Négocier? très bien,mais alors de mauvaise foi...

Publié le par memoire-et-societe

" Négociation : recherche d' un accord comme moyen politique " (Le Petit Robert )

Le président Obama désire absolument qu' Israël et les Palestiniens " négocient ". Soit. Il leur accorde neuf mois pour " aboutir ". OK. Deux délégations se sont donc rencontrées pour négocier...un ordre du jour. Le point a été vite fait :

- Jérusalem-Est: hors de question pour Israêl de revenir sur l' annexion (1967)

- Les colonies illégales de Cisjordanie : pas question de les démanteler et de renoncer ainsi à créer un chapelet de bantoustans arabes séparés entre eux par Tsahal et par de nouvelles constructions vouées à parachever l' édification du "Grand Israël"

-Le retrait du plateau du Golan: vous voulez rire?

-La levée du blocus de Gaza : menace terroriste sur les villages israëliens voisins non envisageable

- La reconnaissance d' un Etat palestinien : est-ce vraiment le sujet puisqu' il n' aurait rien à administrer et que, de toute façon, comme disait Mme Golda Meir, "le peuple palestinien n' existe pas" ?

En ce cas, évidemment, neuf mois c' est du gaspillage. Mais parlons vrai en écartant la facilité selon laquelle la moindre réserve sur les faits et gestes d' Israêl est de l' antisémitisme. Un exemple : les accords d' Oslo(1993) prévoyaient l' élargissement d' otages et prisonniers palestiniens qui n' ont jamais été libérés. Ils sont des milliers. Aujourd' hui, Israël conditionne chaque libération au droit d' installation de 300 colons juifs en Cisjordanie. Comment " négocier" cela? et comment ôter à Natanyaou le plaisir de clamer que c' est l' autre qui ne veut rien entendre?

On ne dévie pas de la doctrine Golda Meir : avant l' instauration de l' Etat d' Israël (1948), la région était un désert peuplé de tribus nomades. Le projet d' un Etat palestinien doté de Jérusalem-Est comme capitale n' est donc qu'une fiction et un blasphème. En réalité Tel Aviv ne compte rien céder. Aussi ruses, provocations, violences directes ou indirectes, demeurent-elles sa règle de conduite. Depuis des années, les bonnes volontés ont été récusées, de Mendès-France et Senghor à Rabin, assassiné par un extrémiste, ou, en France, l' impartialité trainée dans la boue ( ainsi les injures du CRIF à Rony Brauman, ancien président de "Médecins sans frontière" , au journaliste Charles Enderlin, à Stéphane Hessel, etc.)

J' ai toujours pensé que, parvenu à ce niveau inconditionnel, le nationalisme sioniste devenait une névrose collective, sinon une dérive. Je n' ai pas pour autant la naïveté de transformer tous les Palestiniens en martyrs de la tolérance. Ils se révèlent incapables de s' unir contre leur adversaire et l' injustice dont ils sont indéniablement victimes. Mais c' est bien la violation permanente du Droit qui est ici insupportable et contre-productive.

Alors j' écoute M.Fabius à la télévision, et me dis que s' il déployait en faveur d'une négociation israëlo-palestinienne sérieuse la moitié de l' énergie qu'il consacre à prêcher la guerre en Syrie, la paix dans un Moyen Orient explosif ne pourrait qu' y gagner.

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