Amazones de la mer

Publié le par memoire-et-societe

   Toutes deux étaient belles et toutes deux artistes: Valentine Penrose,née Boué, fille d' un colonel des Landes, et Alice Rahon, épouse Paalen, native du Doubs. Tout les conduisait à s' aimer. C' est le Paris surréaliste des années 20 qui a été leur dénominateur commun. Valentine y a rencontré un peintre-photographe anglais,ami d' Eluard, Roland Penrose, qui l' entraine en Egypte et qu' elle quitte pour un ashram en Inde où la rejoint  Alice. Puis elle part  faire la guerre en Angleterre et en Afrique du nord, avant de partager le restant de sa vie entre le Sussex et la France. Ses premiers poèmes datent de 1926, la publication posthume de son Oeuvre de 1998.

   De son côté, Alice a épousé le peintre autrichien Wolfgang Paalen, a une liaison avec Picasso, enfin court  retrouver Valentine en Inde avant de s' établir définitivement au Mexique où elle anime la vie artistique avec Frida Kahlo et Diego Rivera.

   Valentine a privilègié l' écriture, mais produit également des "collages" où elle libérait un imaginaire débridé ( La Fête de la Tête). Alice a cessé d' écrire dès 1941 pour ne se consacrer qu' à une peinture noyée d' inventions subtilement colorées (Homme traversé par une rivière, en hommage à Breton). Mais des années durant, leurs paroles continuent de se faire écho :

   " Ma blonde mon amour

      Ma tiède mon amour

     Je m' en irai mourante

     Jusqu' au petit point où elle est allée

     Sans rien exiger

     Je la trouverai

     Et le feu prendra de mutuel destin "

( Valentine Penrose. " Poems and Narrations ")

   " Les amazones de la mer

     En robe noire dansent

     Comme des araignées dans leur toile

     Et crient et jouent à bouche close (...)

     Chacune son fil blanc assis sur le noir "

(Alice Rahon. "A même la terre" )

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