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Assez !

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Une fois de plus, l' actualité braque ses projecteurs sur la Palestine. On est au bord d' une troisième intifada, dans le silence coutumier des Démocraties officielles : les Etats-Unis, leur chef de file, l' Angleterre leur berceau et la France,si prompte à dénoncer bien haut les atteintes aux Droits de l' Homme.
Les assauts de colons israëliens contre des villages situés hors des frontières de l' Etat juif, les provocations délibérées contre les lieux saints musulmans (esplanade des Mosquées), les affrontements récurrents où 20 Palestiniens équipés de frondes sont tués pour un Israëlien doté des armes les plus sophistiquées, les discours haineux de Nétanyaou et le calvaire des Gazaouis, rien de tout cela ne semble déranger les chancelleries occidentales, garantes autoproclamées de la Paix du monde. On ne saurait mieux faire le jeu du djihadisme et davantage encourager les déplorables coups de couteau du désespoir.

La situation globale au Moyen Orient demeure liée avant tout au refus permanent de l' entité sioniste d' envisager un règlement politique acceptable et son évidente intention de réaliser le grand Israël par l' annexion progressive de la Cisjordanie. Ce pays surarmé, aux antipodes des perspectives humanistes qui présidaient à sa création en 1948, est prêt à risquer une guerre mondiale plutôt que de négocier le droit de vivre d' un peuple indiscutablement opprimé.
Tout cela n' est pas nouveau. Mais l' accumulation des faits choque de plus en plus les bonnes volontés. Il est difficile d' admettre cette intransigeance dans une région devenue poudrière. On guette la voix assez puissante et courageuse pour abréger un conflit dont plus personne aujourd'hui ne peut prévoir le terme. Ce ne seront, hélas, jamais celles d' Obama et de Hollande.

Publié dans actualité

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Comment s' efface l' Histoire

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Les "petits" héros de notre Histoire m' ont toujours attiré.On leur donnait, quand j' étais écolier, plus d' importance qu' aujourd'' hui où l' on range aisément parmi les images d' Epinal des personnages qui tenaient une place symbolique dans la mémoire collective. Même si une part de légende s' est agrégée à eux, ils sont emblématiques de certains moments de l' Histoire nationale et des événements qui l' ont construite. Leur disgrâce prive donc les jeunes Français d' une épaisseur humaine qui rend plus digeste l' apprentissage d' un passé souvent abstrait
Le Grand Ferré a été , au 14ème siècle, le premier "héros paysan". Né dans l' Oise vers 1330 et doté d' une force physique tout à fait exceptionnelle, il a été, lors d' une phase de la guerre de 100 ans, la terreur des soldats anglais. Durant ce qu'on a appelé "la Jacquerie du Beauvaisis ", il en a abattu 85 à la hache. L' ennemi a tenté de le capturer alors qu' il était alité, atteint gravement de pneumonie. Il l'a mis en fuite à lui seul, après avoir abattu 5 hommes d' un coup. Puis il s' est recouché et est mort aussitôt de sa maladie.

Jeanne Laisné était également du Beauvaisis. Sa cité étant assiégée en 1472 par les troupes anglo-bourguignonnes, la jeune fille, âgée de 16 ans et fidèle au roi Louis XI, a entrainé, hache en main elle aussi ( d' où le nom de Jeanne Hachette), la population à résister aux 80.ooo assaillants et ainsi stoppé l' offensive de Charles le Téméraire contre le royaume de France. Louis XI lui a rendu hommage en participant à son mariage et en permettant aux beauvaisiennes d' arborer les décorations réservées préalablement aux hommes. Michelet puis Jean Favier, biographe de Louis XI, ont fait de cette héroïne le pendant laïc de Jeanne d' Arc .

Joseph Bara est-il mort à 14 ans pour avoir crié "Vive la République!" face aux Chouans? Robespierre et Barère l' ont affirmé devant la Conventoion en 1793.. David a peint son cadavre, André Chénier évoque sa mémoire dans le "Chant du Départ" La 3ème République l' a intégrée à la geste révolutionnaire. Les monarchistes ont prétendu que Bara, domestique de ferme, était en fait tombé sous les balles républicaines. Vrai ou faux, l' adolescent a longtemps relevé d' une mythologie que seul le temps a écornée.

Quant à Joseph Viala, tué à 13 ans pour avoir coupé les cordes du bac de Bonpas, sur la Durance,et sauvé la vie de nombreux Républicains, son nom est indissociablement lié à celui de Bara. Tous deux étaient promis au Panthéon quand le 9 Thermidor et la chute de Robespierre sont venus entraver le projet. Mais ils appartiennent à cette phalange d' enfants-héros qui faisait encore rêver ma génération. J' ai des petits-fils : "ces noms-la, m' ont-ils dit, ne figurent pas dans nos livres d' histoire".

Publié dans histoire

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Sortir d' où on n' est pas entré

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Les Anglais publient régulièrement des sondages sur la cote d' amour des étrangers chez les sujets de sa Majesté. Le dernier ne dément pas les précédents : les Frenchies arrivent en queue de peloton, plus bas encore que les Gallois, à peine plus haut que les Islamistes. Nous sommes donc aussi sales,menteurs,paresseux, prétentieux et lâches que nos pères. Nos femmes et nos filles aussi faciles que l' étaient nos mères. Si bien qu' on se demande :

a) pourquoi le Royaume se targue d' avoir sauvé un peuple aussi "couard", ainsi que l' attestent les monuments aux morts de tous les villages de France?

b) pourquoi tant de Britanniques viennent séjourner ou s' installer entre Le Touquet et Menton?

Ces préjugés quotidiennement ressassés par la presse populaire d' outre-Manche ne laissent pas d' intriguer. Quelle raison profonde trouver à cette persistante hostilité? On arrive alors à deux conclusions plausibles:

a) la conviction que la France devrait être un dominion, via les Plantagenêt, si des rois sans scrupules n' avaient dérobé le territoire à la Couronne britannique.

b) la certitude que les Français devraient être logiquement anglicans au lieu d'être demeurés papistes comme les Irlandais, autre tribu rétrograde.

On comprend mieux ainsi pourquoi l' Angleterre ne saurait de se commettre plus longtemps avec le continent. Elle va organiser, sans le soutien de l' Ecosse, un referendum à ce sujet : la raison voudrait qu' elle quitte une Communauté où elle n' est jamais vraiment entrée.
Sauf, bien sûr, si la City, "première place financière européenne", s' y oppose...

Publié dans politique

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L'ami de Cendrars

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Albert T'serstevens n' est plus guère mentionné dans les chroniques littéraires que comme "ami de Cendrars". Cet écrivain de père flamand et de mère provençale relève de la pléïade des romanciers bourlingueurs qui, entre les deux guerres mondiales, avec Monfreid, Peisson, Londres, Kessel et Cendrars lui-même, ont sillonné les océans et les continents à la recherche de l' aventure.

T'serstevens refusait l' étiquette d' " homme de lettres" mais fréquentait Tailhade, Fleuret, Mac Orlan, Suarès et Genevoix, qui lui a proposé en vain un fauteuil à l' Académie française. A la notoriété de plume,T'serstevens a délibérément préféré le voyage anonyme " en espadrilles et sans cravate", comme le " Vagabond sentimental" (1923) ou, 30 ans plus tard, le visiteur du "Mexique,pays à trois étages" (1955). T'serstevens était d' abord un Oeil : malicieux et chaleureux avec le "petit peuple", nostalgique pour la flibuste et les corsaires (" L' Or de Cristobal", paru en 1936, a été porté à l' écran par Jacques Becker ).

La bibliographie de T' serstevens est impressionnante : des poèmes aux récits, des esais aux romans presque célèbres comme " La Fête à Amalfi " (1933). T'serstevens demeure cependant oublié des éditeurs. Il marque une époque, celle des globe-trotters, démodée. Mais, plus qu' un simple ami de Cendrars, avec lequel il avait d' ailleurs de nombreuses divergences littéraires, il a été un écrivain-témoin de son temps : Raphaël Lecorbeau lui a consacré en 2010 une étude intitulée : " Un écrivain insulaire ou inemployable ?" ...

Publié dans littérature

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Blason d' un corps

Publié le par Jean-Pierre Biondi

René Etiemble ( il signait seulement Etiemble pour éviter un hiatus qui lui déplaisait) était un agrégé de grammaire né en 1915. Professeur d' université et écrivain, il est connu comme auteur d 'une Somme sur Rimbaud (" Le mythe de Rimbaud", sa thèse de doctorat ), ses nombreux travaux de sinologue ( il a été l' un des premiers maoïstes français et pas le dernier des anti-maoïstes) et sa virulente dénonciation de la dégradation de notre langue ("Parlez-vous franglais?").

Le romancier est moins célèbre, encore que certains soutiennent que "Blason d' un corps" soit l' un des plus beaux romans d' amour jamais écrits. Le sujet est original, l' écriture somptueuse. "Blason d' un corps" est constitué des lettres rédigées et non remises, 11 ans durant, par l' auteur à la femme aimée, une métisse antillaise nommée Mayotte. Ces missives racontent l' histoire des "marques" imprimées, tout au long de sa vie, par différentes femmes sur le corps du narrateur.

Le livre,relativement boudé pour un érotisme jugé "excessif" lors de sa publication en 1961 ( de quoi rire quand on sait ce qui s' est publié depuis en la matière...) souffre d' un injuste oubli. "Blason d' un corps" est au XXème siècle ce qu' a été "L' Education sentimentale" au XIXème.

Les textes idéologiques d' Etiemble sont sans doute dépassés. Ceux de Sartre aussi. Mais l' un a écrit "La Nausée" et l' autre ce "Blason". Voilà qui suffit à leur assurer une place de choix dans toute anthologie romanesque contemporaine. Prière de ne pas négliger.

Publié dans littérature

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Lise Deharme

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Dans le Surréalisme, événement culturel majeur en France au début du XXème siècle, les femmes ont joué un rôle auquel on commence à peine à rendre justice. Créatrices elles-mêmes, ou compagnes influentes d' écrivains et de peintres ( voir article "Compagnes et égéries" du 14/03/2013), leurs oeuvres et leurs avis ont contribué à l' évolution d' un mouvement qui proposait une autre lecture du monde.

La poétesse Lise Deharme (1898-1980) figure assurément parmi ces muses restées relativement méconnues. Fille d' un médecin pédiatre et épouse d' un directeur de Radio, Paul Deharme, elle a fréquenté très jeune les milieux artistiques d' avant-garde, publié ses premiers poèmes dès 1922, et suscité chez André Breton, qui la cite dans "Nadja", une (vaine) passion amoureuse.

Liée à la plupart des principales figures du Surréalisme, Soupault, Eluard, Desnos, Man Ray, Ernst, elle a dirigé à partir de 1933 la revue "Le Phare de Neuilly" où se côtoyaient Picasso, Dali, Miro, Aragon, Claude Cahun, Leiris et beaucoup d' autres. Elle a rejoint durant l' occupation le Comité National des Ecrivains et participé à la publication clandestine de "L' Honneur des Poètes"

Mais c' est après guerre que s' est vraiment déployée sa production romanesque avec plus d' une vingtaine d' ouvrages comme "Insolence (1946) ou "Farouche à 4 feuilles",co-écrit avec Breton, Julien Gracq et Jean Tardieu (1954), et quelques libelles interdits à la vente, tels "Oh! Violette" et "Le poids d' un oiseau" .

Aujourd'hui, Lise Deharme, source d' un univers fragile, offert aux chats et aux plantes, est une Belle au bois dormant qui attend que le lecteur l' éveille.

Publié dans littérature

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Manessier de passage chez lui

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Ce blog aura 4 ans le 13 août prochain. Vous êtes nombreux à continuer de le consulter malgré un ralentissement de sa production depuis avril dernier pour la raison exposée dans l' article "Précision" du 5 juin Soyez-en sincèrement remerciés. Le retour au rythme habituel se produira au cours de l' automne.

On ne saurait évoquer cet anniversaire sans en profiter en même temps pour mentionner l' actuel hommage rendu par le jeune musée Mendjisky, voué aux "Ecoles de Paris", celle des Montparnos et celle,ultérieure, de l' Abstraction, au peintre Alfred Manessier (1911-1993).

Dans un immeuble rénové vers les années 30 par l' architecte Mallet-Stevens et le maître-verrier Barillet sont groupées sous le titre "Du crépuscule au matin clair" une cinquantaines d' oeuvres de l' artiste.

Avant de devenir l' un des chefs de file de l' Abstraction, Manessier était, depuis l' âge de 12 ans, le peintre fasciné de la lumière de la baie de Somme qui l' a vu grandir. C' est là, y observant les nuances du jour et de la nuit, que la non figuration lui est apparue une expression qui, dégagée de tout élément de représentation matérielle, permettait d' affirmer la prééminence du vécu intime sur la seule reproduction.
Témoin de ces mouvements intérieurs, vous le verrez, entouré de ses proches amis, Singier, Le Moal, Bertholle ou Bazaine, dans ce 15 ème arrondissement de Paris qu' il a tant aimé : c' est chez lui, ne manquez pas le rendez-vous.


Musée Ecoles de Paris, jusqu' au 15/10/2015. 15 square de Vergennes. Paris XV.

Publié dans culture

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L' esprit et la lettre

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le Tour de France 2015 est achevé. Il a été une incontestable réussite organisationnelle. Son succès populaire ne s' est pas démenti : foules sur le bord des routes et en haut des cols, millions d' amateurs scotchés l' après-midi à la télévision, depuis notre enfance le Tour nous laisse chaque fin de juillet un peu nostalgiques.

L' épreuve, toujours aussi exténuante, est un événement sportif mondial, à l' instar des Jeux Olympiques et de la Coupe du monde de football. Quand, en 1903, le journaliste Géo Lefèvre a suggéré l' idée au rédacteur en chef de L' Auto, Henri Desgrange, nul n' aurait prévu l' écho qu' elle rencontrerait, au point de devenir aujourd'hui le support d' une entreprise colossale.

Ainsi "Sky", équipe anglaise du vainqueur, Froome, y a - t- elle investi 25 millions d' euros avec l' assurance d' en retirer dix fois plus. Belle opération d' investissement capitalistique...

Deux objectifs avaient en son temps animé Desgrange : faire connaitre la beauté des régions françaises et rendre hommage à la Patrie. Les vues aériennes et terrestres, que diffuse désormais avec talent la télévision, des paysages et des monuments variés que rencontre le Tour, répond pleinement au premier point. Contribuent -elles pour autant à sensibiliser les Jeunes à leur patrimoine historique et culturel, espérons-le.

Si la lettre est donc respectée, on est moins sûr que l' esprit des fondateurs le soit vraiment, à voir les dérives financières et commerciales qui président de plus en plus à l' évolution et la mondialisation du TDF, comme disent les chaînes américaines. L' inégalité des budgets engagés par les équipes (de 1 à 5), donc des chances de vaincre, fausse la compétition au départ . Les meilleurs coureurs, de leur côté, font chaque saison l' objet d' enchères sans limite qui favorisent systématiquement les plus riches.

En gros,si le spectacle demeure, son essence patriotique et festive a fait place au business. Cette mutation vers l' Argent n' était pas le rêve de Desgrange, pas plus que celui de Coubertin n' était de faire des J.O cette foire aux orgueils nationaux. Les humanistes ont été floués.

Publié dans société

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De l' audace, toujours de l' audace

Publié le par Jean-Pierre Biondi

On n'est jamais si bien servi que par soi-même. A l' occasion de la Fête du 14 juillet, Hollande s' est félicité de son "audace". Sans doute baignait-il dans la griserie de deux Accords qui, juge-t-il, lui doivent beaucoup. Si on y regarde de près, on constate que ces Accords, l' un arraché à coups de nuits blanches, l' autre au terme de 12 ans de palabres, sont en partie des trompe l' oeil (quelle audace que de faire voter par les députés français la retraite à 67 ans...pour les Grecs!).
Mais en l' affaire, la curiosité réside dans les contorsions diplomatiques menées en notre nom. Alors que sur le dossier grec, le président de la République jouait à Bruxelles le superconciliateur, le ministre des Affaires étrangères Fabius se montrait à Vienne le plus intransigeant des négociateurs. Bien plus intransigeant que l' Américain John Kerry, trainant pourtant l' image de " Grand Satan". Comment expliquer la contradiction?

L' Accord de Vienne, consacrant publiquement l' isolement d' Israël, et démontant ses tentatives de dramatisation, est une avancée dans le règlement pacifique de la crise du Moyen Orient. Obama en est l' orfèvre, Hollande et Fabius en ont été les saboteurs. La politique extrémiste de la France dans la région s' est encore accentuée depuis 2012. Déjà, à propos de la Syrie, le Quai d' Orsay s' était déchaîné, tentant en vain d' entraîner Washington dans une intervention terrestre contre Damas.

Résultat des courses : Fabius est obligé maintenant de ramer pour positionner l' économie française sur un marché de 100 millions de consommateurs où les autres pays industrialisés, plus avisés, sont à l' oeuvre. La question se pose : Fabius est-il vraiment à sa place?

Cherchez en tout cas l' audace dans cette voie de gendarmisation "socialiste" et solitaire tous azimuts : vous y verrez du néo conservatisme inavoué.

Publié dans politique

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Nos amis américains

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Arrive ce qui devait arriver. L'opinion française découvre clairement ce que nos gouvernants de droite comme de gauche savent depuis longtemps: le peu de cas que les USA font des pays qu' ils ne craignent pas.

Sarkozy puis Hollande, chacun à leur façon, ont multiplié les gages à l' égard de Washington : sur la nouvelle politique américaine de guerre froide envers les Russes, sur le projet de traité commercial Etats-Unis-Europe, sur le paiement par le contribuable français d' un "dédommagement" fixé par la justice américaine, la SNCF ayant transporté entre 1941 et 1944 des Juifs vers les camps nazis, etc.

Cela n' évite à personne d' être espionné nuit et jour. Ne remontons pas à Eisenhower qui, en 44, voulait mettre la France sous tutelle administrative et financière directe. On peut envoyer la frégate de La Fayette, reconstituée à grands frais, sur les côtes américaines, célébrer l' anniversaire du cadeau de la Statue de la Liberté : l' impérialisme, lui, n' a pas d' amis. Seulement des affidés sous surveillance, qu' il traite comme quantité négligeable.

C' est pourquoi les vaines contorsions de nos princes ont quelque chose de pathétique et d' humiliant.

Publié dans politique

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