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79 articles avec actualite

Emergence

Publié le par memoire-et-societe

   Les pays dits "émergents" sont, en quelques années, devenus des acteurs de l' évolution planétaire. Le qualificatif d' émergent englobe, à la vérité, une variété de situations diverses réunies par un phénomène commun: un bond économique exprimé par un fort taux de croissance.

   En fait, les pays concernés sont loin de partir  tous des mêmes bases. L' émergence de la Russie,si le terme s' applique à elle, a peu à voir avec celle du Mozambique, sinon la détention et  l' exploitation de ressources qui favorisent  le développement. La première est une puissance industrielle ancienne, dotée de cadres de haut niveau et de technologies civiles et militaires avancées. Le second est un nouvel Etat, à peine sorti du statut colonial (1975), encore fortement embourbé dans le sous-développement. On pourrait multiplier ces exemples de contrastes, en se référant aux continents, à l' âge de chaque souveraineté, au degré d' intégration au marché mondial et  au type de formation sociale correspondante. De ce point de vue, le sigle BRIC (Brésil, Russie, Inde,Chine) a quelquechose de hâtif.

   L' émergence n' en revêt pas moins un caractère illustratif de la redistribution des richesses et, par là, de nouvelles influences. L' aval des Emergents n' est pas indifférent dans les débats et les décisions des Nations-Unies, ni absent des choix effectués par le FMI ou l' OMC.

   Pour autant, l' émergence n' implique pas une élévation équivalente des niveaux de vie. Les pouvoirs, concentrés entre les mains de groupes limités (oligarques russes, apparatchiki chinois, militaires africains, bourgeoisies compradores, féodaux religieux) freinent les avancées sociales qu' autoriseraient les performances économiques mais que viennent contrarier la corruption, les détournements, la spéculation et le népotisme.
   Ainsi, pour en revenir au Mozambique, ex colonie portugaise du sud est aficain, le taux de croissance y est de l' ordre de 8% annuels, ce qui est considérable. Charbon, bauxite, or, sables minéraux, tantale s' y trouvent en abondance et  les productions agricoles (coprah,coton etc.) sont en plein essor. Pourtant le pays demeure au 185ème rang mondial selon  l' ONU,et se classe  3ème parmi  les  plus déshérités  (IDH: Indice de Développement Humain). La moitié des 22millions d' habitants vit  au-dessous du seuil de pauvreté. Les leviers politiques et économiques relèvent tous des " Assimilados", formés dans les universités portugaises et sud-africaines.

   Le système scolaire est embryonnaire. Les rares diplômés s' expatrient. L' eau manque. Les infrastructures de communication et les équipements collectifs font largement défaut. Les mouvements de population consécutifs à des années de guerre civile ont  déséquilibré la répartition  des zones habitées. Le sida ravage bidonvilles et  camps de réfugiés, abandonnés à quelques équipes d' " humanitaires". Parler d' émergence est donc pour le moins inapproprié, même si des statistiques officielles invitent à l' optimisme. L' accumulation capitaliste nationale n' aboutit  qu' à des enrichissements claniques et  au leurre social que constitue l' apparition d' une miniclasse  moyenne urbaine.

   N' accordons en conclusion à l' émérgence qu ' un crédit  relatif.  Elle témoigne d' abord du  faux nez  dont s' affuble aujourd'hui  la mondialisation libérale.

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L'antiparlementarisme peut-il se soigner ? (2)

Publié le par memoire-et-societe

   Un lecteur, commentant mon précédent article relatif à  l' antiparlementarisme, a cru y voir, sous le couvert d' un exposé sur le sentiment ambiant, " une hostlité effective au système français de représentation".

   Sans tomber dans la polémique, je répondrai, puisqu' il s' agit ici de position personnelle, par quelques observations :

1- Si  l' on s' en rapportait à la représentation telle qu' elle fonctionne aux Etats-Unis -référence démocratique s' il en fût- nous aurions 20 sénateurs et 115 députés, soit 135 parlementaires au total contre 925 actuellement. Quelle aubaine pour un Etat qui ne parle que d' économies et pour son banquier favori, le contribuable le plus "prélevé" au monde !

2- On pourrait peut-être alors  en profiter pour transformer le Sénat ( dont on ne distingue pas clairement à quoi il sert puisque c' est toujours l' Assemblée qui a le dernier mot ) en Chambre économique et sociale où siègeraient, en nombre (100 membres suffiraient amplement ) et en durée limités, des représentants du patronat, des syndicats de salariés, des grandes organisations professionnelles ainsi que des experts industriels, agricoles, commerciaux, fiscaux, choisis par les Assemblées de région. Cette Chambre aurait un rôle de Conseil auprès de l' Assemblée nationale, notamment au niveau de ses principales Commissions et de leurs Rapporteurs.

3- Toute référence aux Etats-Unis atteint, bien sûr, vite ses limites dans la mesure où le pays est , de fait, une plouto-théo-démocratie, autrement dit une société où la Finance et les Eglises pèsent ouvertement sur les décisions du Congrès. Les mises en parallèle sont trompeuses quand les cultures diffèrent.

4- Il n' est pas antirépublicain de noter le coût excessif, gaspillages inclus, de l' institution parlementaire. Ce monde clos et narcissique, cerné par les caméras et de pulpeuses journalistes, ce carré choyé d' élus, contribuent sans en être toujours conscients à entretenir la méfiance populaire envers ceux qui sont chargés de faire la loi. Serait-il sacrilège de dire qu' une des vitrines les plus épiées de la démocratie peut en souffrir?

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L'antiparlementarisme peut-il se soigner ?

Publié le par memoire-et-societe

   Le discrédit de la classe politique, avec l' excès qu' implique toute généralisation, atteint aujourd'hui un apogée dû à deux éléments concomitants : la multiplication des "affaires" (opérations financières douteuses, scandales de moeurs, mensonges publics) et l' affichage d' un chômage record.

   Ce désaveu de la représentation s' exprime notamment dans un antiparlementarisme d' ailleurs distinct de celui qui prévalait sous les IIIème et IVème Républiques. La IIIème à cause de malversations diverses (canal de Panama, trafic de décorations), mais aussi d' actions de groupes fascisants (la Cagoule) déterminés à renverser les institutions (émeute du 6 février 1934). La IVème en raison d' une instabilité ministérielle entretenue par des petits groupes dits "charnières" de députés faisant ou défaisant les majorités selon leurs intérêts immédiats. A ce jeu de massacre digne de la fête foraine se sont entre autres distingués  Mitterrand et la douzaine de ses collègues  UDSR.

   L' actuelle  réserve de l' opinion envers les parlementaires est, quant à elle, le produit de l' impression d incompréhension de ceux-ci ou, pire, de leur indifférence au regard des difficultés concrètes des électeurs. Une récession sans projet de solution crédible, un appauvrissement continu des classes moyennes et populaires, un multiculturalisme non organisé, un recul au niveau international, le cynisme et  la morgue des oligarchies (voir les rémunérations des grands patrons), mettent en question la représentativité constitutionnelle. La croissance régulière de l' abstention en administre la preuve.

   L' impopularité parlementaire se nourrit ainsi d' une série de griefs récurrents qu' on peut résumer de la façon suivante:

   - " ils sont trop nombreux" : 577 députés, 348 sénateurs, soit 925 au total, quand les U.S.A, avec une population cinq fois plus forte, ne compte que 535 élus (435 représentants et 100 sénateurs). A eux seuls, les  2 millions de "Français de  l' étranger"  additionnent 12 sénateurs et 11 députés.

   - " ils coûtent trop cher" : l' indemnité parlementaire mensuelle est alignée sur le plus haut traitement de la Fonction publique (7200 euros). Il faut y ajouter 5770 euros de "frais de représentation", 9500 euros destinés à la rémunération de collaborateurs, et de multiples avantages tels qu' une carte de circulation ferroviaire de 1ère classe, un certain nombre de billets d' avion gratuits, des facilités d' hébergement dans les locaux annexes des Assemblées et un système de pension privilègié.

   - " ils travaillent peu" : rien de plus fâcheux que les images d' hémicycles vides, de parlementaires lisant le journal, dépouillant leur courrier, tripotant leur portable ou s' assoupissant pendants les débats.

   - " ils trafiquent tous peu ou prou" : l' argument selon lequel le parlementaire doit être généreusement rétribué pour l' éloigner de toute tentation de corruption, n' a aucune prise sur le citoyen. Les délégués  des laboratoires pharmaceutiques, des pétroliers, des transporteurs ou des betteraviers,  estime-t-il, ne stationnent pas pour rien dans les endroits où ils savent trouver les législateurs et pouvoir parfois s' attacher  leurs services.

   - " ils s' accrochent" : le mandat parlementaire n' est pas un métier mais une fonction révocable. Pourtant  la "vox populi" soupçonne l' élu de toutes sortes de trucages pour sauvegarder son siège: manipulation des lois électorales et du découpage des circonscriptions, opportunisme politique, financements suspects, négociations cachées, marchandages inavouables.

   Il convient, bien sûr, de faire la part de l' envie et de l' exagération. Pour autant, ces reproches ne sont pas forcément infondés. Des parlementaires,très peu il est vrai,ne figurent qu' une fois ou deux en séance au cours d' une législature, l' essentiel pour eux étant la détention d' un siège mais pas son implication. Existent également des conflits d' intérêts, des cumuls indécents, des rentes de situation choquantes, des doublons ruineux, des missions fantaisistes, et un  déséquilibre peu démocratique entre les origines sociales des élus du peuple.
   C' est bien cela que ressent confusément l' opinion au moment où lui sont réclamés des "sacrifices" qui affectent en priorité les plus humbles, ceux qui ne sont jamais conviés aux débats parlementaires mais souhaiteraient malgré tout pouvoir encore donner leur confiance aux marquis de la République.

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Pitié! pas ceux-la!

Publié le par memoire-et-societe

   Inutile d' en rajouter sur Cahuzac et le serpent de mer des paradis fiscaux. Peu de gens croient encore, en 2013, à l' efficacité et au total désintérêssement de la classe politique dans son ensemble. Ce scepticisme citoyen ne profite même pas aux "extrèmes", qui stagnent dans les sondages.L' idée gagne donc que l' abstentoin (deux tiers des inscrits dans les récentes consultations de l' Oise et d' Alsace) constitue une réponse , au moins provisoire, à un système à bout de souffle. Le rejet d' un acquis historique de l' importance du droit de vote est, a priori, impensable. Pourtant force est de constater que, dans sa forme actuelle, l' élection n' aboutit, dans les démocraties parlementaires occidentales, qu' à légitimer et conforter un Ordre financier mondial et un égoîsme oligarchique également insupportables.

   Je n' irais pas plus loin si je n' avais entendu, dans la confusion ambiante, prononcer deux noms de candidats-sauveteurs: celui de Mélanchon et celui de Guaino. Le premier exige le pouvoir tout de suite, l' autre, lui, laisse dire qu' il pourrair " y aller" en 2017. Pincez-moi!

   Mélanchon n' a pas que des idées simplistes. Il a aussi la mémoire courte. Parce qu' enfin ce chevalier blanc qui demande la tête de ses copains d' hier, a été l' un des plus fervents soutiens du mitterrandisme dont, le moins qu' on puisse dire, est que la transparence n' était pas la vertu première. Secrétaire national du P.S, sénateur plus de vingt ans, ministre de l' Enseignement professionnel (fonction disparue avec lui), député européen, ne voilà-t-il pas un CV de notable social-démocrate, fin normale des trotskystes embourgeoisés ? Quelle mouche a donc soudain piqué ce "camarade" paisible pour en faire un Tartarin d' estrade? Dépit caché? Retour d' âge révolutionnaire? Superdémago, provocateur, narcissique et populiste sur les bords, un jour il convoque le Peuple à la Bastille en annonçant l' Insurrection jusqu' à 18h.30, un autre il court dans le Pas- de - Calais défier Marine Le Pen qui l' envoie au tapis, maintenant il prépare un nouveau show pour réclamer la VIème République. Mélanchon, et c' est un peu triste pour ses dupes, promis à la déconvenue, est un truqueur  idéologique. Sa crédibilité et ses atouts réels sont inexistants.

   Quant à Guaino, grand habitué des cabinets, ministériels ou présidentiel, chantre du gaullisme "social" comme s' il existait  une variante asociale, il peut injurier les juges et se prendre pour un "écrivain", rien ne le défera du "discours de Dakar" où il faisait dire par Sarkozy que " l' homme africain n' est pas encore entré dans l' Histoire". Pour avoir travaillé huit ans auprès du président Senghor, je suis placé pour affirmer que le propos est la plus importante bourde de ces dernières années qui en comptent pourtant un paquet. En tout cas le mal est fait : l' image de la France des Lumières en a encore pris un  vieux coup dans le continent.

   Eh bien, ce sont ces deux  là  qui nous promettent de renflouer le navire. Inquiétant, au regard des enjeux!  Car ce dont nous souffrons d' abord, c' est de la  vision statique et anachronique d' un Etat  plombé par les pesanteurs monarcho-républicaines et de paralysantes, douloureuses, nostalgies de grandeur. D' où un décalage institutionnel et ,par ricochet, une représentation coupée de la réalité des mutations planétaires. Que suggèrent les politiques actuels face à l' émergence de l' Asie et  de l'Amérique du sud, à la modernisation concertée de l' Entreprise, à l' adaptation technologique  et démographique à moyen terme? Il existe désormais pour la France une nécessité de "rattrapage", comme nous disions jadis à nos colonisés, de nouveau regard sur soi- même, de transformation des habitudes.

   Un gouvernement affaibli et divisé, une opposition non moins affaiblie et divisée, font flotter dans l' air un parfum de février 34. Hélas, la rareté des solutions, qui ne sont ni les pitreries de Mélanchon ni les élucubrations de Guaino, n' est pas pour rassurer. Croissance, emploi, pouvoir d' achat : comment retenir dans son pays une jeunesse qui ne songe plus qu'à le fuir?

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Elites, patrie

Publié le par memoire-et-societe

   - Ne trouvez-vous pas  que certaines de "nos Elites " manifestent une manière de condescendante désinvolture pour la patrie (française)? dédain de l' archaïque candeur d' un populo qu' on convoque dans les grandes occasions : guerres, élections, déficits, décompte des médailles aux Jeux Olympiques ? ralliement pragmatique au gouvernement des Marchés ? reconnaissance de la primauté de cénacles apatrides ? Irrémédiablement classé beauf', franchouillard, cocardier, chauvin, ringard, le patriotisme (français) parait ainsi ne bénéficier ni de la clientèle ni de la passion qui flattent des nationalismes étrangers plus scénarisés ou plus sacralisés. Certaines de "nos Elites" ne se hâtent-elles d' ailleurs pas de filer d' un pays natal accablé d' impôts, submergé par le chômage, et trainé dans la boue par de jeunes compatriotes qui, kakach à portée de main, promettent de le "niquer" ? ne pensez- vous pas qu' il est des élites qui éprouvent même un plaisir pervers à dénigrer leur origine, à chanter le déclin du patrimoine, ne se référant à lui que comme vague allusion  au séjour de parents défunts ?

   - Attention! Vos réflexions font le lit du populisme!

   - Rien pourtant ne me prédispose à être le garçon d' étage du populisme si l' on sous-entend  là relents de xénophobie et d' ethnicisme. J' observe seulement que les sarcasmes engendrés par le souverainisme, stratégie que je n' approuve pas, coïncide, malgré tout, avec un mépris mal dissimulé de l' "infantilisme populaire". J' observe que ceux qui constituent les meilleurs pourvoyeurs du populisme sont ceux qui ,en toute démocratie, privent des millions d' électeurs d' élus ou les poussent à l' abstention,  alimentent les communautarismes, gèrent au-delà des lois, insultent les juges qui les font appliquer, s' octroient des rémunérations provocantes et courent planquer hors frontière le fric qu' ils ont amassé dans la mère-patrie.

   - Mais il s' agit d' abord de sauver la République!  

   - Pour ma part, je reste sur la conviction, au demeurant républicaine, voire "dantonnesque" , que respecter aujourd' hui son pays est y demeurer jusques et y compris dans l' infortune, estimer qu' il vaut davantage qu' un passeport et une carte vitale, et plus que ses actuelles institutions dévaluées par les inégalités qu' elles parrainent. La France n' est pas née d' un coup de crayon dans une conférence internationale, comme les nations anciennement colonisées. Elle est issue de siècles de débats, de combats, d' avancées et de reculs, d' une volonté tenace. Si je ne l' exempte pas de critiques, ni ne gomme ses illusions, je rends grâce aussi à son parcours, à sa turbulente parturition, aux figures empoussièrées que son Histoire m' a révélées, Bara, Viala, Rossel, Decour, Cavaillès, cent autres. La fonction des douanes a certes évolué: on doit penser désormais " continent". Mais est-il totalement irréaliste de souhaiter voir certaines de "nos Elites" rattacher parfois leur vision de la mondialisation à un si petit hexagone, descendre sans complexe au coin de la rue, bref réintègrer un moment la chère et vieille République? Pour la sauver, précisément.

 

 

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Mali attention!

Publié le par memoire-et-societe

   Mon ami Jean Rous, l' un des pionniers de l' anticolonialisme en France, décédé en 1985, publiait en 1952 un petit livre qui a fait alors scandale: "Tunisie attention!".Il y dénonçait, dans l' indifférence quasi générale, les "ratissages" que  commettait, au Cap Bon, la Légion sous les ordres du général Garbay, ancien compagnon du maréchal Leclerc.Les Tunisiens voulaient bien continuer d'être "protégés" ( le traité du Bardo datait de 1881) mais en avaient marre de l' Administration coloniale et des propriétaires terriens qui confisquaient le pays. Les " ratissages" n'étaient pas la bonne solution: la Tunisie a obtenu " l' autonomie interne" en 1955 et accèdé à l' indépendance un an plus tard.

   Je suis convaincu que Rous, dans un contexte certes fort différent, dirait encore aujourd'hui: Mali attention! Car si rien ne bouge très vite, la France va s' embourber une fois de plus en Afrique.La déroute des  jihadistes est loin dêtre consommée, l' armée africaine annoncée n'est toujours pas en vue, les règlements de compte ethniques commencent . Cependant, les Français, pourvus de tous les moyens nécessaires pour foncer vers le nord et occuper Tombouctou, font du sur place. C'est donc qu' il y a un os.

   Cet os, c' est le rejet de l' armée malienne par les populations locales dont personne ne s' était soucié un instant.Voilà nos Français coincés! Répétons: l' Afrique ne s' enseigne pas devant des cartes. Sur le terrain en effet, les islamistes ne sont pas si impopulaires que ça, en dépit de quelques images télévisées exhibant des adolescents enveloppés du drapeau tricolore. Ils marquent systémétiquement leur présence par des aides sociales,alimentaires et sanitaires que leur trésor de guerre leur permet de distribuer généreusement. Ils savent prendre fait et cause pour toute lutte de libération susceptible d' affaiblir les alliés des Infidèles: en l' occurrence, ils se sont solidarisés avec les Touaregs, réclamant depuis des décennies au gouvernement de Bamako la reconnaissance d' une autonomie.Ils sont enfin experts en propagande en développant dans les masses la conviction que la soldatesque qui débarque et  torture n' est constituée que de mercenaires à la solde du Blanc,ennemi séculaire de l' Islam.La dimension raciale s' identifie ainsi à la persécution religieuse.

   L' Elysée ne peut donc continuer de se laisser entrainer, du moins seul, dans ce "guêpier", comme disait Jaurès à propos du Maroc, et de risquer de la sorte le reproche d' avoir entrepris une guerre d' Irak à la française. L' immobilisme actuel ouvre un boulevard aux salafistes et à leur cortège de trafiquants divers. Faute de soutien international véritable,d' engagement européen immédiat en hommes et en budget, la sagesse ne serait-elle pas le retrait en bon ordre? Après tout, le fameux terrorisme fondamentaliste ne menace pas que le monde africain, dont la décolonisation n' est sûrement pas achevée. Le danger demeure universel.

 fondamentaliste

 

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In Amenas, et après?

Publié le par memoire-et-societe

   L' attaque par les jihadistes du site gazier d' In Amenas, dans le sud algérien, a constitué, malgré bien sûr les assassinats d' otages, une justification bienvenue de l' action du gouvernement français au Mali. Cela pour plusieurs raisons:

   - elle a renforcé l' alliance objective franco-algérienne contre le salafisme et abouti à un encerclement et une co-surveillance implicite, Français au sud, Algériens au nord.Ce rapprochement, d' ordre strictement militaire,n' en est pas moins important pour la relation Paris-Alger et son impact sur la communauté maghrébine en France.
   -elle conduit les Etats-Unis à cesser d' évaluer l' intérêt des évènements extérieurs à l' aune du nombre de ses ressortissants en danger. Se venger de l' abstention de la France en Irak est un peu court. L' extension du terrorisme concerne tous les citoyens et intérêts américains par le monde.
   -la démonstration faite par l' Europe de son impuissance à dépasser, si besoin, les égoïsmes nationaux et les querelles de clocher fait mûrir le projet européen de Défense. La France semble unanimement estimer qu' elle ne saurait indéfiniment faire la police dans ce qui fut la Françafrique qu'elle affirme renier.

   -la dimension militaire prise sur le terrain par l'action jidahiste conduit les Russes à interroger leur politique arabe, ce qui pourrait advenir aux pays africains qu'ils soutiennent, comme la Syrie,et l' opportunité d' une concertation sur ce sujet avec la Communauté européenne.
   Au total, pour l' Elysée, l' horizon est moins bouché. L' armée française contient la poussée islamiste vers le sud sans tenter d' en profiter pour prendre du terrain au-delà(tâche attribuée aux armées africaines) et donner alors l' impression d' une reconquête.Le respect des engagements pris, contrairement à ce qui fut le cas en Libye, ne peut que plaire aux Africains et, par ricochet, que conforter la place de la démocratie d' Europe comme intermédiaire crédible avec un continent appelé à jouer un rôle accru dans l' espace géo-politique mondial.

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Emigrations

Publié le par memoire-et-societe

   Que la crise économique se double d' une crise morale, il est difficile d' en douter. Une telle fatalité s' exprime de plusieurs façons: par la dégradation du civisme qui constitue le ciment d' une société, le dédain de repères nécessaires au " vivre ensemble"( respect,responsabilité,solidarité), la poussée d' un individualisme qui confond liberté et égoîsme, le recul du sentiment patriotique, de la conscience professionnelle,de la défense de l' intérêt général.

   Ces faits, observables au quotidien, contribuent à développer dans un pays pourtant doté d' atouts multiples, la France, un masochisme préjudiciable. Or, l' autodénigrement nourrit le découragement et l' émigration. Ou plutôt les émigrations.Car si émigrer devient terriblement "tendance", si l' égoïsme de classe des modernes "émigrés de Coblence" ne se dément jamais, tous les candidats au départ ne partagent pas d' identiques motivations.Les plus médiatisés sont, bien sûr, les "people" gâtés des Affaires, du Spectacle et du Sport. Belgique,Suisse, Angleterre, sont promus eldorados de ces " élites" martyrisées par le fisc.Faut-il les secourir? Le corporatisme a déjà entamé le travail.

   On reste sidéré par le discours d' acteurs dont la fortune est largement assurée par des subventions d' Etat( par exemple avances sur recettes...souvent non remboursées) en faveur de l' un d' entre eux, milliardaire que la reconversion à la vodka ne devrait pas affecter. C' est assez indécent, et plutôt attristant.

   A côté de ces patronymes ou pseudonymes célèbres, les autres catégories d' évadés font pâle figure. La soudaine pulsion d' ordre professionnel qui "contraint" certains chefs d' entreprise ou grands chirurgiens  à recourir au chantage de l' exil, ou alors la foi qui incite des Juifs hexagonaux à faire leur aliya( ascension) vers Israël, peuvent sans doute s' expliquer.Sinon que, excusez la mesquinerie du contribuable, elles ne prennent pas en compte les frais de formation et les avantages sociaux servis par la communauté d' origine jusqu'au départ plus ou moins tardif ( et définitif) de ces ex compatriotes.

   Reste ce qu'on peut appeler l' émigratin solaire. Elle rassemble les retraités qui " liquident tout", et courent s' installer dans des contrées où la vie est réputée moins chère, le climat plus doux et le foncier abordable. Ainsi observe-t-on, sur les sables dorés de la Tunisie ou du Maroc, une bonne partie de l' année, des bandes de sexagenaires bronzés buvant leur pastis comme à La Napoule.

   Sans faire l' idéologue rabat-joie, les montages de tous ces faux exilés à double ou triple passeport, trichant avec l' impôt auquel est soumis l' " actif" indigène, la sur-représentation( 11 députés et 12 sénateurs) dont bénéficie la colonie des "Français de l' étranger" quand les 6 millions d' électeurs du Front National n' ont péniblement droit qu' à deux sièges, toutes ces désertions, combines et entourloupes finissent par chatouiller la moutache.
   M.Arnault veut devenir belge? Depardieu belge, non, russe? M.Halliday belge,non,suisse, et M.Afflelou anglais ou moldo-valaque? Qu' à cela ne tienne, mais qu' il ne nous demande pas en outre de les pleurer ou les applaudir.On sait qu'ils reviendront dès que la France se sera sortie d' affaire. En attendant, ne nous reste-t-il pas D.S.K, Tapie et B.H.Lévy?

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Occident: le déclin?

Publié le par memoire-et-societe

   L' idée que l' Occident est entré dans une phase de déclin, encore relatif, ne cesse de gagner du terrain dans les opinions publiques.A ce sentiment se rattache notamment le spectacle des interventions militaires hasardeuses des Etats-Unis à travers le monde depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.Interventions qui se sont pratiquement toutes soldées par le constat de la supériorité technologique occidentale mais aussi de l' incapacité politique américaine et de l' échec humain des croisades impulsées de Washington.

  Que ce soit en Corée, à Cuba, au Vietnam, en Somalie, en Iran, en Irak ou en Afghanistan, nulle part l' US Army ne peut se targuer d' avoir emporté une victoire convaincante et définitive. Au contraire, elle a abandonné des pays poussés au  chaos, des populations hébétées devant des destructions cette fois réellement massives, des gouvernements achetés après l'élimination de  toute alternative crédible.Loin d' avoir épargné la dictature à la Corée du Nord ou l' anarchie à la Somalie, l' impérialisme, il faut bien l' appeler par son nom, les a renforcées, n' ayant rien  retenu des problèmatiques culturelles, ni même admis que les drones ne suffisent pas à vaincre des résistances populaires.

   Aussi ne s' étonne-t-on point que les libérateurs de 1945, et avec eux leurs alliés, bref tout un mercenariat ignorant et surarmé, voient leur prestige s' étioler. Le peuple américain serait las de ces interminables conflits qui lui coûtent  des enfants et des fortunes,  mais se laisse conditionner par l' image renouvelée du " méchant" ( le Jap', le communiste, le terroriste, le musulman,etc),se nourrit de l'illusion de conduire des continents à sa conception de la société,et finit par accepter qu' on tapisse de bombes des villes...à reconstruire! Cette manière de faire commence pourtant à prendre  l' eau.Le modèle de la Superpuissance est remis en question, et pas seulement dans le domaine économique et financier, qui n' est pas l' objet de ce propos mais s' affirme évidemment déterminant.

   Des déclins nationaux s' inscrivent, à titre supplémentaire, dans ce déclin global. En ce cas, rien ne sert d'être depuis des lustres un satellite docile du " gendarme du monde". Ainsi, l' Angleterre s' accroche-t-elle par là aux  souvenirs d' une splendeur défunte : une monarchie folklorique, les relents d'un Commonwealth formel, des océans partagés, un royaume lézardé de partout, ne témoignent pas de l'infaillibilité du protectorat américain. Ils sont seulement le reflet d' une politique en décalage sur l' évolution internationale et d' une dynamique de l' isolement. L' euroscepticisme, majoritaire en Grande Bretagne, et une sourde haine anticontinentale, ne font qu' accentuer le décrochage.

   Dernier carré de l'occident contesté, la fourmillière européenne.Amorcé au sud,le déclin, né de la spéculation financière, révèle une triple crise de société : crise des valeurs, consécutive au choc des référents culturels,première cause de guerres,  crise découlant de l' égoïsme des  classes  dirigeantes, de la démotivation des  cadres précarisés et surexploités, du désespoir d'un salariat mal payé et marginalisé, crise enfin des institutions où la représentation est faussée par des lois électorales iniques,paralysée par la désinvolte  intrusion  des lobbies, des  oligarchies et  des corporatismes,affaiblie par  l' utilisation contestable de l' argent public,désavouée par l' orientation générale du projet européen tel que le conçoit la technocratie.

   C' est  là aussi , à ce niveau de volonté politique, que l' Occident entier est attendu.  En redéfinissant ses fins pour contribuer à d'autres printemps sur  terre. Le déclin n' est pas fatal.

 

 

 

 

 

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Sur le vote Obama

Publié le par memoire-et-societe

   Obama a gagné pour la seconde fois. L' enthousiasme est sans doute moins grand. La victoire peut- être moins nette. Mais un certain nombre de nouveaux réflexes semblent s' installer dans l' opinion américaine.

   Ces réflexes ne sont pas étrangers à l' évolution et à  la composition sociologiques de l' électorat. L' addition des minorités ethniques ( Hispaniques, les plus nombreux, Afro-Américains, Asiatiques ) et de catégories de la population avançant des revendications spécifiques (Femmes, Jeunes) a forgé la majorité. Ce n' est pas un accident, car s' annonce du même coup un tournant démographique et culturel fondamental. On sait qu'avant 2050, le chiffre des locuteurs non anglophones , du moins de naissance, l' emportera aux U.S.A.  La pérennité de la suprématie anglo-saxonne commencera à se poser, et avec  la mise en question de celle-ci, une orientation contestée par une partie de la communauté internationale.

   Le sentiment pacifiste, qui ne cesse de gagner la jeunesse, encourageant le retour vers l' isolationnisme, sera-t-il dominant? Bombing Hanoî, bombing Bagdad, bombing Kaboul, bombing Téhéran(?), la lassitude s' accroit, les boys renâclent. Le soutien inconditionnel de la politique israëlienne, qui coûte trois milliards et demi de dollars par an au contribuable , menace de s'éroder. Les deux tiers des Juifs américains ont voté démocrate, malgré le forcing républicain et la propagande sioniste.

   L' Europe, ses contradictions, ses bisbilles, ses indémêlables négociations internes, n' intérêssent plus. L' Amérique regarde l' Asie: là semble être l' avenir. Le fermier de l' Iowa sait plus facilement où se trouvent la Chine qui lui achète son maîs et le Japon qui lui vend des voitures que Paris ou Rome, qu' il n' a d' ailleurs jamais bien localisées.

   Avec l' irruption de l' Asie dans leur univers concret, les Etats-Unis sont conduits à admettre l' existence d' un monde multipolaire. L'ère de la Superpuissance touche-t-elle à sa fin? et celle de la financiarisation planétaire? du contrôle de l' énergie? Quand la place de la langue espagnole aura détrôné celle de l' anglais dans l' Union, cette dernière aura assuré son indépendance énergétique par la seule  exploitation du pétrole et du gaz que renferme son sous-sol .Raison suffisante pour s' absenter autant que possible d' un univers compliqué et périlleux. C' est un des sens du vote Obama.

   P.S. Comment, dès lors, les deux rives de l' Atlantique ne divergeraient-elles pas ? Tandis que l' Europe cherche l' équilibre en évoquant une intégration sans cesse différée, les U.S.A sont tentés par un repliement sélectif qui ménage le tête à tête avec les nouveaux venus de la croissance. Paris, aimable préfecture régionale dans la redistribution des cartes, accaparée par le mariage pour tous, les humeurs de ministres écologistes, et la survie des sénateurs-maires, espèce menacée en permanence et phénix de la représentation démocratique, découvre le "socialisme de l'offre", en termes clairs le ralliement de l'actuel parti de gouvernement au social libéralisme. C' est inoffensif mais on ne vit décidément plus sur la même planète. 

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