Le jeu des nationalités (fin)

Publié le par Jean-Pierre Biondi

MISE AU POINT : suite à une erreur de manipulation, l' article de ce blog daté du 17 octobre 2011 et intitulé "Le jeu des nationalités", s' est trouvé effacé (voir information du 18 août dernier). Une lectrice a permis de le récupérer en signalant qu'il a été aussi publié dans l' ouvrage tiré de "Mémoire et Société", "Chroniques franco-citoyennes" (éditions Dictus Publishing, Sarrebrück,2013).

Le sujet a acquis depuis une acuité particulière avec la présence confirmée de 800 bi-nationaux, en majorité franco- maghrébins, sur les divers théâtres d' opération du Moyen Orient. D' autant que certains, comme Mehdi Nemmouche, sont susceptibles de constituer un danger terroriste à leur retour en France.

Ci- dessous le texte retrouvé :

" L' actualité a mis l' accent sur le sort du soldat franco-israëlien Shalit , objet de négociations entre le Hamas et le gouvernement de Tel Aviv. Voici un caporal des blindés capturé dans son char au sud de la bande de Gaza par les "Comités de résistance populaire". Né en Basse Galilée, Shalit a obtenu la nationalité française par filiation d' une grand'mère auprès du Consulat général en Israël. Ni lui ni son père, Noam Shalit, interviewé en hébreu sur France 24, ne parlent français. Nicolas Sarkozy a mené une active campagne pour la libération de notre "compatriote", présenté comme "otage", et le maire de Paris, Delanoé, l' a fait "citoyen d' honneur" de la Capitale. Pas un mot, en revanche, sur l' étudiant franco-palestinien Hamouri détenu depuis 2005 pour "délit d' intention", notion inconnue en droit français.

" Que Shalit et 477 Palestiniens soient rendus aux leurs est une bonne chose. Reste la question posée par le cas des concitoyens impliqués dans des conflits armés auxquels la France ne participe pas (Palestine) ou dans lesquels elle se range officiellement dans un camp opposé (Afghanistan). Là réside toute l' ambiguïté de la double nationalité.

" Un avocat comme Arno Klarsfeld a pu être tour à tour officier dans l' armée israélienne (on note un nombre grandissant de juifs français installés à mi-temps en Israël et opérant d' incessants allers et retours) et conseiller à l' Elysée. Robert Bourgi, avocat lui aussi, d' affaires pour le moins peu claires et très légalement "franco-ivoirien", est issu d' une influente famille libanaise naturalisée sénégalaise. Des membres de l' équipe de France de football et leurs familles détiennent plusieurs passeports différents. On pourrait continuer longtemps.

" N' est-ce pas là porte ouverte à des opérations, ingérences ou intimidations que nous voyons se multiplier, par exemple avec l' audio-visuel public : attaques contre l' estimé correspondant de France 2 au Moyen Orient, Charles Enderlin, démarche conjointe du président du "Conseil Représentatif des Institutions juives de France" (CRIF) et de l' ambassadeur d' Israël, auprès du PDG de France Télévisions à propos de l' émission "Un oeil sur la planète", diffusée le 3 octobre dernier (octobre 2011). Que dirait-on si l' ambassadeur à Tel Aviv ou en Alger se permettait pareil lobbying? Veut-on donc alimenter le terreau du Front National? Le nationalisme ne peut pas être pure vertu hors frontière et poison mortel dès qu' il gagne l' hexagone. Pas plus qu' il n' est admirables de venir bénéficier de tous les avantages sociaux d' un pays qu' on affirme mépriser.

" Le jeu des nationalités multiples, avec ses passe-droits, ses arrangements, ses abus,ses trafics, ses délits, a profité jusqu' ici d' un total non-dit et d' un large laisser-faire. N' est- ce pas un peu trop pour que la "politique" l' ignore indéfiniment ?

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