Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

A droite

Publié le par memoire-et-societe

Tandis que les médias amusent la galerie avec les vaudevillesques tribulations d'un DSK évincé du paysage politique et que fleurissent les scandales financiers, d'importantes manoeuvres s'ébauchent au sein de l'actuelle majorité (1).

Celle-ci est désormais en alerte : tout confirme (sondages, rapports des préfets, contacts des parlementaires sur le terrain, etc.) que dans le cas d'une confrontation Sarkozy-Hollande, au second tour des présidentielles, le leader socialiste l'emporte.

D'ou l'évocation d'un scénario "coup de théâtre" qui serait alors le suvant :

1-après le 16 octobre, si c'est bien F.Hollande qui est désigné comme candidat P.S, une concertation intégrant un nombre très restreint de leaders majoritaires, pourrait s'amorcer selon ce schéma : en janvier (et en tout cas après la réunion du G20), Sarkozy annoncerait - avec mise au point d'une justification calibrée- qu'il ne se représente pas.

2-La voie est libre pour Alain Juppé qui a déjà indiqué qu' "il irait" si l'actuel président renonçait. Le maire de Bordeaux est considéré à droite comme le meilleur ministre du moment, compte tenu notamment de la spectaculaire remontée de la diplomatie française dans le monde arabe.

3-Pouvant rapprocher chiraquiens, sarkozistes et déçus divers, Juppé neutraliserait ainsi une candidature du type Borloo ou Morin, sinon Bayrou, et ressouderait la coalition sortante pour la conduire, rassemblée et rénovée, au scrutin présidentiel.

4-L' "effet Juppé » (en février?) créerait une dynamique susceptible, au terme d'une campagne assez brève (2 à 3 mois), menée tambour battant, de mordre sur l'électorat modéré potentiel de Hollande, "vulnérabilisé" par l'accumulation des promesses catégorielles plus ou moins contradictoires du P.S.
Selon les premiers et naturellement très discrets "échanges de vues" opérés sur le sujet depuis les journées UMP de Marseille,l'éventualité qui précède commence à être considérée comme la meilleure chance de garder le pouvoir, que la droite, étant donné la peur qui la saisit,fera tout pour conserver.


(1)2 sources différentes exigeant l'anonymat.

 

Publié dans politique

Partager cet article

Repost 0

Premier Parti de France

Publié le par memoire-et-societe

Le suffrage universel (accordé aux Françaises en 1945 seulement) demeure partout une avancée significative du droit de chacun et de chacune à faire connaître ses choix de société. Dans les pays ou un tel droit n'existe pas, il constitue un objectif nécessaire à l'édification d'un régime de liberté.
Cependant, le recul acquis là où il fonctionne depuis longtemps, permet de penser qu'il ne suffit pas à lui seul à fonder la démocratie, donc qu'il ne constitue pas l'absolu auquel d'éminents penseurs s'efforcent de réduire la vie publique.
La manipulation de l'expression populaire par des lois électorales arrangées, des modes de scrutin alambiqués, des découpages de circonscription arbitraires, et autres tours de passe-passe, jette le doute sur la qualité du vote et la représentativité de l'élu. On n'aboutit qu'à diminuer la confiance des citoyens et à fausser les réalités sociales.

Sartre (1) considérait l'élection aujourd'hui comme un processus d'individualisation, c'est-à-dire, de dépolitisation. La versatilité de travailleurs offrant leur bulletin de vote à la droite au bout d'un mois de grève en 1968, ou de socialistes appelant à voter Chirac le matin et sifflant son élection le soir en 2002, en fournit l'illustration.
Ce genre de bouillie ou le mot magique "démocratie" sert à gommer les oppositions de classe, le sociétal à occulter le social, le concept de République à nier le multiculturalisme, et la protection de l'environnement à supplanter la tragédie du chômage, touche les régions du monde généralement classées parmi les plus libérales, au sens politique, par exemple les Etats-Unis et l'Europe occidentale. Le fort taux d'abstentions qu'y recueillent nonobstant les consultations électorales témoigne d'une crise persistante de la représentation et fait du "parti abstentionniste" le premier de France, au centre du paysage politique. Cette marginalisation volontaire d'une fraction importante de la population n'est pas neutre. Elle affirme l'abstention comme un choix enclin à refuser dans l'élection un mélange médiatisé de démagogie, d'opportunisme et de clientélisme.

Q.-Mais l'abstention ne fait-elle pas la chance des aventures (en clair du Front National) ?

R.-Ce qui fait, en premier lieu sa chance, ce sont les valises de billets éparpillées ça et là, les scandales de moeurs, les délits d'initiés, les rétro commissions, les emplois fictifs, les abus de biens sociaux, les collusions d'intérêt, les paradis fiscaux, l'enrichissement personnel avec l'argent du contribuable, les études-bidon, les subventions de complaisance, la distribution des sinécures, la désinformation, bref l'actuel tsunami de la corruption et du népotisme engendré par l'oligarchie.

Q.-Plus de gouvernement légitime, alors. Quoi ? l'anarchie ?

R.-Non, mais il y a des sortes de pouvoir dont on se passe déjà:la Belgique (le vote y est obligatoire) n'a plus de gouvernement depuis plus de 15 mois, mais ne connaît pas la crise financière. L'Italie de Berlusconi démontre qu'une gestion éprouvée de l'administration des choses peut suppléer à un mauvais gouvernement élu. Il y a bien sur, pour toute nation, des orientations à déterminer, des choix à faire:n'écartons pas dès lors l'idée que de la révolte citoyenne peut naître la mutation d'un système à bout de souffle. A commencer par la moralisation des pratiques politiques (o, fraîcheur d'âme !), la déprofessionnalisation des élus(pas plus de deux mandats pour les parlementaires comme pour le président), la transformation de partis rongés par la rouille en mouvements à l'abri des clivages devenus anachroniques, la maîtrise des lobbies, la suppression d'objets encombrants et ruineux comme le Sénat, l'amaigrissement du mille-feuilles qui, de la commune au Parlement européen, permet de caser les amis ou de se partager les places sans souci de l'évolution des réalités. Toutes suggestions que vous aurez du mal à trouver dans les programmes des "partis de gouvernement", mais éventuellement susceptibles de contribuer à ramener le citoyen vers les urnes.
Des sondages augurent pour 2012 une bonne phalange de sceptiques, d'hésitants, d'écoeurés. Dernière question:à quoi bon autoriser l'abstention si jamais personne ne prend en compte le rejet du trucage et, subséquemment, l'option "pêche à la ligne" ?

(1) Sartre. Elections, piège à cons. Situations X.Gallimard.1976.

 

Publié dans société

Partager cet article

Repost 0

Entre décolonisation et multiculturalisme

Publié le par memoire-et-societe

J'étais présent lorsqu'un jour de 1973, intervenant devant l'Union Progressiste Sénégalaise, son Parti, Léopold Sédar Senghor dénonça ce qu'il a appelé "l'esprit d'agression et de violence des Albo-Européens, obsédés, ajoutait-il, par le désir de possession et de domination."

Cette formule; "Albo-Européens", me laissa songeur. Y avait-il des Européens non-blancs (ceux qu'on a nommé depuis les Nègropolitains) ? Vivant alors en Afrique, étais-je un  Albo-Africain ? et les Africains-de-souche pouvaient-ils adopter totalement un homme, même "nègrophile", de la couleur de leur colonisateur ? Mon statut de "toubab" me paraissait irréversible,verrouillé par une sorte de racisme inversé.

L'âpreté de Senghor m'avait aussi surpris. Emanant d'un esprit ouvert aux autres, de la lignée d'un Jaurès, d'un Gandhi, d'un Luther King, ce rejet sans nuance  ne correspondait ni à sa conception des relations humaines, ni au grand projet de sa vie:l'élaboration d' une Civilisation métisse universelle.

Cependant, je me remémorais l'acharnement de l'Occident à user de périphrases humiliantes pour désigner le continent d'ou s'exprimait le co-fondateur de la Négritude : "sociétés sous-développées", "pays les moins avancés", "nations en retard", toutes définitions avouant d'ailleurs un échec de la colonisation.

Du temps a passé. L'indigène, pauvre et majoritaire chez lui, est souvent devenu pauvre et minoritaire chez l'Albo-Européen dont l"avance", précisément, l'a fait rêver. L'Etat-nation africain, lui, a été façonné sur le modèle occidental, alors que la réalité inciterait à des regroupements plus facilement ethniques, et qu'une balkanisation calquée sur le partage colonial remontant à la conférence de Berlin en 1885 a été maintenue sous la pression des dispensateurs d'aides et de conseils. Ainsi va le Tiers-Monde, rebaptisé le Sud, coulé dans une décolonisation intermédiaire ou des Etats, juridiquement indépendants et politiquement non souverains, végètent sous la coupe de gouvernements nationaux et d'intérêts étrangers.

Sombre micmac d'où ont soudain émergé tous ceux qu'on appelle, faute de mieux, les-jeunes-de-banlieue. Euro-Africains donc, puisque nés sur le sol français de parents nés en Afrique,les voici postés à la croisée du modèle consumériste et culturel américain, de leurs origines ethniques, et d'une société christo-gauloise qu'ils sont, pour certains, résolument enclins à renier mais qui les marque pourtant. Ce triple parrainage, cette rencontre du rock, de la religion et du verlan engendrent une identité multiculturelle dont l'anticolonialisme et les aspirations libertaires, anti-étatiques en tout cas,sont des signes distinctifs. Au moment ou des rebelles à Benghazi brandissaient le drapeau français face à Khadafi, la police arrêtait, dans le Val de Marne, trois fils d'immigrés en train de le brûler : le sentiment de subir une situation néo-coloniale venait contredire l'hommage des révoltés à l'emblème des Droits de l'Homme.

Ce genre de paradoxe devrait bien retenir un instant l'attention de l'opinion plutôt que les faits et gestes d'un personnage déconsidéré par le cynisme de ses moeurs:pourquoi de jeunes Français refusent-ils une nationalité à laquelle leurs parents ont longtemps aspiré, et se veulent-ils étrangers là ou leurs prédécesseurs, étrangers, se voulaient français ?

 

Publié dans société

Partager cet article

Repost 0

La Rochelle et la Réalité

Publié le par memoire-et-societe

On peut sans doute considérer "l'Université d'été" des socialistes à La Rochelle comme un moment de la vie politique française.
La première observation qui en ressort annuellement, c'est l'obstination du P.S à dénoncer chez les autres des contradictions auxquelles lui-même n'échappe pas. Il fut une époque où un parti, le P.C, usait de l'autocritique comme moyen de réduire toute opposition aux diktats de ses maîtres. Compte tenu de la cacophonie qui y règne, c'est un reproche qu'on ne risque pas d'adresser à la formation dirigée par Mme Aubry, ou M.Harlem Désir, on ne sait plus trop bien.

Le procès récurrent intenté aux divisions dans la majorité ne saurait occulter la fougue jetant les unes contre les autres, plus pour des questions de place que de contenu, les têtes de série du Parti. Sans remonter aux guerres Mitterrand-Rocard ou Fabius-Jospin, on relève qu'une sorte de "camaraderie haineuse" fait partie de la panoplie dirigeante. Dirigeants qui ne comprennent pas que les citoyens ne les comprennent pas, à l'heure ou ils prétendent assurer ensemble le "changement". Les interroge-t-on sur ce paradoxe, ils vous répondent, imperturbables  "c'est la démocratie."

Le P.S paraît cependant en voie de gagner la prochaine élection présidentielle. Pour autant, il n'est pas prêt à gouverner. Ni politiquement ni moralement. Peut-il d'ici là surmonter ses handicaps  :son manque d'unité, l'insuffisance de sa réponse à une crise financière gravissime, le flou persistant de ses alliances, sa coupure flagrante avec les classes populaires, le nombrilisme et le carrièrisme de ses stars ? Tributaire d'un personnel politique usé par des décennies d'alternances, de co-habitation et de scandales divers, le P.S ne laisse que peu d'espace à une autre génération, et on ne peut raisonnablement augurer de ses "indignés" autre chose qu'une pincée de démagogie électorale.

Même si les "résolutions" affichées sont sincères, elles apparaissent à un moment où chacun suspecte déjà les promesses de partis qui ont partagé la récente période d'affaiblissement du pays."L'heure est venue d'attitudes capables de faire choc sur l'opinion", a clamé un orateur rochelais. Mais il faut se méfier des phrases consacrées : les Français n'ont pas la mémoire aussi courte qu'on le dit. Ils n'oublient pas que le peuple, dont les socialistes se réclament volontiers est encore à des années-lumière de leur "université".

 

Publié dans politique

Partager cet article

Repost 0