L' esprit et la lettre

Publié le par Jean-Pierre Biondi

Le Tour de France 2015 est achevé. Il a été une incontestable réussite organisationnelle. Son succès populaire ne s' est pas démenti : foules sur le bord des routes et en haut des cols, millions d' amateurs scotchés l' après-midi à la télévision, depuis notre enfance le Tour nous laisse chaque fin de juillet un peu nostalgiques.

L' épreuve, toujours aussi exténuante, est un événement sportif mondial, à l' instar des Jeux Olympiques et de la Coupe du monde de football. Quand, en 1903, le journaliste Géo Lefèvre a suggéré l' idée au rédacteur en chef de L' Auto, Henri Desgrange, nul n' aurait prévu l' écho qu' elle rencontrerait, au point de devenir aujourd'hui le support d' une entreprise colossale.

Ainsi "Sky", équipe anglaise du vainqueur, Froome, y a - t- elle investi 25 millions d' euros avec l' assurance d' en retirer dix fois plus. Belle opération d' investissement capitalistique...

Deux objectifs avaient en son temps animé Desgrange : faire connaitre la beauté des régions françaises et rendre hommage à la Patrie. Les vues aériennes et terrestres, que diffuse désormais avec talent la télévision, des paysages et des monuments variés que rencontre le Tour, répond pleinement au premier point. Contribuent -elles pour autant à sensibiliser les Jeunes à leur patrimoine historique et culturel, espérons-le.

Si la lettre est donc respectée, on est moins sûr que l' esprit des fondateurs le soit vraiment, à voir les dérives financières et commerciales qui président de plus en plus à l' évolution et la mondialisation du TDF, comme disent les chaînes américaines. L' inégalité des budgets engagés par les équipes (de 1 à 5), donc des chances de vaincre, fausse la compétition au départ . Les meilleurs coureurs, de leur côté, font chaque saison l' objet d' enchères sans limite qui favorisent systématiquement les plus riches.

En gros,si le spectacle demeure, son essence patriotique et festive a fait place au business. Cette mutation vers l' Argent n' était pas le rêve de Desgrange, pas plus que celui de Coubertin n' était de faire des J.O cette foire aux orgueils nationaux. Les humanistes ont été floués.

Publié dans société

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costa 28/07/2015 08:38

je vois que le tour est toujours décrit avec plaisir . à bientot janine