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69 articles avec politique

Une vieille affaire

Publié le par memoire-et-societe

Nicolas Sarkozy, qui n'en manque pas une, et n’est pas à l’heure actuelle candidat à sa succession (relire à ce sujet l'article " A droite" du 23/09/1), insiste sur le fait que " les Français ne travaillent pas assez ". Dans un pays ou le chômage frise les dix pour cent, c'est chercher comment perdre encore des voix.

La vérité est que le MEDEF veut profiter des élections présidentielles pour en finir avec les 35 heures, son épouvantail favori. A cet effet, l'organisation patronale a fait une nouvelle fois appel à l' Institut COE-Rexecode, à son service, pour déterrer des chiffres jetés à l'opinion sans nuance ni précision. "En dix ans, déclare l’Institut en question, le salarié français a vu son temps de travail diminuer de 14%". Dit comme ça, il y a presque de quoi expliquer la perte du triple A : la responsabilité de notre échec incombe aux smicards qui ne bossent pas.
Bien sur, l’insinuation ne résiste pas à l'analyse :

- d'abord, la santé de l'économie n'est pas déterminée par la durée du travail qui n'en est qu'un élément. Ainsi en Allemagne, référence obligée, la durée réelle du travail, contrairement à ce qu'affirme Rexecode, est, en moyenne, comparable, sinon légèrement inférieure dans plusieurs secteurs de l'industrie, aux temps français hors heures supplémentaires.
-Rexecode ne prend pas en compte des informations qui conduisent à relativiser son calcul : le temps partiel est plus répandu en Allemagne ; l'évolution démographique diffère : à la croissance de la population française (+ 8 millions d'habitants en 10 ans) s'oppose la décroissance de la population allemande (- 3 millions).

-la durée du travail sans évaluation de l'indice de productivité, impliquant le degré d'organisation de l'entreprise, les compétences et le type de fonctionnement  activité productrice ou travail aliéné), ne prouve rien.

-la présence au travail des cadres et des travailleurs indépendants, non comptabilisée, oscille selon les études entre 50 et 60 heures par semaine.
Au demeurant, le problème du travail en France est moins celui du total des heures effectuées que celui de l'absentéisme du à un mal-être diffus chez  beaucoup de salariés, à leur état semi dépressif, que le nombre grandissant de suicides en entreprise et la crainte permanente du "plan social" ou de la délocalisation, éclairent cruellement.

Le fond de cette vieille affaire est donc ailleurs. Comme dans chaque période de marasme économique et conjointement de régression sociale, la moindre perspective de limitation du temps de travail est aussitôt qualifiée par le patronat de "fatale pour la compétitivité". Cela confère alors au conflit une dimension quasi idéologique. L'égoïsme de classe ne supporte pas la remise en cause des profits et du mécanisme de l'offre et de la demande qui fonde l'économie libérale.

Le scénario est trop connu: il n'occulte pas la longue lutte au XIXème siècle pour la journée de 10 heures, ni celle des 40 heures en 1936. Que le patronat annonce régulièrement la ruine définitive de l'économie n'émeut pas grand monde. La solution ne saurait  être de travailler toujours plus: elle consiste davantage à trouver un équilibre justifiable entre le producteur et l'actionnaire.

 

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L'Europe en dominion

Publié le par memoire-et-societe

Faites le compte : les légèretés aristocratiques de Giscard, la monarchie affairiste de Mitterrand, l'inertie dorée chiraquienne, les coups de menton ruineux  de Sarkozy,  il y a là de quoi  plaquer une nation au sol. C'est d'ailleurs ce qui se produit.
A ce triste constat se reconnaît, parait-il, le "pessimisme français". Il est vrai qu'il  y a eu avant les "trente glorieuses". C'est si loin. Le "cher et vieux pays" est aussi celui du TGV, de la fusée Ariane, de la puce électronique et de l'énergie nucléaire. Il bougerait donc encore. Mais comment ? C’est la question dans la mesure ou les marchés financiers et les spéculations bancaires, se servant de la législation européenne, s'appliquent à en faire un dominion.

Les Français ont répondu comme ils pouvaient en refusant le projet de traité constitutionnel de 2005.Pour autant, ils ne sont pas sauvés de l'emprise d'un Capital dont le coeur bat sur l'autre rive de l'Atlantique. L'impérialisme, pour survivre, a besoin d'un continent européen dépendant.

Deux dates seulement :

Octobre 1973.Les économies européenne et japonaise prospèrent. Elles conquièrent des parts de marché sur tous les continents. Bref, elles font de l'ombre. Henry Kissinger, secrétaire d' Etat de Nixon depuis trois semaines, atterrit chez  le grand ami moyen-oriental des U.S.A, le roi Fayçal d'Arabie, producteur numéro 1 de l' OPEP (21 % des exportations mondiales de brut). L'inflation, provoquée par le coût de la guerre du Vietnam, frappe de plein fouet les Etats-Unis. Kissinger s'entend avec Fayçal pour porter le prix du baril de pétrole de 3 à 18 dollars, ralentir la production, et mettre l'embargo provisoire sur la fourniture aux pays industriels. Les déficits extérieurs du Japon et de l'Europe, dépourvus de ressources pétrolières, plombent alors leurs économies. La crise mène à la stagflation.

Janvier 2008.Baisse (contrôlée) du dollar face à l'euro et crise des "subprimes" (prêts hypothécaires à risque) en juillet 2007, après le relèvement brutal des taux directeurs par la Federal Reserve Bank, provoquent une nouvelle flambée du prix des carburants qui porte de 90 à 145 dollars le baril tandis que les U.S.A, au sous-sol gorgé d'or noir, remplissent leurs stocks stratégiques. Une fois encore, les économies "périphériques", poussées à l'endettement, sont mises hors combat. Les agences de notation, toutes américaines, achèvent le travail en laissant en permanence planer- sauf sur l'Angleterre dont les finances sont pourtant tout sauf brillantes- la menace d'une dégradation de la confiance des marchés. Ce n'est plus la stagflation mais la récession.

Ce retour des mauvais coups portés à l'Europe continentale mal défendue, n'est pas, bien sur, sans arrière-pensée politique. Le plus remarquable, dans cet acharnement à casser le développement autonome des "alliés occidentaux", est sans doute l'ingéniosité des stratégies de mise en échec. L'Europe ne saurait, quoiqu'il arrive, devenir une rivale. Elle est destinée au statut de dominion économique qui laisse aux Anglo-Saxons les mains libres pour la grande négociation sur le partage du monde avec l'Asie.

 

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La vieille Europe et la mer

Publié le par memoire-et-societe

Comme prévu (voir blog "Exploser l'euro" du 22 novembre dernier), l'Angleterre s'est désolidarisée du projet  de sauvetage européen approuvé le 9 décembre par les 26 autres pays membres de la CEE.

Dans le cas contraire,le Premier britannique risquait d'être désavoué par le Parlement ou dominent,malgré les travaillistes et les démocrates-libéraux, les conservateurs eurosceptiques, et par l'opinion publique (une large majorité d'Anglaises et d'Anglais sont hostiles à la construction européenne). Le fond du problème n'est donc pas le choix personnel du chef du gouvernement : c'est le pays lui-même.

L'opposition au continent a des racines historiques et des motifs conjoncturels :

     -depuis des siècles la hantise de l'Ile est une alliance franco-germanique qu'elle perçoit comme un danger direct pour son influence politique, son commerce international et son identité culturelle. G. Pompidou, à la différence du général de Gaulle, avait soutenu (comme contrepoids à l'Allemagne...) l'entrée en 1973 du loup, ou du lion si l'on préfère,britannique dans la bergerie des six fondateurs du traité de Rome. Ce ne fut dès lors qu'obstructions,remises en cause,exigences de dérogations et de privilèges,litiges subalternes et incessantes contestations,Mme Thatcher allant jusqu'à réclamer le remboursement de la contribution financière du Royaume Uni. Il aura donc fallu 38 ans et une crise existentielle pour que le Continent se résolve à l'idée d'une Europe à deux vitesses et à la préférence d'une perspective fédérale plutôt qu'à la stagnation dans le libre échange.38 ans pour admettre que l'Angleterre a deux priorités:l'alliance atlantique, c'est-à-dire l'adéquation de sa diplomatie à la politique américaine, et la sauvegarde d'un Commonwealth qu'elle ne maîtrise d'ailleurs plus. Ensemble de considérations stratégiques agrippées à la City comme à une planche de salut, où le continent européen ne peut figurer que comme un intrus. Du coup, l'anglomanie régnant dans l'entre-deux guerres chez les dirigeants français s'est-elle volatilisée...

     -le monde anglo-saxon vit une poussée de francophobie (et de germanophobie par la même occasion) particulièrement forte. Ce mélange récurrent de dépit et de dédain, stimulé par la percée de l'euro, se matérialise quotidiennement dans les tabloïds londoniens,ou tout ce qui rappelle les "grenouilles" est d'emblée ridiculisé et dénigré. Quitte à traverser ensuite la Manche pour aller se faire convenablement soigne (1). Aux U.S.A maintenant, les Français sont, pour l'homme de la rue, l'objet de préjugés peu flatteurs : ingrats(c'est-à-dire désobéissants), non fiables, colonialistes et prétentieux. Quant à la France proprement dite, "pays secondaire",  parlant "une langue morte", elle a le front de songer à jouer avec les Grands. N'évoquons pas les nations de la zone Pacifique : tout ce qui touche aux Gaulois et aux Papistes est depuis longtemps indésirable de ce coté-là de la planète, amplifiant ainsi les sentiments de la lointaine mère patrie.

Cette animosité peut avoir cependant son effet positif:inciter à une accélération de l'intégration continentale dans un univers désormais multipolaire. La liberté pour l'Europe réelle de se réorganiser permettra alors  de nouer de nouvelles relations avec les Emergents et de se dégager du modèle atlantique dominant. Bonne croisière de haute mer pour David Cameron.

 

 

(1)L'arbitrage de la finale de Coupe du monde de rugby ou les Français  se sont vus ouvertement volés au profit de la Nouvelle Zélande est à cet égard un épiphénomène sans doute anecdotique, mais malgré tout significatif.

 

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Le "peuple inventé"

Publié le par memoire-et-societe

Newt Gingrich, 69 ans, donné favori pour l'investiture républicaine à l'élection présidentielle américaine de novembre 2012,a qualifié récemment le peuple palestinien (11 millions de personnes dispersées par le monde) de "peuple inventé". Président de la Chambre des Représentants de 1995 à 1999, Gingrich reprend le propos de l'ex-premier ministre d'Israël Golda Meir qui déclarait en 1969 que "le peuple palestinien n'existait pas".

La thèse du politicien américain est que la population vivant en Palestine lors de la création de l'Etat d' Israël (1948) fait partie d'une communauté plus large, la "communauté arabe", et a donc le loisir d'aller "dans plein d'endroits". Newt Gingrich est diplômé d'Histoire de l'université Emory d'Atlanta (Géorgie).

Certes,la Palestine (nom venant du grec ancien) arabo-musulmane ne remonte " qu'au XIIIème siècle", au temps de l'Empire ottoman. Que dire alors de l'invention du "Caucasien" (l'Américain blanc) apparu au XVIIème seulement avec le célèbre "Mayflower" (1620), sur un continent déjà occupé ? M.Gingrich ne le dit pas.
Ce professeur de vertu et néanmoins businessman,laudateur des valeurs morales famille-travail-patrie, élu inamovible des quartiers racistes du sud d'Atlanta,est,selon la presse américaine même, un personnage qui traîne derrière lui un lot déjà respectable de casseroles : combine pour éviter le Vietnam,histoires d'adultères peu reluisantes alors qu'il instruisait au Congrès contre Bill Clinton au sujet de l'affaire Levinsky, amende de plusieurs centaines de milliers de dollars pour fraude fiscale,obscures relations avec le milliardaire australien Rupert Murdoch, propriétaire de la maison d'édition Harper Collins qui publie des livres de Gingrich à prix d'or.

On peut manifester quelque perplexité devant l'éventuelle installation à la Maison Blanche d'un homme qui se place au niveau d'Avigdor Liebermann, leader du parti extrémiste Yisrael Beiteinu, ancien videur de boites de nuit aujourd'hui ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Tel Aviv.

L'électeur juif américain de bonne foi ne ressentira-t-il point comme une marque de mépris à son égard la surenchère démagogique irresponsable du candidat Gingrich, incitation à un désespoir qui peut en effet conduire au regain du terrorisme. Suffirait-il donc de nier l'existence de l'Autre pour obtenir des suffrages ? l'Etat d'Israël existe,dans des conditions déterminées avec précision par la communauté internationale. Le peuple palestinien existe,privé d'Etat mais pas de drapeau puisqu'il flotte devant le bâtiment de l'Unesco, selon des réalités forgées par l'Histoire.

Grand fantôme entassé depuis 63 ans dans des camps,spectre emmuré dans les ruines de Gaza,ombre évincée de ses terres par une colonisation illégale, le "peuple inventé" de M.Gingrich inaugure un régime inédit : la démocratie sans peuple.

 

 

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"Exploser" l'euro

Publié le par memoire-et-societe

De la confusion politico-économique actuelle émerge néanmoins un fait difficile à réfuter : la guerre déclarée à l'euro conjointement par la spéculation capitaliste et l'atlantisme anglo-saxon.

Les marchés financiers internationaux, ou plus simplement Wall Street et la City, n'ont en réalité jamais avalisé l'avènement d'une monnaie concurrente du dollar, bénéficiant de 380 millions de consommateurs (l'Europe continentale) au pouvoir d'achat conséquent. Question déterminante de prééminence et de stratégie.

C'est pourquoi, à la faveur d'une crise bancaire d'origine purement américaine (les subprimes, juillet 2007), la spéculation, s'appuyant sur une trouvaille opportune, l'Agence de notation",a senti le parti à tirer des différences de solvabilité existant entre Etats de la zone euro. La"crise de la dette" a ainsi amorcé une offensive scientifiquement conduite contre une union géo-monétaire préludant une construction politique menaçante vis à vis  des intérêts des U.S.A.

Inspiré de l'antique combat des Horaces et des Curiaces, l'affaire a été rondement menée:la Grèce, puis l'Irlande, le Portugal, l'Espagne l'Italie, en ont fait les frais. Aujourd'hui le tour est venu pour la France de subir les assauts des "marchés".
Il est vrai que cette dernière semble se complaire à "fâcher" : cette idée du G.20, par exemple, n'est-elle pas une fantasmagorie dont l'effet, si on laissait faire, aboutirait à une multipolarité non contrôlable ? Le G.20 est mort-né à Cannes télégéniquement inhumé par un Obama trop souriant pour être honnête. Il en a déjà été de même avec l"Union pour la Méditerranée", zombie que le Département d'Etat et la Chancelière allemande ont escamoté avec une discrétion qui les honore.
Ces rêves français hérités d'un gaullisme obsolète -sinon paradoxal- agaçant visiblement la Maison Blanche, celle-ci manifeste peu de propension au cadeau : la France peut dire adieu au triple A, d'autant que son vote en faveur de l'entrée de la Palestine à l'UNESCO n'incite pas "nos amis américains" à la bienveillance. La perte d'un A et l'espèce d'agonie de l'euro ne peuvent que faciliter la chute envisagée par Washington de Sarko.

"L'idéal", dans cette situation, aurait, bien sûr, été DSK, familier du monde financier avec la touche de "social" qui ne nuit à personne. Alors, la spéculation et l'atlantisme vont-ils se voir contraints de souffrir un sage social-démocrate contre le"candidat de l'argent", féru de surcroît de modèle américain ?

Bon courage au citoyen-électeur-contribuable et aux indignés en général, pour trouver dans tout ça l'intérêt réel des peuples concernés.

 

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L'euro entre social-démocratie et néo-gaullisme

Publié le par memoire-et-societe

Les discours successifs, et contradictoires, des politiques, des banquiers et des économistes (tantôt dramatisants, tantôt rassurants) rendent difficile au citoyen-contribuable la faculté de se faire une idée juste sur l'avenir de l'euro. Les gouvernants ne laissent aux gouvernés, préalablement passés à la moulinette médiatique, que le choix de cautionner, tous les cinq ans, le champion d'un parti dit précisément "de gouvernement".

Dès lors, pas étonnant que nombre d'électeurs, notamment jeunes, découragés par des perspectives peu attirantes, se détournent d'un débat ou personne ne leur offre une solution "crédible".

L'euro, donc...voilà une monnaie censée constituer un pas décisif vers l'édification d'une union politique susceptible de tenir tête aux appétits des "blocs":U.S.A,Chine, puis pays appelés "émergents"(Inde, Brésil).Vue au demeurant assez hâtive, qui occulte l'Histoire intra-occidentale, marquée pourtant par une question rarement évoquée quoique réelle : la volonté du monde anglo-saxon de dominer le continent européen. Dans cet esprit, deux formules jamais démenties méritent d'être retenues : le vieux précepte "diviser pour régner", et la déclaration du Premier britannique Disraeli au 19ème siècle : "L'unité du continent est un révolver braqué sur l'Angleterre".

Bref, Londres comme Washington ne cessent, comme l'a rappelé Sarkozy,"de détester l'euro", incapables d'admettre à l'ouest une entité concurrente. Aussi, le sabotage de la monnaie européenne ne désarme-t-il pas : incitations à l'élargissement continu de la Communauté au détriment, bien sûr, de sa cohésion (des lobbies anglo-américains s'activent pour faire entrer la Turquie à Bruxelles), dumping monétaire, multiplication des mesures de protectionnisme par les avocats du libre échange et les adversaires de la régulation des marchés, manipulations sur le prix du pétrole toujours payé en dollars, rapports ambigus avec des Agences de notation, etc. On jurerait que tout est conçu pour désintégrer in fine un projet fédéral trop autonome.
Sarkozy, si atlantiste au début de son mandat présidentiel, paraît désormais convaincu que l'intérêt économique de la France et la chance politique de l'Europe résident pour l'essentiel dans la coopération franco-allemande. Il en fait l'axe de sa diplomatie."Réenchanter le reve français" pourrait alors signifier un retour revisité à l'"Europe des Patries", ou plutôt des deux Patries, une " Françallemagne" apte à engager le dialogue avec l'Asie.

Dans une telle éventualité,le State Department et la City iront-ils jusqu'à jouer la social-démocratie(en l'occurrence F.Hollande) contre la menace d'un néo-gaullisme ?

 

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Racisme anti-arabe, laicisme anti-islamique

Publié le par memoire-et-societe

Le racisme relevant politiquement de la droite dure, et me situant, quant à moi, "à gauche", encore que le terme soit bien flou,je ne trouve pas grand'chose à dire du racisme anti-arabe,sinon pour le récuser. En revanche, le laïcisme anti-musulman semble davantage mériter l'attention par son ambiguïté et ses effets.

Imaginons qu'on considère comme étrangers aux valeurs républicaines les millions de suffrages recueillis par le Front National et les autres millions de votes exprimés par des pratiquants musulmans, que resterait-il, si l'on y ajoute 40 % d'abstentionnistes, de la représentativité démocratique ? une phalange de notables issus d'un électorat du genre de celui du Sénat (les fameux Grands Electeurs) pour "débattre", à l'abri des coups de tabac des réalités.

Laissant à d'autres le soin de la chasse à l'Arabe, la gauche réformiste ne s'interdit pas pour autant l'anti-islamisme. Historiquement d'ailleurs l'un des sujets de rupture entre les 2ème (social-démocrate) et 3ème Internationales (communiste) a été l'anticolonialisme qui,  fondamental pour le léninisme, n'a jamais fait partie intégrante de la culture social-démocrate, plus attentive à une sorte d'embourgeoisement du prolétaire européen qu'à l'émancipation du colonisé.

Anti-impérialisme d'un coté, paternalisme assimilateur de l'autre.

Je songe encore à des hommes  reconnus "à gauche" comme Paul Rivet et Albert Bayet, ralliant finalement le camp de l'Algérie française par peur de l'instauration d'un pouvoir islamiste qui n'était en rien l'enjeu de la guerre de libération nationale.

 

Là réside l'équivoque qui voit aujourd'hui Marine Le Pen se faire la championne de la laïcité, aux cotés d'ailleurs du pro-sioniste Alain Finkielkraut, quoique les visées de chacun soient opposées.

L'anti-islamisme n'est-il pas dès lors en train de devenir ce qu'a été, il n' y a pas si longtemps, l'anticommunisme ? les cibles en tout cas ne paraissent pas si éloignées : ce sont bien des masses pauvres qui cherchent une issue à la misère sociale.

Du coup les discours redondants sur la neutralité de l'école et le respect (tardif) des identités tombent à côté de la plaque. Ils dissimulent, aux yeux de leurs principaux destinataires, les immigrés, une volonté de domination qui risque de faire de la laïcité en question une tortueuse affaire de Blancs.

On le sait, ce qui est excessif est insignifiant...mais alléchant pour les pêcheurs en eau trouble.

 

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A droite

Publié le par memoire-et-societe

Tandis que les médias amusent la galerie avec les vaudevillesques tribulations d'un DSK évincé du paysage politique et que fleurissent les scandales financiers, d'importantes manoeuvres s'ébauchent au sein de l'actuelle majorité (1).

Celle-ci est désormais en alerte : tout confirme (sondages, rapports des préfets, contacts des parlementaires sur le terrain, etc.) que dans le cas d'une confrontation Sarkozy-Hollande, au second tour des présidentielles, le leader socialiste l'emporte.

D'ou l'évocation d'un scénario "coup de théâtre" qui serait alors le suvant :

1-après le 16 octobre, si c'est bien F.Hollande qui est désigné comme candidat P.S, une concertation intégrant un nombre très restreint de leaders majoritaires, pourrait s'amorcer selon ce schéma : en janvier (et en tout cas après la réunion du G20), Sarkozy annoncerait - avec mise au point d'une justification calibrée- qu'il ne se représente pas.

2-La voie est libre pour Alain Juppé qui a déjà indiqué qu' "il irait" si l'actuel président renonçait. Le maire de Bordeaux est considéré à droite comme le meilleur ministre du moment, compte tenu notamment de la spectaculaire remontée de la diplomatie française dans le monde arabe.

3-Pouvant rapprocher chiraquiens, sarkozistes et déçus divers, Juppé neutraliserait ainsi une candidature du type Borloo ou Morin, sinon Bayrou, et ressouderait la coalition sortante pour la conduire, rassemblée et rénovée, au scrutin présidentiel.

4-L' "effet Juppé » (en février?) créerait une dynamique susceptible, au terme d'une campagne assez brève (2 à 3 mois), menée tambour battant, de mordre sur l'électorat modéré potentiel de Hollande, "vulnérabilisé" par l'accumulation des promesses catégorielles plus ou moins contradictoires du P.S.
Selon les premiers et naturellement très discrets "échanges de vues" opérés sur le sujet depuis les journées UMP de Marseille,l'éventualité qui précède commence à être considérée comme la meilleure chance de garder le pouvoir, que la droite, étant donné la peur qui la saisit,fera tout pour conserver.


(1)2 sources différentes exigeant l'anonymat.

 

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La Rochelle et la Réalité

Publié le par memoire-et-societe

On peut sans doute considérer "l'Université d'été" des socialistes à La Rochelle comme un moment de la vie politique française.
La première observation qui en ressort annuellement, c'est l'obstination du P.S à dénoncer chez les autres des contradictions auxquelles lui-même n'échappe pas. Il fut une époque où un parti, le P.C, usait de l'autocritique comme moyen de réduire toute opposition aux diktats de ses maîtres. Compte tenu de la cacophonie qui y règne, c'est un reproche qu'on ne risque pas d'adresser à la formation dirigée par Mme Aubry, ou M.Harlem Désir, on ne sait plus trop bien.

Le procès récurrent intenté aux divisions dans la majorité ne saurait occulter la fougue jetant les unes contre les autres, plus pour des questions de place que de contenu, les têtes de série du Parti. Sans remonter aux guerres Mitterrand-Rocard ou Fabius-Jospin, on relève qu'une sorte de "camaraderie haineuse" fait partie de la panoplie dirigeante. Dirigeants qui ne comprennent pas que les citoyens ne les comprennent pas, à l'heure ou ils prétendent assurer ensemble le "changement". Les interroge-t-on sur ce paradoxe, ils vous répondent, imperturbables  "c'est la démocratie."

Le P.S paraît cependant en voie de gagner la prochaine élection présidentielle. Pour autant, il n'est pas prêt à gouverner. Ni politiquement ni moralement. Peut-il d'ici là surmonter ses handicaps  :son manque d'unité, l'insuffisance de sa réponse à une crise financière gravissime, le flou persistant de ses alliances, sa coupure flagrante avec les classes populaires, le nombrilisme et le carrièrisme de ses stars ? Tributaire d'un personnel politique usé par des décennies d'alternances, de co-habitation et de scandales divers, le P.S ne laisse que peu d'espace à une autre génération, et on ne peut raisonnablement augurer de ses "indignés" autre chose qu'une pincée de démagogie électorale.

Même si les "résolutions" affichées sont sincères, elles apparaissent à un moment où chacun suspecte déjà les promesses de partis qui ont partagé la récente période d'affaiblissement du pays."L'heure est venue d'attitudes capables de faire choc sur l'opinion", a clamé un orateur rochelais. Mais il faut se méfier des phrases consacrées : les Français n'ont pas la mémoire aussi courte qu'on le dit. Ils n'oublient pas que le peuple, dont les socialistes se réclament volontiers est encore à des années-lumière de leur "université".

 

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