Le nouveau DSK est arrivé

Publié le par memoire-et-societe

   On le renconte à nouveau sur les petits écrans, trapu, mains dans les poches, tout sourire, comme avant. Dominique Strauss-Kahn est de retour.

   Les choses finalement ne se présentent pas trop mal.Tristane Banon a retiré sa plainte. L' anonyme qui l'accusait de "viol en réunion" s'est rétractée. Restent Nafissatou Diallo (Tribunal civil du Bronx) avec laquelle les avocats new-yorkais de l' ex patron du FMI négocient, et enfin cette histoire de "proxénétisme en bande organisée " (Carlton de Lille) dont l'instruction parait bien compliquée. Le tout  fera sans doute cher pour le chouchou de l' " économie sociale de marché ", pour l' instant en liberté sous caution, mais il devrait s'en tirer, comme  avec la MNEF qui lui avait coûté le ministère des Finances.

   DSK  dispose en fait de deux atouts majeurs: un carnet mondial d' adresses et un réseau permanent de protecteurs médiatiques. C' est sur ce socle - bienveillance de la finance internationale et  force de frappe communicationnelle - que l' ancien maire de Sarcelles compte pour reconquérir le terrain. A cette fin, il n' a pas choisi de passer par le bas, mandat après mandat, à 63 ans il n' en a ni le goût ni le temps,mais par l' exploitation d'une réputation planétaire d' économiste, savamment entretenue.

   La démarche, assortie de la prudence qui sied à la situation judiciaire de l' intéressé, comprend plusieurs volets : tournées de conférences en direction des VIP et  des  élites politico-économiques selon un maillage élaboré ( Marrakech, Pékin, Yalta, bientôt Munich et Séoul ), tribunes et interviews dans des publications de haut vol, interventions dans des émissions radio-télévisées à forte audience et à la tribune de Rencontres, Forums et Colloques réunissant responsables politiques et  dirigeant d'entreprises multinationales, consultations par le biais de sa société de conseils Parnasse SARL.

   DSK  présente en effet un profil idéal  pour l' oligarchie actuelle : social-libéral, frotté aux  problèmes internationaux, adoubé à la fois par le milieu bancaire, le grand patronat et la social-démocratie, il est l' intermédiaire rêvé de tous ceux qui cherchent, depuis des décennies, un successeur à Mendès-France.

   En France même, sa position est confortée par le fait qu'il a dû abandonner toute ambition nationale. Il n' est plus un rival. La visée est désormais différente. Un ministère de l' Economie européen, s'il s'en crée un comme on le murmure, ne serait sans doute pas pour lui déplaire et il n'aurait pas trop de mal à trouver, ici ou là, des gouvernements pour soutenir l'idée. Le monde est  vaste, d'ici là d'autres opportunités peuvent se présenter, si d' autres accidents de carrière ne se produisent pas.

   Le fond du problème est cependant ailleurs : quelles solutions  concrètes à la Crise propose le super Expert? De ses analyses et déclarations récentes ne filtre pas une lumière aveuglante. Des truismes, des observations que chacun peut formuler sur l' euro, sur les Emergents, sur la statégie du couple franco-allemand, sur la montée de l' Asie. Un peu juste.Le nouveau DSK est arrivé. On attend l' homme providentiel.

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