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79 articles avec actualite

P.S : vers une débandade

Publié le par memoire-et-societe

Loin de raffermir son unité, l' exercice du pouvoir ne cesse d' élargir les lézardes qui minent le Parti socialiste. Je persiste à dire qu' outre des clivages originels mal résorbés, ses difficultés proviennent du fait qu' en 2012, cette organisation n' était pas préparée à la succession. Promesses approximatives, alliances hâtives, expérience de la vie internationale insuffisante, évaluations erronées de la réalité budgétaire, tout indique que, les dossiers n' ayant pas été assez bûchés, l' improvisation puis les reculades et les contradictions allaient vite s' imposer

La base du P.S comprend assurément nombre de militants respectables, sincères et dévoués. Au sommet, de Hollande à Marisol Touraine, d' Ayrault à Peillon, la conviction républicaine ne saurait être mise en doute. Mais, à côté, combien d' intrigants et de combinards!

Ce Parti, qui n' a pas encore actualisé la doctrine et n' ose s' y atteler vraiment, est dès lors renvoyé à des problèmes étroitement électoraux ou de survie clanique. Ne nous arrêtons pas aux questions de personne, qui font tout de même des dégâts, de Mellik, le champion automobile sponsorisé par Tapie, à Besson, Strauss-Kahn, Cahuzac, Guérini, et d' autres de moindre renommée. En revanche, il serait instructif d' en savoir plus sur la stratégie diplomatique de Fabius, tonitruant sur la Syrie et quasiment inaudible concernant les affaires d' espionnage américain. Ou la tactique de Moscovici alignant des chiffres régulièrement corrigés par Matignon, Bruxelles ou l' OCDE. D' ailleurs, comment un ministre des Finances a-t-il osé s' attaquer à l' épargne populaire au moment précis où était connue la réduction ahurissante des impôts qui auraient dû être prélevés sur le pactole que le contribuable a servi à Tapie, encore lui ? Ou encore sur le calendrier de Vals, débordé à gauche par Taubira, ex indépendantiste guyanaise passée au parti radical ( de gauche...). Ou sur le rôle du fantomatique ministre de l' Agriculture Le Foll, qui n' a rien vu venir du malaise breton. Ou sur les calculs de Samya Ghali, sénatrice socialiste, qui fait siffler son chef, et de Harlem Désir, qui le contredit. Tous ces gens n' inspirent aucune confiance, contribuent à discréditer le système parlementaire et à ouvrir la route au Front National qui se délecte de la situation.

Les trempes que la "génération Mitterrand" risque de ramasser aux prochaines consultations, concrétiseront le début de la déroute que freine encore la distribution des places. Le P.S choisira-t-il alors de demeurer une machine essentiellement électorale, penchant, selon les circonstances, vers un Centre flottant ou les vestiges d' une Gauche protestataire et sans projet crédible, ou bien fera-t-il le ménage qui s' impose dans ses idées et dans ses rangs pour renouer avec des priorités populaires dont son attitude laisse penser qu' il les a plutôt négligées ? Déboboïser et moraliser, c' est peut-être beaucoup demander... Sans un sérieux bilan d' étape, la débandade va donc s' accélérer.

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Du droit d' espionner les amis

Publié le par memoire-et-societe

Je pense depuis longtemps que les Etats-Unis d' Amérique ne sont pas effectivement une démocratie. Construite sur un génocide et un esclavage indissociables de son accès à l'' indépendance, cette société est aujourd'hui une sorte de théocratie implicite ( "in God we trust", affirme le dollar) qui se prend pour la référence admirée d' un monde forcément envieux. Les faits démentent cette prétention. On brûle chaque jour, ici ou là, des drapeaux américains.

Il y a peu de temps, la droite ultraconservatrice du Congrès a failli mettre l' Etat fédéral en cessation de paiement (shut down). Trente deux représentants du "Tea party" menaçaient, en refusant le vote du budget, de faire basculer le pouvoir et de perturber toutes les Economies nationales pour empêcher l' application d' une loi sur l' assurance-maladie obligatoire ( "Obamacare") qui concerne 40 millions d' Américains sans couverture médicale. Le colosse a des pieds d' argile.

Par le biais de cette histoire, qui n' est d' ailleurs pas définitivement enterrée, remonte à la surface un problème récurrent : le maintien du statut privilégié du dollar datant des accords de Bretton Woods en 1944, quand on sait que le billet vert a plongé de 98% depuis le début des années 70. Détail qui n' a apparemment jamais inquiété les autorités d' outre-atlantique. "Le dollar est notre devise et votre problème", résumait en 1971 le Secrétaire au Trésor, John Connolly. Autrement dit, aux autres de garantir nos déficits.

Les choses cependant ne s' arrêtent pas à cette aimable arnaque, évaluée par nos ex libérateurs comme une juste rétribution de leurs efforts pour nous épargner la dictature : hitlérienne certes, mais aussi communiste. Sinon l' Armée rouge arrivait à Brest, estiment-ils volontiers.

Aujourd'hui il ne s' agit plus de leur conception singulière du libre échange (" tu baisses tes droits de douane et je protège les miens" ), ou de la totale osmose entre Entreprises US et Etat US dans le cadre de la mondialisation... Il s'agit de ce qu'on peut appeler, sans antiaméricanisme excessif, une agression immatérielle généralisée, dénoncée par l' ancien président Jimmy Carter, même si les protestations qu' elle provoque font, parait-il, plier de rire la presse de ,New York et de Washington, la seule du pays qui s'intéresse un peu à pareille anecdote : un ancien informaticien de la " National Security Agency ", Edward Snowden, a décidé de balancer, preuves à l' appui, l' existence d' un réseau de cyberespionnage anglo-saxon par câbles sous-marins . Lequel regroupe par hasard les "five eyes"- USA, Angleterre bien sûr, Canada, Australie et Nouvelle Zélande, membres du Commonwealth - et comporte plusieurs programmes de captage : PRISM, XKeyscore, Tempora. Son action, qui couvre la planète, concerne, autant que les menées terroristes, toute information publique et privée .

Vague réaction de la Maison Blanche : " Tout le monde espionne tout le monde, on ne va pas se fâcher pour ça ". Autrement dit : l' espionnage est notre coutume et votre problème.

Cinquante cinq pour cent des compatriotes de l' informaticien en question le considèrent, selon une formule délicieuse, comme un " lanceur d' alerte". Les autres, simplement comme un "traitre". Snowden, s' il rentre, risque sa peau. Cohn-Bendit suggère de lui attribuer le Prix Sakharov, du nom du célèbre dissident soviétique. Pour Mélanchon, c' est un "héros" à qui la France devrait offrir refuge. Mais Poutine le couve. La chancelière Merkel n' a guère goûté que Grandes Oreilles consacre du temps à écouter ses conversations perso, et Fabius a, fort discrètement, confirmé à John Kerry qu' Hollande n' était pas content. Nétanyahou se tait (et pour cause).

Dans tout ça, la novation est la divulgation, pour une fois, d' écoutes classées "top secret". Il y a belle lurette que les "Services" savaient. Mais à ce point là ... Quant à l' auteur de ces lignes, il se plait à songer que, quelque part dans le Maryland, ce qu' il est en train d' écrire sera stocké, avec des milliards de messages de toutes sortes, dans les armoires électroniques géantes de Big Brother. Salut, old chap !

Ainsi va l' Hyperpuissance, de dieu au renseignement et au racisme anti-Obama ... Alors, farce entre amis ou liberté surveillée?

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Les lignes ont l' air de bouger (Moyen Orient)

Publié le par memoire-et-societe

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Une série de faits autorisent un début d' optimisme au bénéfice d' une diminution de la tension régnant au Moyen Orient depuis des décennies.

La désescalade politique de la crise syrienne à l' issue de négociations américano-russes positives sur le déstockage des armes chimiques détenues par Damas, l' accès au pouvoir d' un président de le République plus enclin au dialogue en Iran, le désaveu de la menace terroriste salafiste, autorisent la diplomatie à se faire désormais mieux entendre.

De l' affaire syrienne, Poutine sort sans conteste le principal vainqueur. Assad demeure, et Moscou sauve sa fenêtre sur la Méditerranée. Obama s' est-il battu ? on retire l' impression qu' à trois ans du terme de son dernier mandat, le président américain s' est promis de laisser à son successeur un dossier "propre" sur le sujet. Cela pour deux raisons aisément compréhensibles: d' une part les U.S.A, exploitation des gaz de schiste aidant, vont non seulement atteindre l' indépendance énergétique mais devenir premier producteur mondial, d' autre part l' opinion publique intérieure est maintenant lasse d' expéditions militaires tous azimuts qui se soldent par des échecs onéreux, du Vietnam à la Somalie, l' Irak ou l' Afghanistan, et elle penche vers un isolationnisme qui la rend plus indifférente à des conflits ne lui ayant valu que des déboires, y compris sur son sol( 11 septembre).

L' Américain moyen, quand il s' intéresse au reste de la planète, tourne en priorité les yeux vers la Chine et l' Asie, qui s' affirment des rivaux et créanciers sérieux. Celles- ci annoncent en effet le retour vers un monde multipolaire, et avec l' effacement de l' hyperpuissance, la fin du monopole du dollar comme unique monnaie d' échange. L' ombre tenace du " shut down", sous forme de dépôt de bilan fédéral, encourage en outre la résistance de certains membres de l' Union à la régulation de l' économie, la restriction du commerce des armes, l' extension d' une couverture médicale aux plus nécessiteux, et souligne a contrario leur faveur pour l' interdiction de l' avortement, le maintien de la peine de mort , voire, de façon globale, l' opposition au pouvoir de Washington. Des minorités ultraconservatrices comme le Tea Party, dont les 32 Représentants ont fait trembler le système il y a peu,révèlent qu' au sein des U.S.A aussi se passe quelque chose.

Dans ce contexte, l' irruption sur la scène en août dernier d' un nouveau président iranien, Hassan Rohani, en remplacement de Mahmoud Ahmadinejad, n' est pas neutre. Son action modératrice sur Assad, parallèle à celle de Poutine, est une indication. Son entretien téléphonique avec le président américain, le premier entre dirigeants des deux pays depuis 33 ans, une confirmation. Le " changement de ton" de Washington pourrait inciter l' Iran à reprendre la place qui lui revient dans la communauté internationale, ce qui serait un incontestable gage pour la paix, et une occasion d' ouverture pour la société iranienne.

Enfin, l' unanimité contre lui qu' est en train de faire, de l' Afrique de l' ouest à la Turquie, le salafisme, ne peut que faciliter la recherche d'une solution qui, en isolant les djihadistes, rapproche l' ensemble de leurs adversaires.

Le seul à qui ces diverses évolutions ne sourient guère est, logiquement, le premier ministre israëlien Nétanyahou, qui a besoin, pour justifier sa politique, de l' instabilité régionale et de la division du monde arabe. Le manque d' enthousiasme d' Obama pour ce bellicisme, la fermeté de Poutine, les signes conciliateurs de Rohani, rien de tout cela ne l' arrange, ni lui ni, ici et là, les lobbys qui finiront peut- être par mesurer l' étendue des dommages que cause à Israël lui-même le choix d' une illégalité désavouée par la très large majorité des Nations-Unies.

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A propos de "tiers-mondialisation"

Publié le par memoire-et-societe

Quelqu' un dont je n' ai su retenir le nom a jugé récemment et publiquement la France " en voie de tiers-mondialisation ". Il y a un certain temps que je pense comme cet observateur, si du moins il donne aux mots le même sens que moi.

On n' a guère fini de mesurer les conséquences des évènements de 68. Cette année-là, la société a engagé une transformation de ses assises et de ses valeurs séculaires. De Gaulle était l' ultime visage d' une nation que même l' Occupation n' avait pu atteindre en profondeur. 68 au contraire a été la remise en cause, sans goutte de sang versée, d' habitudes d' esprit, de manières de vie et de données assimilées au "cher et vieux pays" : l' attention à l' autre, la notion de patriotisme, la fierté du travail bien fait, la politesse de l' exactitude, le respect de la parole donnée, le souci du "suivi", la rigueur de l' organisation. La mutation de la pratique sociale ne suffit certainement pas à expliquer la "tiers-mondialisation". Cependant, les effets d' un contexte contribuent aux facteurs de tout changement.

Economiquement, le sous- développement ( en l' occurrence une récession qui conduirait à classer un pays industrialisé dans le "tiers-monde" ) se réfère à des critères :

- une dette que l' Etat ne parvient plus à surmonter. Nous n' en sommes pas loin, avec un taux de remboursement annuel qui dépasse le plus gros budget public, celui de l' Education, et absorbe la presque totalité de l' Impôt sur le Revenu.

- une fuite des cerveaux qui se traduit par l' expatriation des jeunes diplômés, scientifiques notamment, alors que croît le nombre d' illettrés.

- une fuite de capitaux marquée par un réinvestissement des bénéfices à l' étranger et l' évasion fiscale.

- un sous-équipement ( en la circonstance, une désindustrialisation) que soulignent les fermetures d' usines, et qui place une Economie en état de dépendance quant à ses besoins, de déficit quant à sa balance commerciale.

- une hypertrophie du secteur des Services en regard des secteurs productifs de l' Agriculture et de l' Industrie en régression.

- des dépenses de fonctionnement supérieures aux recettes de l' Etat et aux investissements dans le pays, d' où un appauvrissement global et constant.

Mentalement maintenant, ladite tiers-mondialisation se manifeste par la généralisation de réponses théoriques aux problèmes concrets (tsunami législatif sans décrets d' application par exemple), l' accumulation de palliatifs voilant une impuissance novatrice, le rôle de curiosités anecdotiques comme autant de dérobades sur des questions essentielles, la vacuité des raisonnements dont se sont emparés des gourous-philosopheurs, genre Alain Minc ou B.H.Lévy, faux thérapeutes médiatisés de la lassitude générale.

Ces Conseillers anti-douleur sont des tambours pour crépuscule, bidouillant leurs appareils à vendre une vision indigeste du monde. Leur arnaque précipite l' arrivée de nouveaux conquérants barbares : la pose ne freine aucune décadence, ne révèle aucun salut dans les rapiéçages de la défaillance.

Pour autant, ce n' est pas parce que ses élites ne cessent de se planter en tout qu' on va cesser d' aimer le pays et de dénoncer ses complexes : la chute vers la "tiers-mondialisation" relève aussi d' une complaisante surconsommation du sentiment de décrépitude.

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C' est l'autoévaluation qui manque

Publié le par memoire-et-societe

L' affaire syrienne est révélatrice. Elle met à nu l' irréalisme politique et diplomatique des gouvernants français. Ne revenons pas ici sur le fond : faut-il "punir" Damas? Le G 20 et la conférence des ministres européens de Vilnius ont parlé. Poutine en sort renforcé, Obama affaibli, Hollande ridiculisé.

Mon attention se porte plutôt sur la légèreté avec laquelle l' Exécutif a traité d' emblée un problème aussi complexe. La rapidité de son engagement radical témoigne, au minimum, d' une inexpérience et d' une insuffisance d' analyse qui, après des décennies de vie politique, seraient alarmantes si l' on était prêt à croire totalement à celles-ci.

Pourquoi avoir embrayé pied au plancher sans même avoir consulté les partenaires d' une Communauté dont on est partie intégrante, en s' appuyant sur les premières déclarations de responsables aussi égocentristes que les Anglo-Saxons? Total: le Parlement anglais a basculé vers le non, le président des Etats-Unis a fait marche arrière. La France se trouve donc isolée sur son propre continent, et sa politique étrangère est suspendue au vote de représentants américains parfaitement indifférents aux états d' âme des descendants de La Fayette. Notre indépendance se révèle publiquement une relative fiction qui place le pays (dura lex) au rang de nation de second ordre.

Sa démarche a constitué en outre un mauvais exemple pour l' ONU dont, en l' occurrence, le Conseil de Sécurité et les envoyés sur le terrain (l' Elysée dit soudain "attendre leur rapport") ont été jusque là superbement ignorés par Paris. Beau bilan.

L' enthousiasme à vouloir casser du salafiste aurait pourtant pu être tempéré par la sérénité allemande. Voici un voisin de la France, deux fois plus riche qu' elle, qui ne débourse guère d' euros en faveur du respect ombrageux du Droit international, ne fait la leçon à personne, et se contente d' écumer en toute neutralité les marchés mondiaux. Aussi ses finances n' ont-elles pas à souffrir des dépenses militaires incessantes ( Côte d' Ivoire, Afghanistan, Liban, Libye, Mali) qui accablent les contribuables hexagonaux dont 64% selon les sondages sont hostiles aux frappes purement moralisatrices.

Qui alors s' acharne à vouer la France, rongée par le chômage et la désindustrialisation, discréditée par une délinquance exponentielle, à s' ériger en garante de l' Ordre universel? Quelles références peut- elle fournir pour s' autoriser à parler de si haut? La Libye de MM.Sarkozy et Lévy? Leurs exploits y ont abouti à un sanglant chaos avec métastases en Afrique sub-saharienne, qui ont de plus accru la méfiance de Poutine à l' égard de la parole des Occidentaux. Ou bien y aurait-il chez le président Hollande, institué chef de guerre, quelque ivresse malienne venue d' une expédition militairement réussie mais politiquement incertaine?

On peut aussi s' interroger sur l' étrange silence d' Israël devant des évènements qui le concernent au premier chef. Bénéficierait-t-il des bons offices d' intermédiaires plaidant en faveur de ses intérêts sans qu' il ait à se mettre en avant et risque ainsi de ressouder la solidarité musulmane? A noter que depuis que M.Fabius insiste pour mettre à nouveau sac au dos des soldats français, les djihaddistes de la Seine-Saint-Denis s' empressent de rallier une rébellion où, précisément, les fondamentalistes pèsent de plus en plus. Cherchez l' erreur.

MM. Hollande et Fabius, qui suivent le dossier, manquent-ils de temps pour se préoccuper de tous ces détails, ou les méfaits du gaz sarin obscurcissent-ils tellement leur vision des choses qu' ils ne mesurent plus trop où est la réalité rappelée par leurs collègues européens? C' est peut-être cette surévaluation qui crée aujourd'hui un malaise...

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Négocier? très bien,mais alors de mauvaise foi...

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" Négociation : recherche d' un accord comme moyen politique " (Le Petit Robert )

Le président Obama désire absolument qu' Israël et les Palestiniens " négocient ". Soit. Il leur accorde neuf mois pour " aboutir ". OK. Deux délégations se sont donc rencontrées pour négocier...un ordre du jour. Le point a été vite fait :

- Jérusalem-Est: hors de question pour Israêl de revenir sur l' annexion (1967)

- Les colonies illégales de Cisjordanie : pas question de les démanteler et de renoncer ainsi à créer un chapelet de bantoustans arabes séparés entre eux par Tsahal et par de nouvelles constructions vouées à parachever l' édification du "Grand Israël"

-Le retrait du plateau du Golan: vous voulez rire?

-La levée du blocus de Gaza : menace terroriste sur les villages israëliens voisins non envisageable

- La reconnaissance d' un Etat palestinien : est-ce vraiment le sujet puisqu' il n' aurait rien à administrer et que, de toute façon, comme disait Mme Golda Meir, "le peuple palestinien n' existe pas" ?

En ce cas, évidemment, neuf mois c' est du gaspillage. Mais parlons vrai en écartant la facilité selon laquelle la moindre réserve sur les faits et gestes d' Israêl est de l' antisémitisme. Un exemple : les accords d' Oslo(1993) prévoyaient l' élargissement d' otages et prisonniers palestiniens qui n' ont jamais été libérés. Ils sont des milliers. Aujourd' hui, Israël conditionne chaque libération au droit d' installation de 300 colons juifs en Cisjordanie. Comment " négocier" cela? et comment ôter à Natanyaou le plaisir de clamer que c' est l' autre qui ne veut rien entendre?

On ne dévie pas de la doctrine Golda Meir : avant l' instauration de l' Etat d' Israël (1948), la région était un désert peuplé de tribus nomades. Le projet d' un Etat palestinien doté de Jérusalem-Est comme capitale n' est donc qu'une fiction et un blasphème. En réalité Tel Aviv ne compte rien céder. Aussi ruses, provocations, violences directes ou indirectes, demeurent-elles sa règle de conduite. Depuis des années, les bonnes volontés ont été récusées, de Mendès-France et Senghor à Rabin, assassiné par un extrémiste, ou, en France, l' impartialité trainée dans la boue ( ainsi les injures du CRIF à Rony Brauman, ancien président de "Médecins sans frontière" , au journaliste Charles Enderlin, à Stéphane Hessel, etc.)

J' ai toujours pensé que, parvenu à ce niveau inconditionnel, le nationalisme sioniste devenait une névrose collective, sinon une dérive. Je n' ai pas pour autant la naïveté de transformer tous les Palestiniens en martyrs de la tolérance. Ils se révèlent incapables de s' unir contre leur adversaire et l' injustice dont ils sont indéniablement victimes. Mais c' est bien la violation permanente du Droit qui est ici insupportable et contre-productive.

Alors j' écoute M.Fabius à la télévision, et me dis que s' il déployait en faveur d'une négociation israëlo-palestinienne sérieuse la moitié de l' énergie qu'il consacre à prêcher la guerre en Syrie, la paix dans un Moyen Orient explosif ne pourrait qu' y gagner.

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Comment faire pour tirer l' UMP de là?

Publié le par memoire-et-societe

Le candidat UMP battu à la consultation présidentielle de 2012 ayant dépassé le budget de campagne arrêté par la loi, s' est vu condamné par le Conseil Constitutionnel à rembourser ses dépenses électorales,soit la bagatelle de 11 millions d' euros, qu' il revient en fait à son Parti de règler à l' Etat.

Paradoxalement, ledit Conseil ( 9 membres nommés par tiers pour 9 ans) est formé pour l' essentiel de personnalités installées par la précédente majorité, donc par le sanctionné lui- même.C' est d' ailleurs le seul lieu de pouvoir détenu par la nouvelle opposition. En outre y siègent de droit les trois anciens présidents de la République: Giscard, 87 ans, est assez assidu, Chirac a disparu depuis deux ans, et Sarkozy, furieux, a décidé de ne plus s'y rendre.

Il faut donc trouver les 11 millions. Les finances de l' UMP n' étant déjà pas, nous dit-on, florissantes, les querelles internes des derniers mois n' ont pas contribué à renflouer les caisses. " A vos poches!" a alors lancé aux 300.000 militants revendiqués, le leader en titre du Parti, J-F Copé. Il a vite récolté 8 millions, ce qui n' est pas mal. Restent environ 3 millions. C' est bien connu, ces reliquats de dettes sont les plus difficiles à résorber. On s' est rassuré quand on a appris que les Chefs allaient mouiller la chemise : Sarko partait faire une conférence à l' étranger payée en principe 250.000 euros et Copé une autre à Brazzaville dont il n' a pas divulgué le montant. Voilà, a-t-on songé, une bouffée d' oxygène bienvenue pour la Droite la plus désargentée du monde.

Une manière de déception a toutefois gagné les esprits quand on a totalisé les dons des uns et des autres, compte tenu, bien sûr, de leurs liquidités. 1000 euros pou Fillon, alors que le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon se fendait de 150 en n' hésitant pas à braver les foudres d' Harlem Désir, pas terrible. 7500 (trois conférences) pour Nicolas qui, après tout, est le principal responsable de la situation, un peu léger, comme l' a relevé Bernard Debré, le frère du président du Conseil Constitutionnel. L' hyperactivisme de Nadine Morano n' y peut mais : le " sarkothon" rapporte moins que le "téléthon".

Toutes les imaginations doivent donc se mobiliser, et nous ne saurions nous dérober à l' effort indispensable à la survie de l' opposition. Nous avons phosphoré afin d' avancer quelques suggestions qui,si elles ne sont pas parfaites, ont le mérite de la cohérence :

1- si le Peuple de droite tient tellement à être sauvé du socialisme, qu' il montre l' exemple. Un prélèvement mensuel de 10% sur les revenus de chaque adhérent jusqu' à extinction de la Dette semble une mesure de bon sens s'adressant aux compagnons désireux de protéger les institutions démocratiques mises en place par Charles de Gaulle et Michel Debré.

2- le recours à la solidarité d' organisations qui n' ont jamais eu à se plaindre de l' UMP se justifie pleinement. Ainsi, le MEDEF pourrait-il trouver des moyens discrets- il sait faire - de renvoyer l' ascenseur, comme on dit familièrement. D'un petit sacrifice aujourd'hui peut naître demain un gentil bénéfice.

3- nos concitoyens qui ont trouvé le courage d' aller porter leurs économies dans les pays limitrophes pour se dégager des griffes du fisc socialiste, se doivent de participer à l' oeuvre du redressement national. Qu' ils calculent ce qu' a pu leur faire épargner leur proche exil et adressent d' urgence le chèque correspondant au Siège, en le considérant comme un à-valoir pour des temps meilleurs.

Voilà. Ce n' est pas le Pérou, mais si chacun veut bien s' y mettre, on doit y arriver.

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Deux ans

Publié le par memoire-et-societe

Le 13 août prochain, ce blog aura deux ans. L' âge d' un premier bilan. Lors de la publication de l' article initial, je n' avais aucune idée du destin de l' entreprise, et surtout pas de sa durée. Elle a poussé comme ça, un sujet succédant au précédent sans plan préconçu, un thème se présentant soudain à l' esprit en lien avec l' actualité, ou ramenant à la surface un souvenir qu' on souhaite fixer.

156 articles publiés, y compris celui-ci, de 6 à 10 par mois, plusieurs milliers de visiteurs lisant trois pages en moyenne, c' est honorable pour un contenu finalement plutôt abstrait. 20 articles d' Histoire, 19 de Littérature, 22 de Culture, 33 de Sociologie, 30 de Politique et 32 d' Actualités, l' équilibre ne semble pas mauvais, même s' il mérite quelques ajustements

Que ceux qui ont bien voulu apporter des commentaires en soient remerciés. Ils n' ont peut-être pas été aussi nombreux que le rêve tout auteur pour qui l' avis des autres est un carburant incomparable. Mais les appréciations que j' ai reçues ont toutes été positives. Je préfère mettre cela au crédit de l' intérêt des textes qu' à celui de la sympathie amicale, encore que celle-ci ne soit point déplaisante...

Enfin, la proposition d' un éditeur allemand , " Dictus Publishing", de publier sur papier les articles politiques allant d' août 2011 à mai 2013 sous le titre " Chroniques franco- citoyennes", a couronné la période écoulée. Le tout sans aide,publicité ni budget, seul mais avec le bouche à oreille qui assure un taux de croissance (irrégulier) du lectorat.

Venons-en à la suite. Instruit par ces résultats, Mémoire-et- Société compte mettre l' inflexion sur trois secteurs : les biographies historico-politiques et culturelles ( les évocations de Cendrars et des Surréalistes, par exemple, ont rencontré un accueil chaleureux), le commentaire sur l' actualité ( l' article relatif à D.S.K a été particulièrement consulté) et les phénomènes de société ( les deux chroniques consacrées aux "bobos" paraissent avoir été prisées).

Restent les sujets politiques, les plus délicats et les plus ingrats parce que les plus " subjectifs ". J ' aurai l' honnêteté de préciser clairement quelles sont mes orientations principales. " Egaré" un moment chez les réformistes, je n' ai jamais appartenu au Parti communiste stalinien, ni à quelque chapelle trotskiste, ni à un groupuscule gauchiste, ni à une branche anarchiste, mais je suis et je demeure d' inspiration marxiste et anti-impérialiste. Dès lors, ce qui relève de la domination capitaliste mondiale est une cible : le modèle ploutocratique anglo-saxon (pas les peuples qui le vivent), la politique israëlienne d' apartheid et de bantoustans (pas l' existence de l' Etat d' Israël), le système institutionnel français obsolète et inégalitaire (pas les valeurs républicaines). Je n' entends donc rien renier ou modifier. Pour autant je sollicite la contradiction et l' argument faisant débat.

La fréquence des articles sera un peu diminuée et leur longueur plutôt écourtée. Le rythme de dix par mois est trop exigeant pour dégager le temps nécessaire à des recherches parfois laborieuses. Mémoire-et-Société implique travail et envie. Les deux sont là. Merci de le faire savoir.

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Existe-t-il un patriotisme européen?

Publié le par memoire-et-societe

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De récentes et multiples confrontations ramènent en surface une question majeure : l' Europe, pourquoi ? Depuis 1945, le débat entre deux conceptions attend vainement sa conclusion : ou une construction politique fondée sur la régulation de l' économie et la redistribution de la richesse, ou une simple zone de libre- échange répondant aux seuls mécanismes du libéralisme ? confédération de peuples ou club d' actionnaires?

Quand on compare l' euroscepticisme actuel avec l' élan qui, au XIXème siècle, a porté Allemands et Italiens vers l' unité nationale, on se dit que l' idée de patrie européenne est pure utopie. Pour parler uniquement du continent ( l' Angleterre, si elle est géographiquement européenne, ne l' est pas mentalement ), l' élargissement continu, employé par les Anglo-Saxons comme contre-feu à toute initiative politique, et l' extension d' une crise née en 2007 aux Etats-Unis, attisant les égoïsmes nationaux, n' ont eu d' autre résultat que d' éloigner la perspective d' une communauté pacifiée, forte de ses potentialités commerciales, technologiques, culturelles.

Chacun tire donc à hue et à dia. Le président de la Commission, Barroso, ex- mao converti au néo-libéralisme, déroule le tapis rouge sous les pieds américains ( il sera bientôt récompensé de ses bons et loyaux services par le poste de secrétaire général de l' OTAN), les Français, qui ruent à juste titre, parfois maladroitement, dans les brancards, deviennent les boucs-émissaires de l' Europe des riches, l' Allemagne n' en finit pas de s' enivrer de sa propre puissance, les Grecs s' expatrient en la maudissant, et les travailleurs espagnols vont chercher du boulot au Maroc.

Vous avez dit " patriotisme" ? il est si facile de trouver des complices pour découper en petits morceaux la multinationale et apatride entité appelée "vieille Europe ", et de l' éliminer ainsi de la négociation cruciale avec l' Asie...

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Conscience malheureuse

Publié le par memoire-et-societe

   "Conscience malheureuse ", la formule est de Friedrich Hegel dans " Phénoménologie de l' Esprit " (1807) pour désigner le sentiment de frustration et d' impuissance qu' éprouve une conscience quand elle n' obtient pas d' être reconnue pour ce qu' elle est, ne parvient pas en somme à mettre au diapason l' idée d' elle-même et sa présence au monde, condition de sa survie.
   Conscience malheureuse, voilà  bien comme il convient de  qualifier aujourd'hui en termes philosophiques ( on parlerait peut-être de phobies ou d' état semi-dépressif en termes psychologiques ), la situation de citoyens qui, pour des raisons diverses, souffrent d' inadaptation. Ils paraissent  à première vue relever de deux catégories définies : les enfants des seconde et troisième générations d' immigrés d' une part, les diplômés illustrant la fuite des cerveaux que la France avait su éviter jusqu'ici, d' autre part.

   La question du déni culturel chez de jeunes immigrés nés dans l' hexagone est répertoriée. Elle a fait l' objet de maints rapports, articles et  colloques. Les pères avaient aspiré à l' égalité assimilante que promettait la République. La conscience malheureuse des fils refuse la référence à leur statut  juridique national, aux institutions qui en dépendent et  à leurs symboles ( hymne, drapeau ). Entre temps, l' épaisseur d' une politique d' intégration manquée ( rejets racistes, chômage, conditions d' accueil  précaires, clivages culturels ).

   On mesure les conséquences de ce déni : ghettoîsation, communautarismes opposés à la  visée  théorique consensuelle de la République, dépit et rancoeur qui conduisent les uns à la délinquance, d' autres au désir de reconquête identitaire à travers l' exaltation religieuse. Ainsi  retrouve-t-on de ces Français-non Français combattant  sur des théâtres d' opération où  ils peuvent, armes à la main,  affronter les Occidentaux : Irak, Afghanistan, Syrie, Mali, créant en outre, dans leur pays natal, un abcès de fixation  par la menace d' un terrorisme domestique que nourrit encore la crise économique. N' y a-t-il pas  là matière à s' interroger ?

   C' est une autre forme de la conscience malheureuse que vivent de leur côté de jeunes  Français "souchiens"  bardés de diplômes, qui remettent en question la capacité de leur pays à proposer un avenir conforme à leur attente. L' appel d' un Ailleurs, fréquent chez les Jeunes et devenu accessible grâce aux facilités de la mondialisation, s' accompagne désormais du sentiment que la France, où les fonctionnaires se reproduiraient  par génération spontanée, est une nation sclérosée, rongée par des querelles de clocher, figée dans des hiérarchies immuables freinant et décourageant initiatives et novations. Un flux de candidats à l' exil met le cap vers des horizons lointains et réputés libéraux où, semble-t-il, le pragmatisme balaie les tracasseries paperassières, les règlementations tâtillonnes et  une surfiscalité paralysante : les Etats-Unis, le Canada, l' Australie, voire, pourquoi pas, la Chine communiste ... Adieu  l' Europe et  ses "anciens parapets " évoqués par Rimbaud !

   Quand un(e) jeune me fait part de son intention de s' expatrier, je ne le contrarie pas. Qu' il ou elle  parte faire son expérience : nous vivons dans la sublimation de la réussite  individuelle par l' esprit d' entreprise ! Et la sacralisation du pragmatisme n' est-elle pas le plus récent remède à la conscience malheureuse identifiée il y a plus de deux siècles par Hegel, père,lui, de l' Idéalisme ?

 

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