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Dieppe 42

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Au printemps de 1942, Staline, dont l' Armée contient depuis plus d' un an, au prix d' énormes pertes en hommes et en matériel, l' offensive des meilleures troupes allemandes contre l' URSS, fait appel aux Anglo-Saxons pour qu' ils ouvrent un front à l' ouest, susceptible d' alléger la résistance soviétique au bord de la Volga.

Si les Américains, qui n' ont encore que la pointe des pieds dans la guerre, se déclarent devant Molotov, ministre moscovite des Affaires étrangères, favorables sur le principe, Churchill et Montgomery se montrent plus réservés: le premier parce qu' il souhaite une contre-attaque en Afrique du nord ou dans les Balkans plutôt que sur les côtes françaises, le second parce qu' il juge une opération de grande envergure en Europe militairement prématurée et la constitution d' une sorte de tête de pont -Dieppe en l' occurrence- qu' on élargirait progressivement, une vue de l' esprit

Cependant Lord Mounbatten, chef des Forces combinées et proche de la famille royale (il est l' oncle du prince Philip), s' entend avec le président Roosevelt pour arracher la décision d' une intervention rapprochée. Montgomery est neutralisé par son envoi en Egypte avec mission de stopper Rommel et l' Afrika Korps dans le déser libyen. Churchill s' incline. Est ainsi élaboré le projet Rutter, engageant au premier plan des unités terrestres canadiennes qui n' ont jamais combattu.

Prévu pour le 8 juillet, Rutter est annulé au dernier moment en raison de l' état de la mer et des exécrables conditions atmosphériques. Mais Mounbatten ne renonce pas : il reporte le débarquement au 19 août, sous le nom cette fois de "Jubilee". Les Allemands, qui n' ont pas tardé à avoir vent de tous ces préparatifs, s' organisent en conséquence. Ils étoffent leurs effectifs (la 302ème Division d' infanterie, avec en appui une Division blindée stationnée à Amiens et une Brigade SS cantonnée à Vernon), et renforcent les capacités de leurs fortifications.

L' assaut terrestre demeure confié aux Canadiens qu' on n' a pas pour autant associé au plan d' ensemble de l' opération, notamment dans sa dimension aero-navale. Le jour venu, à cinq heures du matin, 6.000 hommes s' élancent sur un front de plages de vingt kilomètres autour du port de Dieppe où ils sont attendus de pied ferme.1 255 d' entre eux sont tués d' emblée dont nombre de francophones du régiment de fusiliers "Mont Royal", 3300 blessés ou faits prisonniers. Des sous-marins allemands, soudain surgis parmi les péniches de débarquement, font carton plein. Quelques maigres éléments canadiens, ayant franchi le tir croisé des batteries installées dans les niches des falaises voisines, parviennent à s' infiltrer. On se bat au corps à corps dans le Casino et des rues proches du port, coupées d' épais réseaux de barbelés. Nulle part les Allemands ne plient.

En moins de quatre heurs, l' échec est consommé. Préparation insuffisante, évaluation erronée des forces adverses, ignorance des renseignements dont disposait l' ennemi, manque de coordination durant l' action entre l' état-major resté en mer et les troupes au sol, choix inapproprié des sites de débarquement, l' assaillant a tout faux. Tous les chars sont détruits, jonchant la plage, 98 avions sont tombés sous les coups de la FLAQ, la défense anti -aérienne, 30 péniches ont sombré, rendant le réembarquement des survivants, en fin de matinée, encore plus dramatique. 40 Dieppois sont morts, 600 Allemands ont été tués ou blessés.

Radio Paris présente naturellement les choses comme le sacrifice délibéré, après Dunkerque et Mers el Kébir de fâcheuse mémoire, de Français et Francophones réduits à l' éternel rôle de chair à canon.(1) Mais ce qu' on retient d' abord de ce couac sanglant est que, même habillé par la suite en simple test destiné, selon les Alliés, à sonder les moyens défensifs de la Wehrmacht, l' exécution n' a jamais été à la hauteur de l' intention, a fortiori du voeu initial de création d'un deuxième Front pour le bien des Soviétiques et la plus grande gloire de Lord Mounbatten, finalement assassiné en 1979 par un militant de l' I.R.A.

(1)Lire à ce propos "L' histoire inédite des militaires canadiens-français durant la seconde guerre mondiale" de Pierre Vennat (éditions du Méridien, Montréal,1994).

Publié dans histoire

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La pan-subversion de Maurice Sachs

Publié le par Jean-Pierre Biondi

" Subversif:: qui est de nature à troubler l' ordre social " (le Larousse)

Maurice Ettinghausen, né à Paris en 1906, était juif, athée et homosexuel. Son grand'père, Georges Sachs, courtier en bijoux, dreyfusard. Son père, Maurice ne le connaîtra jamais. Sa mère, recherchée pour escroqueries, l' abandonne pour se réfugier à Londres sans lui. Faux orphelin, il choisit le nom de Sachs et s' infiltre, adolescent fauché, dans les cercles de la débauche mondaine avant de confier au philosophe catholique Jacques Maritain l' appel d' une vocation susceptible de sauver son âme et de gommer ses dettes..

On le recommande au séminaire des Carmes, rue d' Assas, où son séjour s' achève en scandale de moeurs : il a enlevé sur la Côte d' Azur le jeune Pinkeron dont la maman veut porter plainte pour détournement de mineur. On étouffe le coup. Rendu à la vie séculière sans sa soutane de chez Lanvin, beau parleur, tapeur incorrigible et pique-assiettes invétéré, Sachs entame une solide carrière d' arsouille, roulant, se faisant rouler, qui finit par l' obliger à s' exiler non à Londres mais à New York .Il y est galeriste, puis "conférencier",, se targuant d' amitiés qu' il n' a jamais eues, avec Proust, Coco Chanel, Picasso ou Aristide (Briand), selon le public.

Puis il se convertit au protestantisme afin d' épouser Gwladys Matthews, fille d' un influent pasteur presbytérien avant, trois ans plus tard, de rentrer sans un sou en France accompagné seulement de son jeune amant, Henry, un acteur débutant rencontré à Hollywood.

Sachs a déjà tout appris des salons littéraires parisiens, courtisanerie, bluff, copinage, par les soins d' Abel Hermant, Cocteau et Gide. On l' aide à publier un premier roman chez Gallimard, "Alias" grâce à Paulhan, puis chez Denoël, éditeur de Céline, un libelle alimentaire, " Thorez et la victoire communiste", politiquement nul. Max Jacob, qu' il calomniera bassement, l' accueille en frère dans sa thébaïde de Saint-Benoit sur Loire. Sachs se fait aussi quelques fidèles ennemis, tel Jouhandeau, auquel répugne cet individu adipeux et lécheur.. Subsistant parallèlement par les plus sordides combines et les plus minables larcins (jusqu'à piquer les petites cuillères dans les dîners en ville), Sachs se voit si harcelé par les créanciers qu' il ne trouve rien de mieux que de se faire interner provisoirement dans un hôpital psychiatrique avec l' inlassable espoir de la venue d' un mécène misant sur son génie artistique.

Il sort encore de là sans retomber sur ses pieds. Toujours des expédients, des trafics, des vols. En 1940, quelque , chose d' un peu plus stable : un job à "Radio Mondial", station qui se donne pour objectif d' inciter les U.S.A à entrer en guerre contre les Nazis. Boulot, à l' évidence, sans lendemain. Bien que juif, il parvient à passer entre les gouttes jusqu' à fin 42, en personnage louche, adonné au marché noir et au recel d' objets volés aux riches familles israëlites en fuite. Mais il sait qu' il ne s'agit que d' un sursis, et file se planquer en Normandie avec Violette Leduc qu' il fait passer pour son épouse.
Vivre à la campagne, et qui plus est avec une femme, est vraiment trop pour Sachs. Que faire? il s' engage au " Service du Travail Obligatoire", le fameux S.T.O, organisé par Vichy, qui l' affecte à Hambourg. C' est là qu' il devient "indic" de la Gestapo parmi les colonies d' ouvriers français, soupçonnées de communisme potentiel..

Cependant, la trahison ne lui réussit pas non plus. A force de mentir et de fabriquer de faux rapports de délation à ses patrons, ceux-ci l' expédient en pénitence au camp de Fuhlsbüttel, l' isolant pour lui éviter d' être égorgé par ses victimes qui l' y attendent. Sachs en profite alors pour solliciter la nationalité allemande, n' hésitant pas à se revendiquer de la consonance germanique du nom de son père et, bien sûr, des services déjà rendus. Il y écrit aussi "Derrière cinq barreaux", publié en France en 1952.

Le camp est évacué sur Kiel en avril 1945 en raison de l' approche des troupes alliées. Le transfert ne peut s' opérer qu' à pied. Le troisième jour de marche, Sachs, tout de suite épuisé, s' avère incapable de suivre. Un S.S l' abat d' une balle dans la tête. Il avait 39 ans.

C' est seulement à partir de 1946 que ses principales oeuvres, "Le Sabbat" (Prix Sainte Beuve) et "La Chasse à courre", sont .publiées et saluées avec force par la critique (notamment par Maurice Nadeau dans "Combat", le journal de Camus). L' aventurier cynique jouit alors de l' auréole du martyr de la barbarie hitlérienne. Il se dévoile surtout un chroniqueur sans indulgence, y compris pour lui-même, et un peintre cruel des élites de la vie culturelle entre 1925 et 1940 à Paris.. Le comble de la subversion n' est-il pas de hurler plus fort que les loups, et de "cracher le morceau" sur la farce de la société des hommes? Mais ne faut-il pas également quelque haine de soi pour parvenir à déballer, ainsi qu'il l' a décrite, sa propre abjection? La réponse, qu' on n' entendra jamais, appartient à la troublante complexité de cet amoraliste et, au fond, perturbateur intégral.

A lire : Henri Radzymov, "Maurice Sachs ou les travaux forcés de la frivolité" (Gallimard,1988)

Prochain article : Dieppe 42 (histoire)

Publié dans littérature

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En lisant un inédit inachevé de Julien Gracq

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Tel est le pouvoir d' un grand écrivain qu' il vous force à rallumer le feu de votre propre imaginaire. Les 500 pages manuscrites de "Les terres du couchant" (éd. José Corti, 2014) ont demandé à Gracq trois ans de travail, de 1953 à 1956, avant d' aboutir aux archives de la Bibliothèque nationale, en harmonie avec "Au château d' Argol" ou " Le rivage des Syrtes". Ce rebond des imaginations renvoie dès lors à une situation que vous pouviez croire abandonnée : le moment où la poésie -oui, la poésie- rend indissociables réalité et fiction. J' ai eu, d' un coup, envie de saisir ma plume. Voici ce qu' il en est remonté :

".Nous partions par une route départementale bordée d' eucalyptus dont l' écorce se détachait du tronc par plaques grisâtres et lisses, traversions au soleil du matin des villages où la terrasse de l' unique café débordait sur la chaussée, et les monuments aux morts se voyaient parfois souillés. Nous stoppions devant une étroite demeure de laquelle sortait aussitôt une femme non peignée. Nous la suivions à pied jusqu' à la cahute dont elle seule détenait la clé.. Elle nous ouvrait le "bain", un large et lourd réservoir de marbre brut où se déversait en ronchonnant une eau naturelle brûlante

La femme partie, nous y entrions ensemble très progressivement,, nos corps vite cramoisis, mais le coeur assez solide pour ne pas courir de risque. Nous restions un long moment,, tête bêche, transportés en un lointain univers par les rêveries qu' engendrait la morsure du liquide bouillant.

Nous émergions enfin des vapeurs de ces thermes rudimentaires et revenions par le bord de mer, un chemin longeant des calanques endormies puis une succession de golfes brefs, festonnés par un tissu serré de palmes et de chênes verts. A la jumelle, nous y repérions le mystère d' une construction isolée et, ayant découvert derrière des rochers la sente caillouteuse qui y menait, pilions net devant le panneau : " Propriété privée. Chien méchant"

Mais c' est un homme qui surgissait, fusil à l' épaule, en veste de chasse vert olive et pantalon usagé de parachutiste. Il fallait le convaincre, dans l' idiome local, que nous devions forcément être apparentés, avant qu' il accepte de lever la barrière métallique. Il nous précédait dans une salle méticuleusement propre, puis ouvrait un garde-manger. Du jambon cru, trois tomates juteuses, des blocs concassés de fromage plus dur qu' une pierre, quelques pêches de vigne, un carafon de vin de pays. Aucune question, comme si nous nous connaissions de toujours.

Nous supputions qu' il avait beaucoup guerroyé et qu' un garde-chasse n' avait pas intérêt à trop s' approcher de sa retraite. L' ombre s' avançait, venant de sommets plus hauts que les châtaigneraies.Lui s' était mis soudain à raconter d' une voix sourde, à réveiller intarissablement un continent où l' on était libre de tirer à vue, de violer une jeune indigène, de pêcher à la grenade,, de mettre le feu à tout un village sans que personne ne vienne vous chercher noise, ou vous raser avec des inepties sur le droit de faire. Nous ne disions rien, on ne le distinguait bientôt plus. Il parlait pour lui, dans la ténèbre.

Nous rentrions tard, accompagnés par les pointillés d' étoiles de l' été. Nos phares arrosaient juste des bas-côtés d'où se levaient les perdreaux aveuglés. " C' était,, disions-nous, une belle errance...".

Publié dans littérature

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Qu' allons-nous pouvoir vraiment devenir?

Publié le par Jean-Pierre Biondi

L' opinion mesure-t-elle la gravité de la crise politique en France? La plus grave, probablement, depuis la Libération. Plus grave économiquement qu' en 1958, socialement qu' en 1968. C' est là l' effet navrant d' un système en bout de piste, livré à des chefs d' Etat inaptes, malgré leurs 40 ans de vie publique : Sarkozy, un bateleur parvenu, Hollande, un invertébré moqué à l' étranger.

Les dénominations partisanes elles-mêmes ne cachent plus que des coquilles vides. Mitterrand avait dézingué le P.C, Hollande saigne le P.S. Qu' est encore "la Gauche"? Y dénicher un ouvrier qui va voter (sinon F.N) ou y rencontrer un étudiant membre d' une section socialiste, relève de la performance. La France se droitise par défection de la gauche sociologique. Les classes populaires sont dépolitisées, les classes moyennes acquises au libéralisme, les syndicats découragés, les intellos placardisés. Quel contrepoids crédible offre le monde du travail aux attaques patronales ou à un populisme qui plaide pour la justice par le nationalisme xénophobe?

" La Gauche" n' a d' autre ressource que de réussir, par ci par là, un coup sans lendemain comme un vote à l' Assemblée en faveur de la création de l' Etat palestinien, même si l' on sait que le duo Hollande-Fabius bloquera un "voeu" déplaisant à Tel Aviv, ses agents en France et, plus révélateur, à maître Collard au nom du Front National (1). Ce vote est certes une satisfaction pour les connaisseurs, il demeure sans effet sur l' ensemble des citoyens. En attendant, la Gauche n' a toujours ni unité, ni projet, ni programme, ni leader. Que représente le parti majoritaire in situ? quelques baronnies et clientèles en peau de chagrin? les prochaines consultations territoriales risquent bien de le confirmer.

A droite, l' habituel panier de crabes, derrière les exhibitions effusionnelles. L' insistance mise à filmer les embrassades rend celles-ci suspectes. Pour être prosaïque, tout tourne autour d' une question unique : en 2017: Sarko ou pas Sarko? La partie se joue sur la délimitation des "primaires" dont seul le principe est acquis. Contenues, celles-ci bénéficient au chef de l' UMP (ou son héritière), coincé dès lors entre les Centristes et le F.N. Elargies, elles profitent à ses multiples rivaux spéculant sur l' apport centriste, voire le ralliement d' une frange d' électeurs de gauche saturés de promesses sans suite et de scandales à répétition.

D' ici là, tout sera matière à contestations : le nom de l' organisation, les postes, le partage de la parole et des subsides, les choix programmatiques, les visites à l' étranger, les interventions médiatiques, le contrôle des moyens d' action, etc. Sur le fond, la Droite parlementaire est confiante. Vue la décrépitude du pouvoir en place, elle tient pour assurée sa présence au second tour des présidentielles. Perspective qui contribue à aiguiser les appétits, donc à rendre plus âpre la compétition interne. A condition, bien sûr, que la situation ne tourne pas au vinaigre dans les deux ans à venir.

En un tel paysage, on ne peut éluder une éventualité inédite : l' accession de Marine Le Pen à la présidence de la République française. C' est pourquoi chacun de ses mots prend dorénavant un relief particulier et pourquoi on acquiert l' impression que le flot des critiques, contradictoires ou redondantes, qui lui est réservé finit par tomber à plat ou la servir. L' autre jour, dans la même phrase, un politologue, Dominique Reynié, assurait avec force que les "fondamentaux" du F.N, définis par le racisme, l' antisémitisme et l' autoritarisme, n' avaient jamais varié avec les décennies puis, dans la foulée, précisé que le programme du Mouvement versait dans le socialisme façon "Front de Gauche". Voilà qui, en tout cas, nous éloignerait bigrement du temps où Jean-Marie Le Pen allait aux U.S congratuler Ronald Reagan.

De la même manière, certains assurent que le torchon brûle entre dirigeants frontistes, le père, la fille, la nièce, le conseiller politique et autres, mais on constate que la présidente est réélue à l' unanimité, ce qui lui vaut aussitôt , des mêmes, le qualificatif d' anti-démocrate. Les communicants grand public semblent faire preuve en ce moment d' un flottement dans l' argumentation qui doit réjouir l' ex conseillère municipale d' Hénin-Beaumont.

Pour le pays, l' essentiel n' est sans doute pas dans ces polémiques secondaires. Il est dans l' hypothèse d' un abandon de l' Europe par la France, dans cette interrogation centrale : le luxe d'une souveraineté totale est- il encore à notre portée? Dette, chômage de masse, compétitivité, réindustrialisation, politique d' intégration : est-il aujourd'hui possible de répondre seul à ces priorités, dans un monde où les économies sont imbriquées les unes dans les autres, les entreprises menacées en permanence par la concurrence et la spéculation, les monnaies soumises à la conjoncture mondiale? Quel est, en cas de repli, la chance d' une puissance moyenne?(2). Si l' heure n' est pas encore aux réponses, elle suscite néanmoins un questionnement légitime.

(1) Il y a longtemps que le F.N entretient des relations avec l' extrême droite israëlienne (voir article "Les calculs du F.N du 28/1/2012) pour tenter de neutraliser la communauté juive en France.

(2) C' est consciente du danger d' isolement que Marine Le Pen s' efforce de développer un réseau d' alliances à l' étranger. Ainsi avec la Russie, dont le F.N défend la politique en Ukraine contre une bête noire commune : Bruxelles.

Publié dans politique

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Les cousins Fragonard

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le nom de Fragonard, d' un parfumeur datant de 1926, est bien connu. Il est intégré à la société de consommation, et participe de l' image de celle-ci. Pour autant, la renommée des titulaires véritables du nom Fragonard, originaires de Grasse, capitale de la parfumerie, a débuté bien avant cette réussite commerciale.

Deux cousins germains, nés la même année dans la même ville, cousins jumeaux pour ainsi dire, ont, les premiers, imposé le patronyme. L' un, Jean-Honoré, en tant que peintre, l' autre, Honoré, qu' anatomiste. Le parallélisme de leur destin dans des activités fort différentes, ne peut manquer de frapper l' attention.

Jean-Honoré (futur grand-oncle de la talentueuse Berthe Morisot) était à bonne école, élève ou ami de Chardin, Boucher, Van Loo, Hubert Robert, David. Sa femme était miniaturiste. Son fils et son petit-fils seront peintres et lithographes à l' époque du romantisme triomphant. D' abord assez académique, Jean-Honoré s' est ensuite orienté, sous l' influence du climat libertin régnant au temps de Louis XV, vers un art plus frivole, dit "du rococo". Témoin d' un milieu avide de Fête et d' Erotisme (voir, au Louvre, "Le Verrou" ) sa vogue a alors atteint son apogée. La favorite du Roi elle-même, la comtesse du Barry, lui a un jour passé commande, pour son château de Louveciennes, de quatre grands tableaux censés figurer "Les Progrès de l' Amour dans le coeur d' une jeune fille" (1771). Les tribulations de l' oeuvre, au total composée de quatorze scènes, ont curieusement épousé les avatars de l' Histoire.

Récusés par l' entourage de Louis XVI, rallié au néo-classicisme, les originaux ont été récupérés par l' artiste tombé en disgrâce, avant d' aboutir, beaucoup plus tard, au musée Fragonard de Grasse, puis, via la banque J.P.Morgan, d' être vendus en 1915 au milliardaire américain de l' acier, Henry Frick. Ils sont aujourd'hui exposés, avec un faste particulier, dans la prestigieuse collection de l' industriel, à New York.

De son côté, le cousin Honoré, issu du même milieu local de gantiers-parfumeurs et devenu chirurgien, fondait à Lyon la première Ecole vétérinaire française. A peine âgé de trente ans, il y enseignait l' anatomie avec succès. Quelques années après, il a été nommé à la tête d' un établissement similaire à Alfort, maintenant Maisons Alfort, commune jouxtant Paris. C' est là qu'en 1766 il a commencé d' entreprendre la célèbre série des "Ecorchés", réalisations dont a immédiatement raffolé toute la noblesse. A cette occasion, Honoré Fragonard a inventé une technique de conservation des corps dont le secret s' est gardé deux siècles. Il consiste en injections vasculaires de suif de mouton imbibé de résine de mélèze.

La Révolution a dispersé la collection, dont 21 pièces seulement ont pu être sauvées. On peut toujours les voir au Musée de l' Ecole de Maisons-Alfort, chronologiquement premier conservatoire vétérinaire du monde.

Très affecté par les atteintes portées à son oeuvre, Honoré est mort en 1799, sept ans avant son proche cousin.. Mais son musée continue d' être annuellement visité par plus de vingt mille curieux parmi lesquels une forte proportion d' étrangers.

Publié dans culture

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L' autre Sénégal

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le Sénégal "senghorien" (1960-80) achève de disparaître. Les idées et la politique qu' avait inspiré le "premier agrégé africain" ( de grammaire, pour être précis) sont aujourd'hui emportées par la mondialisation de l' économie et la marée du numérique.

Senghor était profondément patriote. C' est l' amour du pays qui l' a fait, comme il l' a dit, " tomber en politique", alors qu' il envisageait personnellement un tout autre avenir. Il a accueilli l' indépendance comme un impératif d' engagement envers la patrie, après trois siècles de domination coloniale, puis présidé les vingt premières années de son existence.

Les Missions catholiques, le Quartier latin, le Palais Bourbon ont été ses écoles. Sans jamais le déraciner. Plébiscité par son peuple, il a été contesté hors frontière : par les Anglophones, qui se gaussaient des thèses de la Négritude, par les Communistes qui l' accusaient de néo-colonialisme, par les économistes européens qui critiquaient son " idéalisme".

Inlassablement, lui continuait de prôner une " Civilisation de l' Universel" , répondant à ses détracteurs qu' un enracinement s' ouvrant ensuite sur le métissage des cultures était précisément l' antidote du néo-colonialisme. Le débat a été âpre avec cet adepte de " l' Accord conciliant" qui ambitionnait originellement d' être un chantre de l' Afrique-mère et d' enseigner la linguistique.

Senghor est mort en 2001, et avec lui le projet de créer une "Grèce noire" qu' il avait esquissé en compagnie de Césaire et de Malraux lors du " Festival des Arts nègres" de 1966 à Dakar. A l' abri des tropismes poétiques, apparaît un autre Sénégal, dans un continent qui amorce un prodigieux développement. L' Afrique aura doublé de population d' ici 15 ans. Une génération d' entrepreneurs émerge déjà, comme en Chine, en Inde ou au Brésil. Peu vraisemblable que l' humanisme senghorien en sorte alors indemne.

Nombre d' indices laissent au contraire penser que le pays, tournant le dos à "la voie africaine du socialisme" tracée en d' autres temps par "le père de la Nation", est à son tour gagné par un capitalisme sauvage où la dérégulation tous azimuts, les investissements à court terme, la spéculation financière, sont la seule loi.

L' argent circule dans la presqu' ile du Cap Vert. Les Chinois achètent le sol. Les Multinationales sont installées en Afrique de l' ouest, à l' affût. Les trafics (avec la drogue d' Amérique latine, notamment) se multiplient. Hôtels de luxe, boîtes, voitures, commerces, témoignent de la richesse neuve des oligarques locaux, dont d' ailleurs ne profite en rien le peuple des brousses et des bidonvilles. Les institutions culturelles ( musées, lieux historiques et artistiques) sont pour la plupart en déshérence.
A "Joal l' ombreuse", ville natale de l' auteur d' "Ethiopiques", et sur les plages voisines de la Petite Côte, la musique disco des clubs de vacances retentit tard dans la nuit. Elle a poussé vers la remise les carrioles qui menaient aux greniers à mil de Fadiouth. Le Sénégal est en voie de constituer un partenaire "fiable".

Publié dans société

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Démocratie molle et mouvement social

Publié le par Jean-Pierre Biondi

On ne parle plus de " mouvement révolutionnaire ", type marxiste ou anarchiste. Il y a belle lurette que le terme a disparu, sauf au sein de quelques touchants groupuscules. On se réfère désormais au "mouvement social" pour évoquer le comportement. du monde du travail.

C' est que sans être tout à fait grippé, celui-ci est empêtré dans les rouages d' une démocratie molle associant une dose calculée de social libéralisme au capitalisme repeint aux couleurs de la modernité. Le fruit en a été une série de défaites pour les salariés dont l' une des dernières, en 2010 concernant l' âge la retraite , a engendré une sensible démobilisation de masse.

Quand on se retourne sur les conquêtes du siècle précédent, on est amené à s' interroger sur les raisons d' un renversement de situation aussi frappant. La facilité est d' incriminer d' emblée l' échec du communisme et l' insuffisance des conclusions qu' on en a tiré. Comme si chacun demeurait paralysé par la crainte d' une révision assimilable à un recul théorique, et avait choisi de se crisper sur des schémas démentis par les faits, des modèles d' organisation obsolètes, des formes de lutte contre-productives. Ainsi le sociétal finit-il par supplanter le social frappé de mutisme, l' arbre à cacher la forêt.

Cela toutefois ne fournit pas une réponse vraiment satisfaisante.. Les événements de 68 déjà, ont marqué un reflux de la certitude idéologique prévalant depuis le Front populaire. ( on a vu alors se précipiter par la porte ouverte toutes sortes de confusionnistes du genre des "nouveaux philosophes", et autres "m' as-tu-vu" libéralo-libertaires.)

Ce n' était là, bien sûr, qu' un régime de liberté conditionnelle, vite illustré par les délocalisations, la soumission au crédit, la précarité de l' emploi sur fond de matraquage publicitaire et de désindustrialisation. La nature ploutocratique de la démocratie molle, ou dictature de l' argent, était clairement affichée.

Se sont ajoutés, au passif de la conscience de classe, l' émergence de communautarismes clivants nés d' une immigration mal intégrée, et le manque d' exigence de formation générale des travailleurs à la production numérisée . Dans ce capharnaüm, le mouvement social, avec ses partis et ses syndicats, semble bien distancié. C' est d' autant plus inquiétant que la démocratie molle peut n' être qu' un provisoire emplâtre, garant de la faculté de refuser

Publié dans actualité

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Le maso business

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Je ne dois pas être seul à juger méprisables ces plumitifs qui se gobergent en crachant dans la soupe, autrement dit celles et ceux qui, surfant sur la déprime nationale, font du rabaissement de leur pays leur activité principal e. J' y songe en regardant les chaînes françaises de TV : pas un jour sans que l' un de ces préposés au désespoir vienne souligner avec délectation à quel point la France et les Français sont ringards, irrémédiablement foutus, qu' au fond rien ne serait pire que la survie de cette nation de perdants. C' est si systématique, répétitif , manichéen, qu' on finit par réserver à ces prestations la même attention qu' à des sketches loupés.

Curieuse épidémie tout de même : c' est à qui, parmi ces spécialistes de la sinistrose, en rajoutera dans la logorrhée masochiste et la mode, borgne et probablement rémunératrice, d' un autodénigrement ravageur qui gomme Prix Nobel, titres olympiques, réussites scientifiques, performances artistiques, pour n' encenser qu' une poignée d' émigrés de luxe ayant su planquer leur fric en affaiblissant le pays où ils l' ont gagné. Edifiants exemples offerts à des millions de chômeurs, et illustration éloquente de la mentalité d' une certaine oligarchie.

Je suis Français de naissance, Français je mourrai, selon toute vraisemblance. L' envie ne m' est jamais venue de me faire Américain, Chinois ou Suisse. En aurais-je tiré profit? Français je suis resté, à peu près conscient des insuffisances et défauts d' une société à laquelle je demeure fondamentalement attaché. Mes griefs ne seront jamais des provocations au scandale bien payées. Ce type de calcul m' écoeure.

On entend donc quasi quotidiennement des professionnels du procédé sous le nom désormais admis de "déclinistes". Ils s' installent dans nos meubles pour invectiver chacun d' entre nous avec un sans-gène désarmant. Leur chef de file est un Lyonnais pur jus, Nicolas Baverez, bardé de diplômes et auteur de titres mettant de suite sur la voie : " La France qui tombe", "Les Trente piteuses", etc. Inutile de préciser que le personnage est un ultralibéral atlantiste, version gauloise du républicain "néo-con" aux U.S, qui n' arrive pas à intégrer l' idée d' un gouvernement à peine social-démocrate à Paris.

Presque à son niveau, l' ineffable Eric Zemmour, journaliste d' extrême droite (c' est lui qui l' affirme) et géniteur d' un succès médiatique intitulé en toute simplicité "Le suicide français". C' est excessif, comme dirait Talleyrand, mais ça porte, et rapporte. Zemmour est un bon vendeur, qui sait évaluer le plaisir pris par ses compatriotes à la flagellation. Je n' éprouve guère plus d' indulgence pour Ardison, démagogue producteur de "Salut les Terrriens". S' y pointe régulièrement un comparse, droitier apatride d' origine française, Eric Brunet, qui exhorte tout le monde à s' expatrier.

Ledit Brunet est d' ailleurs associé à l' émission par le biais de la boite de production "Téléparis" ,et a été mis en cause (conflit d' intérêi) pour avoir fait de la publicité sur une autre antenne à "Vitalia", groupe de cliniques privées dont il était l' un des directeurs. Récemment, il exécutait, avant de passer à la caisse son numéro habituel de démolition hexagonale devant Michel Hazanavicius, issu d' une famille lituanienne et réalisateur du film "The Artist " qui a obtenu 120 récompenses dont un Oscar. Le cinéaste a regardé Brunet, d' abord étonné, puis indigné par ses propos : " Je ne comprends pas, a-t- dit, ce que vous faites là ! Partez, en fait ! "

J' ai eu honte .

Publié dans société

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L' Age de la Fête

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Quand, en 1944, les soldats américains sont arrivés à Paris, ils ont importé des auteurs comme Steinbeck, Caldwell et Hemingway, et le jazz, "musique de nègres" interdite sous l' occupation. Ces Américains n' avaient rien à voir avec les businessmen et les stars qui ont empli les hôtels de luxe après la bataille. Non, c' était de simples G.I's du Michigan, du New Jersey et de Pennsylvanie.

La salle de l' Olympia était leur domaine. Ils s' y entassaient pour écouter les orchestres de Glenn Miller et de Tommy Dorsey dans une tempêtes de sifflets et de hourrahs sans grand rapport avec l' ordre régnant peu avant avec les concerts wagnériens de la salle Pleyel, destinés aux officiers de la Wehrmacht..

Deux ans plus tard, le jour où j' ai rallié le Quartier latin, après le bac, la vogue du jazz battait encore son plein. Je n' ai pas tardé à obtenir une adresse branchée : " Le Caveau des Lorientais". Il s' agissait d' une cave exigüe et surpeuplée de l' "Hôtel des Carmes", sur la montagne Sainte Geneviève. L' animateur vedette en était un étudiant en médecine (qui deviendra musicien professionnel), clarinettiste inspiré par Jelly Roll Morton et King Oliver, n' hésitant jamais à lancer sa formation dans des improvisations collectives : Claude Luter . A côté de lui, un géant décontracté, "Mowgli" (en réalité Maurice) Jospin, frère ainé du futur homme politique. Tromboniste flegmatique, Mowgli a longtemps joué dans l' orchestre de Sidney Bechet, avec mon camarade de lycée André Reweliotty, mort dans un accident de voiture en 1962..

Le lieu était bien fréquenté : Queneau, Sartre, Vian, ne dédaignaient pas d' y venir, mais le "Lorientais" fut fermé dès 1948 pour "raisons de sécurité", à vrai dire justifiées, faute

de toute possibilité d' évacuation en cas d'incendie.. Tout le monde émigra au "Tabou", où, je suis plus rarement allé. En revanche, j' étais assidu à la "Rose rouge", installée dans le sous-sol d'une brasserie rue de Rennes quand "Nico" (Papatakis) en a pris la direction .Entre 1948 et 53, les 8 mètres carrés de cette scène ont vu défiler tout ce qui se faisait de mieux en matière de "cabaret-théâtre", comme on disait alors : les Frères Jacques chantant Prévert, Hubert Deschamps jouant Queneau , le mime Marceau à ses débuts, les premiers textes de Boris Vian, Yves Robert et la compagnie Grenier-Hussenot dans le Père Ubu de Jarry, et aussi le jeune Mouloudji, et Juliette Gréco ( " Si tu crois, petite, petite, qu' ça va qu' ça, va durer toujours...)

Devenu moi-même marionnettiste-interprète d' Henri Michaux , j' ai hanté d' autres escales de Saint-Germain comme la librairie-galerie "Palmes", celles d' Adrienne Monnier et de Sylvia Beach, l' éditrice de Joyce, rue de l' Odéon, la Maison des Lettres, rue Férou, le club Saint-Benoit . C' était une vie étoilée, scandée par des haltes fréquentes à la "Rhumerie martiniquaise", et où la Sorbonne ne disposait que d' un rôle secondaire en dépit de mes Maîtres prestigieux ( Renouvin, Labrousse, Jankélévitch, Duroselle ). Plusieurs échecs à des certificats de licence et le décès brutal de mon père, m' ont ramené sur terre. Au milieu des années 50, j' étais un sage spectateur des "Trois Baudets", la salle de Canetti où passaient Brassens et Léo Ferré, non parvenus encore au faîte de la gloire, de " L' Ecluse", terrain d' envol de Barbara, du cabaret d' Agnès Capri, cher aux surréalistes, et du " Milord l' Arsouille", avec Francis Claude, Michèle Arnaud et Cora Vaucaire, dont l' obscur pianiste s' appelait Serge Gainsbourg.

Déjà, l' Age de la Fête s' éloignait. Il s' agit d' un court instant entre la fin de l' adolescence et l' entame de l' âge dit adulte. Quand le "Golf- Drouot" s' est créé, au premier étage du Café d' Angleterre (aujourd'hui un Mac Do), j' avais passé trente ans. J' ai pensé au "Lorientais", et suis allé, en voisin de quartier, entendre les "rockers" de "la bande du square de la Trinité" (Dutronc, Mitchell, Halliday). Partout un délire de "yé-yés" surexcités. Je me suis soudain senti déplacé. Hors jeu. Je suis redescendu sur le boulevard des Italiens. La Fête ne repasse pas les plats.

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Consultations

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Observez qui parle à qui : Valls fait un tour à Bordeaux, il confère avec Juppé ; il passe à Pau, il est reçu par Bayrou. Ces entretiens à mi-voix ne suggèrent-ils pas un axe "droite modérée-centre-gauche libérale" qui ouvrirait une perspective politique nouvelle ?.

Le Maire, candidat à la présidence de l' UMP, penche vers Juppé. Collomb, maire de Lyon, n' est pas insensible aux orientations prises par Valls. La CDU/CSU, parti d' Angela Merkel, apprécie Le Maire. Jouyet, bras droit de Hollande, déjeune avec Fillon dont il a été le ministre, très précisément aux affaires européennes. Juppé et Junker conservent des relations suivies : l' un en tant qu' ex ministre français des Affaires étrangères, l' autre qu' ex Premier ministre luxembourgeois, maintenant président de la Commission Européenne. Valls vient de rendre visite à Berlin au vice-chancelier du gouvernement allemand de coalition, leader des socialistes du SPD, Sigmar Gabriel. Macron vole de Bruxellex à Berlin. Ces chassés-croisés semblent bien jeter les bases, vue l' urgence, d' une relance européenne sous diverses formes de contacts droite-gauche.

Il n' existe pas, en politique, de pur hasard. Les Européens ne peuvent laisser la France tomber en faillite. Sa position stratégique, entre le nord et le sud du continent, l' interdit. Il est donc indispensable de rendre confiance à l' investissement et de réinsérer dans l' économie mondialisée le pays du général de Gaulle. Mais comment ?

En accélérant d' abord le clivage à l' intérieur du groupe parlementaire socialiste afin de générer et développer des réflexes de "salut public" destinés d' une part à atténuer la déculottée promise à la gauche aux. élections cantonales et régionales de 2015, d' autre part de relativiser une nouvelle poussée du Front National dans les "territoires". Aucun ralliement ne sera à négliger. Les meubles une fois sauvés, on pourra renverser le gouvernement grâce à quelques mesures aptes à élargir le camp des "frondeurs". Valls sait faire.

Bon, le gouvernement Valls est battu avec sa complicité. Quelques tours de piste pour trouver une impossible majorité de rechange, puis dissolution et élections générales sur le thème dominant de la " défense républicaine", mais courte victoire des partis "démocratiques".

Pas d' autre choix alors qu' un cabinet transitoire de coalition pour aller aux élections présidentielles de 2017, à la retraite définitive de Hollande et au gouvernement libéral élargi que vise cette longue marche. " Spéculations dignes du Café du Commerce", ironisera-t-on sans doute. Eh,eh...quand on tire sur le fil qui dépasse, la pelote se dévide sans effort...

Publié dans politique

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