Malédiction des élites

Publié le par memoire-et-societe

Nous, Français, pouvons dire qu' en ce moment, nous jouons de malchance. Quand on fait défiler ceux qui nous servent d' élite ( voir également article "Elites, patrie " du 1er avril 2013), on n' a pas de quoi spécialement se vanter. Certes, il a toujours existé, autour de tout pouvoir, des intrigants, des prébendiers et des farceurs. C' est inévitable, à cette nuance près que certains systèmes facilitent plus que d' autres la variété infinie des turpitudes et des démissions.

Le spectacle donné par quelques-uns de nos princes actuels n' affaiblit pas la tradition. On est un peu déstabilisé par l' image qu' une société peut ainsi offrir d' elle-même. J' écoute DSK professer devant les Sénateurs, Cahuzac exprimer son mépris pour ses ex collègues parlementaires, les médias égrener le montant des primes de cabinet, fonds occultes, réserves et trésors de guerre divers que se distribuent les seigneurs en place, Depardieu cracher sur le contribuable, Halliday , Noah et compagnie me recommander la Suisse ou la Belgique pour planquer les capitaux que je n' ai pas et n'aurai jamais.

Nous, Français, il fut un temps où nous étions moins veaux. Pour reprendre la formule de Luther King, je fais moi aussi un rêve : virer ce beau monde du paysage, puis veiller, si faire se peut, à ce que les suivants ne puissent égaler les précédents. Ce doit bien être réalisable, un exploit pareil...

Inutile,par conséquent, de s' attarder sur la vision de la Femme chez Strauss- Khan, de s' appesantir sur l' usage du mensonge par Cahuzac, de récapituler la carrière crapuleuse de Tapie, d' évoquer la conquête de la Libye par B.H.Lévy, de gloser sur les tartarinades de Mélenchon, de se polariser sur les basses oeuvres de Guéant et l' apport involontaire de Guaino à la décolonisation des esprits en Afrique francophone (voir, à ce sujet, l' article " Pitié! pas ceux-la !" du 15 avril 2013 ).

On en oublie, évidemment. D' ailleurs, cette revue de détail n' est qu' une facette d' une responsabilité collective,celle de la classe politique, qui nous invite à évaluer l' état d' une société dont le caractère dominant devient le dégoût des citoyens. Ainsi le cynisme des élites trahit-t-il la crise de la représentation, et la représentation les insuffisances du système institutionnel. De quoi réfléchir.

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