Racisme anti-arabe, laicisme anti-islamique

Publié le par memoire-et-societe

Le racisme relevant politiquement de la droite dure, et me situant, quant à moi, "à gauche", encore que le terme soit bien flou,je ne trouve pas grand'chose à dire du racisme anti-arabe,sinon pour le récuser. En revanche, le laïcisme anti-musulman semble davantage mériter l'attention par son ambiguïté et ses effets.

Imaginons qu'on considère comme étrangers aux valeurs républicaines les millions de suffrages recueillis par le Front National et les autres millions de votes exprimés par des pratiquants musulmans, que resterait-il, si l'on y ajoute 40 % d'abstentionnistes, de la représentativité démocratique ? une phalange de notables issus d'un électorat du genre de celui du Sénat (les fameux Grands Electeurs) pour "débattre", à l'abri des coups de tabac des réalités.

Laissant à d'autres le soin de la chasse à l'Arabe, la gauche réformiste ne s'interdit pas pour autant l'anti-islamisme. Historiquement d'ailleurs l'un des sujets de rupture entre les 2ème (social-démocrate) et 3ème Internationales (communiste) a été l'anticolonialisme qui,  fondamental pour le léninisme, n'a jamais fait partie intégrante de la culture social-démocrate, plus attentive à une sorte d'embourgeoisement du prolétaire européen qu'à l'émancipation du colonisé.

Anti-impérialisme d'un coté, paternalisme assimilateur de l'autre.

Je songe encore à des hommes  reconnus "à gauche" comme Paul Rivet et Albert Bayet, ralliant finalement le camp de l'Algérie française par peur de l'instauration d'un pouvoir islamiste qui n'était en rien l'enjeu de la guerre de libération nationale.

 

Là réside l'équivoque qui voit aujourd'hui Marine Le Pen se faire la championne de la laïcité, aux cotés d'ailleurs du pro-sioniste Alain Finkielkraut, quoique les visées de chacun soient opposées.

L'anti-islamisme n'est-il pas dès lors en train de devenir ce qu'a été, il n' y a pas si longtemps, l'anticommunisme ? les cibles en tout cas ne paraissent pas si éloignées : ce sont bien des masses pauvres qui cherchent une issue à la misère sociale.

Du coup les discours redondants sur la neutralité de l'école et le respect (tardif) des identités tombent à côté de la plaque. Ils dissimulent, aux yeux de leurs principaux destinataires, les immigrés, une volonté de domination qui risque de faire de la laïcité en question une tortueuse affaire de Blancs.

On le sait, ce qui est excessif est insignifiant...mais alléchant pour les pêcheurs en eau trouble.

 

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