Le glissement au Centre commence

Publié le par memoire-et-societe

   Bien que - ou justemenr parce que -il détient tous les leviers du pouvoir, le P.S cherche à composer. Les options ne sont pas innombrables. Le " Front  de gauche ", après l'échec relatif de Mélenchon aux présidentielles ( 11%) et sa franche défaite face à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, ne peut en l' occurrence être de quelque utilité : le groupe communiste à l' Assemblée est réduit à 10 députés et son associé, le "Parti de gauche", a fondu.

   L' issue est donc au Centre, pour deux raisons : d'abord la pente naturelle des sociaux-démocrates (d' un incorruptible gauchisme dans l' opposition, ils  se convertissent  au "réalisme responsable " dès qu' ils accèdent au pouvoir ), ensuite un moyen efficace de détacher le Centre de la  Droite, comme Mitterrand avait l' art de le faire.

   Cette tambouille éloigne les moralistes. Ils ont tort dans la mesure où ce genre de manoeuvres  politiciennes décide finalement du sort du citoyen : l' " équilibre " est le principe de gouvernance d' une société dont la classe moyenne est  le pivot et l' annonce de la justice l' apaisante nourriture quotidienne.

   Plusieurs évènements vont prochainement mettre au jour le rapprochement esquissé en coulisse de la Gauche et d' un Centre que le Pouvoir en place entend aider à se structurer. Ce sont , s' agissant du P.S, la rituelle université d' été de  La Rochelle puis le Congrès qui désignera le ou la Premier(e) Secrétaire. Ces deux réunions fourniront des informations sur l' orientation vers laquelle comptent s'engager les dirigeants et le type d' alliance qu'ils choisissent pour  conduire la politique du pays.

   Face à cela , l' UMP prépare elle aussi un Congrès chargé d' élire l' homme ou la femme qui la représentera, et  pourra être du même coup le ou la candidat(e) aux présidentielles de 2017. Auparavant, les élections locales de 2014 devront confirmer ce choix.

   Toutes ces concertations ne sont pas sans interaction. La réélection de Martine Aubry ou l' élection de l' ex strauss-khanien  Cambadélis ne revêtent pas la même signification aux yeux du MODEM. Des contacts sont déjà établis entre Bayrou qui, bien qu' écarté de l' Assemblée, a encore du poids dans l' opinion et draine un électorat potentiel, et des hiérarques socialistes modérés. Ces  rencontres ne manquent pas d' avoir à leur tour divers effets à l' UMP et sur les ténors: Fillon, Copé, Juppé et Kocziusko- Morizet  n' ont  pas  une identique réaction à l' égard du Centre.

   Ce Centre est d' ailleurs loin d' être lui-même monolithique. Si le MODEM constitue le gros de la troupe, les radicaux de

Borloo, non indifférents à ceux  de Baylet, et des villepinistes sans domicile fixe envisagent un tel  rassemblement avec faveur. Il s' agit certes de groupuscules, mais qui ajoutés à des écolos bicolores sont capables d' engendrer une dynamique électorale. De plus, la perspective d' un rapprochement avec le P.S  peut  hâter une concentration apte à établir  un meilleur rapport de forces.

   Les sujets d' entretien  ne font pas défaut . Construction européenne et salut de l' euro, Moyen Orient, dette de  l' Etat, compétitivité de l' industrie, chômage des jeunes, sur tous ces points se sont exprimées des convergences. La concurrence pour conquérir ou fidèliser  les électorats enclins à la coopération des centres et  de la gauche parlementaire est donc appelée à s' intensifier dans un oecuménisme  proclamé.

   " La France veut être gouvernée au centre ", a dit un jour un président de la République. Le P.S, prévoyant, commence à montrer qu' il a retenu  le conseil.

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