Bobos,boboïsme

Publié le par memoire-et-societe

   Le boboîsme est un phénomène extensif répondant en gros à une promotion des classes moyennes et populaires du milieu des "trente glorieuses " (années 6O ). Il a engendré des comportements et types sociaux qui manifestent l' influence croissante de ces couches, tantôt issues de la petite bourgeoisie et porteuses de valeurs (égalité des droits, liberté d' expression ) parfois liées à la compassion vantée par le clergé, tantôt héritées de milieux modestes, soucieux  de ne pas paraitre renier leurs origines (en nombre au P.S ).

   Le bobo, qu'il soit un bourgeois relooké ou l' enfant  " arrivé" d'un  prolo, désormais gavé de caviar, correspond à des critères aisément  identifiables :

   - il privilégie le "sociétal " : le mariage homosexuel avant la désindustrialisation, la sauvegarde du loup dans les Alpes avant la fermeture de Citroên à Aulnay

   - il n'a guère de références idéologiques, et surtout pas marxistes, celles-là réduites au Goulag et contraires au style  de vie du bobo, en " casual " dans son loft  suburbain

   -il se veut confortablement instable dans sa carrière professionnelle et sentimentale, construite sur une mobilité en opposition avec le train popote de ses parents

   -il dédaigne définitivement les choix culturels et les loisirs populaires : sport, chanteurs, films, émissions de télé, etc.

   -il affiche un intérêt appliqué à l' égard du régionalisme dont il peut défendre les aspirations nationalistes. Il se revendique d' aîeux  flamands, a appris à danser la sardane, adore les matchs de pelote basque, a meublé sa résidence secondaire de lits bretons, et prépare la choucroute comme chez  Haeberlin. Mais il juge la province mortellement ennuyeuse (chiante) et le notable provincial, médecin compris, très plouc.

   -une chose menace son équilibre psychologique : cette tenace mauvaise conscience de " nanti " qui ne masque pourtant point un constant tropisme de classe dans ses fréquentations, ses faveurs gastronomiques qui ne vont pas aux restos du coeur et ses résidences de vacances qui n' ont rien à voir avec le camping des Flots bleus. Sentiment qu'il cherche à neutraliser par un militantisme un peu mondain, à peine paternaliste, une façon à lui de "se pencher sur " .Sur la misère, sur le sans-papier, sur les " expulsions ". D' exiger le vote des étrangers aux prochaines municipales. De  "trahir " avec ostentation et  fierté le milieu  égocentriste où il est enraciné, ivre de paradoxes, perclus de contradictions.

   Le bobo est " associatif ", attaché aux acquis sociaux, à l' Etat de droit, rallié au PACS, au mariage des prêtres, aux libertés démocratiques, à la défense du service public, y compris la SNCF, et  à  la mort dans la dignité, partisan de la laîcité, des produits bio,  du remboursement des médicaments, même de confort, pour l' augmentation du nombre des enseignants et  la diminution de celui des fonctionnaires,  la TIPP flottante, l' amélioration des conditions de détention, attentif  vraiment aux leaders de la gauche et du centre qui parlent " réformes ".

   Nous sommes tous des bobos français.

 

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