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78 articles avec actualite

Edifiant dialogue apte à dissiper tout quiproquo

Publié le par Jean-Pierre Biondi

- Le budget de l' Etat français est dans le rouge, n' est-ce pas?

- Pour quelques années encore, c' est à craindre.

- Puisque nous avons du mal à remplir nos obligations, comme l' interdiction de dépassement du déficit de 3% du PNB, qu' est-ce qui nous force à guerroyer un peu partout? Une fois au Liban, en Bosnie, au Koweit, en Côte d' Ivoire, en Afghanistan , en Libye, une autre au Mali et en Centrafrique ? Le port-avions Charles de Gaulle est ancré au Levant pour envoyer des "Rafales" sur l' Irak. Seuls, les U.S.A sont aussi bellicistes.

- Nous combattons à leurs côtés la barbarie et vous appelez ça du bellicisme ! Il y va en réalité de notre réputation de champions des Droits de l' Homme et de la Liberté d' expression !

- Finis donc la politique arabe du Général et le discours de Villepin à l' ONU ?

- Dieu merci !

- D' autres nations européennes, au demeurant respectées à Washington, comme l' Allemagne, qui jouit d' un budget florissant, ou l' Angleterre, qui a régné à travers le monde, participent cependant assez peu à cette oeuvre de salubrité planétaire...

- Faut-il rappeler qu' elles n' ont que 6% de chômeurs ? Nous, 11 passés. Que 25% des jeunes Français sont sans boulot, que Daesh constitue le premier employeur en Seine-Saint-Denis ?

- Est-ce à dire qu' il faut recruter plus de militaires pour espérer inverser la courbe du chômage, quitte à faire en permanence de la France une contrée d' anciens combattants ?

- Et notre industrie d' armement, qui fait rentrer des devises, faudrait-il la sacrifier, selon vous?

- Je me demande seulement si tout cumulé ne finit pas quand même par coûter des fortunes que nous n' avons pas .

- Préféreriez-vous fermer les arsenaux, accroître la dette, jeter les ouvriers à la rue, et, comble de l' absurde, payer des amendes supplémentaires à Bruxelles ?

- Peut-être ragaillardir, avec une part des sommes investies, les services publics qui battent de l' aile...

- Ne donnons pas, je vous en prie, dans la démagogie populiste.

- En nous mettant ainsi en avant, ne risquons-nous pas en tout cas de devenir sans bénéfice la cible privilégiée du terrorisme ? Les islamistes menacent quotidiennement la France et kidnappent volontiers des Français qu' il faut chaque fois racheter au prix fort.

- Dire cela est dédaigner nos remarquables services de renseignements, le plan "Vigie Pirate", les dix mille sentinelles veillant en permanence sur les lieux officiels et à la porte des synagogues.

- J' entends, mais j' y reviens : cela ne suppose-t-il pas à terme des impôts supplémentaires ?

- La peur des attentats est le meilleur argument pour lever des impôts exceptionnels sans histoire.

- Et puis on peut en profiter pour traquer l' optimisation fiscale. Il parait que Mac Do doit un milliard au fisc.

- Bien sûr, bien sûr, mais alors en concertation avec nos amis américains. Ne perdons pas de vue que cette entreprise crée des emplois et stimule l' élevage français. Justement, le ministre Cazeneuve vient de faire une tournée là-bas. Il a saisi l' occasion pour évoquer le problème du net, arme de destruction massive de la propagande jihadiste. Car la bataille se joue maintenant sur ce terrain.

- C' est vrai, on ne parle plus du nucléaire qui n' existe pas.

- Les stratégies ne sont pas des menhirs. Depuis 1944, notre Etat-major ne cesse de s' adapter au contexte.

- Bon, en résumé on pourrait soutenir qu' aujourd'hui la France fait la guerre par pacifisme économico-social, qu' en défendant le Droit elle donne un coup de pouce à l' Emploi, non?

- Voilà ! C' est un plaisir de trouver quelqu'un qui rend hommage à la limpidité d' une telle politique.

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Valeurs

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Les élections départementales approchent (22 et 29 mars), et ce n' est pas l' étalage des disputes des socialistes en vue de leur congrès de juin qui va émouvoir un Front National toujours en progression. C' est pourquoi Valls tente d' élever une nouvelle digue contre le parti de Marine Le Pen. A ceux qui font observer que le Front est autorisé depuis 1972, qu' il a été stimulé par Mitterrand dans les années 80 pour faire barrage à la droite parlementaire, donc consacré "démocrate", on oppose l' argument selon lequel ce mouvement ne respecte pas les "valeurs républicaines" sans préciser comment et pourquoi. Effet rhétorique ou menace voilée qui ne modifient apparemment ni l' opinion des citoyens sur l' incapacité et la corruption des hiérarques , ni le phénomène politique de l' abstention, dont il faudra bien finir un jour par tenir compte..

Sans doute faut-il ranger au premier rang des "valeurs républicaines" la liberté d' expression qui a poussé récemment dans la rue une France assez louis-philipparde, autant apeurée par l' insécurité que choquée par le meurtre de dessinateurs humoristiques pour vieux bobos. Toutefois, quand Roland Dumas déclare Valls "sous influence juive", quand le philosophe Alain Badiou écrit "la loi de notre pays est celle de la pensée unique et de la soumission", quand des voix osent confesser qu' elles "ne sont pas Charlie", ou de mauvais esprits "du 11 janvier" soupçonner Zemmour de se faire du blé en fabriquant des terroristes islamistes, tous risquent un détour par la garde à vue et frôlent la mise en examen pour "incitation à la haine raciale". Aussi est-on parfois tenté de se demander si le Pouvoir n' use pas du double langage.

En fait, puisqu' on en parle, la vraie valeur, dominante et républicaine à la fois, c' est le fric. Le fric, ce patron d' origine occidentale, friand de paradis fiscaux et conçu pour monopoliser l' uranium et le pétrole, quitte à organiser , au nom du Droit, des expéditions mixtes Armée-Entreprise conférant à des territoires entiers l' aspect de vestiges archéologiques.

Dans ce vaste réaménagement planétaire, nos Républiques ne s' en tirent pas si mal. Dotée dans les années 20 de la première armée du monde et, dans les années 40, de la dernière, la France a repensé son destin. Plus question, bien sûr, de domination, comme à l' époque où, forte d' un Empire colonial, sa voix influait sur l' ordre du monde. Là s' est opéré le virage : du gaullisme, ultime avatar de la grandeur, on est passé au rôle d' entremetteur, plus adapté à la réalité de notre puissance.

La République de Hollande est un régime essentiellement médiateur : sas entre la rigueur du nord et le laxisme du sud, tampon entre l' archéo-socialisme et le néo-libéralisme, porte de communication entre le souverainisme gaulois et le fédéralisme européen, entre l' Ukraine de l' ouest et celle de l' est, l' OTAN et Poutine, l' Etat et les Multinationales, l' ouverture des magasins le dimanche et la diminution du temps de travail. Voilà une "valeur républicaine" typique, qu' en effet le F.N semble ignorer : l' entre deux.

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Contre tous les rentiers de la haine

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La limite qu' on peut tracer de l' unanimisme de la manifestation du 11 janvier dernier se rapporte, me semble-t-il, à la confusion qu' a induit ce moment d' émotion collective : tout le monde était-il là pour les mêmes raisons ?

Le terrorisme stricto sensu ( plus sanglant que ses formes psychologiques, non moins nocives ) est un acte de violence aveugle qu' aucune population ne saurait endurer (mais qui n' est, sans rien excuser, ni une innovation ni une exclusivité salafistes). Encore que la frontière puisse parfois se faire incertaine entre "terrorisme" et "fait de résistance" (cas de la MOI sous l' occupation, du FLN et de l' OAS en Algérie, etc ). Ledit terrorisme engendre alors une répression d' autant plus excessive qu'il s' est montré cruel, le désir obsessionnel de vengeance, bref un partage sans fin des rancunes .

La police a emmené l' autre jour au commissariat de Nice un enfant maghrébin de 8 ans. Il avait tenu des propos favorables aux auteurs des attentats de Paris. L' action légitime visant l' éradication des réseaux fondamentalistes justifie-t-elle une telle décision, que personne n' a assimilé à une "bavure" ? Et cette réaction, qui peut sembler singulière dans un pays par ailleurs sensible à la liberté d' expression, cette réaction donc aux propos d' un élève de CE2, est-elle finalement le meilleur choix ? ne conforte-t-elle pas le sentiment du "deux poids deux mesures" utilisé par les djihadistes pour dénoncer une islamophobie que certains cherchent à exploiter politiquement ?

C' est vrai du F.N, cela l' est aussi de tous les rentiers de la haine, musulmans sans doute, mais pas seulement. Ainsi lit-on dans " Europe Israël news " (non daté ni signé ) : " Le président de l' association France Palestine Solidarité (AFPS), Taoufiq Tahani, en comparant l' enrôlement des ressortissants juifs français dans l' armée israëlienne aux départs des djihadistes français vers la Syrie, révèle son vrai visage et sa sympathie pour le terrorisme (...) L' engagement de ces concitoyens juifs devrait être salué et encouragé. Ils sont notre fierté (...) ".

Voilà, pour le moins, de quoi faire basculer les sentiments des quartiers "sensibles" ! ... Il faudrait tout de même calmer le zèle délateur d' une partie de notre société, cette hystérie du soupçon et de l' injure gratuite, ce renouveau de mac-carthysme, hier anticommuniste, arabophobe aujourd'hui, qui sait quoi demain.

Est-on, disant cela, complice des tueurs et ennemi des libertés ? On est toujours le "terroriste" de quelqu'un. Mais il est bien difficile d' applaudir une chasse aux sorcières qui aboutit dans une salle de cours élémentaire. J' ai vu, lycéen, cela dans les années 40. Avec une conclusion plus tragique, évidemment. Cela m' a définitivement dégoûté de hurler avec les loups et de vouloir prêter main forte aux pêcheurs en eaux troubles.

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Quand certains découvrent l' Amérique

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Il aura donc fallu 17 morts d' un coup pour que certains, de droite, de gauche, engagés dans la vie publique depuis 30 ou 40 ans, déclarent "découvrir le refus d' intégration", et se posent des questions sur la politique d' immigration. "Que se passe-t-il? pourquoi ce rejet de notre modèle républicain?" demandent-ils, trois décennies après "la Marche des Beurs de 1983 pour l' égalité et contre le racisme". Mais où ces gens vivent-ils? à qui parlent-ils? cela me rappelle les débuts de la guerre d' Algérie et les discours hors sujet, en 1954, de Mitterrand, ministre de la Justice...

1200 filles et garçons sont partis combattre pour le djihad, 3000 autres essaient d' y aller, et nos élus ne se doutaient pas que, derrière un tel phénomène, peut exister un problème de société? Ils votent régulièrement le budget conséquent affecté à "la politique de la Ville", puis pfuit, plus rien...Ce niveau d' irresponsabilité devrait être sanctionné.

On ne va pas se repasser tout le film, mais rappelons qu' en janvier 2005, il y a très exactement dix ans, un "Appel des Indigènes de la République" (la 3ème génération d' immigrés) tentait de mobiliser l' opinion. Le feu couve, disait en substance le texte. Un incivisme destructeur traduit la frustration de nombreux installés-inassimilés.

En 2010, j' ai personnellement publié, aux éditions Libertalia, un livre sans grand écho intitulé "Clio et les Grands-Blancs, la décolonisation inachevée" où - on m' excusera de me citer- j' écrivais : " une relation s' établit entre colonisation passée et immigration présente. Sa logique conduit à un différencialisme qui implique une rupture avec la nation et la représentation de la France comme entité historique (...) On entre de ce fait dans un processus de résistance qui met en évidence un rejet de la mixité jusques et y compris chez des moins de 13 ans."

Quelles perspectives pour une société dont les adversaires radicaux souhaitent la désintégration? Ni un utopique alignement identitaire, ni l' abandon aux communautarismes, ni la pure démagogie laïciste, ni l' absolutisme religieux. La problématique est depuis longtemps posée, les lanceurs d' alerte ont fait le boulot. Mais il faut des morts pour qu' on s' aperçoive de ces réalités : une jeunesse dégoûtée qui se plaint d' être marginalisée et ne va pas voter, récuse la police et réclame plus de protection sociale, se révolte contre les ghettos et pleure le dynamitage d' une tour.

L' habituelle réponse intégratrice et paternaliste ne calme pas les "séparatistes" qui assument l' apartheid en s' appropriant des "territoires" où prospèrent des "bandes" unies dans la même haine des institutions.Donc, les "politiques" s' étonnent. Ils ne comprennent pas. Depuis 50 ans que ça dure en s' aggravant, il est là, le véritable scandale.

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"Malséance"

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Tout ça ne se dit pas. C' est malséant. On peut seulement le penser : le 11 janvier 2015 a été, d' un point de vue purement sociologique, une manifestation de la petite et moyenne bourgeoisie judéo-chrétienne d' âge assez mûr, saisie par une émotion collective. Procès-verbal non entériné en haut lieu mais corroboré par la "minute de silence " agitée dans les collèges et lycées techniques, et par le pape François, homme du tiers-monde.

Ce fut en outre, comme on pouvait le prévoir, l' auberge espagnole : certains se trouvaient là pour condamner le meurtre en tant qu' instrument politique, d' autres pour affirmer la liberté d' expression et la laïcité, ou saluer la mémoire des 17 victimes, d' autres encore parce qu' " ils n' aiment pas les Arabes", ou alors qu' ils sont juifs et qu' on a assassiné quatre des leurs. Il y avait aussi des "people", dont la vocation est d' être photographiés, des intellectuels jamais-loin-du-peuple, puis tous ceux qui se disaient : "ç' aurait pu aussi bien m' arriver". Bref, de vrais indignés et des compatissants circonstanciels.

Nétanyaou en a profité pour faire son marché électoral boulevard Voltaire en appelant à nouveau ses coreligionnaires à s' installer en Israël, ce qui a un peu énervé Valls. Imaginons l' inverse : Hollande conviant à Tel Aviv les habitants à choisir d' émigrer en France, ce ne pourrait être que de l' antisémitisme.

Quitte à passer pour tout à fait malséant, il faut souhaiter un brin de probité. Les préfets interdisent le spectacle de Dieudonné au nom de la tolérance et de l' ordre public. Pourtant celui-ci n' a jamais provoqué d' émeutes comparables à celles qu' engendre, du Maroc à la Tchétchénie et au Pakistan, la Une humoristique et irresponsable de "Charlie hebdo". S' agissant enfin des soixante huitards dernière version, brandissant le drapeau tricolore et embrassant les CRS en chantant "La Marseillaise", quand sont-ils sincères?

"Nous sommes en guerre!", s' est écrié le Premier ministre qui aime l' entreprise. Ce bellicisme ne dessert-il pas les échanges économiques? Les Allemands -référence obligée- se montrent plus prudents car nous vivons toutes et tous de périlleux moments, jalonnés de feux de paille (manif' géante, flambées islamophobes type Zemmour ). Les logiques contradictoires rendent le dialogue interculturel difficile et les accusations pleuvent : fanatisme et impérialisme, racisme et intolérance, fascisme et colonialisme...

Seuls, deux groupes semblent tirer leur épingle du jeu : les terroristes, qui sont en train de transformer les Français en auxiliaires de police, et les politiques qui emmagasinent une augmentation bienvenue de leur cote de popularité.
Pardon pour la "malséance".

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Pourquoi il y en a aussi qui n' ont pas été Charlie (fin)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Dans une foule pareille, on cherche les absents : les représentants des Etats du Maghreb, une figure de la gauche de la Gauche... Impossible en revanche de ruser avec les rangs serrés des responsables UMP, sans compter Sarkozy et les anciens premiers ministres, invités de droit. Beaucoup d' orphelins affamés de pouvoir.

Posant boulevard Voltaire, parmi les chefs d' Etat et de Gouvernement, Nétanyaou, seul à demeurer encadré de gardes du corps : Nétanyaou, normalement passible du Tribunal Pénal International après avoir donné l' ordre de bombarder tous les hôpitaux de Gaza pour empêcher de soigner les blessés.

Le journal israëlien "Haaretz" du 8 janvier 2015 a révélé que Hollande lui avait demandé de ne pas venir. Il est venu quand même. Du coup, le Français a invité Abbas, président de l' Autorité palestinienne, pour ne pas déséquilibrer une diplomatie plus que fragile. Sans pour autant éviter l' hypocrite récupération à laquelle s' est, bien sûr, livré Nétanyaou en exhortant une nouvelle fois les Français juifs à émigrer en Israël.

Il n' y avait sans doute pas dans la rangée des dirigeants venus célébrer la liberté de la presse que des champions des élections libres. Ce n' était pas le cas de Nétanyaou, dont on sait qu' il conduit l' unique "vraie démocratie" du Moyen Orient. Pourtant...

Pourtant 13 journalistes ciblés comme tels ont été tués à Gaza en juillet 2014, et le siège de 4 médias visés et détruits par Tsahal (source : Fédération Internationale des Journalistes). Il n' y a donc rien à regretter dans tout ça, sinon un geste de solidarité avec une population de bonne foi (apparemment plus "classe moyenne" que tout à fait populaire), secouée par l' émotion, au-delà des étiquettes, couleurs de peau et manipulations politiciennes, emportée par un désir de communion, forcément éphémère parce que trop composite, comme Paris en a connu au cours de sa longue et riche Histoire.

Digne et lent défilé d' une Espérance qui doit continuer maintenant avec ses 3 millions et demi de chômeurs et ses 5 millions de Musulmans.

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Pourquoi je ne suis pas Charlie

Publié le par Jean-Pierre Biondi

C' était beau, ce geste spontané, le premier soir, de gens qui n' avaient jamais lu "Charlie hebdo" et brandissaient des pancartes, juchés sur la statue de la République, cette solidarité avec des victimes qui auraient pu être leurs pères.

Mais quand M. Philippe Vial, qui avait planté le journal pour aller servir la soupe sarkoziste à Radio France après avoir viré Siné, a déboulé en pleurant comme un veau, il y a eu un début de malaise. Puis, le tsunami des pathos officiels aidant, le sentiment d' un exhibitionnisme bon ton et d' une logorrhée à tout va.

Non que je cherche à me distinguer : pourquoi le ferais-je, je suis aussi sincèrement patriote, républicain et laïc que bien d' autres. Mais aller maintenant manifester mes opinions avec tous les banquiers de l' Europe, non merci. Tant pis pour la grande Fête de la Liberté d' expression. Ce raout UMPS risquant de faire encore gagner des points à Marine Le Pen, je ne le trouve pas spécialement génial.

Le bon coup des salafistes d' ailleurs, c' est de créer ainsi la confusion chez les "souchiens" et d' accélérer dans la foulée le communautarisme parmi les jeunes franco- musulmans. De cliver un peu plus. Ce fondamentalisme, qu' on le veuille ou non, est, aussi, un combat de pauvres et l' effet d' un vieil échec d' intégration (seuls dans notre Histoire, Napoléon III et de Gaulle ont énoncé une "politique arabe"). Je pense donc que Daesh est, quelque part, une retombée directe de la guerre d' Algérie, du conflit israëlo-palestinien et des interventions militaires américaines en Irak et en Afghanistan. On ne saurait guerroyer sans cesse pour l' uranium et le pétrole, et s' étonner ensuite de récolter des attentats à New York, Londres, Boston ou Paris.

Les nationalismes du Maghreb, par exemple, sont, ne l' oublions pas, nés dans les misérables hôtels d' ouvriers du quartier de La Chapelle des années 20. Les Orientaux ont leur conception propre du temps et une mémoire d' éléphant.Les tueurs lancés sur " Charlie", persuadés de n' être que des "colonisés métropolitains", en butte à une haine judéo-chrétienne injuste, ont mis dix ans pour "venger" le Prophète et mourir en "martyrs" aux yeux des "petits frères". Il faut partir de là, du " passé intérieur", pour essayer de comprendre le phénomène terroriste, et de le désarmer.

Le reste, les gesticulations des moralistes médiatisés, les hommages démagogiques à un anarchisme un peu people quand même, les échafaudages des stratèges politiciens flairant l' aubaine électorale, ne valent que l' heure d' un slogan trop récupéré pour exister longtemps.

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Histoire de Gentils et de Méchants

Publié le par Jean-Pierre Biondi

A y réfléchir, qu' espèrent en Europe orientale les Etats-Unis et l' Allemagne sinon la conquête, à moindres frais, du vaste marché russe, la maîtrise de ses ressources énergétiques sur fond d' Economie délabrée, et le contrôle de sa puissance militaire? Quelle autre hypothèse répond-elle à l' offensive de l' Occident qui pousse Moscou dans ses retranchements?

Depuis 1917, la Russie vit dans la hantise de l' encerclement : c' était vrai lors de sa période révolutionnaire, quand Français et Britanniques s' efforçaient de porter secours à l' Armée blanche, vrai encore dans la phase stalinienne avec la guerre froide, vrai quand le Kremlin cherchait accord avec les Non Alignés (Nasser, Tito, Nehru), c' est vrai aujourd'hui avec les efforts anglo-saxons pour arrimer l' ex glacis protecteur de l' URSS (feu les Démocraties populaires) au char de l' OTAN et de la Communauté Européenne. Il faut aussi partir de ces faits pour comprendre plus aisément le comportement de Poutine.

Le peuple russe, premier vainqueur du nazisme moyennant 23 millions de victimes, ne penche assurément pas vers le bellicisme pour en avoir bien connu les effets. Mais, menacé dans son pré carré par les convoitises d' une Finance mondialisée dénonçant le totalitarisme dont elle sait s' accommoder quand besoin est, ce peuple fait instinctivement corps autour de son leader.

Sans doute Vladimir Poutine n' est-il pas un petit saint. C' est un patriote, comme la quasi totalité des Russes. Verrouillée au sud par les bases américaines de Turquie et du Golfe, condamnée à une étroite fenêtre concédée par la Syrie en Méditerranée, privée de débouchés sur l' océan indien, bernée en Libye par le tandem Sarkozy-Cameron, la Russie post-soviétique n' a pu, elle aussi, desserrer l' étau qui la contraint depuis bientôt un siècle, démontrant par là qu' il n' y a pas en l' affaire qu' une question de communisme.

Dès lors, la crise ukrainienne s' éclaire d' un autre jour : celui d' un projet supplémentaire d' enfermement par la déstabilisation d' un pays historiquement schizophrène, pro-européen dans sa partie ouest (avec certaines connotations fascisantes, n' oublions pas la Division SS Galicie), russophone et russophile dans sa région est qui fut un moment le lieu d'un " Etat cosaque " et dont les habitants ne sont pas impatients d' aller travailler en Allemagne pour 3 euros de l' heure. L' Ukraine en fait a tout connu : les Empires lituano-polonais, austro-hongrois, russe et stalinien.

Vouloir maintenant la détacher totalement de l' influence de Moscou, c' est tenter d' éloigner la Californie des USA, c' est offrir à Poutine le statut de Sauveur face à une entreprise ressentie comme une agression. On ne saurait rêver, en dépit des sanctions américaines,de la chute du rouble et de la confiscation par la France de deux bateaux, meilleure occasion de renforcer le panslavisme.

Les méchants seigneurs des steppes ne sont donc pas décidés à brader leur sécurité pour le plaisir des gentils démocrates du Far West. Ils seraient même prêts, faute d' autre choix, à risquer un conflit. Il vaut mieux le savoir, et le faire savoir.

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Gardez la monnaie...

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le Front National bénéficie d' une indéniable dynamique politique. Sondage après sondage,élection après élection, partielle ou non, son score ne cesse de progresser aux dépens des partis dits "de gouvernement" . Cela, et le prévisible bond en avant de l' abstention comme acte de refus, traduisent le mécontentement (voir nos cinq articles intitulés "Le roman du mécontentement français", du 2 au 8 juin 2014) des classes populaires et des couches inférieures de la classe moyenne, que l' irresponsabilité du récent redécoupage régional exaspère encore.

Le discrédit, longtemps canalisé, déborde. Les arguties "républicaines" ne portent plus parce que la confiance est perdue, depuis tant de promesses mensongères et devant tant de scandales tous azimuts. Le chantage au danger anti- démocratique n' attire en retour qu' une question de bon sens : si ces gens sont vraiment des fascistes, pourquoi n' interdisez-vous pas leur organisation? mais s' ils répondent en revanche aux conditions légales requises, pourquoi avec plus de 25% d' électeurs ne peuvent-ils obtenir que 2 députés quand les écologistes, avec dix fois moins de voix, ont droit à tout un groupe parlementaire?

Ou bien encore : pourquoi emprunter à taux normal 9 millions d' euros à une banque tchéco-russe, après avoir essuyé un refus concerté des banques françaises, serait-il plus louche que le doute, mobilisant la justice, sur l' origine précise d' une partie des fonds du "Sarkothon"? (comme on disait autrefois : "on ne monte pas au mât de cocagne quand on a sa chemise sale").

La fourberie de la classe politique en place rappelle étrangement l' époque où le Parti communiste dépassait aussi les 25%, et où était ouverte, avec les moyens d' Etat, donc la poche du contribuable, une écoeurante chasse aux militants ouvriers. Ces méthodes, s' appuyant sur la domestication médiatique, sont exécrables et, à la limite, inopérantes.

L' important n' est donc pas une affaire de prêt, au demeurant assez modeste, accordé au F.N par une banque étrangère, au su et au vu de chacun. Il est sûr qu' en fouillant bien, des juges d' instruction trouveraient, notamment en provenance du Qatar, des "transferts" autrement conséquents. Non, le souci est celui de la stratégie économique et financière que conduirait Marine Le Pen si elle parvenait au pouvoir.

La dirigeante du Front justifie un abandon de l' euro et le retour au franc en se référant aux exemples de la livre sterling et du franc suisse. Dans le cas anglais, elle omet de dire qu' en réalité la monnaie britannique est une filiale de la zone dollar, souveraine en matière de commerce international. Rétablir un franc équivalant à un euro dévalué de 40% ne serait qu' une éphémère satisfaction d' amour-propre. Quant à la Suisse, on sait que depuis un siècle cet aimable pays sert de coffre-fort et de blanchisserie à toutes les manipulations d' argent. Son franc est, pour l' essentiel, le reflet de la fraude et du recel, sous couvert de la plus hypocrite des neutralités. Est-ce là le destin souhaitable d' un franc français "libéré"?

C' est là-dessus que finira par buter le F.N, pas sur les vaines invectives de ceux qui tremblent pour leurs sinécures. Avec la mondialisation, irréversible, la monnaie est un domaine trop sensible pour faire l' objet d' expérimentations incertaines. L' euro est la seule création qui permette au continent européen, faute de diplomatie et de défense communes, de compter encore: ne le bousillez pas Nettoyer, aérer, démocratiser les écuries de Bruxelles, nombreux sont ceux qui en éprouvent la nécessité. On les comprend. Mais gardez la monnaie !

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Démocratie molle et mouvement social

Publié le par Jean-Pierre Biondi

On ne parle plus de " mouvement révolutionnaire ", type marxiste ou anarchiste. Il y a belle lurette que le terme a disparu, sauf au sein de quelques touchants groupuscules. On se réfère désormais au "mouvement social" pour évoquer le comportement. du monde du travail.

C' est que sans être tout à fait grippé, celui-ci est empêtré dans les rouages d' une démocratie molle associant une dose calculée de social libéralisme au capitalisme repeint aux couleurs de la modernité. Le fruit en a été une série de défaites pour les salariés dont l' une des dernières, en 2010 concernant l' âge la retraite , a engendré une sensible démobilisation de masse.

Quand on se retourne sur les conquêtes du siècle précédent, on est amené à s' interroger sur les raisons d' un renversement de situation aussi frappant. La facilité est d' incriminer d' emblée l' échec du communisme et l' insuffisance des conclusions qu' on en a tiré. Comme si chacun demeurait paralysé par la crainte d' une révision assimilable à un recul théorique, et avait choisi de se crisper sur des schémas démentis par les faits, des modèles d' organisation obsolètes, des formes de lutte contre-productives. Ainsi le sociétal finit-il par supplanter le social frappé de mutisme, l' arbre à cacher la forêt.

Cela toutefois ne fournit pas une réponse vraiment satisfaisante.. Les événements de 68 déjà, ont marqué un reflux de la certitude idéologique prévalant depuis le Front populaire. ( on a vu alors se précipiter par la porte ouverte toutes sortes de confusionnistes du genre des "nouveaux philosophes", et autres "m' as-tu-vu" libéralo-libertaires.)

Ce n' était là, bien sûr, qu' un régime de liberté conditionnelle, vite illustré par les délocalisations, la soumission au crédit, la précarité de l' emploi sur fond de matraquage publicitaire et de désindustrialisation. La nature ploutocratique de la démocratie molle, ou dictature de l' argent, était clairement affichée.

Se sont ajoutés, au passif de la conscience de classe, l' émergence de communautarismes clivants nés d' une immigration mal intégrée, et le manque d' exigence de formation générale des travailleurs à la production numérisée . Dans ce capharnaüm, le mouvement social, avec ses partis et ses syndicats, semble bien distancié. C' est d' autant plus inquiétant que la démocratie molle peut n' être qu' un provisoire emplâtre, garant de la faculté de refuser

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