A l' heure d' André de Richaud

Publié le par memoire-et-societe

   Un éditeir bordelais, " L' Arbre vengeur ", ressort du placard le poète André de Richaud en publiant  " Echec à la concierge ".

   Né en 1907 et mort de la tuberculose 61 ans plus tard, de Richaud se range dans la catégorie des maudits et  asociaux définitifs , la lignée des  Nerval, Germain Nouveau, Murger, Vialatte, et Antonin Artaud qui était, comme lui, un "client " du fameux docteur Ferdière.

   Prof' de philo " défroqué ", pique-assiette patenté, " Richaud " se voulait  reconnu uniquement  comme poète. Il a pourtant été un dramaturge confirmé, dont les pièces ont été promues par Charles Dullin ( Le Château des Papes, sur une musique de Darius Milhaud ), Michel de Ré ( Les Reliques ), Jean- Louis Barrault ( La Fontaine des lunatiques ), un romancier ( La Douleur, 1931 ) louangé  par Mauriac, Jean Grenier, Marcel Aymé  , un revuiste et  chroniqueur apprécié ( des "Cahiers du Sud " de René Nelli  à  "Chantiers" de Joë Bousquet ou à la "Gazette des  Lettres" ).

   Jeune, beau, la gloire l' attendait .Mais l' histoire d' André de Richaud n' a été qu' une longue destruction ( alcoolique) jusqu' à sa fin dans une maison de santé de Vallauris, village provençal où triomphait  Picasso. Durant  plus de vingt  ans,

Richaud a été l' un de ces bohèmes perdus qui hantaient  Saint-Germain des Prés, comme Prével, Blondin, Adamov, Duprey et d' autres, errant de caves en bistrots, vivant surtout de secours amicaux, en l' occurrence de ceux de  Seghers, Béarn, Michel Picoli, son "fils adoptif ", et de l' aide   du  peintre Fernand Léger qui l' a hébergé quatorze ans.

   Rien n' a pu cependant  le sauver de la déchéance : ni la consécration par  Cocteau, Char et  Camus, ni le prix  Apollinaire en 1954, récompensant sa mosaïque poètique,  ni le prix   Roger Nimier 1965  pour son ultime  livre,  "Je ne suis pas mort ". La difficulté d' être l' a submergé.

   Republier ainsi, à l' intention des nouvelles générations, onze textes  d' André de Richaud, est  un acte de justice et de courage.

 

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