Le Parti ? encore utilisable ? (2)

Publié le par memoire-et-societe

Dans le dernier article de ce blog était posée la question de la légitimité du parti politique quand le potentiel militant préfère s'investir dans le monde associatif. La réflexion mérite prolongation dans la mesure où une critique prend pleinement sa valeur en se concluant par un volet constructif.
Les partis actuels -et cela est valable pour les écolos vite adaptés aux magouilles d'appareil- se confirment inaptes à dépasser l'horizon de l'élection et de la fringale de places. Avec eux, la vie politique n'est plus que derbys entre "écuries" dont on cherche, sous la casaque fluorescente, les référents théoriques durables.

Les inévitables déceptions des supporters sont alors réduites à des paris manqués, rattrapables le coup d'après. J'entends déjà l'objection : "sans les partis, aussi imparfaits soient-ils, comment faire émerger les propositions et les compétences nécessaires à la confection de lois ?"

En énonçant, pour commencer, un minimum de règles "déontologiques" susceptibles d'établir la confiance dans l'action des hommes publics :

     la responsabilité politique n'obéit à aucun plan de carrière ni caractère héréditaire. Elle n'est qu'une délégation momentanée, pas un "métier".

     selon cette logique,toute charge élective (d'une durée uniforme, du maire au président de la République) ne peut faire l'objet que de deux mandats successifs, non cumulables, avec limite d'age.
     l'exercice de mandat électif n'ouvre pas vocation à être ensuite recasé dans l'un des clubs choisis de la République (Sénat, Conseil économique, tour "extérieur" du Conseil d'Etat ou de la Cour des Comptes, Comités supérieurs et Hauts

Conseils multiples et variés, grands consommateurs d'argent public).

     le nettoyage des étables partisanes ( Bouches-du-Rhône et Pas-de-Calais par ci, Hauts de Seine et Essonne par là) est à fortement encourager; la tradition du parachutage électoral du dirigeant "national" parisien contre l'avis des adhérents locaux à proscrire soigneusement.

Deux voies vers une représentativité authentique vaudraient dès lors la peine d'être explorées:

     la transmission directe des revendications des gouvernés à des médiateurs spécialisés indépendants des pouvoirs politiques et économiques dominants pour chaque problématique sociale(un exemple en passant : le surendettement).

     une plus grande perméabilité de l'action des gouvernants aux doléances des gouvernés sans les éléments qui fondent les hiérarchies (discours codé, absolu du diplôme, corporatisme, puissance des lobbys) en vue du développement de la fluidité sociale et du tarissement de la reproduction oligarchique.

Effacement, rénovation ou refondation, l'avenir du concept "parti" se place aujourd'hui en tout cas au coeur des attentes d'une société affamée de transparence.

 

 

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