"Exploser" l'euro

Publié le par memoire-et-societe

De la confusion politico-économique actuelle émerge néanmoins un fait difficile à réfuter : la guerre déclarée à l'euro conjointement par la spéculation capitaliste et l'atlantisme anglo-saxon.

Les marchés financiers internationaux, ou plus simplement Wall Street et la City, n'ont en réalité jamais avalisé l'avènement d'une monnaie concurrente du dollar, bénéficiant de 380 millions de consommateurs (l'Europe continentale) au pouvoir d'achat conséquent. Question déterminante de prééminence et de stratégie.

C'est pourquoi, à la faveur d'une crise bancaire d'origine purement américaine (les subprimes, juillet 2007), la spéculation, s'appuyant sur une trouvaille opportune, l'Agence de notation",a senti le parti à tirer des différences de solvabilité existant entre Etats de la zone euro. La"crise de la dette" a ainsi amorcé une offensive scientifiquement conduite contre une union géo-monétaire préludant une construction politique menaçante vis à vis  des intérêts des U.S.A.

Inspiré de l'antique combat des Horaces et des Curiaces, l'affaire a été rondement menée:la Grèce, puis l'Irlande, le Portugal, l'Espagne l'Italie, en ont fait les frais. Aujourd'hui le tour est venu pour la France de subir les assauts des "marchés".
Il est vrai que cette dernière semble se complaire à "fâcher" : cette idée du G.20, par exemple, n'est-elle pas une fantasmagorie dont l'effet, si on laissait faire, aboutirait à une multipolarité non contrôlable ? Le G.20 est mort-né à Cannes télégéniquement inhumé par un Obama trop souriant pour être honnête. Il en a déjà été de même avec l"Union pour la Méditerranée", zombie que le Département d'Etat et la Chancelière allemande ont escamoté avec une discrétion qui les honore.
Ces rêves français hérités d'un gaullisme obsolète -sinon paradoxal- agaçant visiblement la Maison Blanche, celle-ci manifeste peu de propension au cadeau : la France peut dire adieu au triple A, d'autant que son vote en faveur de l'entrée de la Palestine à l'UNESCO n'incite pas "nos amis américains" à la bienveillance. La perte d'un A et l'espèce d'agonie de l'euro ne peuvent que faciliter la chute envisagée par Washington de Sarko.

"L'idéal", dans cette situation, aurait, bien sûr, été DSK, familier du monde financier avec la touche de "social" qui ne nuit à personne. Alors, la spéculation et l'atlantisme vont-ils se voir contraints de souffrir un sage social-démocrate contre le"candidat de l'argent", féru de surcroît de modèle américain ?

Bon courage au citoyen-électeur-contribuable et aux indignés en général, pour trouver dans tout ça l'intérêt réel des peuples concernés.

 

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