La dynastie Morizet

Publié le par memoire-et-societe

   Sans vouloir jouer les pythonisses, je pense que Nathalie Kosciusko-Morizet  a des chances réelles d' être élue maire (mairesse?) de Paris l' an prochain.
   Dans ce cas, elle rassemblerait  les atouts : être à 40 ans la première femme à diriger la Capitale; avoir  rendu l' Hôtel de Ville à la droite; savoir, en ingénieure confirmée,  accorder  aux technologies modernes une attention qui fait souvent défaut aux politiques (Prospective, Economie numérique, Transports); pouvoir  transmettre une expérience de la vie publique déjà considérable (trois fois ministre, députée, conseillère régionale, maire); bénéficier elle même  (nous allons y revenir) d' une hérédité stimulante; être à même de faire profiter  la ville d' un réseau internationai étoffé de relations politiques et culturelles.

   Je ne suis pas chargé de la publicité de Mme N.K.M, qu' au demeurant je n' ai jamais vue qu' à la télé. Je me borne à observer  une approche électorale (mars 2014) et  à tenter d' en mesurer l' effet  possible. Cela dit, que l' électeur de gauche ne s' y trompe pas : l' intérêssée est  résolument ancrée dans le libéralisme économique et  le camp des technocrates. Et pourtant...

   Pourtant, son arrière grand' père s' appelait André Morizet. Issu d'une famille de protestants rémois, il avait adhéré étudiant au socialisme, au sein duquel il a réalisé un parcours estimable. L' éléctoralisme est  indissociable de la famille : d'abord battu aux législatises à Boulogne- Billancourt, Morizet  demeurera  maire de la cité de 1919 à sa mort. En 1920, il opte pour le Parti communiste, qu'il quitte à peine trois ans plus tard pour un Parti socialiste-communiste maigrelet et éphémère lui permettant toutefois de décrocher un mandat de sénateur, mandat reconduit  ensuite sous l' étiquette socialiste SFIO. Ecolo avant  l' heure, André Morizet  a marqué sa  commune ouvrière , alors fort déshéritée, par une oeuvre d' équipement collectif et d' aménagement urbain unanimement saluée.

   Le grand'père paternel de NKM était Jacques Kosciusko, devenu Kosciusko- Morizet après son mariage avec Marianne Morizet. De lointaine ascendance polonaise, agrégé de lettres, résistant gaulliste et  ambassadeur de France, ses choix 

(secrétaire national aux Relations extérieures et maire de Saint Nom la Bretèche pour le compte du  RPR), n' ont  peut-être pas été sans influer sur sa descendance. Son  fils  François, donc le père de NAKOMO, comme on la surnommait  à Polytechnique, lui même ingénieur des Ponts, a emprunté à son tour la voie électorale : il est aujourd'hui vice-président du Conseil Général des Hauts de Seine et  maire UMP de Sèvres.

   Un tel pedigree  joue évidemment en faveur de la candidate à la mairie  de Paris. Sa connaissance des questions écologiques ne  facilitera pas la tâche de l' éventuel candidat des Verts. Quant aux socialistes, il va leur  falloir mouiller le maillot  pour faire obstacle à  la perennité  de la dynastie des Morizet.

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