L' Europe, c'est le continent

Publié le par memoire-et-societe

   " Europe! Europe! Europe!" ironisait le Général. Question pourtant déterminante pour l' avenir français (cf. blogs des 30 octobre,22 novembre, 16 décembre 2011 et 9 janvier, 6 mars, 28 septembre 2012). Depuis que Pompidou, en contradiction avec de Gaulle,et croyant  faire contrepoids à l' Allemagne non encore réunifiée, a introduit (1973) la Grande Bretagne dans la Communauté, l' Europe n' a connu, de la part des Britanniques, qu' embûches, atermoiements, critiques, objections et obstruction. Il n' est à cet égard qu' à interroger ceux qui, depuis 40 ans, travaillent avec les représentants du Royaume et y accumulent les dépressions.

   Or voici que le Premier Ministre Cameron annonce qu' il va proposer à  ses concitoyens en 2017 (rien,pour l'instant, ne semble urgent) un referendum pour savoir si, oui ou non, ceux-ci daignent demeurer parmi nous. Il s' agit, bien entendu, d' un assez  vulgaire chantage, car chacun sait  qu' en réalité la Grande Bretagne, et plus particulièrement l' Angleterre, n' abandonneront jamais leur siège à Bruxelles. Cela pour deux raisons parfaitement claires:

   - l' organisation européenne actuelle adhère aux choix de l' économie libéralo-conservatrice britannique, dont l' objectif est notamment de pérenniser l' existence d' une zone de libre-échange englobant les marchés du continent voisin, sur lesquels et  lequel  la Couronne n' a jamais tout à fait renoncé à exercer une sorte d' "indirect rule".

   - la pression de Washington qui apprécie à sa juste valeur l' avantage qu' il y a à compter un allié inconditionnel dans la place, et n' hésite pas, pour l' occasion, à en appeler à la solidarité anglo-saxonne.

   La menace d' un retrait n' impressionne donc que les naïfs. Coup de bluff  médiatisé et démago, qui n' a pour but que de préparer de nouvelles exigences et  de réclamer des dérogations supplémentaires. Le fameux  euroscepticisme d' outre-manche est en fait à géomètrie variable: il suit la courbe des concessions, traduites de préférence en monnaie sonnante et trébuchante, que, à l' instar de Mme Thatcher, " le Premier" parvient à arracher, au comble de son "sentiment pro- européen". Bref, tout cela a aussi une odeur électorale. C'est  pourquoi l' angloscepticisme ne doit pas non plus faire peur.

   Rejetant toute mesure de tonalité  fédérale (Euro, Défense commune, Espace Schengen), bénéficiant d' une contribution financière privilègiée et  injustifiée, Londres feint maintenant de vouloir quitter un terrain que, répétons-le, le Royaume n' est, de toute façon, pas décidé à déserter: ceux qui jubilaient en silence à l' idée de voir enfin déménager  ces squatters communautaires devront déchanter.

   Evidemment, le propos cameronien est au passage un bras d' honneur à cette  Françallemagne qui pourrit depuis si longtemps les nuits de Downing street, et  fête sans pudeur des noces d'or. L' affront  mériterait réponse: quel responsable essaiera-t-il  d' expliquer à Mr. Cameron qu' il fait une  confusion ? que l' Europe est d' abord une entité continentale qui s' efforce de  devenir "une et indivisible" pour permettre à ses peuples de faire face à la redistribution mondiale des cartes, et, après tant d' épreuves, de vivre en paix?

 

 

Publié dans histoire

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