La Rochelle et la Réalité

Publié le par memoire-et-societe

On peut sans doute considérer "l'Université d'été" des socialistes à La Rochelle comme un moment de la vie politique française.
La première observation qui en ressort annuellement, c'est l'obstination du P.S à dénoncer chez les autres des contradictions auxquelles lui-même n'échappe pas. Il fut une époque où un parti, le P.C, usait de l'autocritique comme moyen de réduire toute opposition aux diktats de ses maîtres. Compte tenu de la cacophonie qui y règne, c'est un reproche qu'on ne risque pas d'adresser à la formation dirigée par Mme Aubry, ou M.Harlem Désir, on ne sait plus trop bien.

Le procès récurrent intenté aux divisions dans la majorité ne saurait occulter la fougue jetant les unes contre les autres, plus pour des questions de place que de contenu, les têtes de série du Parti. Sans remonter aux guerres Mitterrand-Rocard ou Fabius-Jospin, on relève qu'une sorte de "camaraderie haineuse" fait partie de la panoplie dirigeante. Dirigeants qui ne comprennent pas que les citoyens ne les comprennent pas, à l'heure ou ils prétendent assurer ensemble le "changement". Les interroge-t-on sur ce paradoxe, ils vous répondent, imperturbables  "c'est la démocratie."

Le P.S paraît cependant en voie de gagner la prochaine élection présidentielle. Pour autant, il n'est pas prêt à gouverner. Ni politiquement ni moralement. Peut-il d'ici là surmonter ses handicaps  :son manque d'unité, l'insuffisance de sa réponse à une crise financière gravissime, le flou persistant de ses alliances, sa coupure flagrante avec les classes populaires, le nombrilisme et le carrièrisme de ses stars ? Tributaire d'un personnel politique usé par des décennies d'alternances, de co-habitation et de scandales divers, le P.S ne laisse que peu d'espace à une autre génération, et on ne peut raisonnablement augurer de ses "indignés" autre chose qu'une pincée de démagogie électorale.

Même si les "résolutions" affichées sont sincères, elles apparaissent à un moment où chacun suspecte déjà les promesses de partis qui ont partagé la récente période d'affaiblissement du pays."L'heure est venue d'attitudes capables de faire choc sur l'opinion", a clamé un orateur rochelais. Mais il faut se méfier des phrases consacrées : les Français n'ont pas la mémoire aussi courte qu'on le dit. Ils n'oublient pas que le peuple, dont les socialistes se réclament volontiers est encore à des années-lumière de leur "université".

 

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