L' AUTOMNE QUI VIENT

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Dire que la société française a surmonté ses contradictions avec les récentes élections présidentielles et législatives serait faire preuve d' un solide optimisme. Le temps d' un été, et les priorités réapparaissent avec la même insistance: 

  - problème des banlieues où, depuis les troubles de 2005, la tension ne désarme pas, et les choses, en dépit des efforts budgétaires, n' ont pas beaucoup évolué.

  - exaspération du monde paysan livré à la paupérisation de plusieurs de ses activités, entraînant, en nombre croissant, fermetures d' exploitation et suicides d' agriculteurs.

 - malaise d' une jeunesse, victime principale de la précarité et du chômage de masse.

Les banlieues posent au modèle républicain une difficulté identitaire. Le refus d' intégration se traduisant par des ralliements au djihadisme constitue une alerte sérieuse. On ne peut, certes, tolérer l' existence sur le sol national de zones de non-droit. Mais on doit aussi compter avec une situation internationale qui n' est pas sans écho dans la communauté arabe, vivant solidairement le sort des Palestiniens comme une injustice raciste dont la politique française est l' alliée. Ladite communauté attend donc une pression résolue des Européens en faveur de la "reconnaissance des deux Etats", telle que prévue par les Accords d' Oslo. Nul doute que ce pas détendrait par contrecoup l' atmosphère dans "les Quartiers".

La ruralité hexagonale, elle, n' a pas encore digéré les effets brutaux de la mondialisation de l' agriculture. Trop de décalages, de retards, trop d' inadaptations structurelles,rendent les produits locaux peu compétitifs et, de ce fait, délaissés par la grande distribution. A cela s' ajoute la dégradation des conditions de vie dans les campagnes ( raréfaction des personnels de santé, disparition d' écoles et de bureaux de poste, suppression de lignes ferroviaires, etc) qui aboutit à dissuader les actifs de s' installer ou de se maintenir dans les territoires concernés. Une réhabilitation impliquerait non seulement une révision de la politique agricole européenne, mais encore, et pour le moins, l' établissement, au niveau des régions, de Plans quinquennaux de la Ruralité.

Un jeune Français sur quatre est chômeur, et un sur deux dans certaines zones périurbaines. Des centaines de milliers d' entre eux sortent du système scolaire sans qualification, à demi illettrés. Cette jeunesse se sent défavorisée au regard du reste de la population et, par là, disponible pour n' importe quelle "vengeance" sociale. On nous parle de " révolution" : la réinsertion prioritaire de ces exclus, par exemple par une Enseignement technique réactualisé, pourrait en être un premier résultat concret.

Le nouveau président, la nouvelle majorité, prennent-ils assez en compte, dans leur "Marche", ces foyers potentiels d' explosion et le séisme qui résulterait de la conjonction de ces différentes colères? Les jours récents ont été accaparés par le "Statut de la première Dame" et la "Réorganisation du service de Communication" éliséen. On y discerne mal l' urgence susceptible de rasséréner une opinion sceptique, donc impatiente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les banlieues

 

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