Pour les femmes

Publié le par memoire-et-societe

  Le candidat socialiste aux élections présidentielles précise que s'il est élu, il rétablira le ministère des " Droits de la femme ". On ne peut que l'en féliciter. Les femmes représentent plus de la moitié de la population française. C'est dire que la tâche ne manque pas;

Ayant été comme beaucoup d'autres successivement  fils, frère, mari et père, je m' autorise légitimement un Droit d' opinion en la matière, le probléme intéressant d'ailleurs la société dans sa totalité. Le premier écueil consiste, je crois, à démêler l'essentiel de l' anecdotique

Il règne dans l' air, s' agissant de la condition féminine, on ne sait quelle manière de paternalisme bobo, d'indulgence patriarcale et de tolérance lexicale qui fleurent  le politiquement correct  mais qui, comme dans le domaine de l' immigration, éveillent  le doute. Voter la suppression du mot "mademoiselle", ajouter "e" à auteur ou écrivain, célébrer la femme en mars et , depuis Pétain, la mère en mai, bon, c'est toujours ça qui aide à  refouler  le sexisme ordinaire. Mais ne nous laissons pas enfumer.

Puisqu' il s' agit de "ministère", donc d' institution publique, il  faut que celui-ci  s' implique à tous les niveaux dans les problèmes témoignant de la fragilité et de l' injustice du sort  fait encore à des femmes: la persistance du nombre de viols, le développement du proxénétisme, la non application de l' égalité salariale. La réponse pénale ne suffit pas forcément.

Des concertations diplomatiques (démantèlement de réseaux internationaux ), des actions systèmatiques. d'information et de prévention, sont aussi nécessaires. Le champ d' intervention est étendu.

75.000 femmes sont violées chaque année en France, disent les statistiques.10% à peine portent plainte. Il s' agit de crimes qui envoient leurs auteurs, quand ils sont démasqués, aux Assises. Pourtant, le chiffre varie peu. Ou bien les peines sont insuffisantes, et il convient alors de les rehausser, ou bien, en cas de multirécidivistes, les délinquants sont  des malades à "traiter". Le premier "droit " d' une femme n' est-il pas en effet de  vivre sans se sentir menacée constamment d'agression?

En 2011, les profits mafieux ont battu tous les records. Parmi les "activités" les plus rentables figure la prostitution. Jamais les filières du proxénétisme n'ont été aussi nombreuses, jusques et  y compris dans l' entourage de personnages éminents... Tous les continents contribuent à cette prospèrité. C'est donc de nouvelles initiatives de  coopération interétatique qui peuvent entraver avec efficacité un trafic ravalant la femme au rang d' esclave sexuelle.

L' égalité des salaires hommes-femmes a bien fait l' objet d' une loi. Mais il est plus facile de promettre la parité ministérielle (encore que...) qu' une équité salariale que maintes entreprises s' appliquent précisément à ne pas appliquer. Il existe aujourd'hui 25% d' écart entre les rémunérations masculines et, à travail égal, celles de certaines femmes vicimes d' une double, voire d' une triple exploitation : en tant que salariée, en tant que femme, et parfois en tant qu' immigrée.

 Viol, proxénétisme, salaires, trois questions ( récurrentes) que la (ou le?) future ministre serait sans doute bien inspirée de placer sur le dessus de la pile de dossiers qui l' attendent.

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