Trois Droites

Publié le par memoire-et-societe

   Le feuilleton de la présidence de l' UMP est bien sûr à lire en rapport au positionnement personnel des candidats pour l' élection à l' Elysée de 2017. Il n'est pas pour autant dépourvu  d'enseignement  politique dans la mesure où ladite UMP se situe au coeur des Droites françaises : Extrème droite populiste, Droite "classique", qui s'efforce de réunir gaullistes et libéraux européistes, Centre droit où se retrouvent radicaux modérés et sociaux-chrétiens.

   La Droite est majoritaire dans le pays : les divers mouvements de gauche n'ont rassemblé, au premier tour des élections de 2012, que 44% des suffrages exprimés. Unis, les courants conservateurs l' auraient encore emporté. C' est pourquoi, la rivalité  Fillon-Copé renvoie à une problèmatique lourde d' avenir. Jamais aucun dirigeant de la Droite dite républicaine n'appellera publiquement à une quelconque alliance avec le F.N. Mais Copé et ses amis, qui ne répugnent pas à faire leurs choux gras de certains thèmes frontistes, savent bien que c' est à la base que se noueront les accords susceptibles, grâce au même F.N, de battre la gauche en 2014 dans les régions et les communes. M. Copé, s' il est en responsabilité, sauvera la face, mais ses élus locaux seront otages.

   La ligne Fillon, en revanche, tend à favoriser les regroupements au centre où guettent déjà les orphelins du Modem, des élus " Nouveau Centre",  en perdition, une poignée de chiraco- villepinistes et de christo- boutinistes, et,surtout, les phalanges grandissantes du général Borloo. Tout cela pourrait-il faire un jour le compte? Pourquoi pas, si une autre dynamique s' impose, reprenant le discours du libéralisme social, du rejet facile des appareils partisans (UMP,PS), et de l' opposition obligée aux "extrèmes" ( Front de Gauche et Front National), dynamique apte alors à inverser le rapport de force avec une direction copéiste? 

   Ces diverses branches du conservatisme français ne constituent pas une novation historique. Légitimistes, orléanistes, bonapartistes, se combattent, sous toutes sortes d' appellations, depuis des lustres. L' ennui est que deux, et moins encore trois crocodiles, ne peuvent vivre dans le même marigot. Le F.N ne parait pas actuellement en perte de vitesse, au contraire.

De l' UMP et de l' UDI, l' un des deux devra donc plier le genou, comme l' a fait auparavant l' UDF devant le RPR. En ce sens, le spectacle offert par le parti de Sarkozy sans Sarkozy donne un avantage de départ non négligeable à une formation telle que précisément l' UDI, inédite mais rassurante pour l' électeur avec sa cohorte de vieilles connaissances en voie de recyclage.

   L' espace est mince pour Copé s'il se voit cantonné à faire par essence du lepénisme contre Le Pen. La division finit régulièrement par un déséquilibre, avant que le pendule ne parte ensuite dans l' autre sens. La conjoncture est impitoyable : elle conduit à chagriner la tribu la plus proche avant de songer à terrasser l' adversaire naturel.

 

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