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ça m' emmerde

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Edgar Morin, sociologue pour lequel j' ai une réelle estime, déclare dans " Combats pour la pensée critique" : "Oui à une humanité à l' échelle planétaire. Oui à ce que j' appelle la Terre-Patrie "

J' applaudis des deux mains. Je ne saurais mieux dire. C' est bien pourquoi :

- ça m' emmerde quand je vois quotidiennement brocardé dans la presse londonienne tout ce qui touche à la France et aux Français. Néfaste pour la Terre-Europe.

- ça m' emmerde quand j' entends le candidat Bush ressortir les préjugés de l' Américain de base selon lequel nous sommes paresseux, sales, vaniteux et ...lâches. Au fait, où en est l' Irak aujourd'hui?

- ça m' emmerde vraiment quand, fils de déporté de la Résistance, je me fais soupçonner d' antisémitisme pour avoir assimilé Nétanyaou à un criminel de guerre. C' est aussi l' avis d' Edgar Morin, qui est juif.

- ça m' emmerde quand les Suisses, qui ont bâti leur immense fortune en tirant profit des saignées internationales, nous sont donnés en exemple. Demandez à leur député Jean Ziegler, auteur de "La Suisse lave plus blanc".

- ça m' emmerde quand un jeune Maghrébin à double nationalité me traite d' "enculé de Français", moi qui manifestais pour l' indépendance de l' Algérie en février 1962 au métro Charonne (8 morts au bénéfice de la police de Papon.)

Bravo donc aux propos d' Edgar Morin : ça m' emmerde qu' ils soient utopiques.

Publié dans actualité

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Assez !

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Une fois de plus, l' actualité braque ses projecteurs sur la Palestine. On est au bord d' une troisième intifada, dans le silence coutumier des Démocraties officielles : les Etats-Unis, leur chef de file, l' Angleterre leur berceau et la France,si prompte à dénoncer bien haut les atteintes aux Droits de l' Homme.
Les assauts de colons israëliens contre des villages situés hors des frontières de l' Etat juif, les provocations délibérées contre les lieux saints musulmans (esplanade des Mosquées), les affrontements récurrents où 20 Palestiniens équipés de frondes sont tués pour un Israëlien doté des armes les plus sophistiquées, les discours haineux de Nétanyaou et le calvaire des Gazaouis, rien de tout cela ne semble déranger les chancelleries occidentales, garantes autoproclamées de la Paix du monde. On ne saurait mieux faire le jeu du djihadisme et davantage encourager les déplorables coups de couteau du désespoir.

La situation globale au Moyen Orient demeure liée avant tout au refus permanent de l' entité sioniste d' envisager un règlement politique acceptable et son évidente intention de réaliser le grand Israël par l' annexion progressive de la Cisjordanie. Ce pays surarmé, aux antipodes des perspectives humanistes qui présidaient à sa création en 1948, est prêt à risquer une guerre mondiale plutôt que de négocier le droit de vivre d' un peuple indiscutablement opprimé.
Tout cela n' est pas nouveau. Mais l' accumulation des faits choque de plus en plus les bonnes volontés. Il est difficile d' admettre cette intransigeance dans une région devenue poudrière. On guette la voix assez puissante et courageuse pour abréger un conflit dont plus personne aujourd'hui ne peut prévoir le terme. Ce ne seront, hélas, jamais celles d' Obama et de Hollande.

Publié dans actualité

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Comment s' efface l' Histoire

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Les "petits" héros de notre Histoire m' ont toujours attiré.On leur donnait, quand j' étais écolier, plus d' importance qu' aujourd'' hui où l' on range aisément parmi les images d' Epinal des personnages qui tenaient une place symbolique dans la mémoire collective. Même si une part de légende s' est agrégée à eux, ils sont emblématiques de certains moments de l' Histoire nationale et des événements qui l' ont construite. Leur disgrâce prive donc les jeunes Français d' une épaisseur humaine qui rend plus digeste l' apprentissage d' un passé souvent abstrait
Le Grand Ferré a été , au 14ème siècle, le premier "héros paysan". Né dans l' Oise vers 1330 et doté d' une force physique tout à fait exceptionnelle, il a été, lors d' une phase de la guerre de 100 ans, la terreur des soldats anglais. Durant ce qu'on a appelé "la Jacquerie du Beauvaisis ", il en a abattu 85 à la hache. L' ennemi a tenté de le capturer alors qu' il était alité, atteint gravement de pneumonie. Il l'a mis en fuite à lui seul, après avoir abattu 5 hommes d' un coup. Puis il s' est recouché et est mort aussitôt de sa maladie.

Jeanne Laisné était également du Beauvaisis. Sa cité étant assiégée en 1472 par les troupes anglo-bourguignonnes, la jeune fille, âgée de 16 ans et fidèle au roi Louis XI, a entrainé, hache en main elle aussi ( d' où le nom de Jeanne Hachette), la population à résister aux 80.ooo assaillants et ainsi stoppé l' offensive de Charles le Téméraire contre le royaume de France. Louis XI lui a rendu hommage en participant à son mariage et en permettant aux beauvaisiennes d' arborer les décorations réservées préalablement aux hommes. Michelet puis Jean Favier, biographe de Louis XI, ont fait de cette héroïne le pendant laïc de Jeanne d' Arc .

Joseph Bara est-il mort à 14 ans pour avoir crié "Vive la République!" face aux Chouans? Robespierre et Barère l' ont affirmé devant la Conventoion en 1793.. David a peint son cadavre, André Chénier évoque sa mémoire dans le "Chant du Départ" La 3ème République l' a intégrée à la geste révolutionnaire. Les monarchistes ont prétendu que Bara, domestique de ferme, était en fait tombé sous les balles républicaines. Vrai ou faux, l' adolescent a longtemps relevé d' une mythologie que seul le temps a écornée.

Quant à Joseph Viala, tué à 13 ans pour avoir coupé les cordes du bac de Bonpas, sur la Durance,et sauvé la vie de nombreux Républicains, son nom est indissociablement lié à celui de Bara. Tous deux étaient promis au Panthéon quand le 9 Thermidor et la chute de Robespierre sont venus entraver le projet. Mais ils appartiennent à cette phalange d' enfants-héros qui faisait encore rêver ma génération. J' ai des petits-fils : "ces noms-la, m' ont-ils dit, ne figurent pas dans nos livres d' histoire".

Publié dans histoire

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Sortir d' où on n' est pas entré

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Les Anglais publient régulièrement des sondages sur la cote d' amour des étrangers chez les sujets de sa Majesté. Le dernier ne dément pas les précédents : les Frenchies arrivent en queue de peloton, plus bas encore que les Gallois, à peine plus haut que les Islamistes. Nous sommes donc aussi sales,menteurs,paresseux, prétentieux et lâches que nos pères. Nos femmes et nos filles aussi faciles que l' étaient nos mères. Si bien qu' on se demande :

a) pourquoi le Royaume se targue d' avoir sauvé un peuple aussi "couard", ainsi que l' attestent les monuments aux morts de tous les villages de France?

b) pourquoi tant de Britanniques viennent séjourner ou s' installer entre Le Touquet et Menton?

Ces préjugés quotidiennement ressassés par la presse populaire d' outre-Manche ne laissent pas d' intriguer. Quelle raison profonde trouver à cette persistante hostilité? On arrive alors à deux conclusions plausibles:

a) la conviction que la France devrait être un dominion, via les Plantagenêt, si des rois sans scrupules n' avaient dérobé le territoire à la Couronne britannique.

b) la certitude que les Français devraient être logiquement anglicans au lieu d'être demeurés papistes comme les Irlandais, autre tribu rétrograde.

On comprend mieux ainsi pourquoi l' Angleterre ne saurait de se commettre plus longtemps avec le continent. Elle va organiser, sans le soutien de l' Ecosse, un referendum à ce sujet : la raison voudrait qu' elle quitte une Communauté où elle n' est jamais vraiment entrée.
Sauf, bien sûr, si la City, "première place financière européenne", s' y oppose...

Publié dans politique

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L'ami de Cendrars

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Albert T'serstevens n' est plus guère mentionné dans les chroniques littéraires que comme "ami de Cendrars". Cet écrivain de père flamand et de mère provençale relève de la pléïade des romanciers bourlingueurs qui, entre les deux guerres mondiales, avec Monfreid, Peisson, Londres, Kessel et Cendrars lui-même, ont sillonné les océans et les continents à la recherche de l' aventure.

T'serstevens refusait l' étiquette d' " homme de lettres" mais fréquentait Tailhade, Fleuret, Mac Orlan, Suarès et Genevoix, qui lui a proposé en vain un fauteuil à l' Académie française. A la notoriété de plume,T'serstevens a délibérément préféré le voyage anonyme " en espadrilles et sans cravate", comme le " Vagabond sentimental" (1923) ou, 30 ans plus tard, le visiteur du "Mexique,pays à trois étages" (1955). T'serstevens était d' abord un Oeil : malicieux et chaleureux avec le "petit peuple", nostalgique pour la flibuste et les corsaires (" L' Or de Cristobal", paru en 1936, a été porté à l' écran par Jacques Becker ).

La bibliographie de T' serstevens est impressionnante : des poèmes aux récits, des esais aux romans presque célèbres comme " La Fête à Amalfi " (1933). T'serstevens demeure cependant oublié des éditeurs. Il marque une époque, celle des globe-trotters, démodée. Mais, plus qu' un simple ami de Cendrars, avec lequel il avait d' ailleurs de nombreuses divergences littéraires, il a été un écrivain-témoin de son temps : Raphaël Lecorbeau lui a consacré en 2010 une étude intitulée : " Un écrivain insulaire ou inemployable ?" ...

Publié dans littérature

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