Notations

Publié le par memoire-et-societe

La crise financière et économique qui frappe en priorité la zone euro a mis en évidence des institutions jusqu'alors peu connues, bien qu'anciennes dans le monde boursier, surtout anglo-saxon: les Agences dites de notation. Trois d'entre elles se partagent 94% du marché:

- Standard and Poors, filiale de Mac Graw-Hill, installée à New-York. Après avoir réduit la note des Etats-Unis en aout 2011,elle a annoncé "par erreur" la diminution de celle de la France en novembre pour la confirmer en janvier. S.and P. est actuellement sous le coup d'une enquete de la "Security and Exchange Commission", controlant l'activité boursière à l'instar de la COB en France, en raison de sa notation "opaque" de certains titres peu de jours avant la crise des "subprimes" de 2007.

- Moody's Corporation, créée en 1909 à New-York. En volume, c'est la première agence mondiale d' analyse financière: 40% du marché.

-Fitch Ratings, fondée elle aussi à New York. Suite à sa fusion en 1997 avec IBCA Limited, elle s'est déplacée à Londres sous la houlette de l' énarque milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, patron de la holding Fimalac et, entre autres, ancien numéro 2 de l' Oréal.
Ce sont ces "big three" qui terrorisent les économies, menaçant constamment de faire grimper par leurs obscures évaluations les taux du crédit et d'alourdir ainsi des dettes de plus en plus considérables. Bien entendu, la tete du client, son positionnement politique, et l' interet du moment ne sauraient etre indifférents à ces "scientifiques" officines. Standard and Poors, francophobe et anti-obamiste, ce qui a le mérite de la clarté, non contente d'avoir enlevé un A à l' Etat français, s' en est prise dans la foulée à la Caisse des Dépots, à des Collectivités locales,des Banques et des Assurances. Mais a fait preuve d'une étrange indulgence pour la Grande Bretagne de M.Cameron qui résiste si bien aux franco-allemands.

Inutile de préciser que les protestations ne manquent pas. Le premier amendement de la Constitution américaine stipule, il est vrai, que des entreprises comme les Agences en question ne peuvent, au nom de la "liberté de parole", etre tenues pour responsables des conséquences de leurs "opinions". Mais chacun sait bien que leurs avis pèsent sur les choix des investisseurs. D'ou le problème de leur indépendance et des conflits d'intéret. Exemple: quatre jours avant sa faillite en 2001, les Agences notaient la multinationale texane Enron au maximum. Nous avons fait, d'autre part, allusion aux "subprimes" : début 2008, Moody's donnait encore sa meilleure note à des produits "structurés" (c'est-à-dire recourant à des montages financiers peu fiables) émanant d'établissements bancaires en difficulté notoire.

La Commission Européenne a dénoncé le role des Agences dont les avis, dans la crise grecque, alimentaient ouvertement la spéculation, quitte ensuite à  évaluer à zéro l'économie du pays. L'Autorité des Marchés Financiers et  l' OCDE ont rejoint les critiques adressées auxdites  Agences: défaut d'anticipation, discontinuité des notations engendrant des variations chaotiques des cours, manque de lisibilité de la logique qui détermine les "dégradés" et  les "épargnés".

Du coup, l'idée de création d'une Agence publique européenne de notation fait son chemin.Le vice-chancelier allemand Westerwelle, le Commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier, le ministre des finances de la zone euro Jean-Claude Junker, s' y montrent favorables.Quoi qu'il en soit, devant les dégats enregistrés, et faute de mieux, le principe de régulation s'impose, qui devrait réduire les marges de manoeuvre d'auxiliaires de la spéculation comme les trop fameuses "big three".

 

 

 

 

 

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