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67 articles avec politique

L' audacieuse prudence du P.C

Publié le par memoire-et-societe

   En ces temps ingrats, il est délassant d' observer le comportement du Parti Communiste Français, entre une base impatiente et le souci de la direction de préserver ses fiefs électoraux.

   Nul n' est plus éloigné des outrances verbales d' un Mélanchon que le placide apparatchik  Pierre Laurent, secrétaire général dont il est impossible d' écouter plus de deux minutes la langue de bois ou, si l' on préfère, de lapper  la bouillie pour les chats qui tapisse la vacuité de son discours.

   Pierre Laurent est bien né. Son père, Paul, a joué un rôle éminent à partir des années 60 où il a été, tour à tour ou en même

temps, dirigeant des Jeunesses (l' U.J.R.F), membre du Bureau Politique, Secrétaire National à l' Organisation ( en fait numéro 2 derrière Marchais), et député de Paris. Flegmatique, populaire, Paul Laurent, mort en 1990, a laissé le souvenir d' un partisan de la démocratisation du P.C, plus proche du communisme à l' italienne que du néo-stalinisme brejnèvien, et son nom à une rue du XIXème arrondissement.

   Ce sympathique atavisme n' exclut pas un pragmatisme dont Pierre Laurent a aujourd'hui bien besoin. Le problème est à la fois clair et pas facile : comment refuser de cautionner la politique Hollande  sans risquer de compromettre l' alliance avec le P.S qui, seule, peut garantir la conservation des mairies communistes ? Mélanchon est, certes, utile comme moyen de faire dire tout haut par un autre ce qu' on pense soi-même tout bas. Mais, à parler franchement, cette histoire de " Front de Gauche" s' annonce une impasse. Sans les infrastructures du P.C, ses réseaux militants et son implantation syndicale qui, la crise aidant, regagnent un peu de terrain, le "Parti de Gauche", lui, se ramène à une poignée de transfuges socialistes agglutinés autour d' un démagogue. Il y a donc peu à attendre de cette coalition bancale qui ne provoque aucun mouvement de fond, y compris parmi les "solfériniens" déçus, mais soucieux de leur avenir.

   D' ailleurs à trop laisser Jean- Luc délirer, se voir en Premier Ministre et promettre de sucrer la Dette, ne court-on pas le danger de ne plus être  pris au sérieux à la veille des évènements qui comptent, en l' occurrence les municipales et les européennes? Le P.C est un trop vieux larron pour s' abandonner aux facéties d' un amuseur de foules. On lui a depuis longtemps appris que la politique est d' abord un rapport de force. Il convient dès lors d' avoir deux fers au feu : la mobilisation paisible des masses d' accord, mais  aussi la présence dans des pôles décisionnels comme les conseils et les assemblées. C' est ça, le léninisme : la fermeté sur les principes,  la souplesse dans la tactique. L' audace rentable. La prudence mais révolutionnaire. Le réalisme de l' idéal.

   Si je m' appelais Mélanchon, je songerais à me chercher un nouveau job.

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Quand ça sent le roussi

Publié le par memoire-et-societe

   Lors de la dernière élection présidentielle française,je soutenais personnellement que le P.S était mal préparé au pouvoir. Dix mois plus tard, on peut constater que, de façon générale, l' appréciation n' était pas infondée. En effet, gouverner suppose des conditions préalables: par exemple maitriser des dossiers tenus à jour (dans l' opposition on n' est pas forcément informé de tout) et possèder un réseau étoffé de relations internationales indispensable dans le monde actuel (ce qui n' était pas le cas de François Hollande.)

    Handicaps accrus par la composition d'une équipe inexpérimentée et peu homogène : éducation, logement, agriculture, consommation, culture, voire finances, donnent une impression d' improvisation et d' illisibilité. Quant à la politique étrangère, elle est pour le moins étrange : on a besoin de M.Fabius pour renégocier le traité franco- allemand, comme annoncé ? il est en Israël. Au Mali(1), on semble mettre ses pas, sans grand souci de la communauté internationale, dans ceux de Sarkozy visant à exhiber les qualités technico-commerciales de l' armée française et de ses matériels dernier cri, face à un adversaire employant l'évitement et lui substituant le raid-éclair ou l' attentat comme à Gao, théoriquement vide de  salafistes. Il reste cependant interdit de parler d' ensablement, d' isolement et de relent colonial...

    C' est surtout au plan économique et social que les choses se gâtent.Promesses impossibles à tenir, et donc non tenues, crise de l' euro sous-évaluée, chômage impitoyablement croissant, surfiscalité freinant l' investissement et la consommation,dettes vertigineuses, mécontentements multiples ( fonctionnaires, salariés de l' industrie, producteurs agricoles, retraités) selon les sondages, le bilan relève aussi de deux facteurs dignes de dénonciation :

   - l' inadaptation d' un système institutionnel ni vraiment présidentiel ni réellement parlementaire, alourdi par le "millefeuilles" administratif et une double commande  franco-européenne mal définie.

  - l' alliance tacite d' un certain nombres d' opérateurs économiques et politiques pour entraver une gouvernance se référant au socialisme. Cette hostilité prévisible des milieux financiers, du grand patronat, de la Commission Européenne et de l' Allemagne de Mme Merkel n' est pas sans résultat, ajoutée à la méfiance d' organismes tels que l' O.C.D.E ou le F.M.I. Elle engendre la tièdeur des investisseurs.
   Pendant ce temps, la sociologie du P.S, qui aurait tant besoin du renfort de classes populaires portées vers l' abstention, privilègie le "sociétal". Le mariage pour tous, précieux aux militants,  enfume la réalité de la désindustrialisation, de la fuite des cerveaux, de la désespérance des P.M.E, bref de l' émergence d' un paupérisme français. Le P.S , n'élude pas : il n' est pas à la hauteur, simplement.

   A quand les élections anticipées?

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Apolitisme

Publié le par memoire-et-societe

   La remontée spectaculaire de Berlusconi dans les sondages quelques jours avant les élections italiennes a de quoi alerter. Berlusconi, tout comme Tapie en France, est un délinquant qui devrait depuis longtemps être déchu de ses droits civiques. Donc inéligible.

   Mais alors qui sont tous ces citoyens qui se disent prêts à redonner le pouvoir au Cavaliere? en général, des gens qui déclarent qu' "ils ne font pas de politique et n' y connaissent rien." A quoi on peut rétorquer que, justement, avec un minimum d' attention, ils ne tarderaient pas à " y comprendre" quelquechose, s' agissant après tout de leur sort et de celui de leurs enfants.

   Si l' on gratte un peu, on découvre que ces "ignorants" vont quand même voter. Et si l' on gratte encore, forçant leur discrètion naturelle, qu' ils votent la plupart du temps à droite. Là se pose la question: pourquoi les gens qui se présentent comme "apolitiques" votent-ils à droite? Crainte d'une remise en cause de leur statut social? paresse intellectuelle et scepticisme spontané envers la novation institutionnelle, économique, sociétale?

   L' électeur apolitique se méfie de l' Etat, pourvoyeur incorrigible de fonctionnaires en surnombre et collecteur d' impôts immuablement croissants. C' est pourquoi l' apologie de l' individualisme et le discours néo-libéral flattent son oreille. Mais il n' hésite pas à en appeler au même Etat dès qu' on parle de toucher aux acquis sociaux qu' il avait d' abord combattus. En somme, l' Etat doit être là pour le défendre contre l' Etat, veiller sur sa niche fiscale et garantir sa santé et sa sécurité.

   L' apolitisme est un danger pour la vie démocratique : il récuse l' éducation civique sans laquelle une élection n' est que manipulation, la justification dont se repaissent les charlatans, affairistes et arrivistes de tous poils qui meublent les rangs des Partis dits de gouvernement. Il encourage par là l' abstention grandissante qui exprime ainsi son dégoût, non de la " res publica ", mais de ce qu' en font des politiciens insubmersibles, des avocats véreux et des journalistes douteux, tous forts de leur solidarité de caste.
   Berlusconi (n' a-t-il pas promis de rembourser les impôts?) réintronisé par le biais de l' apolitisme? Mauvais coup pour l' Italie. Affligeante défaite pour les espoirs de construction politique d' une Europe en perte de vitesse.

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Répartition

Publié le par memoire-et-societe

L' Europe qui se construit n' est pas forcément celle qui s' affiche dans les "Sommets" ou Conseils présentés depuis des décennies comme "historiques". Elle progresse en réalité dans le non-dit, s'efforçant d' opérer un partage des responsabilités entre pays souverains résolus à affirmer l' intégration du Continent.
La crise mondiale est une chance de préciser le contour du bloc que peut devenir cette Europe, dégagée de l' étouffement bureaucratique et de l' euroscepticisme de principe. Tandisque l' Europe du nord (au premier rang l' Allemagne) cherche légitimement à veiller à  la santé financière de la Communauté (stabilité du système bancaire, niveau nécessaire de l' investissement,garantie des équilibres budgétaires,action de réduction de la dette), l' Europe du sud ( notamment la France) s' implique dans les dossiers méditerranéens et africains.
Arrêtons-nous dans l' immédiat sur ces derniers, à savoir le conflit palestinien, l' évolution du monde arabe, l' émergence économique et le rôle stratégique de l' Afrique noire. Trois questions où les intérêts de l' Europe se trouvent directement concernés.

Après l' entrée, à une écrasante majorité, de la Palestine à l' Unesco (octobre 2011) puis, comme Etat observateur, à l' ONU (novembre 2012), les USA connaissent au Moyen Orient un isolement né de leur soutien inconditionnel à la politique israëlienne désavouée par la quasi totalité de la communauté internationale.

Washington demeure certes un acteur incontournable dans la région, ne serait-ce que par son potentiel militaire.Mais, pour la première fois depuis l' intervention franco-britannique sur le canal de Suez en 1956 qui les a évincés de la scène, les Européens ont l' occasion de compter à nouveau dans le règlement d' un conflit vieux de 65 ans.Désormais moins sûr de l' efficacité réelle des US, Néthanyaou sera plus sensible aux avis d' une Europe unanime. D' autant que l' opinion comprend que, moins que la sécurité d' Israël, c' est l' annexion de la Cisjordanie qui motive les ultras du sionisme.

Les peuples arabes, quant à eux,ont besoin d' être considérés pour autrechose que le pétrole contenu dans leur sol.Leur existence ne se borne pas à l' enrichissement des princes saoudiens et des émirs du golfe persique. Or, à ce jour, qui, mieux que l' Europe proche, semble apte à établir avec ces pays un continuum politique et des échanges culturels durables? de l' Atlantique à l' Euphrate, les revendications(paix,démocratie,développement) se recoupent. L' heure est à l' initiative.

On dit François Hollande "très inquiet" de la tournure de la situation saharienne.Nous avons déjà fait référence à celle-ci (blog "La France saharaïsée" du 12.10).Les appétits s'aiguisent en Afrique noire où le taux de croissance annuel dépasse 6%. On s'y bouscule: Américains, Chinois, Emergents, lorgnent sur les ressources inexploitées du continent. L' Europe possède dans ses cartons de vastes projets de coopération nord-sud. Mais depuis les faits d' armes du tandem Sarkozy-B.H.Lévy, repoussant les restes de l' armée libyenne au Mali, c' est toute la région qui est en ébullition et la diplomatie française qui s' alarme.Le Sahel, la Centrafrique, voient se multiplier des raids tribaux et fondamentalistes déstabilisant les Etats, au plaisir mal dissimulé de ceux qui ont intérêt à l'élimination de toute présence européenne sur ces terres. Il ne s' agit plus de néo-colonialisme mais de géo-politique:faut-il laisser se développer aux portes du vieux continent un foyer de fanatisme religieux et conquérant? C' est en réponse à la question que prend forme l' idée de répartition intra-européenne.

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Trois Droites

Publié le par memoire-et-societe

   Le feuilleton de la présidence de l' UMP est bien sûr à lire en rapport au positionnement personnel des candidats pour l' élection à l' Elysée de 2017. Il n'est pas pour autant dépourvu  d'enseignement  politique dans la mesure où ladite UMP se situe au coeur des Droites françaises : Extrème droite populiste, Droite "classique", qui s'efforce de réunir gaullistes et libéraux européistes, Centre droit où se retrouvent radicaux modérés et sociaux-chrétiens.

   La Droite est majoritaire dans le pays : les divers mouvements de gauche n'ont rassemblé, au premier tour des élections de 2012, que 44% des suffrages exprimés. Unis, les courants conservateurs l' auraient encore emporté. C' est pourquoi, la rivalité  Fillon-Copé renvoie à une problèmatique lourde d' avenir. Jamais aucun dirigeant de la Droite dite républicaine n'appellera publiquement à une quelconque alliance avec le F.N. Mais Copé et ses amis, qui ne répugnent pas à faire leurs choux gras de certains thèmes frontistes, savent bien que c' est à la base que se noueront les accords susceptibles, grâce au même F.N, de battre la gauche en 2014 dans les régions et les communes. M. Copé, s' il est en responsabilité, sauvera la face, mais ses élus locaux seront otages.

   La ligne Fillon, en revanche, tend à favoriser les regroupements au centre où guettent déjà les orphelins du Modem, des élus " Nouveau Centre",  en perdition, une poignée de chiraco- villepinistes et de christo- boutinistes, et,surtout, les phalanges grandissantes du général Borloo. Tout cela pourrait-il faire un jour le compte? Pourquoi pas, si une autre dynamique s' impose, reprenant le discours du libéralisme social, du rejet facile des appareils partisans (UMP,PS), et de l' opposition obligée aux "extrèmes" ( Front de Gauche et Front National), dynamique apte alors à inverser le rapport de force avec une direction copéiste? 

   Ces diverses branches du conservatisme français ne constituent pas une novation historique. Légitimistes, orléanistes, bonapartistes, se combattent, sous toutes sortes d' appellations, depuis des lustres. L' ennui est que deux, et moins encore trois crocodiles, ne peuvent vivre dans le même marigot. Le F.N ne parait pas actuellement en perte de vitesse, au contraire.

De l' UMP et de l' UDI, l' un des deux devra donc plier le genou, comme l' a fait auparavant l' UDF devant le RPR. En ce sens, le spectacle offert par le parti de Sarkozy sans Sarkozy donne un avantage de départ non négligeable à une formation telle que précisément l' UDI, inédite mais rassurante pour l' électeur avec sa cohorte de vieilles connaissances en voie de recyclage.

   L' espace est mince pour Copé s'il se voit cantonné à faire par essence du lepénisme contre Le Pen. La division finit régulièrement par un déséquilibre, avant que le pendule ne parte ensuite dans l' autre sens. La conjoncture est impitoyable : elle conduit à chagriner la tribu la plus proche avant de songer à terrasser l' adversaire naturel.

 

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Printemps arabe ou automne américain?

Publié le par memoire-et-societe

   Les choses ne sont peut-être pas aussi claires que ça. Démocratie contre obscurantisme, impérialisme contre lutte de libération: ce genre de formulation est souvent simplificateur. La question du Moyen Orient n' est-elle que religieuse? ou le problème est-il aussi celui de la répartition des richesses? L' islamophobie s' arrête-t-elle à la critique du fondamentalisme? et l' anti-occidentalisme n' est-il que l' expression de la misère d' une jeunesse musulmane sans perspective ? Ramener un embrasement persistant s' étendant du Pakistan au Maroc à l' activisme de quelques groupes d' " extrémistes " (comme si seux-ci étaient en suspension dans leurs sociétés ), n'est-ce pas réduire un affrontement d' ordre mondial aux dimensions de la propagande électorale qui déferle à grand prix sur les U.S.A ?

   Hélas, le débat est pour le moment "indépassionnable". Cela n' empêche pas d' appeler un chat un chat. Il y a plus de 6O ans que la nation arabe vit l' existence et le fonctionnement  en son sein de l' Etat d' Israël comme une injustice et une humiliation.Nombreux sont aussi ceux qui ailleurs partagent ce sentiment sans l' avouer en raison du souvenir toujours oppressant de la Shoah.Mais beaucoup part de là, beaucoup y ramène, et aucun argument ne peut rien y changer, même s'il est parfois mal vu  de le rappeler.
   En l' affaire, l' appui inconditionnel, automatique, de Washington à Tel Aviv malgré les votes répétés de l' ONU, l'action d' influents et multiples groupes de pression pro- israëliens en Amérique et en Europe, ne cessent de conforter l' hostilité à l' Occident.

   Telle est la toile de fond. S' y ajoutent les éléments conjoncturels qui semblent se coaliser pour rendre les Etats-Unis peu attractfs. Cette grande démocratie s'il en fût, montre qu'elle sait  ne pas s' embarrasser, quand elle le juge utile, des contraintes de la légalité. Ainsi, le camp de concentration de Guantanamo, à Cuba, bagne hors droit où sont déportées des personnes simplement soupçonnées de terrorisme, existe toujours en dépit des promesses électorales de fermeture de Barak Obama en 2008. Le monde arabe s' en souvient, comme il se souvient des " armes de destruction massive " dénoncées par Bush et Blair pour justifier l' invasion de l' Irak ( bilan à ce jour, plus de 400.000 morts, et un pays laissé exsangue et chaotique). Il se souvient des tortures filmées et photographiées dans la prison d' Abou Ghraîb, du spectacle télévisé en direct de l' assassinat à domicile   de Ben Laden par un commando des "forces spéciales ". Il se souvient, et nous nous souvenons, du sauvetage de la population de Benghazi vite transformé en pure et simple opération de mainmise sur le pétole libyen, etc.

   Ce sont bien ces violations du droit, ces violences, ces dégradations et autres "bavures " variées et répétées qui ont décrédibilisé les Croisés de la démocratie atlantique. Leur impopularité actuelle est autant l' effet d'une conduite politique que d'une "guerre sainte "ou de la résistance de populations qu'après tout on agresse chez elles pour mieux les "libérer",  et qu' une presse lointaine bafoue régulièrement dans leurs moeurs et leurs croyances.

   J'ignore si la société arabe connait un " printemps " qui ne saurait sans doute se suffire de l'éviction de Sadam Hussein, de Moubarak et de Khaddafi. Mais, devant tant de faux pas, j' ai l' impression que le prestige de l' Amérique, lui, devient automnal. La Superpuissance (qui peut toujours faire sauter cent fois la planète ) accompagne son déclin relatif (voir les Emergents ) et la démonstration de son inadaptitude à diriger l' humanité,  d' une perte croissante d' autorité morale.

   Dans ces circonstances, l' Europe, si elle parvient à  s' affirmer indépendante et clairvoyante, peut prendre le relais pour entamer avec la " trilogie des peuples souffrants " (Juifs, Arabes et Noirs) le Dialogue conciliant , équilibré, qui donnerait à l' Occident  un visage moins cupide et moins brutal, et finalement à la nécessaire relation Nord-Sud un début de réalité.

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Crise et rénovation

Publié le par memoire-et-societe

   Une coalition objective se forme-t-elle pour couler l' Europe? Les attaques convergentes et répétées contre l' euro tendent à le laisser croire. Aucune autre monnaie que le dollar ne doit en effet primer en Occident : telle est la doctrine anglo-saxonne. C' est pourquoi toute tentative d' unification financière du continent est jugée attentatoire à la pérennité de ce monopole jamais formalisé. Que l' Europe demeure la première puissance commerciale du monde esr déjà difficile à supporter. Qu' elle ose en outre s' aventurer dans les chasses gardées de Wall street et de la City , voilà qui dépasse l' entendement.

   L' irrésistible émergence du bloc asiatique complique encore la donne. Là, les pressions sont moins aisées que sur une mosaÏque d' Etats européens avec lesquels s' avère toujours possible de " diviser pour règner ". La partie se joue alors à trois bandes, et les nouvelles stars de l' économie (Chine, Inde, Corée ), forcément neutres, ne manquent pas une telle occasion de spéculer sur la dualité euro- dollar. L' objectif de Washington est dès lors de dégager du paysage  la seconde  monnaie "blanche ", en privilègiant le rapprochement avec son concurrent oriental au détriment de son rival atlantique.

   Cette stratégie a le mérite d' être claire. Les Anglo-Américains ne sont pas prêts à partager avec quiconque le rôle d' interlocuteur de l' Asie avant  l'inévitable explication U.S-Chine qui décidera de l' avenir à long terme. D' où la guerre à peine voilée menée contre l' euro par les sociétés financières, leurs auxiliaires et la presse d' outre-Manche et  outre-Atlantique. Attitude qui implique en réponse une accélération de la  réflexion fédéraliste.

   Protèger la monnaie européenne, quelles que soient ses tares et insuffisances, l' imposer à la jungle capitaliste, est un signe, même mineur, de retour à des valeurs humanistes, une manière d' introduire dans l' équation économique actuelle l'existence de la dimension sociale, totalement absente des calculs des entreprises multinationales et des marchés boursiers, de remettre en un mot  le producteur  à la fin de la  recherche du profit.

   Le cher Vieux- Monde ne saurait être le wagon de queue d' une croissance unilatéralement orchestrée par les Etats-Unis d' Amérique et leurs satellites. L' Europe est riche. De son patrimoine, bien sûr, mais aussi de sa créativité, de son désir de paix, de son système de solidarité, le plus avancé de la  planète. Pour sauver cet acquis et leurs  intérêts légitimes, ses membres les plus fiables ont  besoin d' une unité monétaire forte, l' euro en l' occurrence,  dont  les souverainetés  nationales ne pourraient assurer seules le poids. Je me sens ainsi  pleinement citoyen français et  défenseur naturel  d'un continent que, volens nolens, la crise pousse à se rénover.
   I have a dream: la réussite d' une Europe indépendante,  moins sceptique, plus populaire, toujours plus juste socialement.

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Disgrâce de l' anticolonialisme?

Publié le par memoire-et-societe

   Ainsi va l' HIstoire.Après un pic lié aux guerres de libération nationale et de décolonisation, l' anticolonialisme, avec ses figures mythiques (Lumumba, Guévara, Ben Barka, Fanon, Cabral et bien d' autres) semble connaitre une sorte de désintérêt que ne sauraient expliquer la désintégration du bloc communiste et la crise frappant  les pays occidentaux.

   Plusieurs éléments peuvent aider à comprendre l' actuel relâchement d' attention pour la problèmatique de la domination coloniale et son corollaire, le sous-développement, qui continue d' affecter une part importante de l' humanité.

   Le premier de ces éléments est  le sentiment que, globalement, les indépendances ne sont pas des réussites. Ainsi, en Algérie où la manne pétrolière aurait dû engendrer une prospérité générale, la masse des habitants stagne dans la pauvreté et une absence de perspective qu'on ne peut plus attribuer au seul passé colonial.

   L' émigration traduit ce désarroi, générant dans les pays dits d' accueil des rejets dont souffre l' image même des nations nouvelles.D' autant que les excès verbaux et comportementaux (par exemple le " racisme anti-blanc" ) ou  l' unilatéralisme simpliste de certaines minorités d'origine immigrée exacerbent une irritation qu' exploitent  dans toute  l' Europe les mouvements d' extrème droite.

   Question de l' oeuf et de la poule: les discriminations suscitent-elles d' abord  l' agitation communautaire ou celle-ci fertilise-t-elle conséquemment le terrain sur lequel vient s' épanouir l' idéologie de l' exclusion? (voir à ce propos le blog du 19 février 2012 intitulé "Le retour en masse de la pensée réactionnaire° )..

   La distanciation (apparente?) affichée à l' égard de l'opinion anticoloniale a certainement  des causes  moins épidermiques que les observations formulées ci-dessus et moins capricieuses que les modes intellectuelles.Les formes de la domination ont évolué, passant aujourd'hui par des canaux autres que la conquête militaire (encore que...), tels la maîtrise de circuits financiers complexes ou le monopole des  technologie innovantes. Conjointement, le discours marxiste a perdu de son impact avec la fin de l' URSS et  le déclin des Partis communistes, vecteurs traditionnels de  l' anticolonialisme militant. Enfin, l'ideologie libérale est venue  occuper tous les espaces vacants, non seulement économiques (vagues  de privatisations, arrêt des expériences coopératives, etc ) mais aussi culturels à travers le contrôle des moyens de communication, repoussant ainsi  l' opposition structurée vers l' intégrisme religieux.

   Ce va-et-vient ne modifie cependant pas l' aspiration légitime  des peuples à la justice et au mieux-être. Mutation donc, sans doute, mais pas disgrâce : la colonisation de papa est bien morte, et, par voie de conséquence,  l' anticolonialisme qu' elle a engendré. Un autre type de lutte se prépare inévitablement  qui  inventera des manières neuves de combattre un adversaire qui ne recule que dans le rapport de force : la tyrannie universelle du Capital.

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La monarchie électorale est-elle une bonne chose?

Publié le par memoire-et-societe

   La France, pays réputé difficile à gouverner mais aussi à comprendre, a opté pour une formule peu courante : le Parti unique élu. Les socialistes y détiennent en effet la quasi totalité des Exécutifs nationaux et régionaux, le pouvoir législatif ( Assemblée nationale et Sénat ), la gestion de nombreuses grandes villes ( Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Lille, Strasbourg, etc.) et peuvent  tabler sur le préjugé favorable des syndicats de salariés. On en est  presque à une "démocratie totalitaire ". L'  Etat  RPR de Chirac semble anecdotique, tant les hiérarques sociaux-démocrates français concentrent entre leurs mains de pôles de décision.

   Première observation, l' élection seule ne fonde pas la démocratie. Pour s'en tenir au premier tour des législatives du 10 juin 2012 (au second tour 36 députés étaient déjà élus ), et en arrondissant à l' unité près, on a enregistré 43% d' abstentions. Sur les 57% de votants ( et 55% de suffrages exprimés ), 56% des votes sont allés aux deux partis dits de gouvernement ( 29% au P.S; 27 à l' UMP ) auxquels il faut adjoindre des formations alliées numériquement  peu significatives comme les Verts d' un côté et le Nouveau Centre de l' autre.

   56% de 55% réllement exprimés, et rapportés à un total de 46 millions d' électeurs inscrits, cela fait environ 30% pour les deux organisations, chiffre qu' il faut encore diviser par deux pour appréhender le score de chacune. Le vainqueur de cette consultation, le P.S, a recueilli très exactement 7.581.803 voix, outre-mer et  Français de l' étranger compris. En clair, ceux qui gouvernent n' expriment qu' une minorité. Le système n' assure pas une représentation effectivement démocratique.

   Sur ce  blog, j' ai déjà attiré l' attention sur le phénomène abstentionniste ( " Premier parti de France ", septembre 2011, " L' abstention est- elle marginale? ", avril 2012 ). Je constate la confirmation de cette tendance qui, consultation après consultation, affiche de nouveaux records: plus de 2 Français sur 5 le 10 juin dernier. Voilà donc qui renvoie à la crédibilité du système. C' est  un lieu commun : la classe  politique a été discréditée par un certain nombre d' affaires d' ordre divers qu' on ne va pas à nouveau énumérer. Elles ont choqué l' opinion et écoeuré une grande masse de laissés pour compte (jeunes,chômeurs, mal logés ). Des lois électorales comme l' actuel scrutin majoritaire à deux tours parviennent à interdire la représentation de partis légaux ancrés, qu' on le veuille ou non, dans des couches déshéritées du corps social, des charcutages de circonscription pérennisent un partage non écrit entre baronnies partisanes prétendument opposées, la multiplication de sinécures telles que les 23 siéges de parlementaires (11 de députés, 12 de sénateurs ) attribués aux Français de l' étranger, les tripatouillages destinés à recaser les amis largués par le suffrage universel, tout cela finit par éloigner la masse des citoyens de la vie politique. On a beau le dire et  l' écrire, rien ne "change ", sinon un taux d' abstentions qui ouvre une voie d' eau dans l' étanchéité du régime.

   L' Etat-Parti ne trouvera pas d' excuse. Il juge, il tranche, il finance. Des dangers multiples le guettent : l' ivresse de la toute puissance, qui est plus une drogue qu' un stimulant, l' exercice de l' autorité en circuit fermé et l' oubli des autres, le tropisme de l' autosatisfaction, le relâchement envers une vigilance démocratique rendue pourtant plus nécessaire. Il faut un dos robuste pour supporter la charge d' un unipartisme de fait. L' information se fait alors plus inquisitrice et soupçonneuse : les temps ne sont plus à la censure gouvernementale du  genre Alain  Peyrefitte. La langue de bois et le lèchage de bottes se vendent moins bien.

   C' est donc dans son rapport aux oppositions que va s' évaluer le parti social-monarchique. Libertés et  limites du contrôle seront des tests déterminants sur la façon dont les nouveaux gouvernants entendent équilibrer leur pouvoir et le fonctionnement fluctuant d' une société moderne. La " monarchie " électorale n' est a priori ni bonne ni mauvaise. Elle est une expérience.

 

 

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Derrière la façade

Publié le par memoire-et-societe

 L' élection, dans les démocraties libérales et leurs caricatures, est une trouvaille. C' est devenu à la fois l' alibi qui atteste du respect de la volonté du peuple et un sauf- conduit qui permet ensuite de fourguer toutes les camelotes . L' Argent est patient quand il le faut, formé aux concessions inévitables, et imbattable dans l' art de la manipulation. Avec lui, les apparences sont toujours sauves et l' arnaque quasi parfaite.

Car la stratégie de la Finance internationale n' est plus prioritairement de circonvenir les Etats,  pauvres hères harcelés par de subalternes questions d' éthique, d' opinion publique et d' équilibre budgétaire. Le Capital, qui a déjà de quoi éponger plusieurs fois les déficits nationaux additionnés, s' est organisé autrement pour gèrer ses intérêts sans être dérangé.

Il a choisi de court-circuiter le suffrage universel -que, bien entendu, il respecte profondément - par le biais de cénacles restreints et ultradiscrets, dans la tradition établie  des Clubs sélect et des lobbies efficients. Là sont domiciliés les vrais centres de décision ou banquiers, anciens ministres, patrons de multinationales, hauts fonctionnaires internationaux, se retrouvent pour " réfléchir " à la répartition des potentiels " fruits de la croissance ", qui peuvent être aussi des superprofits issus de la spéculation et d'une optimisation de la fraude fiscale offerte par de multiples paradis.

La ligne est claire: moins d' Etat, plus de business. Aussi, pour le bien de la Société entière, l' électeur doit-il être protégé contre lui- même, comme l' enfant qu' on aide à traverser la rue pour lui éviter l' accident. Pour cela une bouée miraculeuse: le Marché, arbitre suprème de l' Economie planètaire, flanqué de deux adjoints incontestables : la Bourse et les Agences de notation. Il n' y a plus qu' à laisser faire...

Tiens, un joli lot : l' Europe, panier de crabes idéal, couvert de dettes souveraines, bouffé par la chômage, empêtré dans le clientèlisme électoral et des corporatismes obsolètes. Immeuble à rentabiliser à la découpe. Il suffit d' enlever un Plus ou un A  par ci par là, et voilà les proprios à genoux, courant partout pour sauver leur taux d' emprunt.

Le F.M.I, la  Banque Mondiale, l' O.M.C , d' accord on sait à peu près de quoi il s' agit. Le Forum Economique Mondial de Davos, c' est déjà plus mystérieux, compte tenu de la réserve des médias qui ne veulent pas lasser le public avec des histoires compliquées de gros sous. Mais la " Conférence de Bilderberg ", la " Commission Trilatérale ", vous avez entendu parler?et de l' IASB ?de l' IPSAS Board?Je vous fais grâce de la signification de ces sigles en anglais,

sachez seulement que c' est du lourd au niveau de la gestion de la planète .

A côté, le gentil dîner mensuel du " Siècle " sis à l' Automobile Club à Paris fait figure de classe de maternelle.On y flatte son ego plus qu' on y  "manage " la marche du monde...

En l' occurrence, ce qui est à retenir est assez simple :

-ce n' est pas l' élection qui désigne nos dirigeants, mais une cooptation opaque sur des critères étrangers aux citoyens

-la gouvernance mondiale confirme un glissement vers la rétention d' information amorcé du temps de la guerre froide

-l' élection n' est prise en compte par l' oligarchie dominante que comme défouloir passager pour les masses,et utile de surcroît au contrôle social.

Tout le monde se souvient de la formule de Churchill disant que " la démocratie est le pire des régimes, après tous les autres. "  La démocratie en trompe-l'-oeil, ou plutôt le despotisme éclairé et atlantiste qu' on nous fabrique, devient " le pire des régimes, avec tous les autres ".

Publié dans politique

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