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Des oeuvres et de leurs auteurs

Publié le par memoire-et-societe

   L' oeuvre et son auteur forment un couple surprenant. Tantôt indissociables, tantôt distincts, voire divergents. " L' Etran- ger", par exemple, a été pour moi un livre fondamental, je ne sais comment dire : le livre que j' aurais voulu écrire. Je ne dirai pas la même chose du reste de l'oeuvre de Camus.. Celle-ci  ne met pas en mouvement avec la même vigueur les ressorts de mon être  profond. Je pourrais étendre l' observation à bien d' autres cas. Aimer tel ou tel livre n' implique pas une adhésion à la totalité d' une oeuvre qui est toujours sécable.

   De la même manière, admirer son texte n' entraine pas un alignement sur la  pensée d' un auteur. On songe ici au "Voyage au bout de la nuit ", l' un des grands romans du siècle dernier. L' épopée des temps modernes que constitue l'ensemble de son oeuvre n' épargne pas à Céline la déconsidération engendrée par ses pamphlets antisémites. On n' en aura jamais vraiment fini avec la " responsabilité de l' écrivain ".

   Les ouvrages que je serais éventuellement autorisé à emporter sur une île déserte ne se réfèreraient donc qu' à des titres, pas à des auteurs : aux "Lettres persanes ", pas à Montesquieu, au " Rouge et le Noir ", pas à Stendhal, à " Un amour de Swann ", pas à Proust. Un écrivain peut d' ailleurs être l' homme ou la femme d'un seul ouvrage : " Le Grand Maulnes " a immortalisé Alain Fournier et  "La Princesse de Clèves "  Madame de La Fayette. Point d'  "oeuvre ": une envie d' écriture.

   Bien sûr, un succès commercial, même durable, ne justifie ni un livre ni son auteur. Un prix littéraire ne décide rien. Sa gloire est éphémère. A l' inverse, un échec  commercial ne disqualifie pas. Julien Gracq, publié par un "petit " éditeur (José

Corti ), vendait ses ouvrages à 2000 exemplaires jusqu' à l' obtention (refusée par lui ) du prix  Goncourt avec " Le Rivage des Syrtes ". La mode est  l' ennemie de l' auteur : Pierre Benoit a été la coqueluche d' un vaste public. Combien de moins de 70 ans le lisent-ils aujourd'hui ?

   Je me suis souvent posé  le problème du  rapport  incertain et fluctuant de l' écrivain et de son oeuvre. Si l'un peut  primer de son vivant par son art de la pose, le temps se charge de mettre les choses au clair en valorisant, ou non, tout ou partie

d' une oeuvre, et en situant l' auteur disparu à sa place, souvent plus près de l' oubli que du Panthéon.

Publié dans littérature

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Hésitation

Publié le par memoire-et-societe

   Deux blogs précédents, "La Rochelle et la Réalité " (2 septembre 2011) et " Le glissement au Centre commence " (25 juillet 2012 ) laissaient entendre que le P.S, victorieux ou non, n' était en fait pas prêt pour gouverner, du moins à partir d'une ligne bien définie. Que ses réponses aux problèmes les plus urgents n' étaient pas claires ni la solidité de sa majorité assurée. L' actualité semble confirmer cette observation.

   La traditionnelle université d' été de La Rochelle était placée cette année sous le signe de l' hésitation.Sur aucun dossier essentiel- chômage, fiscalité, endettement de l' Etat, réindustrialisation et compétitivité, traité européen- les socialistes ne donnent l' impression d' avoir une solution commune et, du même coup, une démarche susceptible de la faire triompher.

   Les sondages sont mauvais : ce n' est pas un hasard. Trois mois d' attente, c' est le délai règlementaire. Au-delà sourd l'impatience, puis  s' amorce le reflux. Or, depuis mai, difficile de distinguer avec netteté où l' on va. Ce n' est pas l'augmen

tation symbolique du  SMIG, ou la baisse négligeable prévue du prix de l' essence, alors que l'inflation se précise sur le blé, donc le pain, les pâtes et la biscuiterie, sur les fournitures scolaires, les principales denrées alimentaires, les coûts de santé,  les  loyers  étudiants, qui vont calmer une inquiétude avivée par la multiplication des plans sociaux ( Citroên, Carrefour, Unilever,etc ) et une menace permanente sur l' existence de l' euro.

   Qu' en est-il en effet? Pendant que M. Fabius fait le tour du Moyen Orient en ressassant de vaines invectives contre le président de la Syrie, les relations franco-allemandes, clés de voûte de la politique étrangère, s' aigrissent et  les divergences se creusent entre Paris et Berlin sur le traité européen.L' un parle croissance, l' autre rigueur. Pendant que le ministre des Finances annonce un taux français de 1,3% pour 2013, le chef du gouvernement déclare qu'il ne faut pas s' attendre à plus d' 1%. Mme Taubira (Justice) prêche pour les délinquants un libéralisme que dénonce  M.Valls (Intérieur). Les écologistes, présents au gouvernement, s' empoignent ouvertement sur le nucléaire avec M. Montebourg, ministre chargé du " Redressement productif ". Soutenons- nous le maintien, contesté, de la Grèce dans la zone euro, ou bien rallions-nous la position de la chancelière Merkel, décidée à accroitre la pression sur Athènes au point de risquer une cassure? Il y  va de l' avenir de la monnaie communautaire, donc de l' économie nationale et du niveau de vie des citoyens de notre pays. Ce n' est un peu partout qu' incertitudes et atermoiements. D' où un malaise sur lequel vient surfer M. Mélenchon qui arrive, en marge de ses bouffonneries, à  dire parfois des choses justes.

   F. Hollande a voulu être président : à lui de trancher, tout en maintenant l' unité de son propre Parti et  d'une majorité où les tendances centrifuges s' enhardissent. Ainsi, ne peut-il se détourner de la succession de  Mme Aubry, curieusement pressée de quitter l' embarcation. Normal ne signifie pas hésitant,. qui suggère une " mollesse " dont  la  Droite ne cesse d' accuser  l' ex député de la Corrèze.

 

Publié dans actualité

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Grappelli à Londres

Publié le par memoire-et-societe

   Mes parents m' avaient envoyé un mois en Angleterre en "immersion linguistique ". Un soir, le  prof'  british censé me servir vaguement de correspondant et qui, à l' évidence, s' ennuyait ferme avec moi, m' a emmené au restaurant ( l' Angleterre vivait encore sous un régime de restrictions alimentaires et il fallait, conduite typiquement frenchie, faire deux restos à la suite pour espèrer manger à sa faim ).

   Lassé de m' entendre bredouiller un anglais au-dessous du niveau attendu du bachelier que je venais d' être, le "correspondant " s' est  résigné à revenir à ma langue maternelle, qu' il maîtrisait parfaitement. C' est alors qu' à une table voisine, un homme a tourné la tête et m' a interpellé en souriant : " vous êtes Français ? ", a-t-il demandé. Occasion inespérée pour mon accompagnateur de filer...à l' anglaise, sous je ne sais quel prétexte, et  de me confier à mon aimable compatriote, qui m' a fait place à sa table.

   Au bout de quelques instants, je savais que ce dernier était parisien, musicien, se nommait Drapéli, ou quelquechose du genre, et avait passé toute la guerre à Londres. J' étais, sans m' en douter, attablé avec le meilleur violoniste de jazz du monde. La rencontre d' un jeune Français fraîchement débarqué semblait le combler d' aise. J' ai soudain pensé à Jaurès : " un peu d' internationalisme éloigne de la patrie , beaucoup d' internationalisme y ramène" : Stéphane Grappelli, en tournée en 1940 avec Django Reinhardt, s'était trouvé bloqué par la maladie dans la capitale britannique, puis par  l' invasion allemande et la coupure des communications avec le continent.

   Un contrat avec la BBC retardait encore son retour, après des retrouvailles avec Django où tous deux avaient improvisé une  " Marseillaise " d' anthologie. On était en juillet. Stéphane Grappelli m' a fait visiter Londres à bord de sa voiture de sport, puis invité dans son appartement de Chelsea. J' avoue qu' une telle attention réservée à un inconnu me rendait un peu perplexe. Grappelli était en réalité dévoré par le mal du pays, une nostalgie intense de ce  Paris que j' incarnais soudain, où il était né et  devait mourir en 1997, à 90 ans.

   Orphelin, il avait commencé à jouer du violon dans les rues dès 12 ans, puis illustré musicalement les films alors muets

Il avait  connu Django en 1931, avec l' orchestre d' André Ekyan, qui se produisait à " La Croix du Sud ". En 1934, il fondait le  Quintette  du  Hot  Club de France. J' ignorais tout de cela, que l' Occupation et  la disgrâce du jazz, " cette musique de Nègres ", avait  occulté.

   Je n'ai jamais revu (mais souvent écouté ) Grappelli , je ne saurais dire pourquoi.Il était devenu une vedette s' imposant sur toutes les scènes mondiales, donnant la réplique aux plus grands interprêtes de son temps : outre Django, bien sûr,  Yehudi Menuhin, duo exceptionnel auquel on doit plusieurs enregistrements, les pianistes Oscar Peterson et George Shearing, Bill Coleman, Michel Legrand, Baden Powell et  beaucoup d' autres.

   J' ai gardé vivace ce souvenir d' une  soirée  londonienne impromptue où ce très grand artiste international, ce créateur de sons  unique,  m' a appris, comme l' affirmait Danton,  qu' "on n'  emporte pas la Patrie ( qu'on se plait  particulièrement  à dénigrer quand on s' y trouve ) à la semelle de ses souliers ". Message  reçu.

 

Publié dans culture

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A l' heure d' André de Richaud

Publié le par memoire-et-societe

   Un éditeir bordelais, " L' Arbre vengeur ", ressort du placard le poète André de Richaud en publiant  " Echec à la concierge ".

   Né en 1907 et mort de la tuberculose 61 ans plus tard, de Richaud se range dans la catégorie des maudits et  asociaux définitifs , la lignée des  Nerval, Germain Nouveau, Murger, Vialatte, et Antonin Artaud qui était, comme lui, un "client " du fameux docteur Ferdière.

   Prof' de philo " défroqué ", pique-assiette patenté, " Richaud " se voulait  reconnu uniquement  comme poète. Il a pourtant été un dramaturge confirmé, dont les pièces ont été promues par Charles Dullin ( Le Château des Papes, sur une musique de Darius Milhaud ), Michel de Ré ( Les Reliques ), Jean- Louis Barrault ( La Fontaine des lunatiques ), un romancier ( La Douleur, 1931 ) louangé  par Mauriac, Jean Grenier, Marcel Aymé  , un revuiste et  chroniqueur apprécié ( des "Cahiers du Sud " de René Nelli  à  "Chantiers" de Joë Bousquet ou à la "Gazette des  Lettres" ).

   Jeune, beau, la gloire l' attendait .Mais l' histoire d' André de Richaud n' a été qu' une longue destruction ( alcoolique) jusqu' à sa fin dans une maison de santé de Vallauris, village provençal où triomphait  Picasso. Durant  plus de vingt  ans,

Richaud a été l' un de ces bohèmes perdus qui hantaient  Saint-Germain des Prés, comme Prével, Blondin, Adamov, Duprey et d' autres, errant de caves en bistrots, vivant surtout de secours amicaux, en l' occurrence de ceux de  Seghers, Béarn, Michel Picoli, son "fils adoptif ", et de l' aide   du  peintre Fernand Léger qui l' a hébergé quatorze ans.

   Rien n' a pu cependant  le sauver de la déchéance : ni la consécration par  Cocteau, Char et  Camus, ni le prix  Apollinaire en 1954, récompensant sa mosaïque poètique,  ni le prix   Roger Nimier 1965  pour son ultime  livre,  "Je ne suis pas mort ". La difficulté d' être l' a submergé.

   Republier ainsi, à l' intention des nouvelles générations, onze textes  d' André de Richaud, est  un acte de justice et de courage.

 

Publié dans littérature

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Bobos, boboïsme (2)

Publié le par memoire-et-societe

   Le bobo, qui s' est récemment rapproché du pouvoir, a encore d'autres caractères que  ceux déjà évoqués : notamment le dada de la géopolitique et  une indéracinable  foi en l' écrit comme moyen de communication  supérieur.

   Bobo ne saurait  fixer son attention sur les seules limites de l' hexagone. Il circule.Laissons de côté les visites incontournables comme Venise, Manhattan, Prague, Louxor, Marrakech ou la Grande Muraille. Le mythe américain commence à dater. Le monde arabe devient inaccessible. De nouvelles destinations se proposent : les Maldives, la Patagonie, l' Ouzbékistan,la route de la Soie,  à la rigueur le Chemin de Saint- Jacques (dans son austère partie espagnole).

   En politique étrangère, les orientations de Bobo sont  claires : il  faut  garantir partout la démocratie incarnée par  des élections libres tout en soutenant l' effort du (ou de l' ex) tiers-monde contre l' impérialisme, incarné par les scandaleux profits des Multinationales planqués dans les paradis fiscaux.

   Israêl pose problème : les amis juifs de Bobo, journalistes au Nouvel Observateur ou à France Culture, avocats, universitaires,  l' assurent unanimement  que l' antisionisme est  de l' antisémitisme. Or, moralement, impossible de s' opposer au Peuple de la Schoah. Or, concrètement,  ces "colonies" qui ne cessent de grignoter la Cisjordanie (pardon: la Judée- Samarie) finissent par faire mauvais effet. Impartial, Bobo est embêté de penser qu' Arafat a été empoisonné par le Mossad, après que Rabin eût été assassiné par un Hébreu fanatique. Conclusion : il évite le sujet, renvoyant les adversaires dos à dos et passe à autrechose.

   Les Etats-Unis, malgré Obama, s' enfoncent dans le  marécage réactionnaire (santé publique, avortement, pollution, dérégulation , etc.). Ce  grand pays "toujours en mouvement ", parait avoir perdu la vertu libératrice acquise au temps du nazisme et de l' ère stalinienne. De Bush père à Bush fils, on est passé de Charybde en Sylla.

   L' Europe....Ah, l' Europe, ça ne marche jamais et c'est nécessaire. Nous n' avons pas fini de manger notre chapeau avec les Britanniques  qui se prennent pour une grande puissance. A part  les Allemands, là-dedans, qui fait encore le poids? les Grecs? le Sud? Bobo est internationaliste et  pragmatique, c' est  dans son capital génétique. C'est pourquoi  il demeure français-critique, partisan de l'intégration assumée, d' avancées des moeurs sur  le   modèle scandinave, de la tolérance et  de l'  ouverture. Il a  signé une pétition pour l' interdiction de la corrida, a une copine végétarienne, et accepte le port  du voile intégral.

   Le " déclin " français ne trouble pas ses nuits.Superbobo envisage avec placidité le démembrement de la Nation, vieux rêve de nos amis anglais empêtrés dans la question écossaise. Il n' est pas a priori hostile à une " Europe des Régions ", genre cantons suisses. Pragmatisme toujours: ainsi  Flamands belges , Basques espagnols, Ligue lombarde, Corses et  autres Bretons bretonnants foutraient la paix à tout le monde. L'essentiel  reste  dans la solidarité (politique ) avec la France  d' Outre-périf.

   Bobo a lu et lit encore. Des "vrais livres " comme " Tristes tropiques", " Belle du Seigneur ", " Voyage au bout de la nuit ", "Lolita", " L' Archipel du Goulag", " Discours sur l' anticolonialisme ", " Le Premier homme ". Il a depuis longtemps abandonné aux rongeurs Bernanos et Robbe-Grillet. Malraux-sauf " Les Conquérants "- lui semble en baisse.Quant à Sartre...Houellebecq? à confirmer.

   De toute façon, la fiction est un genre qu' il prise de moins en moins. Il lui préfère les essais ou les bios. Moins d' artifices. Puis l' informatique a tout changé. Le bobo nouveau est arrivé.

 

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Bobos,boboïsme

Publié le par memoire-et-societe

   Le boboîsme est un phénomène extensif répondant en gros à une promotion des classes moyennes et populaires du milieu des "trente glorieuses " (années 6O ). Il a engendré des comportements et types sociaux qui manifestent l' influence croissante de ces couches, tantôt issues de la petite bourgeoisie et porteuses de valeurs (égalité des droits, liberté d' expression ) parfois liées à la compassion vantée par le clergé, tantôt héritées de milieux modestes, soucieux  de ne pas paraitre renier leurs origines (en nombre au P.S ).

   Le bobo, qu'il soit un bourgeois relooké ou l' enfant  " arrivé" d'un  prolo, désormais gavé de caviar, correspond à des critères aisément  identifiables :

   - il privilégie le "sociétal " : le mariage homosexuel avant la désindustrialisation, la sauvegarde du loup dans les Alpes avant la fermeture de Citroên à Aulnay

   - il n'a guère de références idéologiques, et surtout pas marxistes, celles-là réduites au Goulag et contraires au style  de vie du bobo, en " casual " dans son loft  suburbain

   -il se veut confortablement instable dans sa carrière professionnelle et sentimentale, construite sur une mobilité en opposition avec le train popote de ses parents

   -il dédaigne définitivement les choix culturels et les loisirs populaires : sport, chanteurs, films, émissions de télé, etc.

   -il affiche un intérêt appliqué à l' égard du régionalisme dont il peut défendre les aspirations nationalistes. Il se revendique d' aîeux  flamands, a appris à danser la sardane, adore les matchs de pelote basque, a meublé sa résidence secondaire de lits bretons, et prépare la choucroute comme chez  Haeberlin. Mais il juge la province mortellement ennuyeuse (chiante) et le notable provincial, médecin compris, très plouc.

   -une chose menace son équilibre psychologique : cette tenace mauvaise conscience de " nanti " qui ne masque pourtant point un constant tropisme de classe dans ses fréquentations, ses faveurs gastronomiques qui ne vont pas aux restos du coeur et ses résidences de vacances qui n' ont rien à voir avec le camping des Flots bleus. Sentiment qu'il cherche à neutraliser par un militantisme un peu mondain, à peine paternaliste, une façon à lui de "se pencher sur " .Sur la misère, sur le sans-papier, sur les " expulsions ". D' exiger le vote des étrangers aux prochaines municipales. De  "trahir " avec ostentation et  fierté le milieu  égocentriste où il est enraciné, ivre de paradoxes, perclus de contradictions.

   Le bobo est " associatif ", attaché aux acquis sociaux, à l' Etat de droit, rallié au PACS, au mariage des prêtres, aux libertés démocratiques, à la défense du service public, y compris la SNCF, et  à  la mort dans la dignité, partisan de la laîcité, des produits bio,  du remboursement des médicaments, même de confort, pour l' augmentation du nombre des enseignants et  la diminution de celui des fonctionnaires,  la TIPP flottante, l' amélioration des conditions de détention, attentif  vraiment aux leaders de la gauche et du centre qui parlent " réformes ".

   Nous sommes tous des bobos français.

 

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L'anniversaire

Publié le par memoire-et-societe

   Il y a un an, le 13 août 2011 pour être précis,naissait ce blog, " mémoire-et-société ". La politique française était encore dans l'incertitude du lendemain: qui serait le candidat du P.S aux élections présidentielles? Nicolas Sarkozy se représenterait-il?

   Le premier des 73 articles publiés ne tenait pas compte de l'actualité qui mobilisait alors ceux qu'on nomme les " observateurs avertis ".Il était consacré à un problème de société moins conjoncturel et peu étudié : la structure de l' habitat français présent en référence à son passé colonial.

   Il n' y avait là aucune volonté d' éluder le débat en cours, mais celle d' aller d' emblée à des questions pérennes : le chômage, l' éducation, le logement , par exemple. Quitte à évoquer, dès le troisième article, la rituelle  "université d'été " des socialistes fin août à La Rochelle et à "prophètiser " sans hésitation la victoire de l' opposition aux élections de mai et juin 2012.

   Un thème a cependant dominé la réflexion de l' année écoulée parce qu'il renvoie à une réalité prègnante : la place dans la société française - la société européenne en général - du multiethnisme et du multiculturalisme, par conséquent du métissage, dont l' impact ( voir "Le fait métis " du 21 juillet dernier ), plus profond que celui de la seule immigration, met en jeu la démographie, les mutations sociales et , au-delà, l' inadaptation de certaines de nos institutions. Sujet inépuisable, et  inépuisé.

   Parallèlement, l' accent a été  mis sur les apports de l' histoire du mouvement social à l' intelligibilité des luttes d' aujourd'hui, tandis qu' une série d' articles était consacrée à des écrivains et des artistes dans leur lien avec la modernité, de Masson à Wols ou de Michaux  à Vian et à Norge.
   L' année à venir ne devrait pas modifier ces choix et ces orientations. L' analyse, éventuellement polémique, prolongera l' information. L' exigence éthique évaluera les pratiques socio-politiques. Les propositions essaieront d' alimenter le débat citoyen comme lors des blogs  " Le Parti : encore utilisable? " ( 8 et 10 décembre 2011 ). Une lecture vigilante - et, certes, subjective - des tendances intellectuelles, des enseignements historiques, des évolutions éthologiques, sera poursuivie.

Mais la dénonciation ne rejoindra jamais la mode qui transforme la liberté d' expression en égoût et Internet en vomitorium

   Bien entendu, les commentaires, favorables ou pas, seront  toujours bienvenus . Ils contribueront à élargir et à  enrichir l'audience d' une tribune visiblement  étrangére à tout réseau ou lobby, ne cherchant d' autre moyen de publicité que celui qui conduit  de la bouche à l' oreille, et que l' exercice de l' année passée encourage à persévérer.
   A tous, merci Lisez.

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