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69 articles avec politique

Variations

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Il n' y a pas si longtemps des New Yorkais déversaient leurs bouteilles de bordeaux dans le caniveau, et la presse américaine qualifiait les Français de lâches et d' ingrats. Chirac refusait de suivre Bush et Blair, lancés contre Saddam Hussein. Rappelons le bilan : aucune arme "de destruction massive" trouvée, 400.000 Irakiens tués, un pays millénaire détruit et livré à l' anarchie, l' émergence d' une sanglante Théocratie dirigée par d' ex officiers du même Hussein.

Aujourd' hui, Madonna a inscrit "La Vie en rose" à son répertoire, on entonne "La Marseillaise à Broadway, et le stade de Wembley s' exhibe en tricolore. Faut-il donc que des Français meurent dans des attentats salafistes pour mériter la considération du monde anglo-saxon?

Fabius s' était fait, lui, le champion de la guerre contre le président syrien. Si on l' avait écouté, la France, précédant les troupes américaines, aurait marché droit sur Damas. Obama a dit non. Poutine, privé de deux bateaux revendus à perte, également. Résultat, Hollande a inversé sa politique. Nous allons maintenant coopérer avec Poutine et Bachar al Assad. S' il avait un peu de fierté, Fabius aurait démissionné. On aurait alors pu avantageusement le remplacer par l' un des quatre parlementaires partis il y a quelques mois discuter avec le président en place de la Syrie sous les huées gouvernementales et médiatiques.

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Sortir d' où on n' est pas entré

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Les Anglais publient régulièrement des sondages sur la cote d' amour des étrangers chez les sujets de sa Majesté. Le dernier ne dément pas les précédents : les Frenchies arrivent en queue de peloton, plus bas encore que les Gallois, à peine plus haut que les Islamistes. Nous sommes donc aussi sales,menteurs,paresseux, prétentieux et lâches que nos pères. Nos femmes et nos filles aussi faciles que l' étaient nos mères. Si bien qu' on se demande :

a) pourquoi le Royaume se targue d' avoir sauvé un peuple aussi "couard", ainsi que l' attestent les monuments aux morts de tous les villages de France?

b) pourquoi tant de Britanniques viennent séjourner ou s' installer entre Le Touquet et Menton?

Ces préjugés quotidiennement ressassés par la presse populaire d' outre-Manche ne laissent pas d' intriguer. Quelle raison profonde trouver à cette persistante hostilité? On arrive alors à deux conclusions plausibles:

a) la conviction que la France devrait être un dominion, via les Plantagenêt, si des rois sans scrupules n' avaient dérobé le territoire à la Couronne britannique.

b) la certitude que les Français devraient être logiquement anglicans au lieu d'être demeurés papistes comme les Irlandais, autre tribu rétrograde.

On comprend mieux ainsi pourquoi l' Angleterre ne saurait de se commettre plus longtemps avec le continent. Elle va organiser, sans le soutien de l' Ecosse, un referendum à ce sujet : la raison voudrait qu' elle quitte une Communauté où elle n' est jamais vraiment entrée.
Sauf, bien sûr, si la City, "première place financière européenne", s' y oppose...

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De l' audace, toujours de l' audace

Publié le par Jean-Pierre Biondi

On n'est jamais si bien servi que par soi-même. A l' occasion de la Fête du 14 juillet, Hollande s' est félicité de son "audace". Sans doute baignait-il dans la griserie de deux Accords qui, juge-t-il, lui doivent beaucoup. Si on y regarde de près, on constate que ces Accords, l' un arraché à coups de nuits blanches, l' autre au terme de 12 ans de palabres, sont en partie des trompe l' oeil (quelle audace que de faire voter par les députés français la retraite à 67 ans...pour les Grecs!).
Mais en l' affaire, la curiosité réside dans les contorsions diplomatiques menées en notre nom. Alors que sur le dossier grec, le président de la République jouait à Bruxelles le superconciliateur, le ministre des Affaires étrangères Fabius se montrait à Vienne le plus intransigeant des négociateurs. Bien plus intransigeant que l' Américain John Kerry, trainant pourtant l' image de " Grand Satan". Comment expliquer la contradiction?

L' Accord de Vienne, consacrant publiquement l' isolement d' Israël, et démontant ses tentatives de dramatisation, est une avancée dans le règlement pacifique de la crise du Moyen Orient. Obama en est l' orfèvre, Hollande et Fabius en ont été les saboteurs. La politique extrémiste de la France dans la région s' est encore accentuée depuis 2012. Déjà, à propos de la Syrie, le Quai d' Orsay s' était déchaîné, tentant en vain d' entraîner Washington dans une intervention terrestre contre Damas.

Résultat des courses : Fabius est obligé maintenant de ramer pour positionner l' économie française sur un marché de 100 millions de consommateurs où les autres pays industrialisés, plus avisés, sont à l' oeuvre. La question se pose : Fabius est-il vraiment à sa place?

Cherchez en tout cas l' audace dans cette voie de gendarmisation "socialiste" et solitaire tous azimuts : vous y verrez du néo conservatisme inavoué.

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Nos amis américains

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Arrive ce qui devait arriver. L'opinion française découvre clairement ce que nos gouvernants de droite comme de gauche savent depuis longtemps: le peu de cas que les USA font des pays qu' ils ne craignent pas.

Sarkozy puis Hollande, chacun à leur façon, ont multiplié les gages à l' égard de Washington : sur la nouvelle politique américaine de guerre froide envers les Russes, sur le projet de traité commercial Etats-Unis-Europe, sur le paiement par le contribuable français d' un "dédommagement" fixé par la justice américaine, la SNCF ayant transporté entre 1941 et 1944 des Juifs vers les camps nazis, etc.

Cela n' évite à personne d' être espionné nuit et jour. Ne remontons pas à Eisenhower qui, en 44, voulait mettre la France sous tutelle administrative et financière directe. On peut envoyer la frégate de La Fayette, reconstituée à grands frais, sur les côtes américaines, célébrer l' anniversaire du cadeau de la Statue de la Liberté : l' impérialisme, lui, n' a pas d' amis. Seulement des affidés sous surveillance, qu' il traite comme quantité négligeable.

C' est pourquoi les vaines contorsions de nos princes ont quelque chose de pathétique et d' humiliant.

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Jusqu'au cou

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Luther King avait fait un rêve. J'ai fait un cauchemar: au second tour des présidentielles de 2017, on avait le choix entre Hollande et Sarkozy. Moi Citoyen, habitant Paris, je me jetais alors dans le fleuve le plus proche, la Seine. Je ne dois pas être seul à raisonner ainsi.

Le vieux refrain "au premier tour on choisit, au second on élimine" ne marche plus. Au second tour, j' élimine les deux. C' est cela que confirment d' ailleurs, sondage après sondage, les électeurs

Les Partis, forts de leur anachronisme, leurs compromissions, leurs mensonges,sont devenus des repoussoirs. Mais ils continuent , congrès après congrès, de nous y enfoncer jusqu' au cou. Ce n' est pas de déclinisme que nous souffrons. C' est de tristesse.

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Europe : une ouverture?

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La montée des mouvements populistes en Europe traduit sans doute une déception davantage qu' une franche hostilité à l' idée européenne. Plus précisément une déception telle qu' elle engendre de l' hostilité.

Voici une institution, la Communauté Européenne, qui coûtera de 2014 à 2020, 908 milliards d' euros minimum, mais probablement plus, à une série de pays affectés par la crise et dénombrant 6 millions de chômeurs de moins de 25 ans. On pourrait à la rigueur souscrire au montant d' un pareil budget s' il se concrétisait par des signes de redressement et de solidarité. On va hélas dans un autre sens : le repliement sur les égoïsmes nationaux. L' Europe, "berceau des sciences", reste le wagon de queue de la mondialisation.

Où en est la nécessaire harmonisation fiscale et salariale? où en sont la diplomatie et la défense communes? les prémisses d' une construction politique crédible ? Les "directives" européennes (contredisant souvent les lois nationales qu' elles annulent) pleuvent de Bruxelles à propos de questions dérisoires (l' une des dernières interdit la fessée...) n' aboutissant au mieux qu' à dresser contre elles des catégories professionnelles exaspérées.

Il est vrai que certains technocrates semblent n' être là que pour entraver la coopération dans le continent enfin pacifié. Cette situation n' est pas un hasard. Il est, une fois encore, le produit d' une stratégie familière aux Anglo-Saxons, en l' occurrence le Commonwealth, conforté par l' influence américaine (voir sur le sujet nos chroniques " L' euro entre social-démocratie et néo -gaullisme" du 30/10/2011, et " Exploser l' euro" du 22/11/2011 ).

La tactique en ce domaine est simple et efficace : diviser pour régner. C' est ainsi qu' en poussant systématiquement à " l' élargissement" ( on en est à 27 membres ), on multiplie les occasions d' oppositions, et donc on freine d' autant toute avancée unificatrice, préjudiciable par définition. Des lobbyistes patentés parcourent inlassablement les couloirs du Parlement de Strasbourg pour expliquer le "danger" de telle loi ou l' "intérêt" de telle autre, appuyer la candidature de la Turquie, défendre la disparition de la corrida, chanter les vertus du libre échange, marchander sa contribution, jouer les fourmis du nord contre les cigales du sud, les détenteurs de monnaie nationale contre l' "euroland", critiquer certaines interventions militaires et pas d' autres, justifier l' insularisme dans l' espace Schengen, etc.

Ce sabotage scientifique assassine le Traité de Rome à petit feu. C' est une issue que ni Pompidou, qui a fait entrer la Grande Bretagne dans la CEE dès le départ de de Gaulle, ni Giscard, qui aurait ouvert la porte à la terre entière, n' avaient prévu. Aussi un net courant d' opinion se forme-t-il dans divers milieux français et étrangers pour remettre à plat le projet européen. L' idée est de partir d' une nouvelle association limitée, dans l' esprit de l' ex Communauté Charbon-Acier, entre partenaires sincères dans leur volonté d' intégration et répondant à une véritable cohérence géographique. Le tout sur un modèle ayant retenu le message délivré par l' échec du referendum de 2005, à savoir moins de technocratie et plus de démocratie.

A ce prix, peut-être la suggestion d' une ouverture véritable sera-t-elle apte à stopper la progression des populismes qui, pour l' instant, occupent le proscenium.

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22 mars

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Il est à prévoir que les proches élections départementales françaises se traduiront par une nouvelle poussée de l' abstention, fait politique majeur depuis une bonne dizaine d' années.

La Vème République est visiblement à bout de souffle, mais l' oligarchie refuse, bien sûr, la nécessaire remise en cause qui aboutirait à son propre effacement. On ne demande pas à des privilégiés du pouvoir de se faire hara-kiri. La Vème République est un régime monarchique vieux de 57 ans, conçu par et pour un homme, de Gaulle. Celui-ci en a bénéficié durant 11 ans, achevant une décolonisation que la IVème était dans l' incapacité de régler, et renforçant la position de la France sur la scène internationale. Tout aurait pu s' arrêter là. La nomenklatura ne l' entendait évidemment pas ainsi. Pompidou, malade, a régné cinq ans à peine sur la lancée de son prédécesseur, le charisme en moins, tout en esquissant la modernisation d' une économie déjà vieillissante.

Avec Giscard, on a retrouvé, sous un vocabulaire rajeuni, la monarchie familière de la bourgeoisie orléaniste provinciale (le referendum de 1969, qui avait provoqué le départ de de Gaulle, l' annonçait). Puis, avec l' avènement de Mitterrand, fruit de la rivalité Giscard-Chirac, cette exception typiquement française : une monarchie socialiste assaisonnée de social-affairisme, "les années fric".

Chirac ensuite, a été le Roi fainéant de cette dynastie décadente : douze ans de moelleux déclin où, les trente "glorieuses" oubliées et l' endettement n' inquiétant personne, l' Etat s' est aisément habitué à vivre au-dessus de ses moyens. Ce gaullisme élimé, teinté de radicalisme corrézien, a fait soudain place à la voyoucratie des Hauts de Seine, Pasqua, Balkany et consorts. C' est le rejet du sarkozisme qui a créé Hollande, alliage de bonhomie et d' irrépressible appétence social-libérale. Lequel Hollande, après stage de réflexion auprès de la chancelière Merkel, a chargé ses fougueux janissaires, Valls et Macron, d' imposer le Bad Godesberg revu par Astérix dont on parlait depuis des décennies dans les embrasures de fenêtres.

La Vème a pensé à tout, et le bilan n' est pas terrible. Le problème n' est donc pas d' élire des conseillers cantonaux, personne, mais vraiment personne, sauf les lobbys à l' affût de galette budgétaire et les apparatchiki soucieux de leur avenir, ne s' intéressant au contenu de cette enfumade . Ce que, de l' avis des sondeurs, attend la majorité des citoyens pour retourner aux urnes, c' est le glas d' institutions obsolètes qui châtrent notamment les chances de croissance et les moyens d' une plus équitable redistribution, bref un changement de République. Aux "politiques" de proposer (ne serait-ce qu' un rééquilibrage constitutionnel entre Exécutif et Législatif), aux électeurs remotivés de trancher.

L' égocentrisme de l' UMP et du PS, l' irréalisme d' un populisme qui n' aboutirait qu' à couper la France de l' Europe, les râles pathétiques de la "gauche de la gauche", tout aujourd' hui ne semble-t-il pas, approfondissant la crise de la représentativité démocratique, pensé pour inciter à rester chez soi le 22 mars? Là n' est sans doute pas la solution miracle. Mais, au-delà du geste de renoncement d' un citoyen sur deux, une façon encore pacifique de rappeler l' espoir de vrai renouveau.

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Remue-ménage et prudence citoyenne

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le paysage politique français est effervescent. A deux ans et quelque de la "Présidentielle", positionnements, rapprochements,accointances se dessinent en fonction d' un élément nouveau : le passage effectif au tripartisme. La présence électorale déterminante du Front National, introduisant dans le débat la notion de "valeur républicaine", en ajout à l' habituel clivage gauche-droite, en est, bien sûr, la raison.

Hollande, après son accession au pouvoir dans l' impréparation et l' incertitude, a pris du métier. Il muscle l' Exécutif libéral-socialiste avec un noyau dur : Valls-Le Drian-Cazeneuve-Macron. Le congrès du PS en juin n' y changera rien : les "frondeurs" n' ont pas d' espace à gauche, tandis que se développe l' abstention populaire.

C' est donc à droite que réside l' inconnue,. Le retour politique du conférencier Sarkozy est un flop. Il engendre une dispersion que cet ex- président de la République est bien incapable de juguler. Juppé reste le seul à pouvoir éviter une candidature centriste de poids en 2017. Mais le maire de Bordeaux risque de se voir affaibli dans son propre camp par le "jeune" Lemaire, encouragé en sous-main par le chef de l' UMP. Fillon, à l' affût, observe en peaufinant un programme cohérent et détaillé. Son vrai rival est désormais Juppé, ce qui peut le rapprocher un moment de Sarko...

Curieux rassemblement d' ailleurs que ce mouvement dont la base est toujours à la droite du sommet, donc loin d' être sourde aux sirènes d' un FN ne rêvant que de casser en mille morceaux ce parti conservateur et d' en ramasser les miettes. L' état d' alerte, - qui n' empêche pas PS et FN de se donner au besoin un coup de main tout en s' excommuniant bruyamment, façon Mitterrand-, appelle une défense de leurs intérêts commune aux deux "formations de gouvernement", la social-libérale et la libéral-étatique, du moins à leurs états-majors, guettés par une identique menace populiste. Le "ni-ni" est fait pour l' électeur et le militant, il n' est pas à la hauteur de "responsables nationaux"...

Dès lors, on est en droit de s' attendre à des rencontres et pourparlers discrets, annonçant des accords rendus "nécessaires" par les élections départementales et régionales. Les charlatans de tous poils goûtent ce genre de terrain meuble. Prophètes bidons, experts douteux, maîtres à penser suspects, éditomanes en chaleur , faisans philosopheurs, ces pollueurs rodés se nourrissent de telles périodes de flottement. Qu' ils se trompent dans leurs pronostics, que leurs analyses n' éclairent rien et embrouillent tout, qu'ils engagent les hommes de pouvoir sur des voies sans issue, n' affecte en rien leur assurance (rappelons-nous seulement le rôle catastrophique d ' un B-H. Lévy en Libye).

Pour le citoyen, le moment est venu de redoubler de prudence. A l' égard de politiques affolés pour leur avenir personnel, sans doute, mais aussi de ces conseilleurs qui ne paient jamais.

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Rappeler qui, là-dedans, est le patron

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La décision "historique" prise le 22 janvier dernier par la Banque Centrale Européenne de lutter contre la menace déflationniste par un rachat massif des dettes des Etats affiliés à l' euro, mérite le décryptage. A considérer la tête de la chancelière Merkel le soir même, on comprenait que cette mesure recueillait sa totale désapprobation et que la dirigeante s' était inclinée, au terme d' une nuit de négociation sans pitié, devant plus fort qu'elle.

Il y a un moment que l' inflexibilité allemande, freinant avec obstination les conditions nécessaires à une reprise de la croissance en Europe, irritait sérieusement les stratèges économiques et politiques occidentaux. Ils ne pouvaient notamment plus accepter que des pays de l' importance de la France et de l' Italie continuent de filer tout droit vers la faillite. Le risque (vous voyez d' ici l' aubaine pour les Chinois?) était trop grand.

Un premier signal a donc été adressé à la chancelière (qui allait répétant que l' Allemagne, après des années de restrictions, n' était pas là pour éponger les déficits de ses voisins) à travers la hausse du dollar ou, si l' on préfère, la baisse de l' euro, ramené sans coup férir à sa valeur de départ.

Cependant, l' avertissement ne semblait pas avoir été correctement perçu par l' opinion locale qui laissait filtrer des tendances à l' euroscepticisme et à la xénophobie. Il a donc été décidé de passer à la vitesse supérieure : la baisse significative des taux d' intérêt et du baril de pétrole, confortée par la mise en exploitation du gaz de schiste outre Atlantique , montraient déjà la détermination américaine à aider "les alliés européens" à sortir du pétrin.

Le terrain avait été préalablement préparé : des gens "sûrs" (Mario Draghi à Francfort, Mariano Rajoy à Madrid, Christine Lagarde à Washington, auxquels on pourrait ajouter Emmanuel Macron à Paris) , tous proches ou intégrés au milieu bancaire international, sont aux manettes. Le coup de maître a été, en janvier 2014, le ralliement public du gouvernement socialiste français au libéralisme ("social"). Hollande, modèle d' intelligence antiterroriste, n' hésitant même pas à s' exprimer devant le Forum Economique Mondial de Davos, devient alors la coqueluche du Système. Finement joué. La malheureuse Angela peut rengainer ses indices en hausse et son record de commerce extérieur. C' est ça, la "real politik".

Cela dit, la promotion de Hollande, renforcée par la publicité mondiale donnée à sa gestion des attentats salafistes de Paris, n' est pas sans effet de politique intérieure, si l' on en juge par le redressement spectaculaire de sa cote de popularité. Voilà qui parait susceptible de changer la donne pour 2017. Pour peu que l' opération Draghi améliore la conjoncture, comme l' espèrent bien la Maison Blanche et les "traders", les chances de ce socialiste si coopératif ne peuvent que croître.

Il est quand même bon de rappeler, de temps à autre, qui est le patron là-dedans.

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Qu' allons-nous pouvoir vraiment devenir?

Publié le par Jean-Pierre Biondi

L' opinion mesure-t-elle la gravité de la crise politique en France? La plus grave, probablement, depuis la Libération. Plus grave économiquement qu' en 1958, socialement qu' en 1968. C' est là l' effet navrant d' un système en bout de piste, livré à des chefs d' Etat inaptes, malgré leurs 40 ans de vie publique : Sarkozy, un bateleur parvenu, Hollande, un invertébré moqué à l' étranger.

Les dénominations partisanes elles-mêmes ne cachent plus que des coquilles vides. Mitterrand avait dézingué le P.C, Hollande saigne le P.S. Qu' est encore "la Gauche"? Y dénicher un ouvrier qui va voter (sinon F.N) ou y rencontrer un étudiant membre d' une section socialiste, relève de la performance. La France se droitise par défection de la gauche sociologique. Les classes populaires sont dépolitisées, les classes moyennes acquises au libéralisme, les syndicats découragés, les intellos placardisés. Quel contrepoids crédible offre le monde du travail aux attaques patronales ou à un populisme qui plaide pour la justice par le nationalisme xénophobe?

" La Gauche" n' a d' autre ressource que de réussir, par ci par là, un coup sans lendemain comme un vote à l' Assemblée en faveur de la création de l' Etat palestinien, même si l' on sait que le duo Hollande-Fabius bloquera un "voeu" déplaisant à Tel Aviv, ses agents en France et, plus révélateur, à maître Collard au nom du Front National (1). Ce vote est certes une satisfaction pour les connaisseurs, il demeure sans effet sur l' ensemble des citoyens. En attendant, la Gauche n' a toujours ni unité, ni projet, ni programme, ni leader. Que représente le parti majoritaire in situ? quelques baronnies et clientèles en peau de chagrin? les prochaines consultations territoriales risquent bien de le confirmer.

A droite, l' habituel panier de crabes, derrière les exhibitions effusionnelles. L' insistance mise à filmer les embrassades rend celles-ci suspectes. Pour être prosaïque, tout tourne autour d' une question unique : en 2017: Sarko ou pas Sarko? La partie se joue sur la délimitation des "primaires" dont seul le principe est acquis. Contenues, celles-ci bénéficient au chef de l' UMP (ou son héritière), coincé dès lors entre les Centristes et le F.N. Elargies, elles profitent à ses multiples rivaux spéculant sur l' apport centriste, voire le ralliement d' une frange d' électeurs de gauche saturés de promesses sans suite et de scandales à répétition.

D' ici là, tout sera matière à contestations : le nom de l' organisation, les postes, le partage de la parole et des subsides, les choix programmatiques, les visites à l' étranger, les interventions médiatiques, le contrôle des moyens d' action, etc. Sur le fond, la Droite parlementaire est confiante. Vue la décrépitude du pouvoir en place, elle tient pour assurée sa présence au second tour des présidentielles. Perspective qui contribue à aiguiser les appétits, donc à rendre plus âpre la compétition interne. A condition, bien sûr, que la situation ne tourne pas au vinaigre dans les deux ans à venir.

En un tel paysage, on ne peut éluder une éventualité inédite : l' accession de Marine Le Pen à la présidence de la République française. C' est pourquoi chacun de ses mots prend dorénavant un relief particulier et pourquoi on acquiert l' impression que le flot des critiques, contradictoires ou redondantes, qui lui est réservé finit par tomber à plat ou la servir. L' autre jour, dans la même phrase, un politologue, Dominique Reynié, assurait avec force que les "fondamentaux" du F.N, définis par le racisme, l' antisémitisme et l' autoritarisme, n' avaient jamais varié avec les décennies puis, dans la foulée, précisé que le programme du Mouvement versait dans le socialisme façon "Front de Gauche". Voilà qui, en tout cas, nous éloignerait bigrement du temps où Jean-Marie Le Pen allait aux U.S congratuler Ronald Reagan.

De la même manière, certains assurent que le torchon brûle entre dirigeants frontistes, le père, la fille, la nièce, le conseiller politique et autres, mais on constate que la présidente est réélue à l' unanimité, ce qui lui vaut aussitôt , des mêmes, le qualificatif d' anti-démocrate. Les communicants grand public semblent faire preuve en ce moment d' un flottement dans l' argumentation qui doit réjouir l' ex conseillère municipale d' Hénin-Beaumont.

Pour le pays, l' essentiel n' est sans doute pas dans ces polémiques secondaires. Il est dans l' hypothèse d' un abandon de l' Europe par la France, dans cette interrogation centrale : le luxe d'une souveraineté totale est- il encore à notre portée? Dette, chômage de masse, compétitivité, réindustrialisation, politique d' intégration : est-il aujourd'hui possible de répondre seul à ces priorités, dans un monde où les économies sont imbriquées les unes dans les autres, les entreprises menacées en permanence par la concurrence et la spéculation, les monnaies soumises à la conjoncture mondiale? Quel est, en cas de repli, la chance d' une puissance moyenne?(2). Si l' heure n' est pas encore aux réponses, elle suscite néanmoins un questionnement légitime.

(1) Il y a longtemps que le F.N entretient des relations avec l' extrême droite israëlienne (voir article "Les calculs du F.N du 28/1/2012) pour tenter de neutraliser la communauté juive en France.

(2) C' est consciente du danger d' isolement que Marine Le Pen s' efforce de développer un réseau d' alliances à l' étranger. Ainsi avec la Russie, dont le F.N défend la politique en Ukraine contre une bête noire commune : Bruxelles.

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