant cent exemplaires du bouquin de se démener pour obtenir votre participation à un débat  télévisé sur Public-Sénat ou BFM TV. Préparez dans la foulée une Tribune Libre pour "Le Monde" et une interview destinée au "Figaro". Arrangez-vous pour intervenir dans un Colloque ou vos compétences ne vous appellent pas obligatoirement, mais qui vous offre l'occasion d'une polémique remarquée avec le responsable d'une revue qui vous a refusé un "papier", pourtant excellent, sur la sexualité des Pygmées, il y a trois ans de cela. Au total, vous en vendrez bien mille, ce qui vous remboursera et vous assurera une postérité provisoire comme référent bibliographique d'un doctorant.

Attention! Percutez au niveau du titre. Lancez un défi ! Jetez le à la face d'une Société corrompue ! Soignez les trois premières pages, les plus lues, en affirmant un amour de la République et des sentiments humano-démocratiques exclusivement réservés au service de projets hardis mais réalistes. Gardez en réserve la ressource d'  une action en faveur des Droits de l'Homme comme arme ultime pour terrasser un adversaire coriace. Ainsi, un Appel aux cotés de B-H. Lévy contre n'importe quel régime dictatorial arabe ne peut nuire.

3- S'afficher avec un ou une, selon votre orientation, journaliste de l'audio-visuel.

La féminisation de la profession journalistique ouvre des perspectives de pipolisation gratifiantes. En conséquence, laissez les échotiers murmurer que vous seriez "avec" une telle (ou un tel). Ensuite, vous élever avec force contre les intolérables intrusions d'une certaine presse dans la vie privée des hommes publics. Interdire toute photo, y compris à la plage ou au ski, sous peine de plainte (sauf pour la couverture de "Paris-match",meme périmée, vu l'impact chez les coiffeurs et dans la salle d'attente des dentistes).N'oubliez pas non plus qu'un scoop de temps en temps peut rapporter gros au niveau de la profession tout entière et de votre réputation d' ennemi de la langue de bois.Engagez un proche parent ou un ami de plus de trente ans pour manager votre site unformatique, concocter de près les twitt et les messages interactifs, déterminants auprès des jeunes.

4-Assaisonner régulièrement l'exposé de votre programme du terme "social".

A défaut de contenu, le mot demeure payant: rançon de l'universalisation du suffrage, sésame électoral sans pareil. Tout le monde est social: social et démocrate ( le P.S), social-économiste (la Droite), social-centriste(le MODEM), égocentriste (modèle Villepin), microcentriste ( type Morin), christocentriste (genre Boutin).

S'assurer d'autre part la présidence d'honneur de la Fédération départementale des médaillés du Travail. A défaut toujours, celle des Anciens Combattants (leur nombre est en diminution).

5-Une fois député, faire passer à l'Assemblée une loi non appliquée.

Plus de la moitié des lois votées au Parlement restent  bloquées au niveau de leur application par le Conseil d' Etat qui a appris à ne jamais etre trop prudent et à ne pas aggraver des déficits budgétaires par définition abyssaux.

Vous élaborez à cet effet un projet répondant pleinement à l'attente exaspérée d'une catégorie socio-professionnelle bien représentée dans votre circonscription. L'essentiel est dans l'effet d'annonce auquel votre nom demeurera désormais associé. Si c'est trop long, si c'est trop cher, ce n'est plus votre affaire.

Question popularité, ne pas omettre de doter le Grand prix cycliste de la ville dont vous briguez la mairie si le cumul des mandats le permet, d'une prime personnelle récupérable sur les frais généraux du Conseil Géneral. Démarche similaire en direction des boulistes,des archers et du basket-club qui s'est hissé en quart de finale du championnat régional.. Arrachez aux laîcards les plus sectaires une dotation globale pour l'entretien et la réfection des édifices religieux du canton, intégrant éventuellement une synagogue et une mosquée.

6-Ministre (enfin!), donnez votre nom à une réforme de l'Enseignement.

Impossible de règner quelques mois rue de Grenelle (siège du Ministère de l' Education Nationale) sans marquer son passage par une réforme du système pédagogique qui va emmeler l' Administration scolaire, désorienter le corps professoral en bouleversant les programmes, et retarder un peu plus l'ensemble des élèves.

Les réformes de l ' Enseignement font partie des calamités nationales devant lesquelles un ministre digne de ce nom ne saurait se dérober. Ne dérogez surtout pas à la règle. Autrement on dira que vus n'avez "rien fait ", ce qui risque de vous barrer la route de l' Elysée et, par suite, de porter tort à la France.

 

 

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Les calculs du Front National

Publié le par memoire-et-societe

Les chances du F.N de figurer au second tour des élections présidentielles augmenteraient, bien que certains sondages récents laissent entendre qu'il "plafonne" autour de 20%.Le F.N fait en tout cas partie du paysage hexagonal avec un avantage: ne figurant pas parmi les "partis de gouvernement" , il ne peut etre associé aux "trente ruineuses" marquées par deux septennats mitterrandistes et dix-sept ans de chiraco-sarkozisme. Des règnes qui ont consacré le chomage, l'endettement, la désindustrialisation et le discrédit d'une génération illustrant,  par des scandales multiples, l'amoralité des prétendues élites. Telle est la première leçon à tirer des griefs "conjoncturels" que nourrit auprès de l'opinion populaire l'état dans lequel une oligarchie a placé le pays.

La désillusion ne saurait pourtant tout expliquer.Le glissement qui fait du F.N un parti de masse et non plus un parti de cadres a aussi des raisons plus lointaines et des causes plus profondes: institutionnelles sans doute, culturelles assurément, éthiques et politiques, c'est l'évidence.

Que nos institutions soient inadaptées à la  crise du modèle actuel de développement, et victimes d'un immobilisme qui arrange les béneficiaires du système, est connu de tous. Dèjà le général de Gaulle, qui les avaient inspirées, voulait les réformer. Cela ne lui a pas réussi. Toucher au Sénat lui a couté en 1969 son poste de président. Les socialistes, si fiers d'avoir mis la main sur le Palais du Luxembourg, portent maintenant aux nues l'organisme dont ils contestaient l' utilité un instant avant. Mais les fastes de ce luxueux  hospice de la République continuent de choquer. Ce n'est qu'un exemple entre mille. On le dit, on le sait. C'est de ce copinisme censitaire,de ces incessants partages de gateaux, dont les gens qui vivent au quotidien un précipité de caporalisme bureaucratique et de laxisme gestionnaire, de règlementations,de controles en tous genres et de gaspillages révoltants, sont las.

La "montée" du F.N, son installation dans la vie publique, ne sont pas l'effet d'une attirance idéologique: simplement de l'envie de donner un coup de pied exaspéré dans la fourmillière. Seule manière, pensent-ils souvent, d'etre enfin entendu. Notamment sur deux question fondamentales régulièrement éludées:

- la France n'est pas européenne au sens que lui imprime le microcosme bruxellois, ivre de fédéralisme abstrait. Elle l'a clairement exprimé en repoussant en 2005 le Traité constitutionnel mijoté en petit comité. De cette méfiance innée pour l' Europe des banques et des multinationales,le F.N fait sans opposition notable son miel électoral.

-la France n'est pas, dans ses profondeurs, davantage acquise au multiculturalisme dont il apparait, il est vrai, que l'ensemble des nations chrétiennes d' Europe a des difficltés à s'accommoder.Il s'agit là d'un constat qu'exploite le F.N avec le procès permanent de l'immigration et l'exaltation, plus récente, de la laïcité.

Le Front orchestre ainsi un retour à un souverainisme latent dans les couches de la population les plus touchées par la récession. Revanche sur le parlementarisme sans frontières et l' impérialisme de l' euro.
Les "solutions" du F.N sont, bien entendu, erronnées.Mais là n'est pas l'essentiel. Le lent refus , grossissant  élection après élection, d' un régime politique, pose le problème de la représentativité des partis qui prétendent le diriger.Si l'on additionne l'importante masse des abstentionnistes et les suffrages recueillis par un F.N exclu de l'Assemblée Nationale, c'est en fait plus d'un Français sur deux qui, d'une manière ou de l'autre, ne s'exprime pas.En revanche, des minorités comme les Verts et le Front de Gauche bénéficient de "groupes parlementaires". L'équité électorale: pour le F.N, encore un bon cheval de bataille...offert par l'adversaire.

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Sur la nature du Prince sortant

Publié le par memoire-et-societe

Dans une monarchie républicaine comme la France aujourd'hui, la personnalité du Prince pèse lourd. Nicolas Sarkozy achève son quinquennat. On peut donc évoquer la place qu' y ont tenu son caractère et sa "nature" :

Disons en préambule que le "sortant" n'a ni le goût inné de l'économie ni la culture propre à celle-ci. Il est d'abord, comme Mitterrand qui a régné quatorze ans sans notions particulières de gestion, un avocat ayant choisi la politique. Les Républiques précédentes ont été façonnées par des juristes. Le monde a changé: le président doit désormais maîtriser les faits économiques et commerciaux sans s'en remettre à des courtisans spécialisés d'avis souvent opposés. Le pouvoir de la Parole a cédé la place à celui des banques et des marchés. Strauss-Kahn, s'il avait été plus respectable, aurait répondu au profil requis. Aucune nostalgie pour l'individu, quelque regret pour l'expert qui aurait sans doute su habilement piloter une manière de libéralisme social-démocrate, d'ailleurs peu conforme avec la visée socialiste d'une transformation de la domination de classe.

Sarkozy fonctionne d'autre part par pulsions et engouements. En 2007, il a bâti son projet présidentiel sur le modèle américain auquel il vouait une admiration un peu enfantine (l’opposition l’appelait d’ailleurs « l’Américain »). De cette éminente référence découlait, selon lui, des capacités qui allaient arrimer la France dans le peloton de tête des Nations. Pas de chance, c'était l' Amérique de Bush junior, totalement indifférent à la ferveur de son homologue. Ce dernier avait, il est vrai, à subir le courroux anti-gaulois consécutif au refus chiraquien de la guerre d'Irak. Le Français ne ménageait pourtant pas ses efforts, n'hésitant pas, en pleine crise conjugale avec son épouse Cécilia, à prendre des vacances là ou résidait l'Américain, précisément, en fin de mandat. La crise des "subprimes", puis celle de la dette et la chute de Lehmann Brothers, sont venues entamer l'enthousiasme initial. D'autant plus que le nouvel occupant de la Maison Blanche, Obama,  ne semblait pas placer la solidarité avec la France parmi ses priorités. Le choix du clonage n'était donc pas le meilleur.

Tandis que le château de cartes européen se mettait à branler, Sarkozy se découvrait soudain un emballement irrépressible pour l’Allemagne, notre "partenaire naturel". Et de bisouter la chancelière, la cajoler, et l'agacer à force. Tout était prétexte à éloges sur cette fée de la réussite. Le sarkozysme ne rêvait plus qu'à mettre ses pas là ou l’Allemagne avait posé depuis longtemps les siens. Les résultats de la République fédérale étaient nos objectifs. Son taux de croissance la prometteuse perspective d'un Etat dont les finances fondaient comme neige au soleil. Mais là encore, la solidarité n'était pas exacte au rendez-vous. Triple A ou non, la chancelière n'a guère relâché sa pression anti-inflationniste. Le géniteur du G20 et de l' " Union pour la Méditerranée", deux pétards mouillés, s'est retrouvé seul, affaibli parallèlement au plan intérieur par ses effets d'annonce sans lendemain, ses cadeaux, ses reculades et ses contradictions: tant sur le bouclier fiscal que sur la baisse de la TVA dans la restauration ou la taxe Tobin, par exemple.

Qu'en retenir ? Que ce Prince a la vulnérabilité des impulsifs. Décisions trop hâtives, prises "sur le coup", initiatives non étayées par une information préalable suffisante puis une réflexion approfondie, réactions soumises à une actualité éphémère, discours définitifs prononcés " à chaud ", conseillers choisis au mérite médiatique: en politique, l'homme d'action ne saurait se résumer au fonceur inspiré, mu par les tendances qui l' environnent.
Aussi Nicolas Sarkozy va-t-il perdre s'il persiste à vouloir se représenter. Rançon d'une certaine immaturité ou la bonne volonté n'a pas toujours manqué, mais ou la placidité nécessaire, et avec elle la réussite, ont fait défaut.

 

 

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L'image dégradée

Publié le par memoire-et-societe

Le syndicalisme est, de l'avis général, devenu nécessaire à une bonne respiration démocratique. La défense organisée des salariés dans le système capitaliste est née dans la douleur avec les débuts de l'industrialisation. En France, Saint-Simon dès 1824, puis Proudhon avec "Qu'est-ce que la propriété?"(1840), Flora Tristan (L'union ouvrière, 1843), Pauline Roland et Jeanne Deroin, prônant la création d'une caisse de solidarité pour le crédit gratuit, les soins médicaux et les retraites (1849), l'A.I.T (ou 1ère Internationale, 1864-1872), regroupement d'associations ouvrières avant d'être un mouvement politique, en constituent les prémisses.
Comme toute collectivité humaine, le syndicalisme a rencontré des aventuriers, des mouchards, des traîtres ou des renégats. Mais il a surtout longtemps connu l'exclusion, la répression et un impitoyable combat pour conquérir droit de cité. Le délégué syndical a été, jusques et y compris aux lendemains de la 2ème guerre mondiale, indésirable dans nombre d'entreprises:le premier à être licencié, le dernier, sauf "récupération ",à etre promu, souvent "marqué au rouge" sur une liste patronale qui forçait l'ouvrier et sa famille au nomadisme dans une perpétuelle recherche d'emploi.

D'abord maudit et héroïque, le syndicalisme a acquis pignon sur rue. Ses dirigeants sont des notables (les "bonzes"), ayant porte ouverte sur les allées du pouvoir et dégagés des contingences du quotidien. Le "partenaire social" est institutionnalisé, consulté et courtisé.

C'est pourquoi l'image dégradée dont  les syndicats offrent le spectacle depuis quelques temps est spécialement inquiétante. Une faible représentativité (8% des salariés dans le secteur public, 5 % dans le privé où survivent des craintes pour le déroulement de carrière) en est-elle la conséquence ? Il faut ajouter alors une multiplicité de structures qui donne à certaines davantage l'allure de boutiques catégorielles ou partisanes et de syndicats-maisons que de véritables confédérations. S'en suit une surenchère sans perspective cohérente.

Dans le mouvement ouvrier traditionnel, qui a été le terreau du courant socialiste français, toutes sensibilités confondues, l'appartenance syndicale constituait une sorte de baptême. C'est seulement après avoir éprouvé les limites de cette forme de lutte que le militant révolutionnaire rejoignait un parti politique, aboutissement de l'expérience vécue. Il en va aujourd'hui autrement: l'Union locale de la C.G.T ou de la C.F.D.T ne constitue guère l’antichambre obligée pour un jeune énarque qui cherche une circonscription. D'ou cette coupure flagrante du bobo "à gauche" avec les soucis du bon peuple .Le contact n'y est plus.

Ce n'est pas encore là le pire handicap du syndicalisme nouveau style: de dérives en décadences, le trouble naît de sa relation ambiguë, déjà signalée par la Cour des Comptes, avec l'argent. Ainsi pourquoi le rapport Perruchot (député UMP) est-il maintenu sous le boisseau ? Rançon de quel compromis? S'agit-il des "trésors" dévoyés des Comités d'Entreprise ? Du monopole à l'embauche abandonné à des mafias électoralement influentes ? De l'omerta sur des sommes détournées puis réparties au nom d'une  majorité de salariés non informés et manipulés ? Moeurs étrangement inspirées de l'exemple patronal et des syndicats américains.

Avec le gouvernement, tout est plus subtil. On est dans un univers différent: les ministres changent plus souvent que les secrétaires confédéraux, mais on se connaît. On déjeune avec les mêmes journalistes, on débat sur les mêmes plateaux de télévision, mille occasions se présentent d'évaluer, de se parler, de se renvoyer l'ascenseur, bref de négocier la paix sociale entre interlocuteurs conscients de leurs responsabilités respectives. Il n'est que de suivre l'évolution réformiste de la C.G.T depuis une vingtaine d'années (et, par contrecoup, l'émergence de Collectifs spontanés dans les conflits) pour conclure, comme la publicité, que le syndicalisme "le vaut bien".

 

 

 

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L'Etat : toilettage ou réécriture

Publié le par memoire-et-societe

En Espagne, le gendre du roi, convaincu de concussion, a été, avant même tout procès, immédiatement éliminé de la vie publique. En France, un ex-président,condamné pour emplois fictifs et abus de biens sociaux,continue de bénéficier de la considération officielle.

Tout le monde le pense, quand beaucoup refusent de l'avouer, le "royaume" français est moralement malade. Ses institutions sont inadaptées,ses élites possédées par l'égoïsme de classe, leur intégrité jugée douteuse, ses "partis de gouvernement" dévorés par le clientèlisme, ses corps intermédiaires livrés aux appétits corporatistes, ses masses populaires abandonnées au scepticisme et minées par un sentiment d'injustice. Compte tenu de la riche histoire du pays, c'est un naufrage.

Le tableau peut sembler sévère. Il est réaliste, et conduit à cette question:suffirait-il de "toiletter" l'Etat, en manque d'un sérieux lifting, pour rendre la santé à une société en souffrance, ou sa dégradation nécessite-t-elle de "réécrire" l'ensemble sur d'autres bases ?

Si l'on regarde de près, trois handicaps endogènes plombent ce régime: le déséquilibre des pouvoirs, la multiplication de structures redondantes ou concurrentes, le blocage bureaucratique de la créativité. Il n' y a, dans l'Ordre marchand mondialisé, aucun modèle convaincant, mais il existe des éléments dont on peut, sans prétendre refaire l'univers, s'inspirer avec la prudence qui doit accompagner toute transposition sociale.

La IVème République a été un régime d'Assemblée ou un groupe restreint de députés suffisait pour faire et défaire les gouvernements. La Vème a versé dans l'excès contraire en instaurant une monarchie républicaine façonnée aux mesures d'un homme qui la transcendait,Charles de Gaulle. Particularité qui n'a été le cas d'aucun de ses successeurs de droite et de gauche qui se sont bornés à présider le déclin.

Partager les pouvoirs dans une version francisée de principes en usage aux Etats-Unis n'est, au stade actuel, pas totalement insensé: un président issu du suffrage universel d'un coté, un parlement investi d'un véritable contre-pouvoir de l'autre (c'est-à-dire de la faculté de renvoyer le chef de l'Etat sans être dissous par lui). De ce fait, l'alignement sur les choix présidentiels de la majorité élue ne serait plus politiquement vital : la co-habitation de l' Exécutif et du Législatif s'opèrerait directement, sans passer par un premier ministre-courtier dont l'existence ne s'imposerait guère.

Quant à elle, l'autorité judiciaire pourrait regrouper Conseil d'Etat, Cour des Comptes et Cour de Cassation en une Cour Suprême coordonnant plus efficacement les rouages principaux d'un système qui reste insaisissable à la plupart des citoyens. Le bi-camérisme mérite pour sa part un coup d'oeil : ce n'est pas parce qu'il est tombé dans l'escarcelle du P.S que le Sénat serait soudain paré de toutes les vertus. Cette maison de retraite pour politiciens chenus ou recalés par le suffrage universel reste une sinécure entretenue à grands frais auto alloués. Ses avis, quand il en a, retournent à l'Assemblée qui tranche en dernier ressort. Mais son système de retraite est le plus généreux...du Système. Le bon sens incite, comme cela a déjà vainement été suggéré, de fusionner l'onéreuse institution avec le Conseil Economique et Social, autre planque qui pond des "Rapports" que personne ne consulte. Une Chambre des Territoires à effectif réduit représentant les "forces vives", ou l'age des membres serait limité, pourrait, dans le cadre d'une politique suivie de décentralisation, y contrôler concrètement les relations de l'Etat et des Régions.

La réduction du "mille-feuilles" qui va de la Commune au Parlement européen (toutes les élections seraient à regrouper sur un seul jour pour éviter la funeste campagne électorale permanente qui paralyse ce pays et favorise l'abstention si redoutée) entre, évidemment, dans un programme conséquent d'allègement politique. La disparition du département napoléonien, ruineux anachronisme qui brasse des budgets ahurissants, paraît en l'occurrence, inéluctable. Tant pis pour les intérêts partisans.
Le gaspillage des savoirs est, en France, consternant. Des retraités (paysans, artisans, pédagogues, soignants) sont marginalisés alors qu'ils seraient tout disposés à transmettre une expérience qui va se perdre. Encourager l'initiative, animer la relation intergénérationnelle sont des slogans éculés, sauf qu'on leur voit bien peu d'applications. Perte sèche pour une collectivité...

Dictature des marchés, impunité des responsables, corruptions et scandales, népotisme, favoritisme, tout cela n'est pas nouveau, mais  finit par prendre une part prépondérante dans un royaume en décadence. A qui a fait un peu d'Histoire, voilà qui rappelle quelque chose...Mais oui, bien sûr ! La caste (multicartes) des petits marquis à talons rouges!

Ils ont terminé à Coblence, ou pendus à la lanterne. C'était le bon temps...

Quoiqu'il en soit, et sans illusion sur la réalité du "changement" qui sortira de la consultation de 2012, retenons qu'un Etat bien "réécrit" exige la conciliation des aspirations populaires et des structures de pouvoir. Fantasme citoyen ?

 

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