L'antiparlementarisme peut-il se soigner ? (2)

Publié le par memoire-et-societe

   Un lecteur, commentant mon précédent article relatif à  l' antiparlementarisme, a cru y voir, sous le couvert d' un exposé sur le sentiment ambiant, " une hostlité effective au système français de représentation".

   Sans tomber dans la polémique, je répondrai, puisqu' il s' agit ici de position personnelle, par quelques observations :

1- Si  l' on s' en rapportait à la représentation telle qu' elle fonctionne aux Etats-Unis -référence démocratique s' il en fût- nous aurions 20 sénateurs et 115 députés, soit 135 parlementaires au total contre 925 actuellement. Quelle aubaine pour un Etat qui ne parle que d' économies et pour son banquier favori, le contribuable le plus "prélevé" au monde !

2- On pourrait peut-être alors  en profiter pour transformer le Sénat ( dont on ne distingue pas clairement à quoi il sert puisque c' est toujours l' Assemblée qui a le dernier mot ) en Chambre économique et sociale où siègeraient, en nombre (100 membres suffiraient amplement ) et en durée limités, des représentants du patronat, des syndicats de salariés, des grandes organisations professionnelles ainsi que des experts industriels, agricoles, commerciaux, fiscaux, choisis par les Assemblées de région. Cette Chambre aurait un rôle de Conseil auprès de l' Assemblée nationale, notamment au niveau de ses principales Commissions et de leurs Rapporteurs.

3- Toute référence aux Etats-Unis atteint, bien sûr, vite ses limites dans la mesure où le pays est , de fait, une plouto-théo-démocratie, autrement dit une société où la Finance et les Eglises pèsent ouvertement sur les décisions du Congrès. Les mises en parallèle sont trompeuses quand les cultures diffèrent.

4- Il n' est pas antirépublicain de noter le coût excessif, gaspillages inclus, de l' institution parlementaire. Ce monde clos et narcissique, cerné par les caméras et de pulpeuses journalistes, ce carré choyé d' élus, contribuent sans en être toujours conscients à entretenir la méfiance populaire envers ceux qui sont chargés de faire la loi. Serait-il sacrilège de dire qu' une des vitrines les plus épiées de la démocratie peut en souffrir?

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