Hésitation

Publié le par memoire-et-societe

   Deux blogs précédents, "La Rochelle et la Réalité " (2 septembre 2011) et " Le glissement au Centre commence " (25 juillet 2012 ) laissaient entendre que le P.S, victorieux ou non, n' était en fait pas prêt pour gouverner, du moins à partir d'une ligne bien définie. Que ses réponses aux problèmes les plus urgents n' étaient pas claires ni la solidité de sa majorité assurée. L' actualité semble confirmer cette observation.

   La traditionnelle université d' été de La Rochelle était placée cette année sous le signe de l' hésitation.Sur aucun dossier essentiel- chômage, fiscalité, endettement de l' Etat, réindustrialisation et compétitivité, traité européen- les socialistes ne donnent l' impression d' avoir une solution commune et, du même coup, une démarche susceptible de la faire triompher.

   Les sondages sont mauvais : ce n' est pas un hasard. Trois mois d' attente, c' est le délai règlementaire. Au-delà sourd l'impatience, puis  s' amorce le reflux. Or, depuis mai, difficile de distinguer avec netteté où l' on va. Ce n' est pas l'augmen

tation symbolique du  SMIG, ou la baisse négligeable prévue du prix de l' essence, alors que l'inflation se précise sur le blé, donc le pain, les pâtes et la biscuiterie, sur les fournitures scolaires, les principales denrées alimentaires, les coûts de santé,  les  loyers  étudiants, qui vont calmer une inquiétude avivée par la multiplication des plans sociaux ( Citroên, Carrefour, Unilever,etc ) et une menace permanente sur l' existence de l' euro.

   Qu' en est-il en effet? Pendant que M. Fabius fait le tour du Moyen Orient en ressassant de vaines invectives contre le président de la Syrie, les relations franco-allemandes, clés de voûte de la politique étrangère, s' aigrissent et  les divergences se creusent entre Paris et Berlin sur le traité européen.L' un parle croissance, l' autre rigueur. Pendant que le ministre des Finances annonce un taux français de 1,3% pour 2013, le chef du gouvernement déclare qu'il ne faut pas s' attendre à plus d' 1%. Mme Taubira (Justice) prêche pour les délinquants un libéralisme que dénonce  M.Valls (Intérieur). Les écologistes, présents au gouvernement, s' empoignent ouvertement sur le nucléaire avec M. Montebourg, ministre chargé du " Redressement productif ". Soutenons- nous le maintien, contesté, de la Grèce dans la zone euro, ou bien rallions-nous la position de la chancelière Merkel, décidée à accroitre la pression sur Athènes au point de risquer une cassure? Il y  va de l' avenir de la monnaie communautaire, donc de l' économie nationale et du niveau de vie des citoyens de notre pays. Ce n' est un peu partout qu' incertitudes et atermoiements. D' où un malaise sur lequel vient surfer M. Mélenchon qui arrive, en marge de ses bouffonneries, à  dire parfois des choses justes.

   F. Hollande a voulu être président : à lui de trancher, tout en maintenant l' unité de son propre Parti et  d'une majorité où les tendances centrifuges s' enhardissent. Ainsi, ne peut-il se détourner de la succession de  Mme Aubry, curieusement pressée de quitter l' embarcation. Normal ne signifie pas hésitant,. qui suggère une " mollesse " dont  la  Droite ne cesse d' accuser  l' ex député de la Corrèze.

 

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Remy 28/09/2012 23:49

Merci pour avant hier, mais surtout pour m'avoir fait découvrir ce blog. je me régale, "les bobo" bien sur, mais aussi , "hésitation", ou "devoir de mémoire".
c'est une vraie découverte!!!