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PARCOURS DE Ré SOUPAULT

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Née en 1901 en Allemagne dans une ville aujourd'hui polonaise, Bobolice, Erna Niemayer rejoint le BAUHAUS de Weimar à 20 ans contre l' avis de ses parents. Ses premiers précepteurs se nomment Gropius, Klee et Kandinsky.

Elle se lie bientôt avec le dadaïste Kurt Schwitters qui la baptise Ré, du nom de la déesse égyptienne du Soleil, avec Erich Maria Remarque, auteur de " A l' ouest rien de nouveau ", et avec le peintre Hans Richter, qu' elle épouse.

Déjà repèrée dans les cercles d' avant-garde, elle s' installe à Paris en 1929 et collabore comme styliste avec le couturier Paul Poiret (cf. chronique "Grandeur et misère de Paul Poiret" du 3 juin 2017). Puis elle crée sa propre maison de couture grâce au mécène américain Arthur Wheeler, et aux concours du photographe Man Ray et de Mies van der Rohe, ancien du Bauhaus.

Financièrement fragilisée par le décès de Wheeler, elle renonce quand ell rencontre, fin 1933, le journaliste Philippe Soupault, l' un des pionniers du Surréalisme (il a co-rédigé avec André Breton le premier texte d' écriture automatique, "Les Champs magnétiques", en 1919. Rencontre décisive. Elle fait, par son truchement, découvrir le dadaïsme berlinois aux Français. Elle-même se convertit à la photo (en coïncidence avec Dora Maar auprès de Picasso). Le couple se marie et sillonne l' Europe dans un tourbillon de manifestations artistiques.

En 1936, le leader du gouvernement de Front populaire, Léon Blum, charge Soupault de la création de la première station radiophonique de Tunisie pour contrer les menées fascistes dans ce pays sous protectorat. Il n'en faut pas plus pour provoquer une levée de boucliers chez les colons qui y voient une promesse implicite de décolonisation.

A peine installée en 1940, l' Administration de Vichy révoque Soupault, l' accuse de "trahison" et l' emprisonne. Il finit par s' échapper et à gagner avec Ré, via l' Algérie, New York où il retrouve certains de ses amis parisiens : Fernand Léger, Ivan Goll, Max Ernst, Kurt Weill, etc. Le ménage Soupault entreprend alors un long périple à travers tout le continent américain pour porter la voix de la France libre dans le domaine culturel.

En 1945, Ré et Philippe se séparent. Lui rentre à Paris qu' elle ne rallie que 3 ans plus tard. Entre temps, elle s' est reconvertie dans le journalisme radiophonique et l' écriture. Elle publie en allemand de grandes traductions d' auteurs français (Lautréamont, Romain Rolland, Soupault, bien sûr) et des essais (sur Gandhi, la Commune de Paris et même...Jeanne d' Arc). 

Eloignée du quotidien de Philippe, elle reste néammoins sa proche voisine à Auteuil, poursuivant jusqu'à la mort de ce dernier en 1989 une permanente collaboration artistique. Pour Ré, l' ancien surréaliste demeure, quoi qu' il en soit, l' homme de sa vie. Elle lui survit encore 7 ans avant de s' éteindre à Versailles, francophile méconnue mais reconnue outre-Rhin pour ses multiples ouvrages et ses innombrables clichés, témoignages, en dépit d' une tragique actualité, de l' éblouissant foisonnement du renouveau intellectuel de l' entre-deux-guerres en Allemagne comme en France.
 

Publié dans culture

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CE QUE LES CHINOIS PENSENT DE NOUS

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La République populaire de Chine, née en 1949 sous la présidence de Mao, mobllise de plus en plus l' intérêt en multipliant les interrogations. Son développement fulgurant comme pays du tiers-monde, ses performances économiques, techniques et commerciales comme nation industrielle, en font désormais la rivale directe des U.S dans la course au titre de première puissance planétaire.

L'épidémie du Covid 19 a encore accru l' attention non seulement parce que la Chine figure à la source de la maladie, mais aussi parce qu' on a réalisé que la production des moyens de protection ( masques, tests, instruments de recherche) résidait pour une bonne part dans ce même pays.

Depuis des années, reportages, études, colloques, livres et films se consacrent au " phénomène chinois" et à l' idéologie qui le sous-tend. Rares sont toutefois ceux qui se demandent ce que peuvent penser de l' Occident un milliard quatre cents millions de Chinois ( et moi et moi et moi! chantait Jacques Dutronc). 

La France n' est pas la nation européenne la moins cotée, malgré son passé colonial. Au moins n' a-t- elle pas participé à la "guerre de l' opium", et a-t-elle servi de refuge, dans les années 20, à des communistes chinois en fuite,  devenus ouvriers chez Renault. De la France on lit volontiers sa littérature (Balzac, Flaubert, Hugo et Simone de Beauvoir en tête). On est friand de ses produits de luxe (sacs foulards, tailleurs, bijoux, parfums ). On est  empli de gratitude pour le général de Gaulle, pionnier de la reconnaissance internationale du régime de Pékin. Paris demeure la cible des jeunes mariés de la classe moyenne pour leur romantique lune de miel.

Deux points pourtant continuent d' alimenter la perplexité du Chinois actuel :

- le manque d' enthousiasme patriotique des Français, comparé à sa fierté nationale personnelle. Comment expliquer, par exemple, cette indifférence à la légende napoléonienne? Non à la Révolution, mais à l' Empereur? Vouloir renier ce bout glorieux d' Histoire, n' est-il pas signe de décadence?

- la contradiction que s' acharnent à voir les Français entre communisme et business. Comme si la fin du maoïsme était l' instauratuion de la pénurie! Le communisme à la chinoise vise l' enrichissement dans des termes que n' aurait pas désavoué le libéral Guizot...mais sous Louis-Philippe. 

Ce communisme n' a rien de libertaire. Il est autoritaire, hiérarchisé, centralisé. La classe administrante du Parti-Etat est aussi une néo-bourgeoisie d' affaires fidèle théoriquement au dogme marxiste-léniniste et empiriquement à la trilogie officielle: entreprendre, investir, accumuler le Capital national. Elle fonctionne sur une base méritocratique impliquant une discipline absolue et sans faille. Le rigorisme du système n' exclut d' ailleurs pas la formation d' une frange de parvenus aussi indécents et cyniques que partout ailleurs. Le progrès du niveau général de vie contribue à la rendre alors socialement tolérable.

Face au grand combat de liquidation du capitalisme américain, l' Europe n' apparait qu'une spectatrice défraichie, une sorte de ventre mou, inapte à assumer le statut d' arbitre qu' aurait pu, pourrait peut-être encore, lui conférer son rayonnement ancien, si elle parvenait à s' unir et se décoloniser.

La conquête du monde par un "Empire du Milieu" requinqué est dès lors, selon le citoyen chinois, une fatalité issue de la décomposition galopante de la civilisation démocratique issue des Lumières.

Publié dans société

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L' ETAT FRANCAIS ET L' ETAT DE LA FRANCE

Publié le par Jean-Pierre Biondi

L' autorité de l' Etat français dont le Parlement vote des lois dont une partie ne connait jamais d' application, ne manque pas d' interroger. Ce recul institutionnel est observable depuis la fin brutale du septennat Pompidou, le premier choc pétrolier, l' alignement giscardien sur les Etats-Unis et l' élargissement inconsidéré de la Communauté européenne. La balance commerciale a alors commencé à se dérégler, le déficit à se creuser, le nombre des chômeurs à se multiplier.

La victoire de la gauche en 1981 a été d' abord une réaction contre cette dégradation. Puis Mitterrand s' est mis à nationaliser à 100% pour, deux ans après, changer de politique, découvrir l' économie de marché, chasser les ministres communistes et remplacer Mauroy par Fabius.

Trois septennats et un quinquennat plus tard (deux sous Mitterrand, le reste sous Chirac), la France comptait au-delà de 3 millions de chômeurs déclarés et sa dette avoisinait les 80% du Produit Intérieur (PIB). Son influence historique dans le monde arabe s' était volatilisée , son crédit culturel en Afrique , en Amérique latine et en Europe de l' Est sensiblement amoindri.

Les agissements  de Sarkozy en Libye, à l' origine du meurtre de son ex sponsor électoral Kadafi et de l' extension jihadiste en Afrique noire (fait qu' on ne rappelle jamais assez ), la burlesque nullité de Hollande qui désindustrialise à tout va en promettant "l' inversion de la courbe du chômage ", complètent cette peinture du déclin national.

Les déboires se sont ainsi accumulés : incapacité à tenir les engagements pris à Bruxelles sur les 3% maximum de déficit du PIB et, surtout, délabrement  des services publics : non seulement de l'  Hôpital mais encore de l' Ecole, des Tribunaux,  Commissariats,  Prisons,  Transports en commun,  Infasructures (réseau routier, ponts, lignes ferroviaires ) , ou du Logement social. En 2005, les banlieues flambent. Chômeurs, précaires, petits retraités, endossent en 2018 un gilet jaune et descendent dans la rue jusque dans les plus modestes bourgades.

La France se classe première, du moins en Europe, pour les prélèvements fiscaux  et le nombre des fonctionnaires purement administratifs. Certaines de ses plus grandes entreprises industielles appartiennent désormais à des étrangers, d' Alstom à Sanofi ou aux Chantiers navals de Saint-Nazaire. En revanche, l' Etat a totalement raté l' avènement du numérique tandis que Mitterrand, visionnaire du passé, s' acharnait à promouvoir  Gorbatchev dont les Russes ne voulaient absolument pas.

Qui peut alors s' étonner que la classe politique soit de moins en moins respectée, les autorités de moins en moins obéies, et que les abstentionnistes se fassent toujours plus nombreux? Pas grand monde. D' où cette question: pourquoi l' Etat fonctionne-t-il si difficilement à un prix si considérable? L' incompétence ruineuse d' une série de dirigeants, la décadence du souci de l' intérêt général,  sont sans doute partie prenante d' un bilan qui n' annonce rien de rassurant à l' heure du tsunami économique engendré par l' épidémie de coronavirus ( la  " discipline" observée pendant le confinement est assurément davantage due à la trouille qu' aux menaces gouvernementales. )

Elle, cette isuffisance de nos maîtres, n' explique pas tout. La structure de l' Etat-nation est inadaptée à l' état du monde, à son évolution. Elle est gaulliste, donc anachronique, avec une tête de géant pour un corps de nain, un Exécutif omnipotent et un Parlement rabougri. A la dimension du Général en 1958, quoi, pas à celle d'un Mitterrand,  d' un Sarkozy ou d' un Macron qui s'y sont lovés avec gourmandise .L' électoralisme et le clientélisme, les lobbies, les corporatismes, la technocratie, la ronde des minorités, les démagogies, s' y sont taillés des morceaux de choix. L' amincissement annoncé du millefeuilles s' est soldé par un redécoupage loufoque en Régions qui se prennent pour des " Länder", se dotent de roitelets à caser dans le coin (Bertrand, Morin Wauquiez) et mobilisent une couche supplémentaire de "collaborateurs" étrangers aux "territoires". La décentralisation conçue sur une soudaine inspiration du duo Hollande-Sapin  n'est qu' une foutaise qui ne durera pas.

Trop centralisée, la France? oui, dans certains domaines, pas dans tous non plus. Mais un Etat souffreteux, mal rééquilibré, sacrifiant la ruralité dans une mosaïque fantaisiste et la création de microcentralisatismes autour de sous-capitales qui déplacent les problèmes avant même d' avoir pu les régler. Macron refuse la nécessité d' une mutation plus profonde ( la VIème République). Il a été élu sur le thème de réformes relatives  qu' il n' arrive d' ailleurs pas à mener à bien. Il n' a pas été à l' heure au rendez-vous indispensable du renouveau qu' attend un pays paupérisé, morcelé, déçu, et maintenant accablé par l' épidémie. Ce président sera balayé sans, espérons-le,  trop de casse.  L' Etat a assez trinqué comme ça.  Pensons dorénavant, d' abord et surtout, à la France et à sa population précarisée.

 

 

Publié dans politique

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SUR MAURICE MAGRE

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Nous sommes à cent lieues du coronavirus et du confinement : peut-être le lecteur de ce texte sera-t-il soulagé de pouvoir penser un instant à autre chose? Hasard d' anthologie, je tombe sur une critique de Maurice Magre, alias René Thimmy, parue en 1924 dans "Le Figaro" : "Magre est un anarchiste, un individualiste, un sadique, un opiomane. Il a tous les défauts, c' est un très grand écrivain."

Le curriculum est incomplet : Magre est aussi boudhiste, franc-maçon, et frère du préfet André Magre, secrétaire général de l' Elysée sous la présidence d' Albert Lebrun jusqu' à l' éviction en 1940 de celui-ci par le régime de Vichy.

Né en 1877 dans une famille bourgeoise et toulousaine, le jeune Maurice "monte" à Paris pour réussir dans la littérature. Ce Rastignac occitan commence, comme il se doit, par mener une vie dissolue d' où l' exemple d' un Verlaine ou d' un Rimbaud n' est pas exclu. Il se lie à des poètes comme Paul-Jean Toulet et Francis Carco. Il publie aussi quatre recueils de poèmes tels "La chanson des hommes" et "Les lèvres et le secret" qui ne lui apportent ni la gloire ni la fortune.

Il délaisse peu à peu la cause occitane et cathare pour s' orienter, surtout à partir de 1919 (il a passé 40 ans),vers l' ésotérisme et le martinisme (versant spiritualiste de la maçonnerie). Il  rallie, dans le même élan, la Société théosophique d' Héléna Blatavsky prônant un syncrétisme des traditions religieuses qui influencera  la pensée de Gandhi.

Magre s' achète alors une conduite, comme l' illustre cet extrait en 1931 du "Journal" du féroce Paul Léautaud : "(Magre) était assez vulgaire, comme tous les jeunes gens du midi .(!!). Je le revois très bien dans les bals de quartier, au 14 juillet, tâchant de trouver une conquête(...) Il est devenu fort distingué d' aspect et de manières."

L' événement semble l' éviter : il reste étranger au Front populaire et à la défaite. Ses pas l' ont en 1935 conduit à l' ashram du philosophe oriental Sri Aurobindo, à Pondichéry, toujours comptoir français de l' Inde. Un séjour capital qui ne l' empêche pas d' écrire des chansons sur de la musique de Kurt Weill, célèbre compositeur de "L' Opéra de quat'sous", ni de faire jouer l' une de ses pièces (" La Mort enchaînée") à la Comédie française, ni enfin de multiplier les publications (poèmes,pièces,romans) ,connaître la notoriété et recevoir en 1937 le Grand Prix de littérature de l' Académie (qu' il avait jadis tant vomie).

Il n' en continue pas moins de se proclamer expert en matière de drogues hallucinogènes, consommant de la mescaline vingt ans avant la "beat generation", mais aussi du tarquin ( gin renforcé intégrant de la cinnamone malgache), du yogé (substace psychédélique utilisée pour entrer en transe par des chamans du Brésil) et de la soma ( suc extrait de racines employées dans des rituels brahmanes), voire toutes sortes  de breuvages mystérieux, décoctions rares et mixtures initiatiques. Il n'a donc pas le loisir d' être résistant, pétainiste ou collaborateur: il meurt discrètement à Nice  (zone encore non occupée) à 64 ans, en 1941, vraisemblablement victime d' autointoxication. Les esprits, eux, sont déjà "occupés" ailleurs...

Bonne suite (et fin?) de confinement. 

Publié dans littérature

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LE CORONAVIRUS BOUGE LES LIGNES

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La pandémie actuelle est une calamité qui ne se borne pas à multiplier les victimes, mais ébranle par contre-coup la santé de l'économie mondiale et remet en question la structure politique internationale.

Les premiers effets  sont évidents, sans être  pour autant révélateurs.  Ainsi :

- la fragilisation accrue de l' Union Européenne, incapable, dans une crise grave, de solidarité. Devant les difficultés, le rêve d' intégration s' évapore pour faire place à la défense exclusive de l' Etat-nation. Le projet théorique est sans doute noble. A 27, il est intenable. La vocation de l' Europe ne peut être de monter la garde à la frontière russe ou turque, ni de servir de simple guichet de banque. Elle vise l' organisation d' une aire économique et culturelle porteuse de paix et de développement lui conférant une voix écoutée dans le brouhaha planétaire. L' opposé d' aujourd'hui.

- les dégâts scandaleux engendrés par la mondialisation libérale : dérégulation des marchés,  réchauffement climatique, pollution , catastrophes naturelles, délocalisations et flux migratoires, essor des paradis fiscaux, etc. Inutile de gloser sur un thème aussi rebattu.

- l' impuissance du ruineux système des Nations Unies : ni les avertissements de l' OMS ni l' avis du FMI n' ont été pris un instant en compte dans la présente épidémie. Il y a 70 ans qu' on était au courant.

- l' insuffisance des services publics hexagonaux dans les domaines de la santé publique (malthusianisme de la formation de personnel médical) et de l' éducation (sous-équipement informatique). Tel est le bilan objectif de 40 ans d' incompétences et de corruptions diverses et variées. L' abstention demeure le 1er parti de France.

De tout cela, il semble difficile de ne pas tirer une fois de plus d' enseignement et de vouloir maintenir le statu quo, Le coronavirus a déjà fait bouger les discours. L' ONU, l' Europe, le Système démocratique,, le fonctionnement de l' Etat, rien a priori ne parait devoir sortir indemne des changements auxquels invite un simple virus arrivé au galop du fond de l' Asie. On attend qu' il en profite pour faire aussi bouger les lignes.

 

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LA CONQUÊTE DE L' EUROPE

Publié le par Jean-Pierre Biondi

A ceux qui jugent mon propos excessif, je fixe rendez-vous dans cinq ans, après le second mandat de Trump. Ils pourront alors évaluer objectivement le pourcentage d' exactitude de mes prédictions. Je suis, en février 2020, totalement convaincu que l' Europe, ex colonisatrice s' il en fût, est à son tour en voie de réelle colonisation. La justice voudrait que ce soit les anciens colonisés qui profitent de ce retournement de l' Histoire. Il n' en est rien. L' arroseur est arrosé par plus peut-être arroseur que lui.

La menace date en vérité de la fin de la deuxième guerre mondiale, au prétexte du danger de stalinisation.

Eisenhower voulait déjà mettre administration et monnaie des pays libérés du nazisme sous tutelle directe (il était alors simple général...). Aujourd'hui, il s' agit de stopper, sinon le coronavirus, du moins le péril maoïste.

Dans les deux cas, l' Europe s' est retrouvée l' enjeu d' une rivalité entre puissants impérialismes : USA contre URSS, puis USA contre Chine populaire. Notre continent, premier marché commercial du monde, est, il est vrai, une proie alléchante pour qui sait jouer de ses contradiction internes. En fait, il n' existe pas moins de trois Europe dont les motivations et les attentes varient :

- une Europe de l' Est dont le souci primordial est le maintien du " bouclier américain" (OTAN) face au voisin russe

- une Europe du Nord dont chaque avancée provoque une riposte punitive de Washington ( ainsi l' exterritorialité scandaleuse du droit américain dans les échanges euro-iraniens)

-  une Europe du sud qui voit surtout la Communauté en tant qu' aide malade la garantissant contre la faillite

On songe dès lors au combat des Horace et des Curiace qui semble inspirer les objectifs de Trump : neutraliser la concurrence économique européenne, tuer dans l' oeuf les velléités expansionnistes chinoises. Pour ce, il faut donc faire place nette en étranglant  l' Europe bruxelloise par un retour au protectionnisme et par la conclusion d' une série d' accords bilatéraux excluant toute intervention communautaire.

L' Américain, il ne s' en cache guère, est décidé à en finir avec les résistances franco-allemandes. Après avoir dépecé Alstom, il a inscrit au programme Airbus, la BNP, SANOFI, le vin français et l' industrie automobile germanique, entre autres. Le marché de l' art lui- même n' est pas oublié. C' est financièrement juteux, et cela permet au passage d' en mettre un coup à la fameuse "exception culturelle française" (1).

La CIA est au travail. Les lobbys s' affairent. Le pouvoir des "Traders" a remplacé l' époque des "Marines", débarquant au Guatémala pour y imposer "United fruits". Les artificiers sont dans la place (Steve Bannon, conseiller politique de Trump jusqu' en 2017, navigue d' une capitale européenne à l' autre, par exemple). Que peuvent devenir à terme des pays dépendants sinon des dominions désindustrialisés, au budget ruiné, aux exportations agricoles limitées, au secteur tertiaire menacé, à la monnaie affaiblie et au niveau de vie en déclin ? un pendant touristico-culturel de l' Amérique latine.  Nos ex libérateurs se transforment en néo conquérants. La conjoncture, nos disputes, notre inconséquence, les y aident.

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(1) Cela paraîtra peut-être anecdotique. Cela ne l' est pas. A l' occasion de son 90 ème anniversaire, le Museum of Modern Art de New York (MoMA) a publié un luxueux catalogue. Les Européens, notamment français, y figurent en nombre jusqu' en 1945. Puis plus rien ou presque, pas une trace de la seconde Ecole de Paris ( De Staêl, Soulage, Bazaine, Manessier, etc) . L' Art moderne reconnu n' existe plus qu' aux Amériques, et ses productions atteignent des prix ahurissants. Ce business (marché en partie artificiel pour placement dans les coffres de paradis fiscaux)  prospère déjà sous le contrôle attentif  du capitalisme financier.

Publié dans politique

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DES SPORTIFS ET DES HOMMES

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le scandale des agressions sexuelles dans le milieu sportif, phénomène récurrent mais s' inscrivant aujourd'hui dans un contexte de crise sociale, touche un domaine dont les objectifs affichés sont au contraire d' aider les Jeunes à entrer dans la vie en les orientant vers les valeurs de loyauté et de respect fraternel. Encore une illusion qui se dissipe ?

Je profite néanmoins de cette actualité pour ressusciter le souvenir de quelques grands champions français qui, chacun dans leur spécialité, demeurent par leur exemple et leurs exploits, de réconfortantes références. La seule évocation de ces patronymes en partie oubliés ou méconnus ne devrait pas manquer de réjouir certaines mémoires et de retenir l' attention des néophytes.

Carpentier, Rigoulot, Ladoumègue, Taris, Lapébie, sont des noms-symboles d'un patrimoine. A cette caractéristique commune s' ajoute un autre élément : tous sont d' origine populaire, comme si la réussite sportive était pour les enfants de famille modeste une garantie de promotion sociale.

Georges Carpentier (1894-1975) a été le dandy du sport de haut niveau. Fils d' un mineur du Pas-de-Calais, né dans le coron, il débute comme commissionnaire chez un notaire avant de se révéler doué pour la boxe, la Française d' abord (il devient vite champion du monde amateur), l' anglaise ensuite. Après une guerre de 14 héroïque en tant que pilote de chasse, il se tourne un moment vers le rugby puis revient à la boxe. Il conquiert trois titres de champion d' Europe et gagne en 1921 le grade d' outsider du champion du monde toutes catégories, l' Américain Jack Dempsey. Battu de peu, Carpentier s' installe au faîte de la notoriété des deux côtés de l' Atlantique, couvert d' honneurs et coqueluche d'un Tout Paris séduit par sa classe et son élégance naturelles.

Charles Rigoulot (1903-1962) est fils d' un boucher pourvu de 8 enfants. A 21 ans Charles est déjà champion olympique d' haltérophilie et à 22 promu au titre d' "homme le plus fort du monde". Gravement blessé au cours d' une tentative de record de l' épaulé-jeté, il se reconvertit avec succès dans le catch et la course automobile, remportant le célèbre "Bol d' or" en 1937. Sa popularité conduit le cinéma à l' évoquer et le mettre en scène dans plusieurs films tels " Cent francs par seconde" ou " Sur deux roues".

Jules Ladoumègue ( 1906-1973) a perdu, peu avant sa naissance, son père, docker bordelais, dans un accident du travail, et sa mère dans un incendie, trois mois après sa venue au monde . Elevé par une tante, il est à 12 ans apprenti jardinier et à 20 détenteur de plusieurs records du monde de course à pied. Je l' ai rencontré à la fin des années 50 dans les couloirs de la radio et ai  alors compris la raison de sa phénoménale foulée : " Julot " ,idole de 400.000 personnes venues l' acclamer sur les Champs Elysées après son absurde radiation pour "professionnalisme " (voir les cachets réglés aujourd'hui aux vedettes sportives), Julot donc n' avait pas de hanche. Sa souplesse n' avait d' égale que sa modestie. 

Jean Taris ( 1909-1977 ) a été le pionnier de l' essor de la natation française. Fils d' employé des chemins de fer, 34 fois champion de France, 3 fois finaliste des Jeux olympiques, invaincu de la traditionnelle Traversée de Noël de Paris à la nage (8 km), il a été inscrit au Tableau mondial de la Natation (ISHOF) en 1984. Un court-métrage,"Taris, roi de l' eau ", lui a été consacré par l' auteur de " Zéro de conduite ", le cinéaste Jean Vigo.

Roger Lapébie ( 1911-1996 ), autre fils de cheminot, autre Bordelais, apprenti dans une miroiterie, aborde le sport par l' athlétisme où il côtoie Ladoumègue. Mais, repéré très tôt ( 16 ans ), il devient  cycliste professionnel et entame une carrière qui lui permet d' accumuler les victoires les plus prestigieuses, y compris le Tour de France sur dérailleur ( 1937 ) qui est une première. Un film retraçant son aventure reprend le slogan clamé par le public à son passage : " Vas-y Lapébie !".

Grâce soit aussi rendue à des centaines  d'autres,  Maurice Garin, vainqueur en 1903 du premier Tour de France, Jean-Pierre Wimille, Mimoun, Cerdan, Kopa, Lacoste, Magne, Bobet, Jazy, les frères Boniface, Killy, Marielle Goitschel, Calmat, Tabarly, Platini, Prost, D' Oriola, Douillet, Hinault, Marie-Jo Pérec, Laura Flessel, Jeannie Longo,Laure Manaudou, Karabatic, Estanguet, aujourd'hui Kevin Mayer, Lacourt, Loeb, Martin Fourcade, Teddy Riner ou M'Bappé , bref à tous ceux  aussi titrés (Anquetil, Just Fontaine, Drut, Gatien), populaires (Robic,Poulidor, Thévenet, Virenque, Fignon, Tony Parker ) ou méritants,( Cochet, Borotra, Diagana,Mazeaud, Lavillénie,Noah), à peine mentionnés dans cet hommage. Ils sont légions qui ont su donner du sport une image de courage et de dignité qu' une fausse note ne peut effacer.

Publié dans société

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LE MEPRIS

Publié le par Jean-Pierre Biondi

A y regarder, la France est un Etat-nation qui vit depuis plus de deux siècles une crise sociale chronique. De la "Grande Révolution" à la Restauration, la Deuxième République, le Second Empire, la Commune de Paris, des grèves historiques (viticulteurs, mineurs, canuts, dockers, métallurgistes, cheminots, ouvrières du textile) au Front populaire, à la Résistance, la Libération et Mai 68, pour ne citer que les moments peut-être les plus éruptifs (revenant cycliquement comme les crises du capitalisme), pas de véritable répit.
En réalité, la confrontation entre le Peuple laborieux et les "Elites" successives n' a jamais cessé. Même en période de moindre tension (3ème République jusqu' à la guerre de 14-18, Trente Glorieuses), l' oligarchie n' a guère  cherché le rapprochement  ou exprimé une nuance de solidarité concrète, sauf rapport de force défavorable, à l' égard des gouvernés anonymes.

L' écart de revenus ne suffit pas à éclairer cette incapacité des dirigeants hexagonaux à unifier la nation derrière le chef de l' Etat. La clé de l' énigme se trouve aussi dans un élément qu' aucun avatar n' a encore dissipé : ce trait bien français qu' est le mépris aristocratique (ou bourgeois) affiché par les gens de pouvoir et, corollairement, le sentiment d' humiliation qu' en tire le citoyen "d' en bas." La morgue n' est pas de bonne politique. Le respect des autres peut exister indépendamment  de leur position sociale ou de leur origine familiale. Il est bizarre de rappeler cela en 2020.

Le roturier, ou plus tard le prolétaire, ont été considérés comme des colonisés blancs par une suite de "maîtres" allant des petits marquis d' hier aux grands patrons et hauts fonctionnaires (ils peuvent changer de casaque) d' aujourd'hui, via la bourgeoisie parvenue louis-philipparde ou les généraux versaillais, piteux vaincus des Prussiens et sanglants vainqueurs des ouvriers parisiens .

Oui, l' égoîsme de classe et le sentiment de supériorité (la fatuite complice des diplômés, par exemple) demeurent des composants du malaise social qui ronge ce pays. La caste change-t-elle de titulaires, l' arrogance et la rapacité la conservent dans ses privilèges et sa cécité plus ou moins feinte. Ses interlocuteurs ne sont plus les Rois et les Cours mais les Banquiers et les Lobbys. Monarchies ou Capitalisme financier, l' oligarchie est ouverte à toutes les situations, dès lors que le Capital  est sûr de la "fiabilité" gouvernementale et de la capacité à résister aux luttes inéluctables avec les  forces  du travail. Elle a parfaitement digéré la mondialisation libérale, la démocratie parlementaire et son arme majeure, le vote. L' élection est un exercice sous contrôle (loi électorale soigneusement ajustée, tripatouillage méthodique des circonscriptions), le monde des médias un domaine réservé à l' Etat  et à quelques grandes fortunes du type Dassault, Bolloré ou Lagardère, l' ascenseur social un élévateur surveillé par un système sophistiqué de réseaux. Ainsi, la ploutocratie prospère-t-elle...

Sauf quand, à un moment, le mépris en fait décidément trop, que le mécanisme se grippe, que les aiguilles s' affolent, que sur les ronds-points chômeurs et petits retraités se mettent à jouer aux sans culotte, qu' on s'applique à ne pas entendre les classes moyennes formant les gros bataillons de la France actuelle.  Le silence, encore une façon méprisante de répondre qui fait de moins en moins recette. Les transports s' arrêtent, les écoles ferment, les hôpitaux crient au secours, les ports, les raffineries, les tribunaux ont le hoquet, les forces de l' ordre sont épuisées et amères. En bout de chaîne, l' élu recueille ou cristallise une méfiance, voire une haine, souvent imméritées. Il est alors avéré que le régime républicain tel qu'il est devenu ne va pas survivre éternellement. 

D' autant que l' époque amorce un virage d' importance . Les principales options datant de l' après-guerre ( multilatéralisme, libre échange, construction d' une Europe fédérale ), paraissent faire place au retour du national, du bilatéralisme classique et du protectionnisme à l' américaine, stimulé par la généralisation du numérique et l' émergence de blocs concurrents comme la Chine et l' Inde. Les coutures craquent partout.

Un simple voeu pour notre cher et vieux pays : que la dynamique populiste, la défiance préalable envers toute action politique ( qui n' est pas en vérité de l' apolitisme), un ressentiment social séculaire, effets logiques du mépris et des scandales ( alors que ne se profile aucune solution de substitution au problème déterminant des institutions et de la représentation ) ne le conduisent pas à une réaction..."dictatocratique", 

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U.S.A : ENTRE ELITISME ET DEMAGOGIE

Publié le par Jean-Pierre Biondi

La longue marche qui, tous les quatre ans, mène à l' élection du président des Etats-Unis, est commencée. A la veille des "primaires" de l' Iowa, la lutte semble s' orienter vers une confrontation entre gérontes milliardaires. Dans une ploutocratie, après tout, rien de surprenant, sachant qu' en cette Hyper Démocratie , on ne saurait prétendre accéder au pouvoir sans posséder préalablement un impressionnant coffre fort plein à ras bord,

D' un côté le tenant du titre, Trump, 74ans, parvenu de l' immobilier et leader républicain en procès de destitution, de l' autre Bloomberg, 77ans, 5ème fortune de la contrée, ancien maire républicain de New York et démocrate de fraîche date (2018), encouragé à la candidature par les options trop " socialistes" et peut-être pas assez pro-israëliennes  pour un Américain moyen de Bernie Sanders et d' Elizabeth Warren.

L' originalité de la situation est qu' avec le même profil le second  des candidats, si son argent parvient à le faire désigner par la Convention de son  Parti, est censé représenter des élites intellectuelles aux idées rituellement progressistes, et l' autre, maître du Sénat et de la Cour Suprême, des classes populaires aux convictions foncièrement conservatrices. Un libéralisme connecté ici, un national-populisme isolationniste là. Une contradiction apparente de plus en plus clivante .

Encore que tout ne soit pas si simple. Il ne s' agit pas en la circonstance d' une Gauche, au sens européen du terme, contre une Droite séculairement bourgeoise. La mobilité est intense aux U.S. Parlons plutôt d' un Haut politique et social, image de l' Establishment  washingtonien et d' une technocratie paternaliste, accueillante pour les minorités , et d' un Bas économique et  culturel regroupant les Petits Blancs victimes de la mondialisation (Ohio, Michigan, Wisconsin), frustrés vite racistes et bellicistes, sorte, si l' on veut, de gilets jaunes  yankees ou de poujadistes parfumés au Coca, parmi lesquels Trump n' a eu en 2016 qu' à faire son marché. D' un côté les Bleus, autrement dit les habitants des Côtes est et ouest, dynamiques et innovants (Massachusets, New Jersey, Californie, etc.), de l' autre les Rouges, héritiers d'un Centre plus rural et traditionnaliste ( Iowa, Nebraska, Mississipi), ici les mégalopoles cosmopolites du business et là les mineurs et métallos à l' abandon, les comtés évangélistes, la police anti Afro et les Ligues de vertu. Bref, l' Amérique fêtarde de Fitzgerald contre celle, passéiste, de Faulkner.

Le Parti démocrate lui-même, celui de l' ouverture, sinon de l' aventure, est peu lisible entre les accents "communisants" de l' intelligentsia universitaire, et les propos de dinosaure politique d' un Jo Biden. Pas sûr cependant qu' une fois installés à la Maison Blanche, saisis par le démon de la "real politik",  tous ceux-la ne redémarrent pas sur une irréprochable musique libérale,  écho à l' "en même temps" macronien.

Pas trop d' illusion donc. Elitistes internationalistes ou démagogues xénophobes, quels que soient les vainqueurs de ce marathon ruineux, l' impérialisme américain survivra et, avec lui , la domination du dollar, la puissance des lobbys anglo-saxons, l' extraterritorialité du droit du plus fort, un contrôle social (CIA, NSA) toujours plus étroit, le commerce des armes, et la conviction d' être LE modèle universel, malgré le démenti quotidien que lui oppose le reste du monde. 

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" LA MORRIS "

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Championne olympique du poids, du disque et du javelot, championne de France de football avec le Red Star Olympique, victorieuse de Paris-Nice et du Bol d' or automobiles (elle se fera plus tard enlever les seins pour faciliter l' usage du volant), détentrice de la meilleure performance cycliste mondiale sur 5km en 1924, plusieurs fois championne de France en natation et water-polo, plongeuse de haut vol, boxeuse, haltérophile, tireuse à l' arc, compétitrice motocycliste, monitrice équestre, professeur de tennis et aviatrice, "la morris", comme on l'appelait, née en 1893 dans une famille bourgeoise parisienne, a d' abord été une ambulancière et estafette héroÏque sur le front de la Somme et à Verdun.

Ses mensurations n' avaient rien d' exceptionnel (1m66 pour 68 Kgs), mais elle était un phénomène de puissance musculaire, doté d' une volonté de fer. Ayant opté pour le genre "garçonne" en vogue pendant les "années folles", bagarreuse, provocatrice, cheveux ras, fumant trois paquets par jour , arborant la cravate, vêtue en permanence de pantalons et de vestons d' homme, elle parlait comme un charretier, était proche de Cocteau, de Joséphine Baker, et vivait en couple avec la comédienne Yvonne de Bray ( grande amie de Colette), personnage principal de "La Folle de Chaillot", la pièce de Giraudoux.

L' homosexualité n' était toutefois pas, à l' époque, tolérée dans le milieu sportif. Ecartée des Jeux de 1928 pour conduite scandaleuse et "mauvais exemple", Violette Morris commence à multiplier les propos injurieux sur la France, " pays dégénéré, enjuivé et négrifié", qui reprennent ceux de la propagande raciste des Ligues d' extrême droite. " Invitée ", dit-on, par Hitler aux Jeux de 1936 à Berlin, elle y aurait été alors recrutée par les services de renseignement allemands.

Dès 1940 en tout cas, elle collabore avec le chef des S.S à Paris, Helmut Knochen. On murmure qu' elle torture des résistantes rue Lauriston où opère le sinistre duo Bonny-Lafont. Si les sentiments pro-nazis de "la Morris" ne font aucun doute, néanmoins les preuves de ses crimes manquent encore, les archives de la Gestapo française ayant été incendiées par Bonny lui_même. 

La fin de cette femme hors norme est à l' image de sa vie. Tentant d' infiltrer les réseaux gaullistes, elle a été abattue en avril 44 par les combattants du maquis normand "Surcouf", près de Lieurey, dans l' Eure. L' ordre de la supprimer émanait de Londres, après accord du général de Gaulle. Elle allait avoir 51 ans.

Naturellement, les aventures de Violette Morris ont stimulé la plume des journalistes-historiens. De nombreux articles et ouvrages lui sont consacrés. Voici les derniers, publiés en 2019 :

Gérard Cortanze: "Femme qui court" (éd. Albin Michel)

Rey, Golic, Krys : " A abattre par tous les moyens " ( BD en 2 vol. Futurolis éd.)

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