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Humiliation

Publié le par memoire-et-societe

"L'humiliation... n'oubliez pas l'humiliation", rappelait le général de Gaulle, qui n'était pourtant pas nourri d'anticolonialisme. Il mettait ainsi le doigt sur un point crucial de la relation coloniale : là ou la réalité psychologique se fait aussi déterminante que la domination économique.
Tout colonisé confirme en effet que rien n'est plus offensant que le déni de civilisation, c'est-à-dire la négation des valeurs de l'Autre, le dédain de son Histoire (cf.M.Guaino), la dérision accablant ses moeurs et ses croyances. La misère sociale ne se limite assurément pas aux peuples ultramarins. Elle est plus odieuse encore quand elle s'accompagne du mépris voué à leurs langues, leurs coutumes, leurs traditions. Récusé jusqu'au plus profond de son identité, condamné à l'assimilation sans nuance ou à l'exclusion tout court, l'ex-colonisé-devenu-immigré est assigné au statut d'individu secondaire,simple consommateur d'une culture dominante,éliminé d'office d'une expression spécifique.
C'est en réaction à cette situation qu'on peut déchiffrer le récent attentat perpétré contre le journal gauchiste "Charlie-Hebdo", attentat qui a scandalisé les ayatollahs de notre liberté de la presse(bouffons comme Ph.Vial ou Rob.Ménard par exemple) et d'une laïcité qui fait aujourd'hui l'objet d'une bien curieuse unanimité.
J'en parle aisément, je ne suis pas croyant. Se gausser des images des dieux tourne désormais à la manie:on défèque sur la figure du Christ,on caricature celle de Mahomet, manifestations d'un "avant-gardisme" pour le moins réchauffé, et qui aurait plus de panache s'il s'exerçait là ou existe un danger réel à blasphémer. Des bords de la Seine, c'est nul et, finalement, assez lache. En tout cas, inutilement blessant pour ceux, entre autres, venus en France afin d'essayer d'y vivre mieux, plus librement, et chez qui la foi demeure le sens de la présence au monde. Ils n'ont donc aucune raison de se laisser insulter par les esprits forts du coin. Il y a là aussi atteinte à la liberté : la liberté d'être respecté en tant que tel.

Mais c'est comme ça:dans nos Etats "de droit", l'humiliation n'en finit pas de se signaler par son obstination. Elle rode dans la mémoire des descendants d'immigrés qui parviennent mal à oublier l'"accueil" réservé à leurs anciens débarquant des colonies (bidonvilles, salaires misérables, insultes et brimades racistes). Ne cherchons pas. C'est un trouble sentiment de vengeance qui anime parfois les "sauvageons" des générations d'après. Elle s'infiltre également dans les coeurs, au fil d'un quotidien qui démontre que la décolonisation mentale n'est pas accomplie.
Le problème relatif au vote des étrangers -en réalité Maghrébins et Africains- est à ce propos révélateur. Un maire balayeur et malien à Saint-Denis, là serait, annonce M.Guéant, la véritable humiliation.

 

 

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"Exploser" l'euro

Publié le par memoire-et-societe

De la confusion politico-économique actuelle émerge néanmoins un fait difficile à réfuter : la guerre déclarée à l'euro conjointement par la spéculation capitaliste et l'atlantisme anglo-saxon.

Les marchés financiers internationaux, ou plus simplement Wall Street et la City, n'ont en réalité jamais avalisé l'avènement d'une monnaie concurrente du dollar, bénéficiant de 380 millions de consommateurs (l'Europe continentale) au pouvoir d'achat conséquent. Question déterminante de prééminence et de stratégie.

C'est pourquoi, à la faveur d'une crise bancaire d'origine purement américaine (les subprimes, juillet 2007), la spéculation, s'appuyant sur une trouvaille opportune, l'Agence de notation",a senti le parti à tirer des différences de solvabilité existant entre Etats de la zone euro. La"crise de la dette" a ainsi amorcé une offensive scientifiquement conduite contre une union géo-monétaire préludant une construction politique menaçante vis à vis  des intérêts des U.S.A.

Inspiré de l'antique combat des Horaces et des Curiaces, l'affaire a été rondement menée:la Grèce, puis l'Irlande, le Portugal, l'Espagne l'Italie, en ont fait les frais. Aujourd'hui le tour est venu pour la France de subir les assauts des "marchés".
Il est vrai que cette dernière semble se complaire à "fâcher" : cette idée du G.20, par exemple, n'est-elle pas une fantasmagorie dont l'effet, si on laissait faire, aboutirait à une multipolarité non contrôlable ? Le G.20 est mort-né à Cannes télégéniquement inhumé par un Obama trop souriant pour être honnête. Il en a déjà été de même avec l"Union pour la Méditerranée", zombie que le Département d'Etat et la Chancelière allemande ont escamoté avec une discrétion qui les honore.
Ces rêves français hérités d'un gaullisme obsolète -sinon paradoxal- agaçant visiblement la Maison Blanche, celle-ci manifeste peu de propension au cadeau : la France peut dire adieu au triple A, d'autant que son vote en faveur de l'entrée de la Palestine à l'UNESCO n'incite pas "nos amis américains" à la bienveillance. La perte d'un A et l'espèce d'agonie de l'euro ne peuvent que faciliter la chute envisagée par Washington de Sarko.

"L'idéal", dans cette situation, aurait, bien sûr, été DSK, familier du monde financier avec la touche de "social" qui ne nuit à personne. Alors, la spéculation et l'atlantisme vont-ils se voir contraints de souffrir un sage social-démocrate contre le"candidat de l'argent", féru de surcroît de modèle américain ?

Bon courage au citoyen-électeur-contribuable et aux indignés en général, pour trouver dans tout ça l'intérêt réel des peuples concernés.

 

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Nouvelle oreille du Prince

Publié le par memoire-et-societe

Depuis la création en 1836 par Emile de Girardin de "La Presse", premier journal politique bon marché, le monde de l'information a fait l'objet de tous les procès. Aujourd'hui encore, sa représentation centrale, le journaliste, demeure une figure discutée,souvent soupçonnée,plus redoutée que respectée."Flic de la pensée" ou "pollueur de l'ordre social" selon le cas,"l'historien de l'instantané", comme on le nomme, n'a pas, paradoxalement, très "bonne presse" auprès de "l'homme de la rue".

Cependant sa démarche a changé. Mobilisé autrefois par le rapprochement des dépêches dont il s'efforçait de faire la synthèse et de dégager un sens global, le journaliste semble se borner de plus en plus à relater les faits relevant d'une stricte spécialité, comme désireux de ne prendre en charge que sa "part" de ce que peut offrir l'élargissement des sources quasi planétaires d'information. Cette "retenue"lui épargne ainsi une mise en perspective des évènements qui n'est pas toujours sans risque.

D'ou une conception instrumentaliste de l'actualité, réduite à l'état de denrée éminemment périssable. D'où encore la tendance à s'en tenir au factuel plutôt qu'à se risquer à l'analyse. A l'évidence, le journaliste engagé n'est plus de mode. Son successeur, tenu par les lois du marché qui imposent un discours consensuel, donc asexué, préfère s'abriter derrière un pointillisme de l'information ou l"expert" prend le pas sur le "généraliste".

Politiquement, cela n'est pas sans conséquence pour une opinion publique ballottée d'un message à l'autre sans lien intelligible et aboutit de fait à une véritable désinformation. La crise financière avec ses incessants rebondissements (referendum grec, départ de Berlusconi, triple A français, etc.) en porte témoignage. Les arbres n'ont cessé d'y cacher la forêt : la coalition de la finance et des agences de notation anglo-saxonnes contre l'euro abhorré.

De Girardin voulait faire du journal "la bouche du peuple et l'oreille du prince". Le prince en a trop entendu. Il châtre les média pour en faire l'opium du peuple.

 

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L'euro entre social-démocratie et néo-gaullisme

Publié le par memoire-et-societe

Les discours successifs, et contradictoires, des politiques, des banquiers et des économistes (tantôt dramatisants, tantôt rassurants) rendent difficile au citoyen-contribuable la faculté de se faire une idée juste sur l'avenir de l'euro. Les gouvernants ne laissent aux gouvernés, préalablement passés à la moulinette médiatique, que le choix de cautionner, tous les cinq ans, le champion d'un parti dit précisément "de gouvernement".

Dès lors, pas étonnant que nombre d'électeurs, notamment jeunes, découragés par des perspectives peu attirantes, se détournent d'un débat ou personne ne leur offre une solution "crédible".

L'euro, donc...voilà une monnaie censée constituer un pas décisif vers l'édification d'une union politique susceptible de tenir tête aux appétits des "blocs":U.S.A,Chine, puis pays appelés "émergents"(Inde, Brésil).Vue au demeurant assez hâtive, qui occulte l'Histoire intra-occidentale, marquée pourtant par une question rarement évoquée quoique réelle : la volonté du monde anglo-saxon de dominer le continent européen. Dans cet esprit, deux formules jamais démenties méritent d'être retenues : le vieux précepte "diviser pour régner", et la déclaration du Premier britannique Disraeli au 19ème siècle : "L'unité du continent est un révolver braqué sur l'Angleterre".

Bref, Londres comme Washington ne cessent, comme l'a rappelé Sarkozy,"de détester l'euro", incapables d'admettre à l'ouest une entité concurrente. Aussi, le sabotage de la monnaie européenne ne désarme-t-il pas : incitations à l'élargissement continu de la Communauté au détriment, bien sûr, de sa cohésion (des lobbies anglo-américains s'activent pour faire entrer la Turquie à Bruxelles), dumping monétaire, multiplication des mesures de protectionnisme par les avocats du libre échange et les adversaires de la régulation des marchés, manipulations sur le prix du pétrole toujours payé en dollars, rapports ambigus avec des Agences de notation, etc. On jurerait que tout est conçu pour désintégrer in fine un projet fédéral trop autonome.
Sarkozy, si atlantiste au début de son mandat présidentiel, paraît désormais convaincu que l'intérêt économique de la France et la chance politique de l'Europe résident pour l'essentiel dans la coopération franco-allemande. Il en fait l'axe de sa diplomatie."Réenchanter le reve français" pourrait alors signifier un retour revisité à l'"Europe des Patries", ou plutôt des deux Patries, une " Françallemagne" apte à engager le dialogue avec l'Asie.

Dans une telle éventualité,le State Department et la City iront-ils jusqu'à jouer la social-démocratie(en l'occurrence F.Hollande) contre la menace d'un néo-gaullisme ?

 

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Racisme anti-arabe, laicisme anti-islamique

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Le racisme relevant politiquement de la droite dure, et me situant, quant à moi, "à gauche", encore que le terme soit bien flou,je ne trouve pas grand'chose à dire du racisme anti-arabe,sinon pour le récuser. En revanche, le laïcisme anti-musulman semble davantage mériter l'attention par son ambiguïté et ses effets.

Imaginons qu'on considère comme étrangers aux valeurs républicaines les millions de suffrages recueillis par le Front National et les autres millions de votes exprimés par des pratiquants musulmans, que resterait-il, si l'on y ajoute 40 % d'abstentionnistes, de la représentativité démocratique ? une phalange de notables issus d'un électorat du genre de celui du Sénat (les fameux Grands Electeurs) pour "débattre", à l'abri des coups de tabac des réalités.

Laissant à d'autres le soin de la chasse à l'Arabe, la gauche réformiste ne s'interdit pas pour autant l'anti-islamisme. Historiquement d'ailleurs l'un des sujets de rupture entre les 2ème (social-démocrate) et 3ème Internationales (communiste) a été l'anticolonialisme qui,  fondamental pour le léninisme, n'a jamais fait partie intégrante de la culture social-démocrate, plus attentive à une sorte d'embourgeoisement du prolétaire européen qu'à l'émancipation du colonisé.

Anti-impérialisme d'un coté, paternalisme assimilateur de l'autre.

Je songe encore à des hommes  reconnus "à gauche" comme Paul Rivet et Albert Bayet, ralliant finalement le camp de l'Algérie française par peur de l'instauration d'un pouvoir islamiste qui n'était en rien l'enjeu de la guerre de libération nationale.

 

Là réside l'équivoque qui voit aujourd'hui Marine Le Pen se faire la championne de la laïcité, aux cotés d'ailleurs du pro-sioniste Alain Finkielkraut, quoique les visées de chacun soient opposées.

L'anti-islamisme n'est-il pas dès lors en train de devenir ce qu'a été, il n' y a pas si longtemps, l'anticommunisme ? les cibles en tout cas ne paraissent pas si éloignées : ce sont bien des masses pauvres qui cherchent une issue à la misère sociale.

Du coup les discours redondants sur la neutralité de l'école et le respect (tardif) des identités tombent à côté de la plaque. Ils dissimulent, aux yeux de leurs principaux destinataires, les immigrés, une volonté de domination qui risque de faire de la laïcité en question une tortueuse affaire de Blancs.

On le sait, ce qui est excessif est insignifiant...mais alléchant pour les pêcheurs en eau trouble.

 

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Les intellectuels juifs, la Gauche, Israël

Publié le par memoire-et-societe

Je ne méconnais pas la difficulté qu'il y a, pour un non-juif, à aborder des questions relatives à la communauté juive en France, la seconde de la diaspora après celle des Etats-Unis. Aussi vaut-il mieux préciser d'emblée d'ou l'on parle:mon père, l'un des 80 parlementaires à avoir voté en juillet 1940 contre Pétain, a été déporté de la Résistance au sinistre camp de Mauthausen (Autriche), puis est devenu, en 1946, membre du gouvernement de Léon Blum.

Car le soupçon d'antisémitisme,qui répond aujourd'hui à la moindre critique touchant à l'Etat d'Israël, devient, à force, un réflexe qu'on doit, si possible, commencer par essayer de désamorcer. J'ai, pour le peuple juif, surtout pour son intelligentsia , dont l'apport à la modernité est de premier ordre, une considération particulière. Je connais son histoire. Je n'ignore pas ses souffrances. La Shoah est, comme l'esclavage, comme la condition ouvrière, l'une des formes tragiques de l'histoire contemporaine.

Cela établi, je demande le droit de retracer une évolution que j'ai eu loisir d'observer depuis une cinquantaine d'années s'agissant de nombre d'intellectuels juifs. Comptant un long moment parmi les anticapitalistes les plus révolutionnaires (Trotski, Rosa Luxemburg, Marcuse, Walter Benjamin) les juifs tendent maintenant vers une autre analyse du système dominant dans les sociétés occidentales. Analyse qui se fonde sur le ralliement à quelques objectifs-clés : l'économie de marché, le souci de la communication, l'extension de la mobilité, la recherche et la spécialisation. Il est vrai qu'entre temps l'altérité minoritaire s'est trouvée moins menacée et que des juifs ont acquis de plus en plus de responsabilités dans la politique, l'économie et les finances, les industries culturelles. La disparition du paria a effacé la pugnacité du penseur- militant. La mue ne signifie pas pour autant un manque de présence. Rassuré sur sa sécurité, l'intellecuel juif se voue à la production de savoirs nouveaux: exit le marxisme, vive le libre-échange. On est juif par solidarité. Plus par audace critique ou rébellion.
La clé du changement est, à l'évidence, à chercher dans le soutien à l'Etat d'Israël devenu au fil des ans l'allié privilégié des Etats-Unis, sa tête de pont au sein du monde arabe et son porte-voix idéologique en Méditerranée orientale. D'où  un cas de conscience pour ceux qui voyaient dans la création d'un Etat juif en 1948 la perspective d'un modèle social inédit, puis cette interrogation:peut-on se dire de "gauche" quand on justifie de fait  les agissements d'un Liebermann et de ses pareils ? Les crématoires n'étaient sans doute pas un "détail". Le sort des Gazaouis ne l'est pas  non plus.

Loin de moi l'idée que les Israéliens sont  "monobloc" : il y a chez eux des va-t'- en guerre et des pacifistes, des ultra-religieux et des libres-penseurs, des racistes et des anticolonialistes, des forcenés du Grand-Israël et des conciliateurs inlassables, bref un 'éventail d'opinions qui  excluent toutefois les Palestiniens, commodément regroupés sous le vocable de "terroristes".

Le tournant historique de l'intelligentsia juive de France est clairement perceptible. Esquissé dès 1967, le rapprochement avec la droite au sens large, donc avec certains socialistes, s'est confirmé sous la poussée de la passion islamophobe (voir à ce sujet les déclarations du CRIF et de la LICRA).Ce soudain conformisme "démocratique" fait de quelques beaux-parleurs, tel l'ineffable B-H Lévy, les délégués reconnus d'un courant de type néo-conservateur . Aboutissement d'une "maturation" dont on  discerne mal l'intérêt qu'elle pourrait présenter pour ceux qui souhaitent un avenir apaisé dans le monde, mais qui se dévoile dans l'approbation inconditionnelle de boute-feux censés nous protéger de nouveaux barbares vivant depuis des décennies dans des camps de fortune. En ces circonstances, le déporté  Hessel n'est qu'un munichois alors que Pierre Nora exalte une identité, française c'est vrai, fort éloignée de nos vécus quotidiens. Depuis sa version 45, où le judaïsme rejoignait le projet socialiste, l'intellectuel juif a en tout cas fait du chemin: il a accepté, une fois institué en Etat, de se faire oppresseur.

Plutôt que de recourir mécaniquement à une dénonciation d'antisémitisme, voire, s'agissant de juifs critiques, de "haine de soi"(!), il serait plus logique pour lui d'admettre que les U.S.A et la France sont  les centres d'accueil d'une intelligentsia réactionnaire. Les pères ont cru au bolchévisme, les fils se sont engagés, derrière Raymond Aron, sur la voie du libéralisme mondialisé, les petits-fils se mobilisent pour la cause d'un nationalisme belliqueux. Ainsi, une intégration réussie exacerbe-t-elle finalement l'ethnocentrisme...

 

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A droite

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Tandis que les médias amusent la galerie avec les vaudevillesques tribulations d'un DSK évincé du paysage politique et que fleurissent les scandales financiers, d'importantes manoeuvres s'ébauchent au sein de l'actuelle majorité (1).

Celle-ci est désormais en alerte : tout confirme (sondages, rapports des préfets, contacts des parlementaires sur le terrain, etc.) que dans le cas d'une confrontation Sarkozy-Hollande, au second tour des présidentielles, le leader socialiste l'emporte.

D'ou l'évocation d'un scénario "coup de théâtre" qui serait alors le suvant :

1-après le 16 octobre, si c'est bien F.Hollande qui est désigné comme candidat P.S, une concertation intégrant un nombre très restreint de leaders majoritaires, pourrait s'amorcer selon ce schéma : en janvier (et en tout cas après la réunion du G20), Sarkozy annoncerait - avec mise au point d'une justification calibrée- qu'il ne se représente pas.

2-La voie est libre pour Alain Juppé qui a déjà indiqué qu' "il irait" si l'actuel président renonçait. Le maire de Bordeaux est considéré à droite comme le meilleur ministre du moment, compte tenu notamment de la spectaculaire remontée de la diplomatie française dans le monde arabe.

3-Pouvant rapprocher chiraquiens, sarkozistes et déçus divers, Juppé neutraliserait ainsi une candidature du type Borloo ou Morin, sinon Bayrou, et ressouderait la coalition sortante pour la conduire, rassemblée et rénovée, au scrutin présidentiel.

4-L' "effet Juppé » (en février?) créerait une dynamique susceptible, au terme d'une campagne assez brève (2 à 3 mois), menée tambour battant, de mordre sur l'électorat modéré potentiel de Hollande, "vulnérabilisé" par l'accumulation des promesses catégorielles plus ou moins contradictoires du P.S.
Selon les premiers et naturellement très discrets "échanges de vues" opérés sur le sujet depuis les journées UMP de Marseille,l'éventualité qui précède commence à être considérée comme la meilleure chance de garder le pouvoir, que la droite, étant donné la peur qui la saisit,fera tout pour conserver.


(1)2 sources différentes exigeant l'anonymat.

 

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Premier Parti de France

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Le suffrage universel (accordé aux Françaises en 1945 seulement) demeure partout une avancée significative du droit de chacun et de chacune à faire connaître ses choix de société. Dans les pays ou un tel droit n'existe pas, il constitue un objectif nécessaire à l'édification d'un régime de liberté.
Cependant, le recul acquis là où il fonctionne depuis longtemps, permet de penser qu'il ne suffit pas à lui seul à fonder la démocratie, donc qu'il ne constitue pas l'absolu auquel d'éminents penseurs s'efforcent de réduire la vie publique.
La manipulation de l'expression populaire par des lois électorales arrangées, des modes de scrutin alambiqués, des découpages de circonscription arbitraires, et autres tours de passe-passe, jette le doute sur la qualité du vote et la représentativité de l'élu. On n'aboutit qu'à diminuer la confiance des citoyens et à fausser les réalités sociales.

Sartre (1) considérait l'élection aujourd'hui comme un processus d'individualisation, c'est-à-dire, de dépolitisation. La versatilité de travailleurs offrant leur bulletin de vote à la droite au bout d'un mois de grève en 1968, ou de socialistes appelant à voter Chirac le matin et sifflant son élection le soir en 2002, en fournit l'illustration.
Ce genre de bouillie ou le mot magique "démocratie" sert à gommer les oppositions de classe, le sociétal à occulter le social, le concept de République à nier le multiculturalisme, et la protection de l'environnement à supplanter la tragédie du chômage, touche les régions du monde généralement classées parmi les plus libérales, au sens politique, par exemple les Etats-Unis et l'Europe occidentale. Le fort taux d'abstentions qu'y recueillent nonobstant les consultations électorales témoigne d'une crise persistante de la représentation et fait du "parti abstentionniste" le premier de France, au centre du paysage politique. Cette marginalisation volontaire d'une fraction importante de la population n'est pas neutre. Elle affirme l'abstention comme un choix enclin à refuser dans l'élection un mélange médiatisé de démagogie, d'opportunisme et de clientélisme.

Q.-Mais l'abstention ne fait-elle pas la chance des aventures (en clair du Front National) ?

R.-Ce qui fait, en premier lieu sa chance, ce sont les valises de billets éparpillées ça et là, les scandales de moeurs, les délits d'initiés, les rétro commissions, les emplois fictifs, les abus de biens sociaux, les collusions d'intérêt, les paradis fiscaux, l'enrichissement personnel avec l'argent du contribuable, les études-bidon, les subventions de complaisance, la distribution des sinécures, la désinformation, bref l'actuel tsunami de la corruption et du népotisme engendré par l'oligarchie.

Q.-Plus de gouvernement légitime, alors. Quoi ? l'anarchie ?

R.-Non, mais il y a des sortes de pouvoir dont on se passe déjà:la Belgique (le vote y est obligatoire) n'a plus de gouvernement depuis plus de 15 mois, mais ne connaît pas la crise financière. L'Italie de Berlusconi démontre qu'une gestion éprouvée de l'administration des choses peut suppléer à un mauvais gouvernement élu. Il y a bien sur, pour toute nation, des orientations à déterminer, des choix à faire:n'écartons pas dès lors l'idée que de la révolte citoyenne peut naître la mutation d'un système à bout de souffle. A commencer par la moralisation des pratiques politiques (o, fraîcheur d'âme !), la déprofessionnalisation des élus(pas plus de deux mandats pour les parlementaires comme pour le président), la transformation de partis rongés par la rouille en mouvements à l'abri des clivages devenus anachroniques, la maîtrise des lobbies, la suppression d'objets encombrants et ruineux comme le Sénat, l'amaigrissement du mille-feuilles qui, de la commune au Parlement européen, permet de caser les amis ou de se partager les places sans souci de l'évolution des réalités. Toutes suggestions que vous aurez du mal à trouver dans les programmes des "partis de gouvernement", mais éventuellement susceptibles de contribuer à ramener le citoyen vers les urnes.
Des sondages augurent pour 2012 une bonne phalange de sceptiques, d'hésitants, d'écoeurés. Dernière question:à quoi bon autoriser l'abstention si jamais personne ne prend en compte le rejet du trucage et, subséquemment, l'option "pêche à la ligne" ?

(1) Sartre. Elections, piège à cons. Situations X.Gallimard.1976.

 

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Entre décolonisation et multiculturalisme

Publié le par memoire-et-societe

J'étais présent lorsqu'un jour de 1973, intervenant devant l'Union Progressiste Sénégalaise, son Parti, Léopold Sédar Senghor dénonça ce qu'il a appelé "l'esprit d'agression et de violence des Albo-Européens, obsédés, ajoutait-il, par le désir de possession et de domination."

Cette formule; "Albo-Européens", me laissa songeur. Y avait-il des Européens non-blancs (ceux qu'on a nommé depuis les Nègropolitains) ? Vivant alors en Afrique, étais-je un  Albo-Africain ? et les Africains-de-souche pouvaient-ils adopter totalement un homme, même "nègrophile", de la couleur de leur colonisateur ? Mon statut de "toubab" me paraissait irréversible,verrouillé par une sorte de racisme inversé.

L'âpreté de Senghor m'avait aussi surpris. Emanant d'un esprit ouvert aux autres, de la lignée d'un Jaurès, d'un Gandhi, d'un Luther King, ce rejet sans nuance  ne correspondait ni à sa conception des relations humaines, ni au grand projet de sa vie:l'élaboration d' une Civilisation métisse universelle.

Cependant, je me remémorais l'acharnement de l'Occident à user de périphrases humiliantes pour désigner le continent d'ou s'exprimait le co-fondateur de la Négritude : "sociétés sous-développées", "pays les moins avancés", "nations en retard", toutes définitions avouant d'ailleurs un échec de la colonisation.

Du temps a passé. L'indigène, pauvre et majoritaire chez lui, est souvent devenu pauvre et minoritaire chez l'Albo-Européen dont l"avance", précisément, l'a fait rêver. L'Etat-nation africain, lui, a été façonné sur le modèle occidental, alors que la réalité inciterait à des regroupements plus facilement ethniques, et qu'une balkanisation calquée sur le partage colonial remontant à la conférence de Berlin en 1885 a été maintenue sous la pression des dispensateurs d'aides et de conseils. Ainsi va le Tiers-Monde, rebaptisé le Sud, coulé dans une décolonisation intermédiaire ou des Etats, juridiquement indépendants et politiquement non souverains, végètent sous la coupe de gouvernements nationaux et d'intérêts étrangers.

Sombre micmac d'où ont soudain émergé tous ceux qu'on appelle, faute de mieux, les-jeunes-de-banlieue. Euro-Africains donc, puisque nés sur le sol français de parents nés en Afrique,les voici postés à la croisée du modèle consumériste et culturel américain, de leurs origines ethniques, et d'une société christo-gauloise qu'ils sont, pour certains, résolument enclins à renier mais qui les marque pourtant. Ce triple parrainage, cette rencontre du rock, de la religion et du verlan engendrent une identité multiculturelle dont l'anticolonialisme et les aspirations libertaires, anti-étatiques en tout cas,sont des signes distinctifs. Au moment ou des rebelles à Benghazi brandissaient le drapeau français face à Khadafi, la police arrêtait, dans le Val de Marne, trois fils d'immigrés en train de le brûler : le sentiment de subir une situation néo-coloniale venait contredire l'hommage des révoltés à l'emblème des Droits de l'Homme.

Ce genre de paradoxe devrait bien retenir un instant l'attention de l'opinion plutôt que les faits et gestes d'un personnage déconsidéré par le cynisme de ses moeurs:pourquoi de jeunes Français refusent-ils une nationalité à laquelle leurs parents ont longtemps aspiré, et se veulent-ils étrangers là ou leurs prédécesseurs, étrangers, se voulaient français ?

 

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La Rochelle et la Réalité

Publié le par memoire-et-societe

On peut sans doute considérer "l'Université d'été" des socialistes à La Rochelle comme un moment de la vie politique française.
La première observation qui en ressort annuellement, c'est l'obstination du P.S à dénoncer chez les autres des contradictions auxquelles lui-même n'échappe pas. Il fut une époque où un parti, le P.C, usait de l'autocritique comme moyen de réduire toute opposition aux diktats de ses maîtres. Compte tenu de la cacophonie qui y règne, c'est un reproche qu'on ne risque pas d'adresser à la formation dirigée par Mme Aubry, ou M.Harlem Désir, on ne sait plus trop bien.

Le procès récurrent intenté aux divisions dans la majorité ne saurait occulter la fougue jetant les unes contre les autres, plus pour des questions de place que de contenu, les têtes de série du Parti. Sans remonter aux guerres Mitterrand-Rocard ou Fabius-Jospin, on relève qu'une sorte de "camaraderie haineuse" fait partie de la panoplie dirigeante. Dirigeants qui ne comprennent pas que les citoyens ne les comprennent pas, à l'heure ou ils prétendent assurer ensemble le "changement". Les interroge-t-on sur ce paradoxe, ils vous répondent, imperturbables  "c'est la démocratie."

Le P.S paraît cependant en voie de gagner la prochaine élection présidentielle. Pour autant, il n'est pas prêt à gouverner. Ni politiquement ni moralement. Peut-il d'ici là surmonter ses handicaps  :son manque d'unité, l'insuffisance de sa réponse à une crise financière gravissime, le flou persistant de ses alliances, sa coupure flagrante avec les classes populaires, le nombrilisme et le carrièrisme de ses stars ? Tributaire d'un personnel politique usé par des décennies d'alternances, de co-habitation et de scandales divers, le P.S ne laisse que peu d'espace à une autre génération, et on ne peut raisonnablement augurer de ses "indignés" autre chose qu'une pincée de démagogie électorale.

Même si les "résolutions" affichées sont sincères, elles apparaissent à un moment où chacun suspecte déjà les promesses de partis qui ont partagé la récente période d'affaiblissement du pays."L'heure est venue d'attitudes capables de faire choc sur l'opinion", a clamé un orateur rochelais. Mais il faut se méfier des phrases consacrées : les Français n'ont pas la mémoire aussi courte qu'on le dit. Ils n'oublient pas que le peuple, dont les socialistes se réclament volontiers est encore à des années-lumière de leur "université".

 

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