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78 articles avec actualite

Il(Elle) a voté Mélenchon au 1er tour et Hollande au 2ème

Publié le par memoire-et-societe

   Appelons-le Jean (ou Jeanne).Il est génétiquement de gauche. Autrefois, il se disait "révolutionnaire ". Il était volontiers " ouvriériste ", mais l' ouvrier a perdu depuis sa vertu de moteur essentiel de l' Histoire. Il n' est plus qu' ouvrier. La "Révolution prolétariene ", formule-clé des cercles marxistes qu'il fréquentait alors, est devenue une expression attendrissante, une sorte de très ancienne maîtresse qu' on croise parfois et embrasse sur la joue en demandant machinalement : " comment ça va , toi ? "

   Mélenchon, à franchement parler, ce n' est pas tellement sa tasse de thé. Un de ces ex-trotskistes frappés par la grâce mitterrandiste et décidés à vivre dans et de la politique, comme Jospin, Drai, Moscovici,Cambadélis, Assouline et compagnie. Carrière pépère de notable social-sémocrate, Mélenchon. Jusqu' au fauteuil douillet de sénateur, au siège rembourré de député européen, après un passage inévitable dans un ministère (en l' occurrence l' Enseignement professionnel ).
   Soudain, sans crier gare, une scission groupusculaire genre PSU d'autrefois, le Parti de Gauche, bientôt adossé à l'appareil, il est vrai amaigri, du P.C. Un Appel solennel à la Résistance, non le 18 juin mais le 18 mars, jour anniversaire de l'insurrection de la Commune de 1871. La place de la Bastille tendue de rouge, les accents d' un Georges Marchais des classes moyennes ( c'est-à-dire sans les fautes de français ) et des mines de grèviste sur le point de séquestrer le patron. Pour Jean, du déjà vu, correctement actualisé. Pour les minots de 2012, la bouffée d'air que ne sauraient délivrer ni M. Fabius, démocrate distingué, ni Pierre Laurent, fonctionnaire affecté aux lendemains qui n' ont jamais chanté.

   Comme calculé, les présidentielles. Mélenchon, c'est le meilleur, celui qui fait un tabac à la télé en croquant les gladiateurs sacrifiés de l' UMP, en mouchant vite fait les petits journalistes tremblotants accrochés à ses basques. Et pourquoi pas 2ème au 1er tour et 1er au 2ème tour? Les minots se mettent à rêver. Jean-Jeanne est plus nuancé. Va-t-il voter? Alors,à reculons. Il entre dans la salle de vote, les yeux presque clos, ne traine pas, saute sur le bulletin, se rue vers l' urne, brandissant son  enveloppe. Clac ! " A voté ! " . Il ralentit le pas pour sortir, comme accablé. Il a voté Mélenchon.
   Hollande, deux semaines plus tard ? ça,non ! transformer un mec de gauche en simple machine à battre Sarko, c'est trop. Il ou elle a la rage. Le coup du vote utile, on connait, ça suffit...

   Et si Sarko repasse, te rends-tu compte de la responsabilité? Cinq ans supplémentaires d' UMP ? Jean, as-tu le droit de porter un coup aussi fatal aux masses populaires qui ont déjà tendance à voter Front National? Le président  des riches ou le président des classes normales dont tu fais partie depui ta naissance, ça ne mérite pas réflexion,ça ? Regarde Machin dans le "Nouvel Obs ", il ne peut pas encadrer Hollande, eh bien il a quand même décidé d' y aller! Obligé. Encore cinq ans de Guéant, d' Hortefeux et de Patrick Buisson, c'est ça que tu souhaites ? Allez Jean et Jeanne, on n'est pas là pour se faire plaisir. Il faut arrêter ces truands de la Droite , qui te qui vous qui nous traitent comme de la merde!

   La même école, le même préau, l' isoloir...Clac! Jean sort, titube, et murmure : " cocu ". Il vient de voter Hollande.

 

 

 

 

 

Prochainement:  Un aprè-midi avec Cendrars

 

 

 

 

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La France saharaïsée

Publié le par memoire-et-societe

   La France est l'un des pays qui possèdent le réservoir le plus fourni de familiers du continent africain. Des générations d'hommes de terrain s' y sont en effet succèdé depuis des siècles,des explorateurs aux coopérants,dispersés sur de vastes territoires.
   Si  tous n' étaient  pas  humanistes et  philanthropes, la plupart ont accumulé une connaissance directe des sociétés et de leurs populations, dont ils ont  peu ou prou partagé la vie. Car l' Afrique s' apprend.

   C'est pourquoi il est navrant de voir une telle expertise, confortée par d' innombrables publications, études, rapports, correspondances ou archives diverses, négligée, sinon contestée, par de jeunes géopoliticiens analphabètes,barricadés dans l' hypocrisie d' une tardive repentance.

   Quand, par exemple, M.Guaino, "plume" de M. Sarkozy, lui fait dire à  l' université Cheikh Anta Diop de Dakar, face à  un parterre d' intellectuels, que "l' Afrique n' est pas encore entrée dans l' Histoire ", on reste confondu  devant  l' imbecillité qui trahit à la fois une méconnaissance des faits et  un paternalisme qu' on pensait  périmé. Ce jour-là, la France a reculé de plusieurs rangs dans l' opinion africaine.  

   Quand on voit  B-H.Lévy, sioniste s'il en est, trancher, sans aucun mandat, sur  la conduite de la diplomatie française en Libye et discourir , en  lieu et place du président de la République, sur le printemps arabe et la question syrienne, on a envie de demander grâce. Car ce que semble ignorer le sentencieux  " philosophe de gauche"(?), c' est que l' équilibre politique et  la paix sont, dans la zone apparemment désertique de ce coin du continent, un château de cartes : tout y est toujours prêt à s' y écrouler. Comme le sable qui la constitue.

   Que M.Lévy, polarisé sur les intérêts et la sécurité d' Israël , n' en tienne pas compte, est une chose. Qu' on lui prête l' oreille aux dépens de ceux qui savent que le moindre déplacement dans l' ordonnance des pouvoirs et des territoires locaux  induit des complications  en chaîne, souvent sanglantes, est  totalement irresponsable.

   Ainsi, le renversement du régime de Khadafi, qui n' a d' ailleurs jamais été le mandat donné par l' ONU  aux occidentaux, n' aurait dû être "opéré "  qu' après évaluation des conséquences potentielles d'un  pareil coup de force. Faute de cela, dans l' ivresse d' une victoire à la Pyrrhus permettant à M. Lévy de s' autocongratuler, la moitié de l' armée de l' ancien dictateur libyen est  partie s'installer à côté, dans le nord du Mali, violant la souveraineté du pays et  imposant à une population sans défense la loi islamique la plus tyrannique. Du coup, la République du Mali, internationalement reconnue mais militairement insuffisante, en appelle-t-elle à la France avec laquelle elle a signé des accords de défense datant de l' indépendance. Les risques sont les mêmes  avec le Niger voisin, lui aussi en proie aux troubles fomentés par les tribus touaregs et  l' omniprésente A.Q.M.I (Al Qaîda Maghreb islamique) et  où  AREVA  exploite un uranium devenu indispensable à l' activité industrielle.

   L' Occident se dit résolu à ne pas " laisser faire ", le Droit international et la Sécurité régionale étant en cause. Les U.S.A, tout en dénonçant en sous-main le " néo-colonialisme français " , se tournent vers Paris pour lui demander de se porter garant d'un territoire où l'armée française détient des bases et  exerce encore une influence réelle. L' Algérie observe une complète neutralité, quoique les salafistes défient son autorité sur ses frontières méridionales. Quant à la Communauté Européenne, elle se garde bien de se fourrer en un tel guêpier.

   Le règlement d'une situation aussi fluide, intégrant prises d' otages, négociations financières pour les libérer, palabres dépendant d' alliances et transactions passées entre clans, tribus ou chefs de bande, constitue un casse- tête offert à tous les dérapages.
   La France, placée ainsi au centre de cet  imbroglio, se voit  "saharaïsée " malgré elle, quand son contexte socio-économique interne demeure alarmant. Que ne puise-t-elle dans les ressources  inemployées d' une riche expérience  au lieu d' écouter les divagations de ces conseillers brusquement parachutés dans les hôtels de luxe du tiers-monde.L'heure est au changement de vision, de mentalité... et  de compétences.

 

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Le nouveau DSK est arrivé

Publié le par memoire-et-societe

   On le renconte à nouveau sur les petits écrans, trapu, mains dans les poches, tout sourire, comme avant. Dominique Strauss-Kahn est de retour.

   Les choses finalement ne se présentent pas trop mal.Tristane Banon a retiré sa plainte. L' anonyme qui l'accusait de "viol en réunion" s'est rétractée. Restent Nafissatou Diallo (Tribunal civil du Bronx) avec laquelle les avocats new-yorkais de l' ex patron du FMI négocient, et enfin cette histoire de "proxénétisme en bande organisée " (Carlton de Lille) dont l'instruction parait bien compliquée. Le tout  fera sans doute cher pour le chouchou de l' " économie sociale de marché ", pour l' instant en liberté sous caution, mais il devrait s'en tirer, comme  avec la MNEF qui lui avait coûté le ministère des Finances.

   DSK  dispose en fait de deux atouts majeurs: un carnet mondial d' adresses et un réseau permanent de protecteurs médiatiques. C' est sur ce socle - bienveillance de la finance internationale et  force de frappe communicationnelle - que l' ancien maire de Sarcelles compte pour reconquérir le terrain. A cette fin, il n' a pas choisi de passer par le bas, mandat après mandat, à 63 ans il n' en a ni le goût ni le temps,mais par l' exploitation d'une réputation planétaire d' économiste, savamment entretenue.

   La démarche, assortie de la prudence qui sied à la situation judiciaire de l' intéressé, comprend plusieurs volets : tournées de conférences en direction des VIP et  des  élites politico-économiques selon un maillage élaboré ( Marrakech, Pékin, Yalta, bientôt Munich et Séoul ), tribunes et interviews dans des publications de haut vol, interventions dans des émissions radio-télévisées à forte audience et à la tribune de Rencontres, Forums et Colloques réunissant responsables politiques et  dirigeant d'entreprises multinationales, consultations par le biais de sa société de conseils Parnasse SARL.

   DSK  présente en effet un profil idéal  pour l' oligarchie actuelle : social-libéral, frotté aux  problèmes internationaux, adoubé à la fois par le milieu bancaire, le grand patronat et la social-démocratie, il est l' intermédiaire rêvé de tous ceux qui cherchent, depuis des décennies, un successeur à Mendès-France.

   En France même, sa position est confortée par le fait qu'il a dû abandonner toute ambition nationale. Il n' est plus un rival. La visée est désormais différente. Un ministère de l' Economie européen, s'il s'en crée un comme on le murmure, ne serait sans doute pas pour lui déplaire et il n'aurait pas trop de mal à trouver, ici ou là, des gouvernements pour soutenir l'idée. Le monde est  vaste, d'ici là d'autres opportunités peuvent se présenter, si d' autres accidents de carrière ne se produisent pas.

   Le fond du problème est cependant ailleurs : quelles solutions  concrètes à la Crise propose le super Expert? De ses analyses et déclarations récentes ne filtre pas une lumière aveuglante. Des truismes, des observations que chacun peut formuler sur l' euro, sur les Emergents, sur la statégie du couple franco-allemand, sur la montée de l' Asie. Un peu juste.Le nouveau DSK est arrivé. On attend l' homme providentiel.

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"French bashing"

Publié le par memoire-et-societe

   Le  "french bashing " (littéralement:la"râclée française" )a la faveur en Angleterre. Economie ou rugby, moeurs ou fait-divers, tout passe à la moulinette de la presse et de l'opinion publique locales dès qu'il s'agit de Français. Ce qui ne contredit pas l'empressement des citoyens d'outre-manche à franchir le Channel et à se répandrer de la Normandie à l' Aquitaine et au Languedoc pour en partager le style de vie et  y acheter des demeures.
   Evacuons les contentieux historiques et le rappel des multiples griefs qu' Anglicans et Papistes,  Rosbifs et Grenouilles s'envoient à la figure depuis les Plantagenêt: ces querelles chauvines sont en l'occurrence devenues anecdotiques. Ce qui est en cause est l'obstination du Royaume Uni à saper la coopération franco-allemande et la construction politique de l' Europe.

   Le "french bashing " n' a en effet cessé de s'intensifier depuis qu' en 1962 de Gaulle et Adenauer ou, après eux, Pompidou et  Kiesinger, Giscard et Schmidt, Mitterrand et  Kohl, Chirac et Schroeder, Sarkozy, Hollande et Merkel affichent un désir commun de donner au Continent une chance d' exister dans un monde en pleine recomposition.C'est vrai, nous ne sommes plus dans les années trente où les présidents du Conseil français ne décidaient rien sans avoir consulté Londres. Les yeux  de Paris sont aujourd'hui plus vite tournés vers Berlin et  Washington.

   Ce déclassement accompagne logiquement la fin d'un Empire, et le parallèle avec notre propre recul d' influence s'impose. L' actuelle crispation francophobe, exprimée par le " french bashing ", n' y change rien. Au contraire. L' Angleterre, qui fait géographiquement partie de l' Europe, a tort de s'en éloigner politiquement, car les U.S.A, dont elle ne quitte pas le sillage, portent  prioritairement leurs regards sur l' Asie où se joue la partie.Il serait donc préférable pour tous que, sans renier son identité, elle prenne une plus équitable  mesure des réalités.

 

 

 

Prochainement:

   Le nouveau DSK est arrivé.

   La France saharianisée.

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Hésitation

Publié le par memoire-et-societe

   Deux blogs précédents, "La Rochelle et la Réalité " (2 septembre 2011) et " Le glissement au Centre commence " (25 juillet 2012 ) laissaient entendre que le P.S, victorieux ou non, n' était en fait pas prêt pour gouverner, du moins à partir d'une ligne bien définie. Que ses réponses aux problèmes les plus urgents n' étaient pas claires ni la solidité de sa majorité assurée. L' actualité semble confirmer cette observation.

   La traditionnelle université d' été de La Rochelle était placée cette année sous le signe de l' hésitation.Sur aucun dossier essentiel- chômage, fiscalité, endettement de l' Etat, réindustrialisation et compétitivité, traité européen- les socialistes ne donnent l' impression d' avoir une solution commune et, du même coup, une démarche susceptible de la faire triompher.

   Les sondages sont mauvais : ce n' est pas un hasard. Trois mois d' attente, c' est le délai règlementaire. Au-delà sourd l'impatience, puis  s' amorce le reflux. Or, depuis mai, difficile de distinguer avec netteté où l' on va. Ce n' est pas l'augmen

tation symbolique du  SMIG, ou la baisse négligeable prévue du prix de l' essence, alors que l'inflation se précise sur le blé, donc le pain, les pâtes et la biscuiterie, sur les fournitures scolaires, les principales denrées alimentaires, les coûts de santé,  les  loyers  étudiants, qui vont calmer une inquiétude avivée par la multiplication des plans sociaux ( Citroên, Carrefour, Unilever,etc ) et une menace permanente sur l' existence de l' euro.

   Qu' en est-il en effet? Pendant que M. Fabius fait le tour du Moyen Orient en ressassant de vaines invectives contre le président de la Syrie, les relations franco-allemandes, clés de voûte de la politique étrangère, s' aigrissent et  les divergences se creusent entre Paris et Berlin sur le traité européen.L' un parle croissance, l' autre rigueur. Pendant que le ministre des Finances annonce un taux français de 1,3% pour 2013, le chef du gouvernement déclare qu'il ne faut pas s' attendre à plus d' 1%. Mme Taubira (Justice) prêche pour les délinquants un libéralisme que dénonce  M.Valls (Intérieur). Les écologistes, présents au gouvernement, s' empoignent ouvertement sur le nucléaire avec M. Montebourg, ministre chargé du " Redressement productif ". Soutenons- nous le maintien, contesté, de la Grèce dans la zone euro, ou bien rallions-nous la position de la chancelière Merkel, décidée à accroitre la pression sur Athènes au point de risquer une cassure? Il y  va de l' avenir de la monnaie communautaire, donc de l' économie nationale et du niveau de vie des citoyens de notre pays. Ce n' est un peu partout qu' incertitudes et atermoiements. D' où un malaise sur lequel vient surfer M. Mélenchon qui arrive, en marge de ses bouffonneries, à  dire parfois des choses justes.

   F. Hollande a voulu être président : à lui de trancher, tout en maintenant l' unité de son propre Parti et  d'une majorité où les tendances centrifuges s' enhardissent. Ainsi, ne peut-il se détourner de la succession de  Mme Aubry, curieusement pressée de quitter l' embarcation. Normal ne signifie pas hésitant,. qui suggère une " mollesse " dont  la  Droite ne cesse d' accuser  l' ex député de la Corrèze.

 

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L'anniversaire

Publié le par memoire-et-societe

   Il y a un an, le 13 août 2011 pour être précis,naissait ce blog, " mémoire-et-société ". La politique française était encore dans l'incertitude du lendemain: qui serait le candidat du P.S aux élections présidentielles? Nicolas Sarkozy se représenterait-il?

   Le premier des 73 articles publiés ne tenait pas compte de l'actualité qui mobilisait alors ceux qu'on nomme les " observateurs avertis ".Il était consacré à un problème de société moins conjoncturel et peu étudié : la structure de l' habitat français présent en référence à son passé colonial.

   Il n' y avait là aucune volonté d' éluder le débat en cours, mais celle d' aller d' emblée à des questions pérennes : le chômage, l' éducation, le logement , par exemple. Quitte à évoquer, dès le troisième article, la rituelle  "université d'été " des socialistes fin août à La Rochelle et à "prophètiser " sans hésitation la victoire de l' opposition aux élections de mai et juin 2012.

   Un thème a cependant dominé la réflexion de l' année écoulée parce qu'il renvoie à une réalité prègnante : la place dans la société française - la société européenne en général - du multiethnisme et du multiculturalisme, par conséquent du métissage, dont l' impact ( voir "Le fait métis " du 21 juillet dernier ), plus profond que celui de la seule immigration, met en jeu la démographie, les mutations sociales et , au-delà, l' inadaptation de certaines de nos institutions. Sujet inépuisable, et  inépuisé.

   Parallèlement, l' accent a été  mis sur les apports de l' histoire du mouvement social à l' intelligibilité des luttes d' aujourd'hui, tandis qu' une série d' articles était consacrée à des écrivains et des artistes dans leur lien avec la modernité, de Masson à Wols ou de Michaux  à Vian et à Norge.
   L' année à venir ne devrait pas modifier ces choix et ces orientations. L' analyse, éventuellement polémique, prolongera l' information. L' exigence éthique évaluera les pratiques socio-politiques. Les propositions essaieront d' alimenter le débat citoyen comme lors des blogs  " Le Parti : encore utilisable? " ( 8 et 10 décembre 2011 ). Une lecture vigilante - et, certes, subjective - des tendances intellectuelles, des enseignements historiques, des évolutions éthologiques, sera poursuivie.

Mais la dénonciation ne rejoindra jamais la mode qui transforme la liberté d' expression en égoût et Internet en vomitorium

   Bien entendu, les commentaires, favorables ou pas, seront  toujours bienvenus . Ils contribueront à élargir et à  enrichir l'audience d' une tribune visiblement  étrangére à tout réseau ou lobby, ne cherchant d' autre moyen de publicité que celui qui conduit  de la bouche à l' oreille, et que l' exercice de l' année passée encourage à persévérer.
   A tous, merci Lisez.

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Le glissement au Centre commence

Publié le par memoire-et-societe

   Bien que - ou justemenr parce que -il détient tous les leviers du pouvoir, le P.S cherche à composer. Les options ne sont pas innombrables. Le " Front  de gauche ", après l'échec relatif de Mélenchon aux présidentielles ( 11%) et sa franche défaite face à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, ne peut en l' occurrence être de quelque utilité : le groupe communiste à l' Assemblée est réduit à 10 députés et son associé, le "Parti de gauche", a fondu.

   L' issue est donc au Centre, pour deux raisons : d'abord la pente naturelle des sociaux-démocrates (d' un incorruptible gauchisme dans l' opposition, ils  se convertissent  au "réalisme responsable " dès qu' ils accèdent au pouvoir ), ensuite un moyen efficace de détacher le Centre de la  Droite, comme Mitterrand avait l' art de le faire.

   Cette tambouille éloigne les moralistes. Ils ont tort dans la mesure où ce genre de manoeuvres  politiciennes décide finalement du sort du citoyen : l' " équilibre " est le principe de gouvernance d' une société dont la classe moyenne est  le pivot et l' annonce de la justice l' apaisante nourriture quotidienne.

   Plusieurs évènements vont prochainement mettre au jour le rapprochement esquissé en coulisse de la Gauche et d' un Centre que le Pouvoir en place entend aider à se structurer. Ce sont , s' agissant du P.S, la rituelle université d' été de  La Rochelle puis le Congrès qui désignera le ou la Premier(e) Secrétaire. Ces deux réunions fourniront des informations sur l' orientation vers laquelle comptent s'engager les dirigeants et le type d' alliance qu'ils choisissent pour  conduire la politique du pays.

   Face à cela , l' UMP prépare elle aussi un Congrès chargé d' élire l' homme ou la femme qui la représentera, et  pourra être du même coup le ou la candidat(e) aux présidentielles de 2017. Auparavant, les élections locales de 2014 devront confirmer ce choix.

   Toutes ces concertations ne sont pas sans interaction. La réélection de Martine Aubry ou l' élection de l' ex strauss-khanien  Cambadélis ne revêtent pas la même signification aux yeux du MODEM. Des contacts sont déjà établis entre Bayrou qui, bien qu' écarté de l' Assemblée, a encore du poids dans l' opinion et draine un électorat potentiel, et des hiérarques socialistes modérés. Ces  rencontres ne manquent pas d' avoir à leur tour divers effets à l' UMP et sur les ténors: Fillon, Copé, Juppé et Kocziusko- Morizet  n' ont  pas  une identique réaction à l' égard du Centre.

   Ce Centre est d' ailleurs loin d' être lui-même monolithique. Si le MODEM constitue le gros de la troupe, les radicaux de

Borloo, non indifférents à ceux  de Baylet, et des villepinistes sans domicile fixe envisagent un tel  rassemblement avec faveur. Il s' agit certes de groupuscules, mais qui ajoutés à des écolos bicolores sont capables d' engendrer une dynamique électorale. De plus, la perspective d' un rapprochement avec le P.S  peut  hâter une concentration apte à établir  un meilleur rapport de forces.

   Les sujets d' entretien  ne font pas défaut . Construction européenne et salut de l' euro, Moyen Orient, dette de  l' Etat, compétitivité de l' industrie, chômage des jeunes, sur tous ces points se sont exprimées des convergences. La concurrence pour conquérir ou fidèliser  les électorats enclins à la coopération des centres et  de la gauche parlementaire est donc appelée à s' intensifier dans un oecuménisme  proclamé.

   " La France veut être gouvernée au centre ", a dit un jour un président de la République. Le P.S, prévoyant, commence à montrer qu' il a retenu  le conseil.

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Imbu roi

Publié le par memoire-et-societe

   Quelles puissances occultes, quels intérêts politiques, financiers, diplomatiques, peuvent-ils faire  qu' un personnage aussi contesté que Bernard-Henri Lévy occupe le devant de la scène, c' est le mot, avec tant d' arrogance et de prétention? Voilà maintenant que le vaniteux boute-feu rejoue auprès de François Hollande, pour la Syrie, le même jeu qu' auprès de Nicols Sarkozy pour le Libye.Qui est donc ce M.Lévy pour se permettre d' édicter ce que doivent être les choix de politique étrangère de la France? Où est sa légitimité? Quelle autorités l' ont-elles mandaté? Quels services a-t-il rendu à notre pays avant d' inciter ses représentants élus à s' engager dans de périlleux conflits?

   Arrêtons-nous sur l' individu, ses mérites culturels et son positionnement politique.  BHL, consacré par ses initiales comme DSK ou PPDA, est né il y a 64 ans en Algérie d'un père importateur de bois précieux installé au Maroc puis en France. J'ai visité en Côte d' Ivoire et  au Gabon des exploitations forestières travaillant notamment avec la BECOB, la société du  "nouveau philosophe " humaniste.J' atteste que, sur ces sites, les conditions de vie sont demeurées les mêmes qu' au "bon temps " des concessions coloniales. Seule différence, le travail se fait désormais sous les couleurs

du drapeau national, laissant aux  "opérateurs locaux " le soin de se débrouiller avec les néo-esclaves qu' ils emploient.

En 1998 le magazine "Entrevue " a effectué une enquête sur la Becob. La publication appartient à Lagardère, relation de BHL. Le reportage n' a jamais paru.

   Car  M.Lévy  a un carnet d' adresses  et s' en sert. En  janvier 2011, il a fait barrer l' entrée de Normale Sup' à un ancien Normalien, comme lui, juif, comme lui, Stéphane Hessel qui, dans le libelle "Indignez-vous! ", s' était autorisé quelques reproches à la politique de MM. Natanyaou et Libermann. Hessel souhaitait  venir parler dans l' enceinte de l' Ecole à ses jeunes condisciples. Pas question ! Un coup de fil à l' Elysée, qui alerte aussitôt Valérie Pécresse, ministre de l' Enseignement Supérieur et de la Recherche, qui donne immédiatement les instructions nécessaires à  l' interdiction de la réunion à la directrice de l' E.N.S., Monique Cantor-Sperber, autre " relation "  qui était, bien sûr, dans le coup, et  Hessel ne mettra pas les pieds rue d' Ulm. M; Lévy se proclame " de gauche ". Alors, j' ai dû, pour ma part, me tromper de côté.

   Venons-en à la notoriété philosophique que s' est  forgé avec la modestie qui fait son charme, BHL, en 1976 dans les " Nouvelles littéraire " dont il était rédacteur en chef. Quelle est la conception du monde de ce "nouveau philosophe " qu' un Ciel inconnu nous a adressé? Elle tient dans " La Barbarie à visage humain " et se résume ainsi : le rationalisme est  "un des trous d' aiguille par quoi s' est faufilé le totalitarisme." C' est la faute aux " Lumières " si nous avons eu le fascisme et  la Gestapo. La portée historique de la révélation de l' anti- Descartes n' a pas tardé à provoquer quelques remous, ce qui était bien le but recherché. Aprés avoir relevé de " vulgaires erreurs historiques ", Vidal-Naquet, puis Castoriadis,dénoncent

l' imposture de ce " scribe sans scrupule ". Deleuze, quant à lui, juge ses concepts " aussi gros que des dents creuses. " S' agissant de " L' idéologie française ", Raymond Aron critique une " lecture unilatérale de l' Histoire ", comme le font également Paul Thibaud, Emmanel Leroy- Ladurie et Pierre Nora. Le sinologue Simon Leys ridiculise " Impressios d' Asie " , et  le journaliste William Dalrymple le "romanquête " de notre Rouletabille sur l' assassinat en Inde du journaliste juif américain Daniel Pearl. Mieux : Frédéric Pagès, du "Canard Enchaîné ", a écrit un roman sur les tribulations d' un philosophe fictif, Jean- Baptiste Botoul, disciple supposé de Kant,et entrainé à sa suite dans de rocambolesques et imaginaires aventures sud-américaines. Dans un nouveau  brulôt, " De la guerre en philosophie ", BHL n' hésite pas à appuyer ses développement anti-kantiens sur les délires de Botoul dont il igore l' inexistence...

   Récemment, l' essayiste Pascal Boniface a comptabilisé dans " Les Intellectuels faussaires ", les "affabulations et ratés monumentaux " de cet  Ubu moderne. Et de rappeler le film  "Le Jour et la nuit " (1997) qui a mobilisé Alain Delon, Lauren Bacall, Arielle Dombasle, Karl Zéro, Maurice Jarre pour la musique, et que Claude Chabrol a qualifié de " film le plus con de l' année." En tout cas ce long-métrage, co-produit et co-scénarisé par Lévy et Enthoven, s' est révélé un four commercial et artistique de première grandeur sur lequel il est de bon ton de faire silence.

   Mais c' est naturellement en politique que, maintes fois " entarté ", Imbu se couronne. Ses interventions médiatiques continues, chemise ouverte par tous les temps jusqu' au nombril et brushing coup de vent pour VIP, finissent par le rendre reconnaissable dans la rue à défut de le doter d' un mandat du peuple. BHL peut parler quand il veut et comme il veut : président du Conseil d' administration d' Arte, actionnaire de "Libération ", éditorialiste du " Point ", collaborateur du  " Monde ", ayant plateau ouvert  à TF1 et Canal+, ne dédaignant pas  jouer au clown grave chez Ruquier, il est classé en décembre 2011, " 22 ème personnalité la plus influente du monde " par la revue " Foreign Policy " aux U.S.A où il est la coqueluche frenchie des  milieux pro-israêliens.
   Là réside en fait la clé d' Imbu : dans son professionnalisme à servir la cause sioniste. Il a lui même déclaré devant la Convention nationale 2011 du CRIF : " J' ai porté en étendard ma fidèlité à mon nom et ma fidèlité au sionisme et à Israêl. " Si l'on en doutait, le dernier documentaire " ad gloriam " de Bernard par Bernard, "Le serment de Tobrouk ", véritable Appel du 18 juin réservé à l' affaire libyenne, achèverait de nous en convaincre. Et qu' importent les conséquences ( déstabilisation du Mali, raidissement politique russo-chinois) comparées à la gloriole égocentrique de ce vieil enfant trop gâté?

Quoi qu' il en soit,  personne ne peut plus désormais ignorer d' où s' exprime ce fumiste manipulé. Ce n' est pas du quai d' Orsay.

 

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Décryptage

Publié le par memoire-et-societe

On s'est à nouveau étonné, dans les milieux politiques, du score du Front National au premier tour des récentes élections présidentielles : 17,9 % des suffrages exprimés qui en font aujourd'hui la troisième force du pays.

Mon article intitulé "Triangle post-colonial " (août 2011) peut être en l' occurrence relu utilement si l' on tente de le transposer au plan électoral. Je signalais alors les traits d' une redistribution sociale en relation avec l' habitat :

     une classe privilégiée minoritaire, culturellement " éclairée " (phénomène bobo ) au centre ville

     une population à forte densité immigrée dans la  " première couronne " (quartiers dits " sensibles ")

     une classe populaire à dominante européenne en grande banlieue ( les "rurbains ", actifs travaillant en ville et habitant en zone semi-rurale ).

Lors de la consultation d' avril 2012, on constate que c' est dans la troisième catégorie, celle des rurbains, directement concernés par la précarité et le coût du logement urbain, que le F.N a enregistré des résultats significatifs, tandis que les grandes villes (Paris, Marseille, Toulouse, mais aussi Lyon et Bordeaux ) votaient en majorité à gauche, et les banlieues populaires, quand elles ne s' abstenaient pas, " Front de gauche " au premier tour et Hollande au second.

Nous sommes donc en présence moins d' un rapport de classe ordinaire que de contradictions intraclassistes que l' habitat traduit électoralement. Il montre que le Front National, s' il pose un problème politique, constitue aussi un problème social que ni les invectives ni une assimilation automatique au nazisme ne suffisent à résoudre.

Car ce Mouvement a évolué sur un point crucial : au temps de Jean-Marie Le Pen, la lutte pour l' exercice effectif du pouvoir n' était pas vraiment la priorité. Avec sa fille Marine, l' enjeu s' est modifié : la conquête des responsabilités est à l' ordre du jour, la stratégie à terme prend une importance nouvelle. C' est pourquoi le rapport aux masses change. Il s' agit de s' infiltrer à tous les étages du corps social : des syndicats ouvriers aux associations patronales, dans une résistance à un système qui brime les " nationaux " et  brade l' acquis civilisationnel. Fini le F.N de papa, maigre refuge des ultimes intégristes,des orphelins du pétainisme,  des nostalgiques de l' Empire, des monarchistes folkloriques, des antisémites viscéraux et des sans emploi du bellicisme.

Jeunes, ouvriers, qui, comme en Grèce, dénoncent les " partis de gouvernement " et le "cirque parlementaire ", sont insensibles au discours qui les classe à l' extrème droite, dont ils distinguent d' ailleurs mal les frontières. Ils se sentent idéologiquement moins "libéraux " que les leaders de l' UMP et  socologiquement moins " bourgeois " que les éléphants du P.S. Ils n' éprouvent pas plus de sympathie pour la gauche caviar que pour les patrons du CAC 40. Populistes, ils acceptent le qualificatif  parce qu' ils s' estiment déconsidérés et laissés pour compte dans leur propre pays.

C'est en partant d' une telle réalité que peut s' amorcer le retour vers une conception plus humaniste de la République ( République que le F.N n' oublie jamais de célébrer ) de citoyennes et de citoyens, souvent de condition modeste, cherchant en Marine Le Pen et son organisation( au demeurant admise par les lois ) un salut et une issue. Dépassionner le débat, à l' inverse des gesticulations théâtrales d' un routier de la politique comme  Mélanchon, est un préalable nécessaire si l' on veut effectivement expliquer pour convaincre.

Que les oligarques sortent de leurs bulles! A force de gouverner en ignorant et d' ignorer en gouvernant, ils n' atteindront qu' un objectif : faire du F.N l' arbitre de la vie publique et alimenter un climat de guerre civile dans le contexte de crise du continent ou  refleurissent des nationalismes inquiétants. Une nouvelle croissance et une autre répartition de la richesse sont des impératifs.La neutralisation de la spéculation financière un devoir. L' hillérisme est né en  toute légalité du désespoir collectif.

 

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Quand trop est trop

Publié le par memoire-et-societe

 Qu' un député UMP s' efforce de ridiculiser le nom de la compagne de François Hollande, c' est carrément imbécile et ne fait que disqualifier l' auteur de ce propos bas de gamme.
  En revanche, ce qui s' est passé au meeting du candidat socialiste à Limoges est d' une autre étoffe : l' attente d'une salle de milliers de personnes y a été meublée par la diffusion répétée du "Chant des Partisans ". Je laisse de côté le fait que ces paroles m' ont toujours paru grandiloquentes et faux-culs, du genre : "Armons-nous et...allez-y les petits gars! ".

Ce qui importe en l' occurrence, c' est le symbole. Passer et repasser dans une région ou les combats de la Résistance ont été particulièrement meurtriers, l' hymne évoquant cette période et incitant à prendre un fusil, est une escroquerie morale, la scandaleuse instrumentalisation d' un affrontement électoral. Qu' on m' entende : je n' ai jamais voté Pompidou, Giscard, Chirac ni Sarkozy, mais, oui, j' ai voté Mitterrand (qui, justement...la francisque...) et me suis abstenu depuis Jospin ( dont le père...). Las en somme d' être cocufié à 100% par la droite et à 90 par la gauche. Donc, mes choix sont clairs.

   Qui sont alors ces gens qui assimilent si facilement leurs adversaires de scrutin  à la Milice de Darnand et se prennent pour des F.F.I  nouveau style? J' ai vu, quant à moi, la Gestapo débouler à six heures du matin chez nous. Je m' excuse, mais ou porte la comparaison avec aujourd' hui? Contre quelles divisions S.S  faudrait-il prendre le maquis? Rappelons-nous Chateaubriand : ce qui est excessif est insignifiant.
    Alors, assez  de recourir pour un oui et  un non au danger hitlérien et à l' ombre du Maréchal .Respectez  autrement  le souvenir de ceux qui en ont  été les victimes réelles! Les suppliciés d' Oradour! les fusillés du Mont Valérien! les torturés de la rue Lauriston! les gazés d' Auschwitz ! les morts et les rescapés de Dachau, de Buchenwald et de Mauthausen! Assez ! on n' en peut plus de ces titres de journaux  pour "jeunes " qui ne peuvent discerner le vrai du faux, ils n' étaient pas nés, de ces microphages qui cherchent à plaire aux  vainqueurs potentiels ! Assez de tartufferie, marre de ces maquillages historiques! Merde, sifflez la fin!

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